mercredi 31 octobre 2007
Le cinéma de A à E
Films vus ces jours-ci:
Adieu, plancher des vaches ! (1999) d’Otar Iosseliani. Je n’adhère pas beaucoup au romantisme de ce film (le romantisme des voleurs de vieille dame, le romantisme des vauriens qui pillent une cave) mais j’aime beaucoup la narration éparpillée en anecdotes, sans intrigue principale, sans acteurs célèbres, avec des dialogues minimalistes, dans des décors intéressants, et le jeu du réalisateur lui-même dans le rôle du vieux châtelain ivrogne. B.
Le dvd comporte aussi un documentaire de 54 minutes sur un Petit monastère en Toscane (1988), plus précisément sur une micro-communauté de cinq moines augustins français, établis à Castelnuovo dell’Abate, et sur la vie du village voisin, Montalcino (près de Sienne), où l’on récolte des olives, tue des cochons, et va à la messe. C.
De Marcel Pagnol, La fille du puisatier (1940). Un grand Fernandel, un Raimu géant. On ne s'ennuie pas une minute, et ça en dure 140. C’est de l’envoûtement, de la sorcellerie pure. A.
mardi 30 octobre 2007
Tournier extime
Dans son Journal extime, si j’ai bien compris, Michel Tournier rassemble des observations extraites de journaux et de carnets de diverses époques, notes sans date qu’il répartit en douze chapitres correspondant aux douze mois d’une année virtuelle.
On y apprend en mars que l’auteur ne peut pas piffer «Céline et sa manière», en juin Barrès «malgré tous mes efforts», en novembre Pascal (le «monceau informe des Pensées … bêtisier systématique»).
Tournier regrette plusieurs fois de n’être qu’un littéraire et d’avoir négligé sa formation scientifique. On mesure le problème en l’entendant évoquer en mars Valery Larbaud devenu infirme, qui «ne pouvait plus dire que les cinq mots suivants : Bonjour les choses de la vie !» En effet il n’est pas matheux, celui qui ne sait compter jusqu’à six.
Elle est compréhensible mais discutable, sa remarque de mai comme quoi l’artisan et l’ouvrier ne partageraient pas les préoccupations météorologiques du paysan. Allez demander au maçon si peu lui importe le temps qu’il va faire.
J’aime bien son idée d’installer dans son jardin un «charnier», constitué d’un «poteau d’environ 2 mètres surmonté d’un plateau hérissé de pointes», où il fixerait «des lambeaux de viande et de poissons pour attirer et retenir les rapaces diurnes et nocturnes». J’ai envie d’en faire autant, ce pourrait être une destination plus satisfaisante, pour tous les petits cadavres de souris, d’oiseaux et de lézards victimes des chats, que de les jeter sur le compost. Mais je me contenterais de les y déposer sans m’ennuyer à les accrocher, pouah !
lundi 29 octobre 2007
Bicentenaire de Ternaux
Je n’y croyais pas trop, mais j’ai pu constater dernièrement que le Bulletin hispanique, de l’université de Bordeaux, a bel et bien publié cet été (tome 109, pages 301-314) la «Note bibliographique» que je lui avais soumise l’an dernier, «sur les œuvres de Henri Ternaux et leur postérité» (ternaux), afin de célébrer le bicentenaire de la naissance de cet historien (1807-1864).
