Journal documentaire

vendredi 1 janvier 2021

A partir de ce jour, le Journal documentaire s'exile à cette nouvelle adresse :
https://philippebille.blogspot.com 

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dimanche 27 décembre 2020

maurice ferrus

Depuis hier j'ai la satisfaction d'être parvenu à créer une septième notice dans Wikipédia, une à laquelle je songeais depuis longtemps, consacrée au journaliste et historien bordelais Maurice Ferrus (1876-1950). J'avais découvert Ferrus par son Histoire de Talence, lue à l'époque où j'enquêtais sur l'exil à Bordeaux et dans cette banlieue de l'indépendantiste brésilien José Bonifácio dans les années 1824-29 (voir dans ce blog au 25 IV et au 10 VII 2015). La bonne qualité de ce livre écrit en 1926 justifiait sa reparution en 1993 et je viens d'apprendre qu'il a encore été réédité en 2020. J'ai retrouvé Ferrus deux ans plus tard, quand Frédéric R a eu la bonne idée de m'offrir le premier volume des Feuillets bordelais, dans lequel l'auteur avait réuni en 1930 un choix de ses articles sur l'histoire locale, joliment illustré par quelques gravures de Gautier-Constant (voir au 17 XI 2017). Le goût de Ferrus pour le détail exact et l'anecdote pittoresque lui donne en quelque sorte le charme d'un G. Lenotre du cru. C'est en voulant me renseigner sur lui que j'ai constaté à quel point il était inconnu du net. Wiki n'en disait rien et Google n'indiquait pratiquement que des sites de librairies et de biblis, si bien que l'on pouvait s'informer de ses livres mais guère de sa personne. J'ai réuni comme j'ai pu, à des moments perdus, les informations que j'ai grappillées en fouillant notamment les bases de presse, comme Retronews et Factiva. Il y aurait là un beau thème de recherche pour un étudiant en histoire, même si le sujet n'est pas aussi excitant que l'activisme transgenre décolonial. Mais enfin en attendant, voilà du mouron pour les petits oiseaux.

Remerciement spécial à Yannick L, qui comprendra.

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samedi 26 décembre 2020

bas

BAS MONDE
bas âge
Basses-Alpes
basse besogne
bas bleu
Basse-Bretagne
Basse-Californie
bas de casse
bas-côté
basse-cour
basse électrique
Bas-Empire
bas étage
bas-fond
basse fréquence
bas de gamme
bas instincts
basse lisse
basse mer
bas mot
bas Moyen Age
Basse-Normandie
bas de page
basse pression
bas prix
Basses-Pyrénées
bas quartier
bas-relief
Bas-Rhin
bas résille
basse saison
Basse-Terre
bas-ventre

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jeudi 24 décembre 2020

noël

Joyeux Noël à tous.

Gravure-sur-bois

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mercredi 23 décembre 2020

eau d'heure

J'apprends qu'il existe en Belgique une rivière nommée l'Eau d'Heure. Ce nom étonne parce qu'il résonne comme «l'odeur», aussi parce qu'il est rare qu'un nom de cours d'eau soit un nom composé, enfin parce que ce nom composé semble associer joliment le passage de l'eau et celui du temps. J'aime bien la liste du parcours de l'Eau d'Heure dans l'article de Wiki. Ce nom me fait aussi penser à l'Oder, fleuve de Pologne.

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mardi 22 décembre 2020

égalité

Même dans les expériences communistes les plus acharnées, aucun régime n'a jamais poussé l'égalitarisme au point d'abolir le clivage entre ceux qui bossent et ceux qui contrôlent ceux qui bossent. J'incline à croire qu'aucune société n'y parviendra jamais. Il y a là une sorte de malédiction, dont il faut s'accommoder. Cela dit l'inégalité n'est pas nécessairement tyrannie, les rapports de hiérarchie ne sont pas forcément injustes ou source de discorde.

