Journal documentaire

samedi 20 juillet 2019

luzacaise

26-187-thickbox

Je n'étais déjà pas ennemi de la galette charentaise, dont j'aime bien les différentes nuances, mais alors la variété sablée luzacaise, que je viens de tester, relève de l'envoûtement.

Posté par Ph B à 06:27 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,


vendredi 19 juillet 2019

ps

Il s'est avéré qu'en outre j'ai été bloqué, c'est à dire empêché d'utiliser Facebook, pendant 24 heures. Je n'ai pas bien compris si c'était pour me punir d'avoir été vilain en diffusant ce nu terrible, ou parce qu'il apparaissait encore quand je voulais passer le lien vers ma note d'hier.

Posté par Ph B à 06:31 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

jeudi 18 juillet 2019

censure

anita_ekberg_1

J'ai été censuré pour la première fois. Avant-hier matin Facebook m'a notifié qu'une photo que j'avais diffusée contrevenait aux «règles de la communauté» («our community standards on nudity or sexual activity». L'on me montrait le document litigieux : une photo d'Anita Eckberg nue, piquée je crois sur le site de Fred R, datant peut-être des années soixante. Elle est assise par terre, appuyée sur le bras gauche, une jambe pliée, la touffe visible, la tête tournée de profil, les seins explosant comme des obus dans un trait de lumière. Or il est interdit de montrer des nichons sur Facebook autrement qu'à des fins médicales ou dans des scènes de bébés allaitant, toutes vues que je trouve quant à moi repoussantes, au contraire de ce portrait de charme vraiment réussi (en me renseignant maintenant je trouve d'autres clichés de la même séance, dont aucun n'égale cette perfection). Un point surprenant est que la photo figurait depuis je ne sais combien d'années dans ma collection de portraits sans que cela ait jamais dérangé personne jusqu'alors. Je me disais d'ailleurs que mon peu d'activité et la minceur de mon lectorat me mettaient sans doute à l'abri de ce genre d'ennui, mais c'était une erreur. La vigilance a fini par me repérer. Une autre surprise était l'extrême politesse de ton : nulle part n'apparaissait le mot «censure», ni même l'indication directe que cette photo allait être supprimée. Mais on me le faisait comprendre et j'avais deux options : accepter la décision non formulée, ou demander à ce qu'elle soit réexaminée. J'ai opté pour la seconde. J'imagine que peut-être dans le premier cas un simple robot avait repéré l'image fautive, et que le dossier était revu par un expert en bienséance? (If you request a review, we'll have someone take another look at the post.) En tout cas j'ai reçu le lendemain, hier matin, un nouvel avis confirmant que la photo ne convenait pas (We reviewed your photo again and it doesn't follow our Community Standards.) La photo en effet a été supprimée, elle n'est même plus visible par moi-même. (Je la retrouve facilement sur Google pas bégueule, pour illustrer cette note.) On m'avait déjà raconté quelques cas de ce genre. Personnellement j'aime la pudeur mais j'aime encore mieux les belles vues. La pudibonderie de Facebook me paraît un peu ridicule, et surtout absurde car visiblement le site permet de montrer certaines horreurs, comme des «doigts d'honneur» à mes yeux plus obscènes que les beaux seins d'Anita. Mais enfin tout cela n'est pas bien grave, plutôt amusant.
Ce qui me paraît plus inquiétant, c'est la censure politique, essentiellement anti-droite, sévissant non seulement sur Facebook mais aussi sur les autres grands sites sociaux : Twitter, Google, YouTube, tous dirigés par des milliardaires humanistes de gauche. On a connu sur internet quelques belles années de liberté, mais maintenant de plus en plus souvent, si vous cherchez à lire untel ou à écouter cela, on vous annonce que : «Désolé, ce contenu n'est pas disponible actuellement ... This content isn't available right now ... Sorry, this URL has been excluded from the Wayback Machine in your region ... Unfortunately, our website is currently unavailable in most European countries ... We couldn't find the page you were looking for. This is either because ... The page you are looking for has been moved or deleted ... Cette vidéo n'est plus disponible, car le compte YouTube associé a été clôturé ... Etc.» Les milliardaires progressistes, soldats du Bien, sont partis en guerre contre la Haine. Le problème est que sur certaines questions, le moindre point de vue contestataire est considéré comme haineux. Vous pensez que le sans-frontiérisme est illusoire? que les frontières doivent être respectées? que l'immigration massive présente des effets désastreux et doit être contrôlée? que les criminels et les trafiquants étrangers doivent être expulsés? que les démonstrations des minorités sexuelles n'offrent pas que des sujets d'admiration? C'est bien simple : vous êtes un facho raciste sexiste etc, vos idées ne sont pas des opinions mais des crimes, et il est normal de vous fermer la gvevle. Bon. A mon avis cette Croisade des Censeurs pour le Bien demande tout simplement la mort de l'esprit critique.