J’avais connu l’existence de Ternaux par hasard, vers la fin des années 80 ou le début des années 90, alors que je cherchais dans les livres de la matière à traduire, et de quoi m’instruire sur les chroniqueurs du seizième siècle sud-américain, notamment brésilien. Intrigué de voir le nom de Ternaux-Compans réapparaître ici et là, je m’étais mis à en suivre la piste, aidé en cela du fait que la bibliothèque municipale de Bordeaux possédait la quasi totalité de ses ouvrages, dispersés dans différents fonds. C’est ainsi que peu à peu j’ai pris connaissance de l’étendue et de la valeur de l’œuvre de celui qui avait été non seulement historien, mais surtout un remarquable collectionneur, bibliographe, éditeur et traducteur de textes anciens, principalement mais pas seulement dans le domaine de la découverte de l’Amérique. Bientôt Ternaux s’est mis à occuper une des meilleures places, qu’il ne devait jamais perdre, dans mon petit panthéon intellectuel privé. Je n’éprouvais pas seulement de l’admiration pour ses œuvres, mais une sorte de sympathie personnelle, du fait que je partageais son goût évident non seulement pour ce thème historique, mais pour la bibliographie, les langues étrangères, les listes de vocabulaire. J’ai ressenti aussi de la solidarité, quand je me suis aperçu que, depuis quelques décennies, d’aucuns puisaient à l’envi dans l’abondant réservoir de ses écrits, mais souvent sans le traiter avec les égards qui lui étaient dus. Telle traduction était rééditée, mais il fallait chercher assez loin dans la préface pour apprendre que c’était lui le traducteur, car les pages de garde n’en disaient mot. Dans telle autre réédition, un préfacier regrettait avec condescendance que Ternaux n’ait fourni qu’une traduction partielle, mais se gardait bien de la compléter lui-même. Etc. La palme revient peut–être au récit des voyages de Hans Staden, que la rééditrice actuelle a commercialisé pendant plus de vingt ans avec en page de garde la mention «traduit de l’anglais», alors qu’il s’agit bien évidemment d’une traduction de l’allemand.
J’ai lu ce que j’ai pu des livres de Ternaux, toujours avec profit.
Je me rappelle qu’il y avait un problème au fonds ancien de la municipale, où les vingt tomes de sa grande série de Voyages, relations et mémoires étaient reliés en dix-huit volumes, le décalage ainsi produit étant cause que quel que fût le numéro demandé, on pouvait être à peu près sûr que le magasinier allait en apporter un autre.
Une fois, je me suis mis dans l’embarras en voulant acheter sa Bibliothèque américaine, bellement rééditée en fac-similé par un éditeur de Hollande. Suivant les indications trompeuses d’un catalogue, j’ai envoyé à l’étranger une certaine quantité de francs, quand le prix de l’ouvrage était de cette quantité mais en florins, ce qui revenait bien plus cher. J’ai toujours ce beau livre, dont je ne fais plus rien, il faudrait que je l’offre à une bibli qui le mérite. Ou que j’essaie de le vendre mais c’est bien incertain. Comme je l’ai fait parfois pour quelques livres que j’aimais, j’en ai dressé l’index. Il ne m’a pas beaucoup servi mais un peu tout de même.
De temps en temps, quand je pensais à Ternaux, je me disais que j’aimerais trouver un jour quelque manière de lui rendre un hommage public, et si possible utile. Une occasion s’est présentée vers la fin 1994, quand on m’a mis en relation avec un éditeur de Nantes, qui recherchait des projets liés au monde portugais. Je lui en ai proposé deux, qui ont été acceptés, dont un était la reprise de la traduction par Ternaux du livre qu’un certain Gandavo avait écrit sur le Brésil en 1576. Ce n’a pas été très satisfaisant, car la réalisation m’en a échappé largement, le livre a paru l’année suivante chargé de coquilles, accompagné de documents trop nombreux, que je n’avais pas tous voulus et dont certains étaient d’un intérêt discutable.
C’est vers cette époque que je me suis lancé dans la composition d’une thèse après avoir longuement hésité entre trois sujets, Ternaux étant l’un d’eux, mais pas celui que j’ai finalement choisi. Une fois bien engagé dans cette entreprise, j’ai été piqué un beau jour, quand il m’a fallu appeler au téléphone un professeur de Paris, peut-être monsieur Boisvert, pour obtenir je ne sais plus quel renseignement. Pendant la conversation, le nom de Ternaux est venu sur le tapis. Ah, s’est exclamé mon interlocuteur, Ternaux, voilà quelqu’un qui mériterait une thèse ! Je n’ai pas bronché.
Je faisais des fiches sur tous les ouvrages de Ternaux dont je venais à avoir connaissance. Ces fiches m’ont beaucoup servi dans mes recherches, et par ailleurs je me disais que si je parvenais à établir la bibliographie exhaustive de l’auteur, ce serait là un opportun monument à sa mémoire. Or j’ai découvert un beau jour que ce monument avait déjà été très correctement dressé, par le chercheur américain Henry R Wagner (1862-1957). Lui aussi semble avoir été une personnalité hors pair. A l’âge de 55 ans, après avoir fait fortune dans l’industrie, il a pris sa retraite, s’est marié, puis a consacré à sa passion de la bibliographie les quarante années qui lui restaient à vivre. Wagner a écrit dans l’Inter-American Review of Bibliography (également intitulée Revista Interamericana de Bibliografía) les deux articles qui, a ma connaissance, sont à ce jour les meilleures sources d’information sur Ternaux : le premier, en 1954, était une esquisse biographique («Henri Ternaux Compans : the first collector of Hispanic-Americana»), le second, en 1957, en était le complément bibliographique («Henri Ternaux Compans : a bibliography»). La parution de cette bibliographie devait coïncider avec le quatre-vingt-quinzième anniversaire de Wagner mais il est mort quelques mois avant. Il y recensait très exactement, malgré quelques inévitables erreurs de détail, les 83 ouvrages de Ternaux.