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lundi 21 décembre 2020

petit monde

PETIT MONDE
(poème-liste)
petit ami
petite annonce
Petites Antilles
Petit Bateau
petit-beurre
petit Blanc
petit bois
petit bonheur
petite bourgeoisie
petit chef
Petit Chose
petit coin
petit comité
petit coq
petite couronne
petite cuillère
petit-déjeuner
petit doigt
petite dose
petite enfance
petite entreprise
petit épicier
Petite Fadette
petite faim
petit feu
petite fille
petit-fils
Petite fleur
petit four
petit garçon
petit gâteau
petites gens
Petit-Goâve
petit-gris
petite histoire
petit houx
petite idée
Petit Jean
petit jeu
Petites Jorasses
petit joueur
petit jour
Petite Kabylie
petit-lait
Petit Larousse
petites mains
petite nature
petit navire
petit nègre
Petit Nicolas
petit nom
petit nuage
petit oiseau
petit orteil
Petit Ours Brun
Petite Ourse
Petit Papa Noël
Petit Pays
petit père
petit à petit
petit peu
petite phrase
petits plats
petit pois
Petit Prince
Petit-Quevilly
petite reine
Petit Robert
petit salé
petite semaine
Petite Sirène
Petites Soeurs des Pauvres
petits soins
petit suisse
petit tour
petit train

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dimanche 20 décembre 2020

croyance

Pour répondre à une lectrice, que mes humeurs exaspèrent : La croyance, selon laquelle l'altérité homme/femme se réduit à une construction sociale, me semble être une construction dogmatique basée sur des stéréotypes idéologiques.

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samedi 19 décembre 2020

féministes, blogs, einstein

Beaucoup de féministes sont totalement dépourvues des qualités qui font le charme de la féminité. Je me demande s'il y a un rapport.

Considérant sur la page d'accueil de mon hébergeur les rubriques Blog à la une, Populaires cette semaine, Blogs à suivre, quelque chose me dit que le mien n'y figurera jamais.

Einstein était sans doute très intelligent, malgré l'impression qu'il donne sur la célèbre photo où il tire la langue.

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vendredi 18 décembre 2020

supermarché

L'autre jour pendant que je faisais mes courses au supermarché, les hauts-parleurs diffusaient doucement la chanson Hasta siempre. Cela m'intriguait. Il est toujours amusant, quoique de moins en moins surprenant, de voir la propagande anti-capitaliste servir de stimulant commercial. Il y avait longtemps que je n'avais entendu cette chanson, dont la musiquette n'est pas désagréable. J'étais frappé de son caractère véritablement religieux. J'avais oublié à quel point elle voue à l'idole marxiste un culte aussi mièvre, surtout dans le refrain : Aquí se queda la clara / La entrañable transparencia / De tu querida presencia / Comandante Che Guevara (Ici demeure la claire / L'aimable transparence / De ta très chère présence ...). J'éprouvais une bizarre nostalgie mêlée de gêne, au souvenir que moi aussi, dans ma lointaine jeunesse, mouton parmi les moutons, j'avais fredonné ces âneries, en me croyant malin.
     Au dehors, sur le parking, j'ai vu que l'on avait infligé aux arbres la même taille que chaque année, consistant à réduire le tronc à un sinistre poteau, en haut duquel subsistent quelques moignons de la longueur d'un doigt. Je ne comprends pas ça. Il me semble que les arbres plantés dans ce genre d'endroit devraient apporter deux principaux bienfaits : mettre un peu de charme naturel dans ce milieu ingrat, et procurer de l'ombre aux voitures. Or avec un tel traitement, les pauvres arbres ne produiront jamais qu'une ramure chétive, moche, et inutile. Alors pourquoi en planter? Est-ce une obligation légale? Ou existe-t-il pour cela des subventions, que l'on palpe d'une main cependant que de l'autre on s'emploie à rendre ces pauvres êtres aussi inexistants que possible?

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jeudi 17 décembre 2020

petit jour

J'ai consulté le dictionnaire pour m'éclaircir les idées au sujet des trois quasi synonymes que sont l'aube, l'aurore et le crépuscule. En résumé l'aube est blanche et précède l'aurore, qui est colorée. Quant au crépuscule, qui peut désigner le petit jour par abus de langage, c'est en fait l'aurore du soir.