Posté par Ph B à 08:28 - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , , ,

mardi 16 juillet 2019

chansons

A trois heures cinquante cette nuit j'écoute Foule sentimentale, d'Alain Souchon, après avoir lu un article d'Ouest-France rapportant que Michel Houellebecq était samedi aux Francofolies de La Rochelle, où il a parlé des chansons qui l'ont marqué. Elle est jolie, cette Foule, je connaissais l'air mais ne l'avais jamais écoutée. Houellebecq évoque des chansons de mon âge, si je peux dire, et je vois dans Wikipédia qu'il est peut-être né comme moi en 56, ou bien en 58, drôle de mystère. Je suis étonné que parmi les chanteurs cités, mis à part Trenet, il n'y ait aucun des grands classiques auxquels on penserait, genre Brassens, Brel ou Ferré, mais des vedettes plus popus, Auffray, Delpech, Lenorman... Ces deux derniers je connais leur nom mais serais incapable de donner un de leurs titres.
Deux chansons d'autrefois me sont revenues en mémoire, ces derniers temps. D'une part le Hava Nagila de Harry Belafonte. Nous l'avions sur un 45 tours et je l'ai écouté à l'époque si souvent, que j'en connais encore une partie des paroles par coeur, sans en comprendre un mot. En me renseignant j'apprends d'abord que Belafonte, né en 1927, est toujours vivant, je n'en aurais pas juré. La chanson est en hébreu, c'est un chant de joie écrit semble-t-il en 1918 pour célébrer la déclaration Balfour, favorable à l'établissement du futur Israël en Palestine. Le texte lui-même ne dit pas grand chose : Réjouissons-nous, chantons, soyons heureux, etc. Pourquoi Belafonte chantait cela en 1956, je ne sais. Je m'en fous un peu. Je lis que le chanteur, né dans une famille modeste d'émigrés jamaïcains, avait un grand-père paternel sépharade. Son véritable patronyme serait Belafonete selon le Wiki français, Bellanfanti selon l'anglais. Belle Fontaine ou Bel Enfant?
D'autre part le Vous permettez, Monsieur, d'Adamo. Je ne saurais dire depuis combien de dizaines d'années je n'avais pensé à cette chanson, qui date de 1965. Je la retrouve sur YouTube. Bon, c'est amusant, mais ce n'est pas un chef d'oeuvre. Je crois comprendre pourquoi on ne l'entend plus jamais. Cette insistance à demander l'accord du papa, cette balourdise d'«emprunter» la fille comme un objet, ont tout pour faire tourner de l'oeil les socio-féministes aujourd'hui aux commandes. J'imagine les infarctus en série, si ça repassait à la radio, une hécatombe. 

Posté par Ph B à 06:00 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

lundi 15 juillet 2019

au jardin

290px-Euphorbia_lathyris_Sturm33

Par chance j'étais là cette année début juillet et j'ai pu profiter des petites groseilles rouges. Elles sont un peu acides à manger comme ça, mais j'en ai mis dans toutes mes salades la semaine dernière.
On m'a donné et j'ai acheté ici et là trois plants dont j'ai oublié les espèces (courges, courgettes, melons?) et qui s'obstinent unanimement à ne produire que des fleurs mais aucun fruit. Ces cucurbites m'ennuient, je ne vais peut-être pas continuer de les arroser toute la saison pour rien. Une en particulier avec des feuilles rondes énormes, dans les quarante centimètres, qui recouvrent tout à l'entour, j'ai commencé de lui faire la solution finale.
J'avais aussi acheté trois plants de tomates, dont un s'est empressé de rendre l'âme dès les premiers jours, et les deux autres survivent, l'un poussant bien droit, l'autre avachi malgré mes efforts pour lui donner meilleure allure.
Je préserve ici et là dans des recoins quelques pousses d'une de mes mauvaises herbes préférées, l'épurge, qui est une espèce géante d'euphorbe (Euphorbia lathyris, environ 1,50 m de haut). Elle ne me sert à rien, c'est juste pour regarder.

