Journal documentaire

samedi 16 novembre 2019

déchette, trenet, rousseau

Rousseau_Jean-Jacques

Il ne fait pas grand froid mais le temps reste décidément à la pluie. J'ai fait ce que j'ai pu dans les moments où il ne pleuvait pas ou presque pas. Dans la matinée, sortie en voiture pour aller à la déchette, où j'ai trouvé un nouveau seau pour récupérer l'eau de pluie, l'un des miens s'étant percé cette semaine. J'ai aussi piqué dans une benne à gravats six beaux pavés carrés de 12 centimètres et cinq assiettes anglaises bleues intactes. De là je suis allé à la Coop, puis dans mon bois principal, où je voulais concasser mes dernières coquilles d'huitres, et tester une petite fiche en bristol où j'avais recopié les critères distinctifs des Cornouillers mâles et sanguins selon la FFF (la Flore forestière française). Mais les particularités de l'écorce, des rameaux et des feuilles sont quand même peu évidentes et le mieux sera d'attendre la saison des fleurs ou des fruits. Jacques Brosse a dans ses Arbustes d'Europe Occidentale un long et savant article sur les Cornouillers, que je n'ai pas pris le temps de lire. En rentrant chez moi vers midi je suis tombé sur l'émission de Benoit Duteurtre, qui recevait Roberto Alagna sur France Musique. Il a passé une chanson de Trénet que je ne connaissais pas, La tarentelle de Caruso, qui est un exercice de haute dinguerie bien dans le style du grand Charles. A la maison j'ai écouté la fin de l'émission en préparant une excellente poêlée, où j'ai frit une gousse d'ail, la moitié d'un énorme oignon violet et un poireau, tous coupés en petits morceaux, avec un oeuf. J'ai déjeuné en regardant la dernière vidéo de Matt Walsh. A un moment (vers 21'30) il cite le philosophe sud-africain anti-nataliste David Benatar, mais pour le désapprouver. Après quoi je me suis abîmé dans une terrible sieste, qui m'a maintenu à l'écart de la vie active jusqu'après trois heures. J'ai passé le reste de l'après-midi au jardin, à perfectionner mes parterres et mon chemin en tuiles, et j'ai dîné vers six heures, d'un filet de poisson frit dans la farine. Je l'accompagnai de lamelles que je coupais à mesure dans une carotte crue et dans un raifort, tout en regardant sur YouTube un documentaire d'Arte sur la vie de Jean-Jacques Rousseau, qui était meilleur botaniste que moi (par Katharina von Flotow, 2000). Cette émission me réservait une petite surprise phonétique, car il semble que le nom de Madame de Warens, qu'en moi-même j'avais toujours prononcé Varince, doive être prononcé Ouarance. Un film intéressant, mon seul regret a été qu'on ne s'étende guère sur les circonstances de la mort. J'avais lu jadis un article de G Lenotre sur le sujet, qui envisageait l'hypothèse d'un suicide, me semble-t-il.

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vendredi 15 novembre 2019

cannibal holocaust, parterres

J'avais aussi emporté de la fac deux dvd de fiction et j'ai commencé la journée vers sept heures en essayant de regarder le premier, La noche que mi madre mató a mi padre, une comédie très bavarde où les personnages parlaient trop vite pour que j'arrive à suivre, et j'ai abandonné dès les premières minutes de crainte d'en perdre trop. J'ai regardé à la place le deuxième disque, Cannibal Holocaust, film italien d'un certain Ruggero Deodato (1980) doublé en français. Il y aurait eu matière à une oeuvre intéressante, avec cette histoire d'un anthropologue parti à la recherche des membres d'une expédition disparue en territoire cannibale au fin fond de l'Amazonie. Mais ce pauvre film pue le toc, l'esbroufe et la vulgarité, dès les premiers instants, avec sa musique insupportable. Le cinéaste enchaîne complaisamment les vues de cadavres en décomposition, les scènes de torture, de viol et de meurtre, dans une ambiance de grand guignol, et l'on ne croit pas un instant à ces actions. Le plus pénible à mes yeux était le massacre non simulé de quelques animaux (tortue découpée vivante, singe décapité etc), indélicatesses qui ont valu au réalisateur d'être très justement poursuivi en justice. Pour la curiosité, il y a quelques vues d'extérieur tournées à New York, dans lesquelles on aperçoit une paire de fois les tours du WTC. L'ensemble est très médiocre, du point de vue narratif, moral et esthétique. Je fus au marché de Loulay vers dix heures, puis consacrai le reste de la matinée à l'aménagement de mes nouveaux parterres. A midi je finis ma pizza en regardant une partie du dernier meeting de Trump, en Louisiane. L'après-midi je renonçai encore aux bois pour continuer mon travail au jardin. J'ai tapissé de carton les deux parterres d'un mètre carré et commencé de les remplir de déchets végétaux que je laisserai composter dans un premier temps. Un avantage de rester ainsi près de la maison est que je peux rentrer régulièrement alimenter le feu. Ce soir j'ai mangé mes huitres, il y en avait quatorze, en regardant un reportage de Vincent Lapierre sur les Gilets jaunes, pas très intéressant.

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jeudi 14 novembre 2019

mairie, munster jardin, pizza

Unknown

Grande journée que celle-ci, où j'avais rendez-vous à dix heures à la mairie de Saint-Jean pour enfin remettre mon formulaire de demande d'une nouvelle carte d'identité. Mais Dieu sait quand je l'aurai, si je l'ai un jour. Je profitai de cette course en ville pour faire le plein d'essence, acheter quelque dalles gravillonnées, liquidant ainsi mon avoir chez Brico, et rendre visite au magasin de déstockage alimentaire Ecomalin, où je n'étais pas revenu depuis un bail. Entre autres bonnes affaires, j'y achetai des rince-doigts à cinq centimes l'unité et, pour le prix d'un doublon, un munster Marikel tout à fait immoral, moelleux et puant à souhait. Au retour je fis halte à Loulay, pour prendre du pain et demander au café s'ils vendaient toujours de la pizza le soir, ce qui est le cas. A midi je déjeunai chichement d'un reste de jambon, avec un reste de choucroute et un reste d'endive, puis j'entamai le munster, qui tenait vaillamment ses promesses. Cependant je regardai la dernière vidéo de Matt Walsh. Entre autres il montrait des scènes atroces où des militants LGBT aux cheveux mauves faisaient la leçon dans les écoles, demandant à des enfants de neuf ans à quel genre ils s'identifiaient. Sentant que cette journée était vouée aux grandes réalisations, je renonçai à passer une seule heure dans les bois, et me consacrai tout l'après-midi aux travaux de jardin que j'envisageais depuis quelques mois : à certain endroit, créer un passage de cinq mètres de long sur un de large au sol tapissé de tesson de tuile, et à côté deux parterres d'un mètre carré chacun, entourés de parpaings et séparés par un dallage minimal. J'ai le plus grand mal à me mettre à ce genre de travaux, mais une fois en train, cela va. J'ai travaillé jusqu'à la tombée de la nuit, vers six heures, et dans la soirée je revenais encore sur les lieux avec une lampe électrique voir l'état des choses. En fin d'après-midi, pour me récompenser de mes bonnes actions, je commandai à Loulay une pizza Tour Eiffel (tomate, mozzarella, jambon, champignons, olives noires) de grand format (33 centimètres), dont je dévorai les deux tiers. Il y avait une éternité que je n'avais mangé de pizza, et celle-ci était excellente, ni trop sèche ni trop grasse. Sur YouTube je regardai une vidéo récente de Lionel Nation, commentateur politique conservateur. Il n'est pas de mes orateurs préférés, mais il fait son petit effet, avec son air de savant fou et sa drôle de voix nasillarde.