Au début de l’année dernière, je me suis avisé que 2007 serait à la fois le cinquantième anniversaire de la bibliographie de Ternaux dressée par Wagner, et le deux-centième anniversaire de la naissance de l’historien français. J’ai donc eu l’idée de préparer, en manière d’hommage, une «Note bibliographique sur les œuvres de Henri Ternaux et leur postérité». Dans cette note commémorative, je rappelle les grands traits de la biographie du personnage, je fais un rapide tour d’horizon des rares sources d’information le concernant, j’examine les avatars de son nom (né Charles-Henri Ternaux, il a d’abord renoncé à l’un de ses prénoms, puis a ajouté à son patronyme celui de sa femme, Compans, et a aussi recouru à quelques pseudonymes), enfin je reviens sur une quinzaine des 83 notices de Wagner, afin de corriger des erreurs et de compléter les données, notamment en signalant les différentes rééditions qui ont eu lieu pendant ce dernier demi-siècle.
J’ai proposé cet article au Bulletin hispanique, qui voulait bien le publier. Vers le début de l’année, il m’est apparu que si la publication avait effectivement lieu, elle ne se ferait qu’après la date précise du bicentenaire, Ternaux étant né le 29 avril 1807. J’ai alors envisagé d’organiser une quelconque manifestation publique, même confidentielle, ce jour précis. Je pensais d’abord à une causerie à la fac, à l’occasion de laquelle je pourrais présenter quelques ouvrages disponibles dans les bibliothèques du secteur. C’était sans compter que parfois le destin a décidé qu’on ne ferait pas ce qu’on veut, et qu’il est inutile de s’escrimer. J’ai d’abord découvert, sur le calendrier, que le 29 avril tombait cette année un dimanche. Eh bien, me suis-je dit, si la commémoration ne peut avoir lieu ce jour-là, peut-être un jour proche. Mais lequel ? La veille, c’est-à-dire le samedi, l’université est à peu près vide, et le vendredi elle n’est guère pleine. Quand au lendemain du dimanche, le lundi 30, il aurait pu convenir, s’il n’avait été un jour de pont assuré, puisque c’était la veille du mardi 1er mai.
Après avoir tergiversé quelque temps, j’ai abandonné cette idée. Une autre m’est venue, comme la date approchait. Mon calendrier s’organisait de telle façon, que j’allais me trouver ce dimanche-là dans ma maison de campagne, où je dispose d’une connexion internet. Ce que je pourrais faire, me suis-je dit, serait de passer tout simplement dans mon blog un communiqué sur le sujet. La portée publique de cet acte ne serait sans doute pas immense, mais probablement pas inférieure à celle d’une causerie. Or ce dimanche matin, pour la première fois depuis que j’y étais abonné, internet était en panne, pas moyen de se connecter. Au bout d’un moment, j’appelle le service de secours. Le jeune homme m’explique que suite aux orages de la nuit précédente, tout le secteur est en panne. Je lui demande quand pense-t-il que le contact sera rétabli. Pas avant minuit, me répond-il. Quand le destin a décidé…
Ma note bibliographique a donc paru dans l’été. La relisant dans le Bulletin, je remarque ce petit accident, dans le deuxième paragraphe. «Malgré l’importance quantitative et qualitative des publications de Ternaux, les écrits concernant sa vie ou ses œuvres peuvent se compter sur les doigts», avais-je écrit, en abrégeant l’expression imagée. Dans la revue, on m’a corrigé en complétant : «… sur les doigts d’une main». Or le nombre de documents en question étant plus proche de dix que de cinq, comme on peut le constater dans mon exposé, le pluriel «des mains» aurait été plus approprié. Mais passons.