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dimanche 13 décembre 2020

lézard et poissons

En arrivant à la Croix mercredi après-midi, comme il faisait encore assez jour, je suis allé voir l'état de mes seaux, à l'aplomb du toit le long du hangar. Ils étaient presque tous remplis d'eau de pluie et je me suis aperçu qu'au fond de l'un d'eux il y avait un lézard des murailles. Il arrive régulièrement qu'un lézard tombe dans un des seaux et y reste piégé, mais ça n'était jamais arrivé si tard dans l'année. Je l'en tire sans attendre si je m'en aperçois à temps, mais souvent la bestiole est déjà morte, flottant le ventre en l'air. Je ne sais combien de temps ces animaux sont capables de tenir dans l'eau, c'est à dire sans respirer, avant de se noyer. Celui-là en tout cas paraissait bien vivant, fermement campé sur ses quatre pattes au fond du seau vert. C'était un spécimen assez grand pour sa petite espèce, et il paraissait d'autant plus trapu qu'il avait la queue tronquée. Aussitôt j'ai entrepris de vider le seau et le lézard est tombé sur le sol, à cet endroit fait de gravier. Hélas il n'avait plus du tout l'air vivant. Le petit corps restait affalé dans une posture disloquée, totalement immobile. Venait-il de trépasser à cause de l'épuisement, du stress, du froid, ou des trois combinés? Je ne savais que faire, s'il y avait à faire. Songeant que l'animal, s'il n'était déjà mort, mourrait sans doute de froid dans la nuit, je l'ai recouvert du seau renversé. Le seau posé en porte-à-faux laissait passer l'air, permettait une éventuelle échappée, il isolerait relativement l'organisme du froid extérieur et le protègerait des chats. Le lendemain matin je retournai à mes seaux. Je n'osais soulever celui sous lequel j'avais laissé le lézard. J'ai d'abord pris le temps de vider tous les autres de leur eau, que je transvase dans mes réservoirs sous le hangar. Je possède à cet effet une trentaine de cubis de cinq litres, et deux grands tonneaux de deux cents litres. J'y transvase l'eau manuellement en prenant mon temps, j'aime beaucoup ce petit travail qui m'occupe à l'automne et en général les réserves sont pleines avant Noël, c'est encore le cas cette année. Quand est venu le moment de soulever le seau du lézard, j'ai vu qu'il était toujours là et dans la même posture, n'ayant visiblement pas bougé d'un iota depuis la veille. Comme il paraissait décidément mort, je l'ai ramassé avec une petite pelle en métal et je l'ai déposé près de là, sur un tas d'herbes mortes, au pied du mur du hangar. J'ai remarqué en le soulevant que le corps était encore souple, et il m'a semblé qu'au moment où je l'ai jeté sur le tas d'herbe une de ses pattes a marqué un mouvement. Malgré ces faibles signes le reptile était comme mort, totalement immobile, avachi les yeux fermés. Le tas d'herbe était au soleil, ce qui pouvait aider le moribond s'il avait encore une chance de ressusciter. J'ai continué de vaquer à mes occupations tout en surveillant le mouvement de l'ombre, que la rotation du soleil allait bientôt amener à recouvrir cet endroit. Entre autres choses je suis allé examiner le bassin et ses apparents mouvements de population. Le banc de carassins était stabilisé ces dernières années au nombre de cinq, dont quatre poissons vraiment rouges et un blanc décoloré, mais ces temps-ci je ne vois plus que trois rougets. Je ne sais si le quatrième a vraiment disparu ou s'il reste planqué dans la végétation. Quant aux menues gambusies, qui d'habitude affluent en nuée de mendiantes dès qu'on s'approche du bassin, je n'en voyais qu'une, flottant morte à la surface. Une femelle de grande taille, ce qui pour l'espèce veut dire dans les quatre ou cinq centimètres. Les autres, je veux croire qu'elles aussi hibernent dans la masse d'herbes aquatiques. Pour en revenir à mon lézard, comme l'ombre arrivait sur lui, qui ne bougeait toujours pas mais avait maintenant les yeux ouverts, je l'ai emporté pour le déposer cette fois sur une dalle en plein soleil, si tant est que l'on puisse qualifier de plein le pauvre soleil qui se traîne au ras des arbres à dix jours du solstice. Et ça a marché. Repassant au bout d'un moment j'ai vu que le lézard avait trouvé l'énergie de se déplacer d'une dizaine de centimètres. Un peu plus tard il avait disparu. Je ne sais où il est parti, mais il est certain qu'il revenait de loin.

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samedi 12 décembre 2020

dix choses

DIX CHOSES QUE JE N'AIME PAS

Je n'aime pas boire avec une paille.
Je n'aime pas arriver en retard.
Je n'aime pas les meubles escamotables.
Je n'aime pas être réveillé par le réveil.
Je n'aime pas la marmelade.
Je n'aime pas les speculoos.
Je n'aime pas faire la bise.
Je n'aime pas les dragonnes.
Je n'aime pas les épiceries bio.
Je n'aime pas la fin de la savonnette.