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mercredi 13 novembre 2019

niort, beauvoir, désert

Très beau temps ce matin, mais je n'ai quitté le lit que vers onze heures pour m'occuper un peu du jardin. Impressions partagées entre la sensation exquise du soleil réapparu, et l'ennui d'entendre les deux ouvriers qui refont le seuil du portail chez ma voisine d'en face la colonelle. Comme souvent les gens de leur corporation, ils ne peuvent se parler qu'en vociférant. A midi j'ai déjeuné d'un bout de saucisson, avec une abondante salade composée d'un reste de nouilles, d'une demi-carotte râpée, de graines de tournesol, de raisins secs, d'une échalote, d'un peu d'endive, de trois petits oignons et d'une pincée de cumin, tout en regardant des journaux de Fox News, par Tucker Carlson, puis par Sean Hannity. Je n'aime pas trop le trumpisme inconditionnel de Hannity, mais c'est un orateur agréable à écouter, avec sa verve et son petit accent nasal. En début d'après-m je suis monté à Niort rapporter le fichu holter chez le cardiologue. J'ai remarqué que quand on arrive dans Niort par l'avenue de Saint-Jean d'Angély, on trouve à main droite, juste avant de passer sous la voie ferrée, une rue du Nord, dont le nom me plait. A l'aller puis au retour j'ai rapporté puis récupéré, chez Valérie ma couturière, ma veste bavaroise grise, dont elle n'avait pas bien recousu les boutons comme je le lui avais demandé. Je ne compte plus les problèmes de communication que j'ai avec les artisans. A Beauvoir, je me suis aussi arrêté flâner un moment chez Point Vert. Je leur ai acheté trois parpaings qui me serviront, pour un aménagement du jardin. Le beau temps du matin avait peu à peu tourné au gris, puis à la pluie, si bien que je renonçais à passer dans les bois en rentrant, mais finalement la pluie ayant cessé, je me suis arrêté une bonne heure au bois long du Désert. J'y ai débité en bûches un petit tronc de chêne mort, que j'avais mis de côté, puis deux autres que j'ai trouvés. J'ai aussi pris le soin de cueillir trois champignons, de trois espèces différentes, pensant les identifier dans mes guides, mais je n'y suis pas arrivé, et je me suis dit que j'avais déjà connu cette désillusion. J'ai dîné de choucroute, avec une demi-tranche de jambon de Vendée, d'un beau rouge très foncé.

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mardi 12 novembre 2019

primitifs, niort, mutis

images

Malgré le beau temps, j'ai passé la matinée au lit à envoyer du courrier et à réfléchir à un projet de traduction qui me préoccupe. J'ai aussi pris le temps de regarder l'intéressante vidéo 4 years of primitive technology, d'un certain John Plant, habile survivaliste du Queensland, qu'un correspondant m'a fait connaître. Cela m'a rappelé, dans le même genre primitif, taciturne et industrieux, les vidéos de la jeune Asiate des Survival skills. A midi je n'ai rien mangé, car l'anxiété me coupait l'appétit, et je suis parti pour Niort, où je devais rencontrer un cardiologue afin qu'il me pose un holter, à garder sur moi vingt-quatre heures. Cela n'est pas très inquiétant, mais avait quelque chose de déprimant. En revenant je me suis arrêté à Beauvoir, où j'ai récupéré mes vêtements chez la couturière, fait des courses à Inter, et retiré du liquide à la Poste. De retour à la maison, je me suis interdit de partir dans les bois et obligé à rester m'occuper du jardin, qui m'attire moins, mais où j'ai aussi à faire et où je n'ai rien fichu depuis cinq jours que je suis là. En fin de journée je dînai tôt, d'une poêlée où j'ai frit un oeuf avec des nouilles et de la saucisse de Francfort. Puis j'ai regardé le troisième et dernier dvd documentaire que j'avais apporté, d'un certain Yves Billon, sur Alvaro Mutis. Ses écrits ne m'ont jamais attiré, et les extraits lus dans le film ne m'en ont pas donné plus envie, mais le personnage était charmant, bel homme, belle voix. C'était un ami de Gomez Davila, je l'avais interrogé par correspondance à son sujet, pour mes Studia daviliana. Il n'était pas très à gauche lui non plus, se déclarant partisan de la monarchie de droit divin. «Je ne conçois pas un pouvoir qui décide en mon nom et m'impose des lois, s'il n'a pas une origine transcendante» (à 41'20). Comment dire, j'y crois pas mais ça me plait.

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lundi 11 novembre 2019

études, épines, apéro

Je ne dirais pas que des études ont déjà démontré tout et son contraire, encore que je ne sois pas loin de le penser. Mais il est vrai que cette formule dont on use et abuse, «Des études ont montré que ...», m'inspire plus de méfiance que de confiance, surtout si elle n'est suivie d'aucune référence précise aux études en question. Il faisait gris ce matin et il a même plu vers onze heures, quand ma voisine d'en face, la colonelle, revenant de la cérémonie commémorative, est venue me saluer dans la cour, alors que je descendais moi-même de voiture, au retour d'une course à la Coop. A midi j'ai encore mangé du jambon, en entamant une énorme casserole de nouilles à la sauce tomate. L'après-midi il y avait du soleil, je suis allé travailler un moment dans les bois. Entre autres choses je voulais vérifier si oui ou non il y avait du fusain dans le petit bois enclavé de Volebière, comme l'affirmait ma liste, mais je n'en ai pas vu trace. La seule vérification qui restera à faire sera de déterminer si les cornouillers présents sont des cornouillers mâles ou des sanguins, car jusqu'à présent je n'ai de certitude que pour certains pieds, mais le mieux pour ce faire sera d'attendre la saison des fruits. Si j'en crois mon tableau, il semble que les deux seules espèces universellement présentes dans les cinq parcelles forestières soient l'aubépine et le prunellier, soit l'épine blanche et l'épine noire, quelle que soit par ailleurs l'espèce dominante en chaque lieu. En ce moment les fossés autour du village sont redevenus des ruisseaux, et les bois sont pleins de champignons blancs, gris, jaunes et bruns, auxquels je ne touche pas, ne les connaissant hélas pas. Je suis rentré assez tôt pour avoir le temps de me doucher, de me raser et de me changer avant de me rendre chez mes voisins brits, qui m'invitaient à un apéro dinatoire à 17 h 30. Blanc sec, chips, deux sauces, crudités, crevettes, petits canapés. J'en suis revenu après avoir bien bu et trop mangé, ayant cédé une fois de plus à ma vocation d'aspirateur de table.