Posté par Ph B à 07:44 - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : , , ,


dimanche 14 juillet 2019

ma santé (suite)

Mardi dernier j'ai donc enfin pu consulter mon médecin pour faire le point sur ma santé de fer-blanc et déchiffrer les oracles de la clinique mutualiste. Mes problèmes de coeur lui semblent sérieux mais pas trop graves, de sorte qu'il me recommande de rencontrer un cardiologue dès que possible, sans toutefois intervenir pour que je sois vu en urgence. Je m'alarmais d'autre part quant à l'état de mes poumons d'ancien fumeur et récidiviste occasionnel, la clinique ayant eu l'indiscrétion de me faire une radio du thorax, qu'elle jugea souhaitable de compléter quelques jours plus tard par un scanner. Je me voyais perdu. Il a fallu toute la force de persuasion de mon aide de camp pour me résigner à subir cet examen supplémentaire, dont le résultat fut une imagerie et des commentaires parfaitement illisibles pour le commun des mortels, qui a toutes les raisons d'y lire des menaces. Or mon chamane généraliste n'y a vu aucun motif d'inquiétude, à mon grand soulagement.
Consulter un cardiologue, et pour cela prendre rendez-vous. Depuis ma brousse, j'ai le choix de me tourner vers ma bonne ville natale de Saint-Jean d'Angély, située à dix-huit kilomètres au Sud, et la redoutable capitale des Deux-Sèvres, Niort, à trente kilomètres au Nord. La première a ma préférence, naturellement. Mercredi matin dès la première heure, j'appelle le cabinet de Saint-Jean. Il y a deux numéros de téléphone. Le premier sonne indéfiniment dans le vide. Le second est pourvu d'un répondeur automatique, indiquant que le secrétariat est fermé le mercredi toute la journée. Nous attendrons, je ne suis pas à un jour près. Le lendemain matin, je rappelle. Cette fois-ci, le répondeur m'annonce qu'exceptionnellement le secrétariat est fermé encore ce jour-là. C'en est trop, j'abandonne et m'en remets au pôle Niort, où j'obtiens un rendez-vous pour le vendredi 16 août. Si je suis encore vivant à cette époque, je ne manquerai pas d'y aller.

Posté par Ph B à 07:59 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

lundi 8 juillet 2019

radar

J'aurais sans doute pu être un résistant (ça ne demandait pas forcément beaucoup de talent) mais certainement pas un saboteur. J'ai la casse en horreur. Pour les manifs pareil, je suis d'accord avec le droit de manifester (même si je n'admire pas souvent les formes que cela prend) mais le saccage me révolte. Malgré quoi l'autre jour, en voyant au bord de la route un radar calciné, j'éprouvais une certaine satisfaction, je dois avouer.

Posté par Ph B à 08:55 - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , , ,

dimanche 7 juillet 2019

en attendant

faucon

Un effet secondaire de mes ennuis de santé, bénin mais fâcheux, est de me couper le sifflet en m'ôtant l'envie d'écrire dans mon blog. Je me réjouissais justement du retour des vacances, moment où je redonne volontiers un tour plus autobiographique à mon journal, mais si ma vie tourne au désastre, quel ennui ! Je remercie les quelques personnes qui se sont alarmées de mon état, et c'est à elles en particulier que j'adresserai ces quelques mots sur ma situation présente. Je suis de nouveau seul dans mon hacienda depuis quelques jours. Il faudrait que je consulte un cardiologue, comme on me l'a prescrit, mais je voudrais d'abord m'entretenir avec mon médecin généraliste, avec qui mon rendez-vous semestriel a été fixé à mardi prochain. En attendant cette date, je m'emploie à survivre aussi prudemment que possible. Je passe du temps à ranger mes affaires, à régler de petits problèmes, à lire. J'ai expédié rapidement deux petits ouvrages rapportés de la fac et qui m'ont déçu, dont le Roger Nimier le Grand d'Espagne de Pol Vandromme, cas de livre bien écrit et bien renseigné, mais qui tombe des mains. J'ai trouvé plus de joie à feuilleter, à lire par endroits deux numéros (19 & 20) de la revue Tabou, qu'un copain hérétique m'avait passés cet hiver (m'ont plu surtout les articles de Philippe Baillet, qui dit plein de méchancetés bien vues). J'ai regardé le Lancelot du Lac de Bresson (1974) que je ne sais plus qui m'avait recommandé. Quel ennui, je n'ai pas tenu jusqu'au bout (il faut que je ménage mon coeur). Je me suis aussi accordé, surtout en fin de journée, quelques séances d'exploitation-contemplation dans mes bois, dont je ne me lasse pas. Je suis monté une fois à Volebière, sur la colline, où j'ai porté dix litres d'eau dans l'abreuvoir que j'avais aménagé il y a deux ou trois ans pour les sangliers et les chevreuils. Il était complètement sec. Ces animaux ne sont pas toujours mes amis, ils font de temps en temps des dégâts, mais j'ai pitié d'eux par cette sécheresse. Il y a là-haut en ce moment un loriot qui se fait entendre mais ne se laisse pas voir, c'est la règle du jeu. Sinon je vais le plus souvent dans le bosquet de la Rigeasse, isolé au milieu des champs. Je l'avais délaissé ces dernières années mais il est redevenu mon favori. Il ne donne pas d'excellent bois comme les chênes de là-haut, mais du médiocre (sureau, fusain, je n'en garde que quelques bouts), du moyen (ormeau) et du pas mauvais (aubépine, prunellier). Il y a beaucoup à faire pour y remettre un peu d'ordre humain, et j'y trouve un apaisement. En plus il est plein d'oiseaux, j'ai vu hier soir que même les faucons crécerelles y venaient.