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vendredi 11 décembre 2020

vargas llosa

978612426712

J'étais curieux de lire la biographie en bande dessinée de Mario Vargas Llosa, oeuvre conçue par un certain Carlos Enrique Freyre, intitulée Mario : el universo Vargas Llosa, mise en images par quatre dessinateurs, et publiée à Lima l'an dernier chez Reservoir Books. J'ai été un peu déçu parce que cela tourne assez vite à l'hagiographie, qui est la pente fatale du genre, et parce que les dessins sont de qualité inégale. Mais je comprends que les Péruviens aient envie de célébrer leur grand intello, auteur célèbre, docteur honoris causa d'une quarantaine d'universités du monde entier, prix Nobel, et premier non-français publié de son vivant dans la Pléiade. Pour ma part je n'ai jamais été attiré par ses livres mais j'ai aimé quelques uns de ses articles journalistiques (j'en ai même traduit un, dans ma Ld n° 422). Je reconnais à Vargas Llosa le mérite de s'être éloigné du communisme auquel il avait adhéré dans sa jeunesse, fait rare dans la corporation des écrivains latino-américains, aujourd'hui encore surpeuplée de guévaropithèques. Ce qui m'a le plus intéressé dans l'ouvrage est ce que j'y ai appris de sa vie familiale bizarre. Il n'a connu qu'à l'âge de dix ans son père peu aimable, qu'il avait jusque là cru mort, et à dix-neuf ans il a remué ciel et terre pour épouser sa tante, la tía Julia, son ainée de dix ans, dont il n'a divorcé que pour se remarier avec une cousine. En fait on en apprend tout autant en consultant simplement l'article de Wikipédia, qui comporte en outre un croustillant passage sur «L'amitié brisée avec Gabriel García Márquez», laquelle a tourné court le jour où Mario a foutu son poing dans la gueule de Gabo, pour des raisons restées mystérieuses, histoire de femme ou désaccord idéologique.

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mercredi 9 décembre 2020

harold budd (1936-2020)

J'apprends la mort de Harold Budd, emporté par le covid à 84 ans. Il était un de mes musiciens préférés, avec Eno et Satie.
The pearl.
A stream with bright fish.
Lost in the humming air.
Niki D.

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salazar

Unknown-1

J'ai passé un moment à feuilleter un de ces albums de la collection Fotobiografias Século XX bourré de centaines de photos, celui-ci consacré à Salazar. La plupart des photos ne sont pas très belles, mais parmi les dictateurs du XXe siècle Salazar est sans doute mon préféré. Curé manqué, excellent financier, patriote dévoué, économe, honnête, rigoureux, sincère, ascète asexuel, quasi monacal, anticommuniste, mélancolique, populaire, sobrement élégant, quel personnage.

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mardi 8 décembre 2020

toutes eaux

TOUTES EAUX (1)

eau bénite
Eaux-Bonnes
eau bouillante
Eau Bourde
eau chaude
eau courante
eau croupie
eau déminéralisée
eau distillée
eau dormante
eau douce
eau dure
eau écarlate
eau-forte
eau fraîche
eau froide
eau gazeuse
eau glacée
eaux grasses
eau lourde
eau minérale
eau morte
eau oxygénée
eau plate
eau potable
eau rougie
eau salée
eau saumâtre
eau stagnante
eau sucrée
eaux territoriales
eau thermale
eau tiède
eau trouble
eaux usées
eau vive

TOUTES EAUX (2) 

eau de boudin
eau de coco
eau de Cologne
eau de cuisson
eau d'Evian
eau de fleur d'oranger
eau de Javel
eau de mélisse
eau de pluie
eau du robinet
eau de roche
eau de rose
eau de Seltz
eau de source
eau de toilette
eau de vaisselle
eau de Vichy
eau-de-vie