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dimanche 10 novembre 2019

suel, chien, toise

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Aujourd'hui temps toujours frais mais assez beau, un soleil pâle, presque pas de pluie. J'ai commencé la journée en lisant lentement et en entier un nouveau livre de poèmes de Lucien Suel, qui m'était arrivé hier par la poste, Ourson les neiges d'antan? C'est le recueil de toutes ses collaborations avec le graveur et peintre canadien, gallois d'adoption, William Brown (1953-2008). J'ai beaucoup aimé les poèmes, très inspirés et rigoureux, la plupart en vers justifiés. Je ne connaissais W Brown que de nom. Comme il a beaucoup d'homonymes, il n'est pas facile de se renseigner sur lui, mais j'ai trouvé une paire d'articles et une photo de lui. Je préfère ses bois et ses linos, à ses dessins et peintures. Vers onze heures je suis allé à la Coop de Villeneuve acheter du pain, du vin et des huîtres. Au retour je me suis arrêté travailler une bonne heure à la Rigeasse avant de rentrer à la maison. Tout le coin nord-est est resté une zone broussailleuse impénétrable où je n'ai encore jamais mis les pieds. J'ai déjeuné de mes treize huitres avec une petite boîte de lentilles préparées et une bière, en regardant le discours de ce bon Donald à un meeting des Black Voices for Trump à Atlanta. En début d'après-midi j'ai vu par la fenêtre qu'un chien était entré dans le jardin. C'est un grand Saint-Bernard qui n'a pas l'air tout jeune, et que des gens du village laissent errer depuis quelques mois. Je suis sorti pour le chasser mais il s'est mis à m'aboyer dessus de façon menaçante et c'est moi qui ai battu en retraite. Je suis rentré dans la maison me saisir d'un manche de pioche que je garde toujours à côté de la porte, et je suis ressorti. Le chien n'était plus dans le jardin mais restait dans la rue devant le portail ouvert. Je l'ai menacé à mon tour mais il me tenait tête, reculant à peine et aboyant de plus belle. De mon côté je ne me sentais pas à l'aise avec ce bâton un peu trop gros et lourd. Je suis retourné dans le jardin prendre dans la voiture ma canne noire, avec le pommeau en forme de tête de canard. C'est là une trique idéale, plus légère, mais que j'ai bien en main, et qui m'a permis de mettre la bête en fuite. Ensuite je suis allé passer presque tout l'après-midi dans les bois. En montant la colline en voiture, j'ai levé un héron cendré au bord d'un champ. Il y avait longtemps que je n'en voyais plus ici. Je m'étais fixé deux petites missions, concasser mes coquilles d'huîtres dans l'entrée de mon bois principal, et répandre dans la lisière ouest un stock de graines de rose trémière, récupérées à la fin de l'été. Puis je suis resté à inspecter, à nettoyer et à couper un peu de bois, et je suis descendu faire de même à la Rigeasse, jusqu'à ce que j'entende la cloche du village sonner sept heures. Ce soir j'ai dîné d'un peu de jambon, avec un bol où j'avais mélangé de l'avoine et de la semoule détrempées, une demi-échalotte, quatre petits oignons et des graines de tournesol. J'ai regardé une vidéo récente de Jake et Nicole, les deux tourtereaux écolos qui n'en finissent pas d'aménager leur yourte sur l'île de Vancouver. Je les aime bien. En préparant le dossier pour obtenir une nouvelle carte d'identité, j'étais étonné de voir sur l'ancienne que ma taille serait d'un mètre soixante-quatorze, quand il me semblait savoir que je ne mesurais qu'un mètre soixante-douze ou treize. M'étais-je grandi au bluff, par coquetterie, au moment de faire mon ancienne carte? Si oui, quelle honte. Voulant en avoir le coeur net, je viens de me toiser comme je pouvais, en mettant un livre sur ma tête contre un mur blanc. Surprise : je ne dépasse guère un mètre soixante-dix. Cela veut dire que soit j'ai bluffé jadis, soit je me suis bien tassé, ce qui est aussi possible.

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samedi 9 novembre 2019

lampião, maté, steyn

Maple_Street__Woodsville__NH

Il a failli faire beau en milieu de journée, mais le temps est resté maussade. Ce matin j'ai fait du courrier, et j'ai regardé un dvd documentaire apporté de la fac, sur Lampião le cangaceiro. Il apprend peu sur la vie du personnage, esquissée à grands traits. On le présente un peu trop comme un bandit social, façon Robin des Bois, alors que ce n'était qu'un voleur de bétail hors la loi pas très fin. On montre surtout comment est perpétuée sa légende. La plupart des célébrations (cinéma, bals, défilés) font plutôt pitié, mais j'aime bien la poésie de colportage, le cordel, avec ses illustrations en bois gravé. Les ruraux nordestins interrogés avaient un tel accent que je ne comprenais pas grand chose de ce qu'ils disaient. J'ai déjeuné d'un bol de ma soupe avec un peu de pâté et je ne sais plus quoi. Après cela j'ai voulu regarder un autre dvd documentaire, celui-ci sur le maté, mais comme c'était l'heure de la sieste j'ai un peu roupillé par moments et n'ai pas tout vu. Il y avait quelques belles vues de la vie des gauchos et des plantations de maté, où cependant la vie et rude. J'ai vu que dans les réunions, les gens se passent la bombilla, la petite paille métallique, qui n'est donc pas personnelle, et je trouve ça un peu répugnant. Le film ne disait rien du fait que l'appellation yerba mate est bizarre, car ce n'est pas vraiment de l'herbe, mais des feuilles d'arbre. C'est d'ailleurs un ilex, soit une espèce de houx. Je suis allé un moment dans les bois, mais n'ai pu y rester longtemps à cause du vent froid. Et quand je suis rentré la pluie revenait. J'ai dîné tôt, de mon reste de soupe et de pâté, avec du bon jambon de monsieur Noiraud, en regardant un discours de Mark Steyn à Melbourne, sur la liberté d'expression, assez marrant. Je le croyais juif, mais d'après Wiki il dit ne pas l'être plus que ça. L'article en anglais comporte un lien vers celui sur sa ville de résidence, Woodsville, dans le New Hampshire, illustré de belles photos des années 1900, dont une vue de Maple Street qui laisse rêveur.