Je dirai encore un mot sur un point mystérieux, mais trop léger pour que j’aie voulu en parler dans l’article. Les deux premiers écrits connus de Ternaux sont deux dissertations historiques rédigées en latin, qui ont été imprimées en 1826 à Göttingen, où l’auteur était alors étudiant. Henry Wagner classe l’Historia reipublicae Massiliensum… en premier, le De Jacobo Cœur… en second, mais ne dit pas pourquoi. Cet ordre est-il justifié par quelque raison, ou arbitraire ? Un détail me porterait à penser que les deux textes se sont succédé dans l’ordre inverse. C’est que le De Jacobo Cœur est signé Carolus Henricus Ternaux, forme latinisée du nom complet de l’auteur, et l’Historia d’un simple Henricus Ternaux, forme abrégée au seul prénom qui entrera désormais dans la signature de l’auteur. On pourrait trancher la question, s’il se trouvait que l’achevé d’imprimer des ouvrages donnait une date plus précise, en indiquant au moins les mois d’impression. La vérification de ce détail ne serait pas la plus mauvaise raison de faire le voyage de Göttingen, maintenant que j’y pense.
En attendant, saluons aujourd’hui la mémoire d’un estimable gentilhomme de lettres, né voilà exactement deux cents ans et six mois.
vendredi 26 octobre 2007
New Mexico
Vu New Mexico, paraît-il le premier western de Sam Peckinpah (1961). Une femme tombant amoureuse du type qui a accidentellement tué son fils, l’argument est risqué, mais ce petit film un peu beau, un peu réussi, ne manque pas de charme. J’aime beaucoup la tête maussade et la voix des deux protagonistes, Maureen O’Hara et Brian Keith. Ils sont plus beaux quand ils tirent la gueule que quand ils se mettent à fondre. Les couleurs délavées, aussi. C.
jeudi 25 octobre 2007
Livre de rêve
J’ai rêvé que j’habitais au troisième étage, dans un vieil immeuble comme quand j’étais rue Sainte Catherine. C’était la nuit, j’étais près de la porte d’entrée de l’appartement, qui était ouverte sur le palier. J’entendais que deux personnes entraient dans le couloir, au rez-de-chaussée. L’une d’elles était Rétho, je l’entendais tonitruer des plaisanteries snobs comme à son habitude. Son compagnon montait me voir, c’était un jeune mec, dans les vingt ans, il me montrait deux exemplaires d’une sorte de livre d’artiste qu’il venait de créer. Chaque livre était fait d’une petite liasse d’enveloppes de courrier, vides, agrafées ensemble sur toute une longueur, avec quelques agrafes qui s’avançaient vers le milieu de la liasse, ce qui la rendait plus difficile à feuilleter. C’étaient des enveloppes de courrier par avion, avec une petite frise de hachures colorées sur le bord, et de format normal allongé, de celles où on peut mettre une feuille pliée en trois. On voyait qu’elles avaient vraiment servi, elles portaient des adresses, des timbres et des tampons. Il y avait de petits timbres presque carrés que j’étais curieux d’examiner. Je trouvais ces ouvrages un peu bruts mais très jolis, j’étais gêné de ne pas comprendre si le type m’en offrait un ou me montrait seulement.
mercredi 24 octobre 2007
Coup de torchon
Vu Coup de torchon, de Bertrand Tavernier (1981) pour la curiosité de connaître l’actrice jouant l’institutrice, dont on m’avait parlé. C’est du cinéma de gauche, où comme par hasard tous les Blancs sont pourris (sauf l’instit) et tous les Noirs (ou le peu qu’on en voit) sont des braves types. A part ça, des petites histoires de bagarre et de coucherie sans grand intérêt, mais c’est assez divertissant, je ne me suis pas endormi. Jean-Pierre Marielle est à contre-emploi dans le rôle d’une fripouille, et mieux à sa place dans le rôle de son frère. Sa prestance éclipse quelque peu les autres vedettes masculines, Guy Marchand, Eddy Mitchell, Philippe Noiret. Quant aux féminines, Isabelle Huppert et Stéphane Audran, elles font très bien les vulgaires pétasses.
lundi 22 octobre 2007
La lettre de mon malin
Si je perdais l’appétit autant que je perds la mémoire, j’aurais sans doute une silhouette plus élancée, mais pour l’instant ça n’est pas le cas. Je dois et j’essaye de faire attention. Quand l’occasion se présente d’enfourner des ambroisies, pas facile de résister. Les développements de l’actualité m’ont inspiré l’idée d’une tactique, pour faire surgir ou conforter en moi l’esprit de résistance. Pourquoi ne pas me trimballer avec en poche une copie de la lettre de Guy Moquet? Quand viendrait la tentation, devant les rayons du supermarché, ou à la table des amis, je jetterais discréto un coup d’œil à la lettre de Guy Moquet et hop, une force française intérieure libre m’envahirait soudain et adieu désirs, au diable l’appétit!