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lundi 7 décembre 2020

la classe de neige

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J'ai lu avec plaisir et assez rapidement un petit roman (encore une fiction) d'Emmanuel Carrère, La classe de neige (encore un Folio de boite à livres). C'est l'histoire d'un gamin de sept ans, plutôt malingre et introverti, qui part pour deux semaines de vacances scolaires dans les Alpes, à 400 kilomètres de chez lui. Son père, qui n'est pas commode, n'a pas voulu qu'il s'y rende en autocar avec ses camarades et le conduit lui-même sur place mais un peu en retard, le lendemain du jour où les autres sont déjà installés. Or une fois le monsieur reparti, on s'aperçoit qu'il a oublié de décharger du coffre de la voiture le bagage du petit, contenant tout ce qu'il lui fallait de vêtements, d'affaires de toilette, etc. Les heures puis les jours passent sans que l'homme ne revienne, ni ne donne signe. On se demande ce qui a pu lui arriver mais on ne sait où le joindre, car il est représentant de commerce et a prévu une tournée de plusieurs jours à cette occasion. Je ne raconte pas la suite. Ce à quoi pense aussitôt le lecteur d'aujourd'hui, c'est qu'une telle intrigue, datant de 1995, ne serait déjà plus possible de nos jours, où tout le monde (sauf moi) possède un téléphone portable, et où l'on peut envoyer des mails. Mais enfin cet argument est bien trouvé, l'histoire tient en haleine, le texte est bien écrit, et la psychologie de l'enfant bien rendue. L'auteur est assez habile pour qu'à la fin de son récit le lecteur comprenne assurément la tragédie qui s'est produite, sans qu'elle soit jamais déclarée explicitement. Je ne suis pas très amateur d'artifices chronologiques mais j'ai trouvé bien venue la scène du futur («vingt ans plus tard») insérée vers la fin du volume, au chapitre 26 (sur 31). Ce petit livre m'a bien plu.

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dimanche 6 décembre 2020

le petit prince

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Je me souviens d'avoir possédé un exemplaire du Petit Prince quand j'étais jeune, mais il me semble que je ne l'avais jamais lu. C'est chose faite ces jours-ci grâce à une édition de 1999 trouvée naguère dans une boîte à livres. En me renseignant après coup je suis impressionné par le succès universel de ce conte, vendu à 145 millions d'exemplaires et traduit en 361 langues, ce qui en fait le deuxième livre le plus traduit dans le monde après la Bible. Pour ma part, n'étant déjà pas friand de fiction, je n'ai pas bien apprécié cette histoire fictivissime, peut-être aussi à cause de son ton de faribole volontiers larmoyante. Je n'ai pas aimé non plus l'idée répétée que les enfants seraient d'une clairvoyance formidable, et les grandes personnes de tristes personnages. Pour ce que j'en sais il y a chez les enfants comme chez les grandes personnes des êtres merveilleux mais aussi des merdeux sans intérêt. Et il y a chez les adultes bon nombre de crétins immatures, que cette qualité ne rend pas meilleurs. Mais passons. J'ai remarqué deux trois thèmes qui cadrent mal avec l'idéologie politicorrecte d'aujourd'hui, celui de la petite planète étouffée par les gros arbres (chapitre V), et celui du petit prince (un noble, argh!) comme par hasard blondinet (aargh!), mais cela ne semble pas nuire à la réputation de l'ouvrage. Une expression du chapitre VII, «la guerre des moutons», m'a fait penser qu'on pourrait l'appliquer, comme les «mutins de Panurge» de Muray, à certains activistes d'aujourd'hui. Je suis resté songeur en lisant au chapitre XVI qu'il n'y avait à l'époque que deux milliards et quelques d'habitants dans le monde. L'explosion démographique, voilà bien la grande catastrophe du vingtième siècle, plus grave que les guerres et les tyrannies. J'ai bien aimé (quand même) les propos du chapitre XXI sur la façon d'apprivoiser : «Il faut être très patient, répondit le renard. Tu t'assoiras d'abord un peu loin de moi, comme ça, dans l'herbe. Je te regarderai du coin de l'oeil et tu ne diras rien. ... Mais chaque jour tu pourras t'assoir un peu plus près.» Ces phrases me plaisent parce qu'elles sont bien vues, et pour une raison de circonstance, parce qu'il y a dernièrement dans les parages un nouveau chat perdu, qui m'a l'air de faire des travaux d'approche. J'ai aimé aussi (décidément) ces phrases du chapitre XXIV, sur le désert : «J'ai toujours aimé le désert. On s'assoit sur une dune de sable. On ne voit rien. On n'entend rien. Et cependant quelque chose rayonne en silence...»

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samedi 5 décembre 2020

monopole

Après la mort de Valéry Giscard d'Estaing j'ai écouté les commentaires, sur ce qu'on doit lui reconnaître ou ce qu'on peut lui reprocher. Pour ma part je retiens en particulier sa formule bien trouvée, dont je me moquais à l'époque, mais qui avec le temps me parait juste, selon laquelle la gauche n'a pas le monopole du coeur.

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