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vendredi 8 novembre 2019

huitres, figuier, trump

Il a plu dans la nuit, mes seaux étaient remplis, et il n'a pas replu dans la journée mais le temps est resté couvert, frais et poisseux. Je ne suis allé au marché de Loulay qu'après onze heures. Les marchands de pommes vendéens, qui d'ordinaire viennent le premier vendredi du mois, pour quelque raison étaient là aujourd'hui. Je leur ai pris un litre de jus de pomme et une grappe de raisins. Quant à l'écailler, qui m'a à la bonne, et ne me sert jamais moins de quatorze huitres à la douzaine, il a déclaré qu'il m'en donnait seize parce que le marché tirait à sa fin, mais quand je les ai comptées chez moi, j'ai vu qu'il y en avait dix-huit. Je les ai mangées à midi comme la dernière fois, en ouvrant les plus régulières au couteau, et en mettant les biscornues sur le feu. J'ai fait une longue sieste entrecoupée, tout en feuilletant par intervalles un livre basque très illustré sur l'histoire de la pêche depuis la préhistoire. Le temps incitait à ne rien faire qui requière de se tenir ailleurs qu'au lit ou à côté du feu, mais je me suis arraché dans l'après-midi pour monter dans mon bois principal. J'ai passé un moment à planter dans l'angle sud-ouest un petit figuier que je gardais en pot depuis quelques mois. Je ne fais plus ce genre de chose, mais j'avais récupéré cette pousse au bord de la rue, où elle n'avait pas d'avenir. En redescendant je me suis arrêté travailler un peu à la Rigeasse. En y arrivant j'ai vu une troupe de pies plus nombreuse que jamais, il devait y en avoir entre vingt et trente. Je suis rentré à la brune et j'ai fait frire dans la farine un filet de poisson rapporté du marché. Du sébaste, que je ne connaissais pas. Ce n'est pas mauvais mais il faut laisser à part la peau rougeâtre. Et pour changer j'ai regardé des orateurs américains. Entre autres je me suis repassé ce qui est peut-être le meilleur discours de Trump que je connaisse, celui qu'il avait donné au dîner de charité Al Smith en octobre 2016, quelques jours avant son élection, en présence d'un millier de personnes, dont sa rivale Hillary Clinton assise non loin de lui. Je ne sais pas s'il a été écrit par lui-même, mais il y a une ambiance extraordinaire, le public tantôt rit et tantôt frémit des propos aigres-doux. L'élégance de Donald, avec son noeud-papillon blanc, son aisance à parler, l'autorité aristocratique de sa voix, tout concourt au charme du personnage.

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jeudi 7 novembre 2019

départ à la Croix, météo, soupe, vidéo

En milieu de journée, départ pour la Charente, où je dois demeurer jusqu'à la fin de la semaine prochaine. En route il y avait un drôle de temps plutôt ensoleillé, mais avec des colonies de nuages aux quatre coins du ciel, et par endroits j'ai vu des champs inondés, tant la terre est détrempée. A Loulay j'ai râlé de trouver les deux boulangeries, situées à cinquante mètres l'une de l'autre, fermées à quinze heures trente. Ne travaillons pas trop, n'est-ce pas, ne nous rendons pas trop utiles. Du coup avant d'aller chez moi j'ai avancé jusqu'à la Coop de Villeneuve. J'ai pris une baguette, des biscuits, du mousseux et un pomelos. Et en revenant j'ai fait une halte de quelques minutes au bois de la Rigeasse, humide mais ensoleillé. Quelle paix d'être soudain là, et quel plaisir de revoir le bon travail de nettoyage que j'y ai fait ces derniers mois. La nature éclaircie par un peu d'ordre humain. A la maison, après avoir déchargé mes bagages et avant toute autre chose, voulant profiter de ce qui restait de beau temps, j'ai d'abord transvasé l'eau des seaux dans mon tonneau, et scié quelques bûches, que j'avais laissées en attente. Puis je suis rentré allumer du feu dans la cheminée et préparer une grosse marmite de soupe, avec une pomme de terre, trois oignons qui commençaient à se gâter, une pomme, un navet, une carotte, et un poireau. Et pendant qu'elle cuisait j'ai commencé à manger devant le feu, du pâté avec une demi-banane. J'ai regardé la dernière vidéo de ce bon Matt, qui est en déplacement, et un extrait du journal de Tucker Carlson. Chaque fois que je regarde une vidéo de lui, je me dis à voix basse Mmm, Tucker, what are you tucking, tonight? What are you tucking about? En l'occurrence il dénonçait le racisme anti-blanc de la nouvelle vedette américaine socialiste hallucinée, Alexandria Ocasio-Cortez. Au début je n'aimais pas trop Carlson, surtout qu'il venait remplacer Bill O'Reilly, qui s'était fait salement virer de Fox News, et j'étais inconsolable de sa disparition. J'aimais beaucoup sa grande gueule américaine à la John Wayne, ses gestes quand il parlait, avec toujours un stylo à la main, énumérant des arguments sur le bout des doigts en commençant par le petit doigt. I'm Bill O'Reilly, thanks for watching us tonight, c'était le bon temps. Mais je me suis fait à Tucker, il tient bien sa place, il est lui aussi un bon orateur, fair-play mais ferme.

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mercredi 6 novembre 2019

sarria, mésange, manga

Une dame, avec qui je ne discute jamais de politique, m'a expliqué les variations du nom de famille Sarria, qui peut s'écrire ainsi sans accent, avec donc l'accent tonique portant sur la première syllabe : ce serait la forme galicienne. Mais ce peut aussi être un nom basque, quand il est accentué sur le i (Sarría) ou catalan quand il est accentué sur le a final (Sarrià). Je n'en avais pas idée. Un trait qui m'a frappé, c'est la coïncidence du mouvement par lequel l'accent tonique se déplace de gauche à droite dans le mot, à mesure que l'on se déplace d'Ouest en Est dans le Nord de l'Espagne.
Je ne saurais bien dire pourquoi je ressens le besoin d'imposer à ma psychologie de vieux garçon casanier, asocial et craintif, l'épreuve à peu près mensuelle d'une sortie vespérale dans Bordeaux, avec transport dans la bétaillère du tram. Ce soir je fus visiter l'exposition présentée chaque mois par Christophe Massé dans son cycle Boustrophédon. Il accueillait cette fois la céramiste Carine Tarin, qui montrait de jolies sculptures en porcelaine sur le thème des oiseaux. Certaines étaient de simples carreaux avec un oiseau figurant dessus. Il n'y avait que deux ou trois espèces européennes, dont un chardonneret, des rolliers ou des guêpiers, la plupart étaient des espèces exotiques que l'artiste avait vues en photo. J'ai remarqué tout de suite un petit oiseau à la silhouette typique de mésange, dont le bleu foncé ne correspondait pas au bleu des mésanges d'ici. Il m'a rappelé le vieux souvenir d'un oiseau des antipodes, qui m'était apparu en rêve en mai 2001. Après cette réunion dans la salle d'expo rue du Parlement Sainte-Catherine, nous nous retrouvâmes dans l'atelier rue Bouquière, l'antre où l'on mange, boit, fume et parle.
Dans la bétaillère au retour, ayant pu m'assoir, je lus une petite bande dessinée que j'avais emportée avec moi, prise naguère dans une boîte à livres, Plafond de verre, d'une certaine Emilie Tosello (texte & illustrations). C'était la première fois que je lisais un manga. Ce ne fut pas sans difficulté, à cause du sens de lecture inhabituel, et du fait que je ne trouvais aucun intérêt aux personnages ni à l'histoire. Je lus cependant jusqu'au bout, poussé par la curiosité scientifique. Je ne saurais dire assurément de quoi cela parlait. J'ai eu l'impression d'un conte édifiant pour jeunes lesbiennes féministes révolutionnaires, où des personnages frêles affrontent des épreuves du genre entretien d'embauche.