Mon attention avait été attirée vers ce document par diverses déclarations, comme l’e-mail envoyé au site du Figaro par un lycéen humaniste : «Cette histoire est l’une des plus émouvante alors pourquoi en discuté au temps ! on a cas sacrifier 10 minutes de cours pour entendre les derniers mot de ce jeune homme qui a sacrifier ça vie pour la notre.» Voilà qui sollicite impérieusement la curiosité.
Alors je me suis renseigné et là le charme s’est aussitôt rompu. Le pauvre drôle n’aurait nullement été arrêté pour fait de résistance, mais pour appartenance au communiste parti, le troupeau de patriotes relatifs, qui peu avant, au temps du glorieux pacte germano-soviétique, se gardait bien de lever le petit doigt contre l’Allemand. Et puis j’ai lu cette lettre, mon Dieu, ces vingt lignes, quel misérable petit amas de mièvreries sans intérêt.
En tout cas il serait faux de croire, comme l’analphabète du Figaro, que Guy Moquet s’est sacrifié pour quoi que ce soit. Ce n’est pas lui qui s’est sacrifié, il n’a pas choisi d’être exécuté par ses bourreaux, qui ont décidé de son sort sans lui demander son avis. Au moins lui ont-ils laissé le loisir d’écrire cette lettre, ce qui ne fut pas forcément le cas pour les milliers d’innocents massacrés en Russie par les bouchers communistes.
La coïncidence n’est sûrement pas voulue, mais ce mois-ci justement la revue L’Histoire consacre un dossier d’une cinquantaine de pages aux «crimes cachés du communisme», dans lequel se trouve ce télégramme de Lénine, adressé parmi tant d’autres aux dirigeants bolcheviques de certain canton. Voilà un message qui serait autrement instructif, à lire dans les classes, que les bredouillis de Guy Moquet : «Camarades, … partout la lutte finale avec les koulaks est désormais engagée. Il faut pendre, et je dis pendre de façon que les gens le voient, pas moins de cent koulaks, richards, vampires connus, publier leurs noms, s’emparer de tout leur grain…»
vendredi 19 octobre 2007
Bavardise
Quand j’étais gosse, un professeur m’avait appris qu’il ne fallait pas employer le mot «bavardise», parce qu’il n’existait pas. Cela m’avait surpris, car je savais bien que je ne l’avais pas inventé, et que si je m’en servais, c’est que je l’avais entendu prononcer par d’autres. En y repensant, je cherche et je découvre que le mot était chez Littré. Il avait donc existé, mais dans le temps. Car d’une certaine manière, «exister», pour un mot, c’est être marqué dans le dictionnaire. Quant au Robert, pourtant si prompt à ramasser ce qui traîne un peu partout, il n’en a jamais entendu parler. Mais je vois que Littré, et d’autres sur le net, font de bavardise un synonyme de bavardage, soit le fait de bavarder. Je concevais cela plutôt comme le vice ou le caractère de celui qui est bavard, comme ce qu’est gourmandise par rapport à gourmand.
jeudi 18 octobre 2007
No problemo
Je n’arrive pas bien à comprendre comment s’explique, ou d’où provient l’expression américaine «No problemo». Je l’avais entendue dans la série des Simpsons, puis j’ai réalisé que pas mal de gens disaient ça. Est-ce la série, qui a lancé la formule, ou n’a-t-elle fait que reprendre un usage déjà établi? Le sens ne fait pas de doute, c’est le o final qui intrigue. Il faudrait que ce soit problema, si c’est de l’espagnol, ou même de l’italien. On me dit qu’en effet, ce serait simplement de l’espagnol fautif. Je me demande dans quelle mesure c’est délibéré.
lundi 15 octobre 2007
Bordel
Hôtel de passe,
Hôtel de pisse,
Hôtel de puces.