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mardi 5 novembre 2019

pluie, peuplier, yoga

Je suis allé voir mon peuplier, mais qu'y faire? Il se redresse quand on tire dessus et se revautre quand on lâche. La terre est imbibée. Il lui faudrait un tuteur, et je n'en ai pas. Et je vais être parti à la Croix toute la semaine prochaine à partir d'après-demain. Deux fois ces derniers mois, l'on m'a fait remarquer que je traçais les 6 en commençant non par le haut, mais par la boucle. L'une des deux fois c'était mon frère, et il m'a dit que notre mère faisait de même. Je l'ignorais. Je ne sais plus depuis quand j'ai pris cette habitude, mais je crois me souvenir que c'était après avoir constaté que l'on pouvait de la sorte tracer d'un seul trait des nombres comme 62, 63 ou 67, en liant les deux chiffres. Cela n'est pas très utile, mais c'est une satisfaction honnête. Ce soir je suis rentré à la nuit parce que j'avais yoga. Pour la première fois depuis trois semaines, parce que la semaine dernière c'étaient les vacances, et celle d'avant le prof était malade. Comme quoi le yoga ne rend pas increvable. C'est censé être un cours d'une heure, mais le prof ne sait pas faire moins d'une heure et demie. Une heure 35 est son format idéal. En général je m'ennuie avant la fin, mais aujourd'hui j'ai remarquablement tenu. Mes fichues bûches d'acacia mettent de l'humidité dans la voiture et de la buée sur les vitres. J'espère ne pas avoir d'ennui. Ce soir j'ai continué de piocher dans mon riz et mon bayonne, en regardant encore ce bon Matt. Dans cette vidéo, à partir de 6 minutes 50, il se paie comme il faut la tête d'un journaliste. Sacré Matt.

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lundi 4 novembre 2019

haïkus, peuplier, Zemmour

Je devrais peut-être adopter une fois pour toutes, le principe de ne jamais adresser la parole à un répondeur téléphonique.
A condition égale, certain(e)s volent et d'autres non, certain(e)s se prostituent et d'autres non.
L'Algérie est indépendante depuis 1962, mais nombre d'Algériens ne sont toujours pas indépendants de la France.
Haïku-menu :
Cocktail de crevettes,
Marinade au basilic,
Pineau des Charentes.
A l'automne dernier, je m'étais occupé d'un petit bouquet de peuplier qui avait entrepris de pousser à la fac, non loin du tram. J'avais coupé toutes les tiges sauf une, la plus centrale et la plus droite. Au printemps la pousse a grossi, grandi, elle est maintenant plus haute qu'un homme et s'est ramifiée, j'étais assez content de mon coup. Aujourd'hui, en allant chercher mon sandwich méridien, j'ai vu à distance que ce petit arbre fait partie des victimes de la tempête d'hier. Il est renversé à 45 degrés. Je ne sais pas si je ferai une tentative de le redresser.
Je me suis un peu attardé au travail et il y avait des encombrements sur la route, si bien qu'il n'était plus temps d'aller faire un tour à l'étang, mais j'y suis allé quand même entre chien et loup. Ce n'était pas le pire moment, il n'y avait personne. L'Eau Bourde est grosse, elle crache de belles cascades par toutes ses écluses.
Dîné de riz et de bayonne, et j'en aurai sans doute encore les deux prochains soirs.
Regardé une discussion entre Eric Zemmour et Philippe Bilger, débattant du degré de soumission de la Justice à l'idéologie. Comme souvent, Zemmour formule clairement ce que je m'étais vaguement dit, en comparant ces deux exemples symétriques : d'une part les identitaires, condamnés pour avoir pacifiquement essayé de faire appliquer la loi en empêchant des clandestins de s'introduire sur le territoire, d'autre part le passeur récidiviste, que les tribunaux absolvent systématiquement.
J'ai aussi composé ce petit haïku en anglais, en caviardant une page pour ne laisser que ces trois fragments :
alternative ways
available evidence
through the existence.

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dimanche 3 novembre 2019

jour de tempête

On annonçait une tempête pour cette nuit ou ce matin mais j'ai seulement entendu le vent souffler dans les feuillages, les deux ou trois fois où je me suis réveillé. L'essentiel a dû se passer pendant que je dormais. Vers dix heures, comme le temps revenait au beau, je suis allé en voiture jusqu'au magasin de la ferme Dubourg, à la sortie de Pessac sur la route d'Arcachon. Chemin faisant j'ai vu les branches, parfois des arbres entiers arrachés, les palissades renversées. Je n'avais pas besoin de grand chose, je voulais surtout revoir ce magasin dont j'aime bien l'ambiance, aussi j'ai juste acheté quatre pommes, une grappe de raisins et des yaourts. Au retour je voulais faire un crochet par le campus pour prendre du pain à la boulangerie basque. Vers Unitec un jeune homme faisait du stop au bord de la route. Comme il avait l'air sérieux, je me suis arrêté. Il devait se rendre pour travailler dans un stade du quartier du Lac, c'est à dire complètement à l'autre bout de l'agglomération, et il n'y avait pas de tram, sans doute suite à la tempête. Je ne pouvais emmener ce gentilhomme aussi loin, et il me demanda si je pourrais le déposer sur les boulevards, où il espérait trouver un bus. Ce n'était pas ma route, mais j'acceptai volontiers de lui rendre ce service. Chemin faisant, comme j'avais remarqué son petit accent, je lui demandai s'il n'était pas français. Il semblait réticent à répondre, et m'a déclaré laconiquement qu'il était albanais, et étudiait les mathématiques. Mais le temps d'arriver à la barrière Saint-Genès, le temps était revenu à la pluie et il tombait des cordes. Comme j'avais pitié, j'ai proposé au mathématicien de le conduire jusqu'à la place de la Victoire, où il aurait plus de chance de trouver une connexion, et d'attendre à l'abri. Il n'a pas refusé. Après l'avoir déposé, je suis revenu vers les banlieues par le cours de la Somme. Le ciel était si capricieux qu'il y avait un rayon de soleil quand je me suis garé devant la boulangerie basque, et qu'un nouveau déluge s'abattait le temps que je sois servi. L'après-midi vers quatre heures pendant une éclaircie je suis allé passer un moment à inspecter la boîte à livres de la House déserte, pour me divertir. Je n'en ai rien retiré qu'une poignée de livres bons à jeter, et deux oeuvres en espagnol que j'offrirai aux étudiants de la fac. En revenant je me suis arrêté faire un tour de l'étang d'Ornon. Les pluies ont fait monter le niveau de l'eau, de sorte que la rive habituelle est immergée. A un endroit non loin du parking sud il y avait deux grandes branches d'acacia tombées en travers du chemin. J'hésitais à m'en emparer car j'avais la flemme, mais finalement je suis allé chercher ma scie et mon chevalet et j'en ai tiré une quinzaine de bûches de bois vert, que j'ai stockées dans la voiture. Entre le déjeuner et le dîner, je me suis partagé un paquet de raviolis au boeuf. Le soir j'ai regardé une interview d'Anne Coulter, semble-t-il sur une chaîne publique, où l'on ne voit pas l'interviewer. Elle donne ses sentiments partagés sur Trump, dont elle est un soutien de la première heure, mais dont elle met en doute le sérieux et l'efficacité. L'histoire jugera.

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samedi 2 novembre 2019

vins, poèmes, pluie

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Temps toujours pluvieux. Pendant une éclaircie entre neuf et dix heures, je fus au marché derrière le cimetière de Gradignan. Pris quelques légumes à soupe, dont un joli navet orange, et du pain. Il y avait deux marchands qui vendaient du vin pas cher, dans les trois euros et demi. Je leur ai pris du blanc sec, à l'un du Bergerac de Saint-Antoine de Breuilh, à l'autre du Bordeaux de Cantois, et à ce dernier en plus, pour le même prix, un magnum d'un litre et demi de bourru. Cela me rappelait des souvenirs parce que Saint-Antoine est une des communes que l'on traverse sur la route de Bergerac, juste avant Sainte-Foy la Grande, et parce que jadis j'ai eu l'habitude d'acheter du vin rouge de Saint-Antoine à un paysan qui était toujours placé au cul de l'église, à Bergerac, au marché du samedi. Déjeuné de mon reste de maquereau, avec entre autres des châtaignes. Vers quatre heures, comme il ne pleuvait presque plus, j'ai fait une sortie en voiture. Je voulais visiter la petite église de Canéjan mais elle était fermée. A proximité il y avait un meuble à livres abrité, où j'ai passé un long moment à mettre de l'ordre. Trois longues étagères avec des livres sur deux rangs. Je les ai redressés et resserrés, et j'en ai emporté une brassée qui étaient en ruine et que je déposerai dans un conteneur de recyclage. En repartant je me suis immédiatement perdu et j'ai dû errer un moment en voiture, puis j'ai fini par me retrouver près de chez moi. Par moments dans la journée j'ai lu Britannicus mais cela m'ennuie et je ne suis pas sûr d'aller au bout. J'ai fait quatre petits collages en superposant des photos de regards sur des dessins de masques africains récupérés dans une vieille revue. Ces derniers jours j'ai repensé à mon poème-liste Compte alphabétique, de 1996, dans lequel je m'étais amusé à placer en ordre alphabétique une grosse vingtaine d'adjectifs numéraux français : Cent, Cinq, Cinquante, Deux, Dix, etc. Le 24 du mois dernier j'en ai publié une version anglaise réduite aux dix premiers nombres, sous le titre Bemnurs, mot composé des lettres du mot Numbers, elles-mêmes placées en ordre alphabétique, en trichant sur la place du u pour faciliter la prononciation. Hier j'ai composé aussi une version française réduite à dix nombres, Bemnors :
Cinq,
Deux,
Dix,
Huit,
Neuf,
Quatre,
Sept,
Six,
Trois,
Un.
Et une version espagnole, Emnorsu :
Cinco,
Cuatro,
Diez,
Dos,
Nueve,
Ocho,
Seis,
Siete,
Tres,
Uno.
Dîné rudement d'une boîte de sardines, avec de la tomate et de la courgette insipides, et heureusement quelques châtaignes et du bourru. Il pleut plus ou moins fort mais sans cesse.

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vendredi 1 novembre 2019

excrement etc

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Les éditions Cormor En Nuptial, de Tamines près de Namur en Belgique, ont publié le mois dernier une oeuvre de Crad Kilodney, Excrement, qu'elles m'avaient demandé de traduire en français. Personnellement ce n'est pas mon texte préféré de Crad, mais lui-même jugeait que c'était un de ses livres qui valaient le mieux d'être traduit. C'est une chronique en vingt chapitres de sa vie pendant l'hiver 1983-1984. Il est alors un célibataire de 35-36 ans, qui vend non sans peine ses propres livres dans les rues de Toronto. Contrairement à ce que pourrait suggérer le titre (expliqué au chapitre XIV) ce livre est très littéraire, très construit, très léché à sa façon. L'auteur mêle habilement la série d'anecdotes de ses bonnes et mauvaises, parfois très mauvaises, rencontres dans la rue, ses trajets en métro, ses liaisons avec des femmes, ses réflexions sur l'écriture. Il introduit aussi çà et là dans le livre divers matériaux : quelques récits de rêve, des inscriptions lues en ville sur des panneaux ou des prospectus, la transcription en italique de fantasmes de vengeance, une page de son livre de comptes. Dans le chapitre XII, il joue à alterner des paragraphes dans lesquels il résume le roman russe qu'il est en train de lire, et d'autres où il décrit ce qui se passe en même temps dans le métro. Un trait que je n'aime pas dans ce livre est le pathos qui imprègne les diatribes de l'auteur contre les habitants de Toronto, qu'il tient pour des zombies crétins pour la principale raison qu'ils ne lui achètent pas son livre. Je vois là le caractère capricieux d'un grand dadais dans la trentaine, ado attardé qui n'admet pas que le monde entier ne soit pas à ses pieds en train de l'admirer. Car enfin il faut bien avouer que le sujet du petit roman qu'il essaie alors de vendre dans les rues, racontant les rapports sexuels entre une infirmière et des malades cancéreux, n'est pas vraiment ragoûtant. Qui plus est on ne voit pas bien de quoi peut se plaindre un jeune écrivain qui, de son propre aveu, n'est pas dans la misère, est publié, touche une bourse, est invité à des lectures. De même il a tendance à traiter de connes les femmes dont il n'obtient pas ce qu'il veut. On a envie de lui dire mais tu sais, Crad, le monde féminin pas plus que le monde en général n'a pour mission d'être à ton service. Mais bon, lui-même se rachète ici et là en s'autocritiquant. Comme je l'ai déjà signalé dans une note (le 29 XII 17) on peut remarquer une allusion à son véritable prénom Louis (Lou, page 49, chapitre IV) et à sa date de naissance un 13 février et non en juin comme on lit dans Wiki (XVII). Il me plaît que l'éditeur ait laissé une expression pas vraiment française mais dont j'use beaucoup, avoir les nerfs à bloc, que j'ai glissée dans une phrase de la page 50. Autant je n'aime pas le premier chapitre gémissant, autant je trouve bien choisie la scène finale avec un dingo de la rue extravagant. Parmi mes passages préférés, deux anecdotes bibliophiliques, quand un inconnu lui raconte avoir trouvé des livres précieux dans la poubelle d'un restaurant chinois (IX), et quand il se rend chez un bouquiniste (X). Aussi la joute verbale avec le vieux monsieur qui se prétend savant et que Crad, qui est diplômé d'astronomie, remet à sa place (X). 
Quelques possibilités de se procurer ce livre :
- se renseigner à cormorennuptial@gmail.com
-  virement de 17euros sur IBAN BE24 0011 6342 1838
- adresse postale Cormor en nuptial, 27 rue Saint-Martin, B-5060 Tamines, Belgique
- commande en librairie ISBN 978-2-9602243-8-2
- sa page sur le site de la librairie Mollat.
- dépôts à Bordeaux (Machine à Lire), Limoges (Les gens qui doutent), Guérande (L'Esprit large), Amiens (Le Labyrinthe), Meymac (Vivre d'Art), Rouen (L'Armitière), Marseille (Pantagruel), Lyon (Le Bal des Ardents), Paris (Tschann, Les Mots à la Bouche, Le Dilettante, Les Cahiers de Colette, Wallonie-Bruxelles), Toulouse (Terra Nova), Lille (Meura), Strasbourg (Idéodrome), Gembloux (Antigone), Bruxelles (Tropismes), Liège (Livre au Trésor, Le Comptoir), Namur (Point Virgule).

Unknown

Journée de pluie presque incessante. Matinée au lit. A un moment, sortant prendre l'air à ma porte-fenêtre, j'ai pu regarder un de ces ppb (petits passereaux bruns) que l'on confondrait facilement avec un moineau, mais sa tête bleutée le distingue : un Accenteur mouchet. Déjeuné d'une poêlée avec mon dernier oeuf et quelques légumes. Après-midi, entre deux pluies, brève sortie à l'étang, où une aigrette blanche était postée sur un bord. Dîné de maquereau au poivre, demi-avocat, salade d'avoine, semoule et graines.

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jeudi 31 octobre 2019

salamandre, préhistoire, buccins

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Hier et aujourd'hui j'ai pris la voiture car la pluie était annoncée, mais finalement il a fait beau. J'ai commencé le week-end cet après-midi en allant faire le plein et quelques courses à Géant Casino. Entre autres, j'ai acheté onze buccins. Après avoir hésité entre dix et douze, j'ai choisi cette option intermédiaire. Puis je suis rentré chez moi faire une sieste et je suis ressorti pour aller chez Leroy-Merlin. Je voulais voir ce qu'ils proposaient comme feutre géotextile. J'en ai acheté un beau rouleau de 2 x 25 mètres, pour 35 euros, qui devrait bien me rendre service pour mes projets d'aménagement d'un coin du jardin à la Croix. En rentrant j'ai fait un crochet par le bois d'Anduche, qui s'étend au nord-ouest de l'étang d'Ornon. J'avais repéré à certain endroit une longue branche morte de chêne, qui devait traîner depuis un moment car elle n'avait plus d'aubier, il n'en restait que le coeur bien dur. J'ai scié dedans trois belles bûches, et laissé sur place la partie trop épaisse pour que je la débite. Pendant que je faisais ce travail j'ai remarqué qu'il y avait par terre tout près du bout de bois une belle petite salamandre noire et jaune. Elle se tenait si immobile que je me demandais si elle était en vie. Je me suis interrompu pour la toucher avec une brindille. Elle était bien vivante mais ne bougeait pas volontiers, soit qu'elle fût engourdie, soit qu'elle fût pétrifiée d'inquiétude, soit qu'elle fût mal en point. Je pense qu'avant mon arrivée, elle devait se tenir sous la branche ou dans une cavité de celle-ci. Mais ensuite j'ai fait un petit tour dans le secteur, et quand je suis repassé au bout de quelques minutes elle avait disparu, probablement planquée de nouveau sous la branche abandonnée. Je suis allé déposer les bûches dans mon coffre, puis revenu faire le tour de l'étang. A un moment j'ai aperçu la troupe d'oies stationnant dans l'eau près du bord, à un endroit où elles se nourrissaient sur le fond, basculant entièrement la tête, le cou et l'avant du corps dans l'eau, de sorte que seul émergeait le croupion en position verticale. Chez moi j'ai fini de lire le très petit livre de Jean Clottes, La préhistoire expliquée à mes petits-enfants. Il leur a demandé ainsi qu'à leurs copains, de formuler les questions qu'ils se posaient sur la préhistoire, et en a recueilli quelque 160, qu'il a ensuite synthétisées pour y répondre dans ce petit ouvrage, présenté sous la forme d'une conversation, qui n'a jamais eu lieu telle quelle. Malgré ce côté un peu artificiel, c'est intéressant pour un profane comme moi, même si sur bien des points l'auteur doit admettre qu'on ne sait rien. J'ai retenu en particulier trois notions. La première est que la domestication du feu par l'Homo erectus remonte à il y a 500.000 ans. On mesure à ce chiffre la magie du feu, spectacle que nous ne nous lassons toujours pas de contempler au bout de cinq cent mille ans. La deuxième est que le premier animal domestique fut le chien, issu du loup, il y a 13 ou 14.000 ans, ensuite seulement le bétail, et ensuite seulement la volaille. La troisième est cette observation que les peintures rupestres représentent principalement des animaux, rarement des humains, et jamais des végétaux. J'ai dîné ce soir de mes excellents buccins, avec un demi-avocat et un morceau de courgette crue, en regardant encore ce bon Matt.

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mercredi 30 octobre 2019

trois livres

44329_1598507485544_3267318_nAujourd'hui je me suis occupé de trois livres, entre autres, trois livres anciens reliés de banale basane, mais qui avaient chacun une part de mystère. Le premier avait la page de titre arrachée, de sorte qu'il n'y aurait eu aucun moyen de l'identifier si quelqu'un, un marchand peut-être, n'y avait glissé une fiche en bristol sur laquelle on avait porté quelques indications. Tout d'abord le titre, Ortografía de la lengua castellana, ainsi que l'éditeur de ce livre anonyme, la RAE, c'est à dire la Real Academia Española. La fiche comportait aussi une série de sept dates, dont la plus ancienne était 1741, et dont la plus récente, 1792, était entourée, comme pour indiquer que l'ouvrage avait eu différentes éditions correspondant à ces dates, et que la dernière était celle de l'exemplaire en question. Sur ce point l'excellent Manual del librero de Palau m'a rendu le service que j'en attendais. Lui aussi mentionnait les dates de ces sept éditions, et leur description, grâce à quoi j'ai pu constater que le volume que j'avais entre les mains, comptant XII-204 pages et 9 planches, n'était pas un exemplaire de la septième édition, de 1792, mais de la sixième, de 1779. Le deuxième livre, Beautés de l'histoire du Mexique, publié chez Bossange, à Paris et à Londres, en 1822, est clairement référencé dans toutes les bibliographies. Le point obscur est son auteur, un certain A Dillon, dont on ne sait même pas le prénom. Il est absent de tous les registres, et semble ne pas avoir écrit autre chose, bien qu'il annonce à la fin de son introduction la parution prochaine de Beautés du Pérou. Est-ce le pseudonyme du Girard de Propiac, qui a publié deux ans après les Beautés de l'histoire du Pérou, et plus tard encore a laissé son nom à une rue de Dijon? Je l'ignore, et ma foi je vais continuer de l'ignorer. Cet ouvrage sur le Mexique est peut-être intéressant, j'ai vu à certaines pages qu'il a l'air de ne pas être une simple compilation. Mais il est orné de six gravures dont au moins la première, en frontispice, fait sourire. Intitulée «Manière de passer les rivières au Mexique», elle montre un cheval paisiblement suspendu au-dessus des flots à une corde, dont chaque bout est tenu par un seul homme, sur chaque rive. Le troisième livre est un anonyme, Lettres d'une Péruvienne, dû paraît-il à une certaine Françoise de Graffigny. Ce roman par lettres semble avoir connu un grand succès en son temps, il a eu nombre de rééditions et de traductions. Mon exemplaire n'est pas daté. Il porte comme seule donnée d'édition la mention fantaisiste «A Peine», la même qui figure sur la première édition en 1747, mais sa pagination, x-285 pages, ne correspond à aucune référence ni dans le catalogue de Palau, ni dans celui de la Bibliothèque nationale, ni dans celui du Sudoc (le catalogue collectif des bibliothèques universitaires de France). Il peut s'agir d'une publication pirate. Laissons là ces énigmes. Ce soir je me suis nourri d'une excellente poêlée, dans laquelle j'ai brouillé un oeuf avec le reste des légumes de ma soupe, auxquels j'ai adjoint une tomate, de la banane, et des graines de tournesol, repas arrosé de mousseux Pol Rémy. Après avoir regardé Zemmour et Naulleau les deux derniers soirs, j'en suis revenu à ce bon Matt. Il dit ne pas être choqué de ce que Trump ait déclaré que Bagdadi était mort comme un lâche et comme un chien. Personnellement j'ai trouvé cette fanfaronnade un peu déplacée, mais après tout il est de bonne guerre qu'il en profite un peu pour se faire mousser. Et puis je ne souhaite pas me joindre au choeur des cireurs de babouches larmoyants.

En photo, le bibliographe Antonio Palau i Dulcet, qu'était pas un rappeur.

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mardi 29 octobre 2019

menace féministe

Je recopie une affiche vue à la fac, signée «Solidaires étudiant-e-s», l'un des groupes de fanatiques qui ont empêché dernièrement la causerie de S Agacinski (voir ci-dessus au 23 et au 25 de ce mois). L'affiche était déjà placardée quelques jours avant l'incident :
«40 % des étudiantes seront victimes de harcèlement ou de violences sexuelles à l'université. Nous exigeons - des moyens pour le recrutement de salarié-es formé-es sur les questions des violences sexuelles, - la fin des communications et des soirées sexistes, - l'exclusion des professeurs harceleurs.»
Quelques remarques à propos de cet énoncé de propagande. «40 %» : sans blague, ça ne coûte pas cher de balancer n'importe quel chiffre. «seront» : quand ça? que désigne ce futur non précisé? «harcèlement ou violences sexuelles à l'université» : quelle foutaise. Mon avis est que le milieu universitaire est sans doute un de ceux où les femmes ont le moins à se plaindre de leur sort dans le pays. Si les féministes s'y attaquent aussi vivement, c'est surtout parce que c'est le milieu où se trouve le plus grand nombre de nigauds prêts à gober tous les caprices des idéologues. «Nous exigeons» : ne vous gênez pas, les autorités vous accordent tout, des crédits, des locaux, l'interdiction des discours qui vous déplaisent. «des moyens pour le recrutement etc» : l'argent des impôts pour payer des fliques idéologiques. «la fin des communications et des soirées sexistes» : c'est-à-dire la censure des conférenciers qui n'ont pas le même point de vue que ces fliquettes, quant aux soirées, je ne sache pas que l'université en organise. Je me demande ce que deviendront ces revendications extravagantes : en sourira-t-on dans quelques années, ou au contraire le venin de ces vipères aura-t-il efficacement contribué à répandre la discorde et la haine?

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lundi 28 octobre 2019

retour en ville

UnknownHier matin j'ai réussi à terminer un petit poème-liste de dix lignes en anglais, intitulé Ten place names, que j'avais entrepris de réaliser à l'aide de l'index de mon Britannica Atlas. Il m'a donné plus de mal que ceux que j'avais réalisés en français et en espagnol sur le même modèle, et j'en ai été mal récompensé car il ne semble par avoir suscité grand intérêt. J'ai quitté la campagne en début d'après-midi, afin d'être de retour en banlieue assez tôt pour faire de la lessive. En route je me suis arrêté aux boîtes à livres d'Asnières et de Saint-Hilaire, j'ai trouvé dans la première deux volumes de Montherlant pour le copain qui collectionne les Livres de Poche vintage, et j'ai pris dans la deuxième le Classique Larousse de Britannicus, que j'essaierai de lire. Une fois rendu j'ai passé quelques minutes à l'étang d'Ornon, vers lequel je suis aimanté ces derniers temps. Il me manque quand je ne peux y aller. Le moment n'était pas idéal, car il y a beaucoup de promeneurs le dimanche après-midi. J'ai dîné en taillant un peu dans un saucisson et dans un quart de jambonneau, tout en puisant dans une énorme casserole de soupe que j'ai faite avec un poireau, un navet et plusieurs pommes de terre. Je regrettais de n'avoir plus de Bouillon Kub à y mettre, mais finalement c'était aussi bien ainsi. J'ai regardé Donald Trump annoncer la mort de Bagdadi et répondre aux journalistes. Plus tard j'ai lu un article paru il y a un an dans l'hebdomadaire portugais Visão (n° 1337). La revue consacrait sa couverture et pas moins de huit pages au sujet croustillant annoncé en ces termes: «Les secrets du leader-tabou que le PCP a rayé de son histoire. Il a dirigé le parti et en a disputé le commandement à Cunhal, mais son homosexualité a servi de prétexte à son éviction, au terme d'une intrigue restée secrète jusqu'à aujourd'hui.» Le personnage en question est Júlio Fogaça (1907-1980) auquel un journaliste et «historien» vient de consacrer une biographie, et qui fut en effet dans les années 40-50 un rival d'Alvaro Cunhal à la direction du Parti communiste portugais, Cunhal représentant la ligne dure de lutte des classes, quand Fogaça avait une conception plus pacifique. Il était homosexuel, ce qui est en soi un titre de gloire aux yeux de la morale d'aujourd'hui, bien représentée par cette revue. Il était par ailleurs issu d'une famille de grands bourgeois propriétaires terriens, MAIS il s'était rallié au prolétariat. Que cette grandeur d'âme est pénible. Je l'ai déjà dit, je connais ces milliardaires communistes comme si je les avais faits. Et plus ils sont milliardaires, plus ils sont communistes. Or Julio les pinceaux s'est fait lourder du PC. Donc non seulement il était Homosexuel et Communiste, mais c'était une Victime! Le héros grandiose absolu total! Notez bien que la grande faute historique du Parti communiste n'est pas du tout d'avoir défendu des tyrannies infectes comme celle qui sévissait alors en URSS, pour ça no problemo, son grand tort est de n'avoir pas prévu la gay pride. Le pompon est qu'on avoue en fin d'article qu'il n'est pas certain que le type ait été viré pour cause d'homosexualité. C'est une hypothèse. Tu la sens, ma grosse hypothèse? Enfin, passons. Ma journée d'aujourd'hui ne fut pas mauvaise, mais je n'ai pas grand chose à en dire. Le changement d'heure fait que j'ai de nouveau un peu de lumière du jour le matin au moment de fermer ma porte, mais c'est autant de perdu le soir et ce soir, comme je fus long à rentrer dans le quartier car j'étais en bus, comme ensuite il fallut que je reprisse ma voiture automobile pour aller m'acheter une baguette à la House, et comme enfin je m'attardai à côté de la boulangerie à examiner là aussi le contenu d'une boîte à livres, où je piquai La préhistoire expliquée à mes petits-enfants, par Jean Clottes, que je ne suis pas sûr de lire, mais dont le petit format conviendrait tout à fait pour emporter dans le bus, déjà le jour tombait et il faisait trop sombre pour que je rendisse visite à l'étang, si bien que je rentrai directo dans ma piaule, où je m'offris un dîner qui ressemblait assez à celui de la veille, et ne différait sans doute pas beaucoup de celui de demain.

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