Posté par Ph B à 07:58 - Commentaires [5] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

jeudi 4 juillet 2019

insomnie

666497_001_350

Moi en T-shirt le cul à l'air, pissant accroupi dans l'herbe du jardin à trois heures du matin, avant-hier mardi, la main droite crispée comme si elle y pouvait quelque chose sur la part gauche du thorax, où je sentais de nouveau la douleur déjà connue. Quel triste spectacle ce devait être. Moi priant mon aide de camp, providentiellement présente, d'aller me chercher ma bouteille d'eau, puis un plaid, et de n'appeler pas les pompiers. Malgré la trouille je voulais reculer au plus tard, éviter si possible le cirque des urgences. Quelques minutes plus tôt je m'étais réveillé en pleine nuit comme chaque fois que je dors sans cachet, et je ne me sentais pas très bien : il faisait trop chaud dans la chambre, j'avais la gueule de bois de la soirée au rosé corse, et bien sûr envie de pisser. J'essayais lentement de rassembler assez de courage pour faire l'effort de me lever. C'est alors que j'ai ressenti de nouveau le tiraillement d'il y a deux semaines, en plus fort. Cela m'a fait lever pour de bon, je sentais le besoin urgent de prendre l'air et de m'écouler, j'ai alerté ma camarade, j'hésitais à filer aux toilettes ou au jardin, j'ai opté pour ce dernier. Je me voyais mal en point, peut-être perdu, je n'en menais pas large. Je méditais sombrement. A un moment je me suis demandé, si c'était là ma dernière nuit, quelle était la dernière note que j'avais laissée dans mon blog, et je n'ai pas été fichu de m'en souvenir. On a de ces coquetteries, par moments. Puis ça s'est tassé. J'ai prié mon hôte d'ouvrir en grand la fenêtre de la chambre et de brancher une prise anti-moustiques, j'ai gobé un Xanax et je suis retourné me coucher, peu à peu la douleur est partie, j'ai retrouvé mon calme et me suis rendormi. C'est bien, je suis encore tiré d'affaire, mais je sens bien qu'il y a des problèmes à régler. Nous allons voir ça dans les temps qui viennent.

Posté par Ph B à 16:27 - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : , ,

vendredi 28 juin 2019

relectures, vacances, expo

tumblr_nn1nc9ViSX1t5wu4ho1_500

En relisant les deux dernières pages de ce blog, je vois que j'ai raconté mon passage aux Urgences sans opter résolument pour le passé simple ou le composé. Ce mélange n'est pas aux normes, mais il me convient, à l'occasion.

Quant à Franz Tamayo, dont j'ai traduit mardi quelques sentences, je voudrais préciser que je n'en suis pas fan inconditionnel. J'en avais entendu dire grand bien, j'ai consulté le gros volume de son Obra escogida (Biblioteca Ayacucho, 1979) où j'ai lu les quelque 70 pages de ses Proverbes, mais au bout du compte seules ces treize phrases m'ont accroché.

Je suis en vacances depuis hier à midi et je les ai commencées en assistant à 13 heures à la soutenance de notre ami étudiant Romain Delpeuch. Il avait présenté à l'université, il y a quatre ans, un mémoire de philosophie consacré à Caraco, il revient maintenant avec un mémoire d'anglais portant sur The use of religious forms by the secularist movement in the United States of America, les formes religieuses adoptées par des mouvements parodiques ou athées. Curieux sujet, assez brillamment traité pour que le jury lui attribue la note de 19. Nos félicitations au savant candidat.

Je serai à Bordeaux encore quelques jours, et notamment je tiendrai demain une permanence à mon expo, pour le dernier jour, de 14 à 18 heures.

Posté par Ph B à 08:50 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

mercredi 26 juin 2019

aux urgences

imagesJeudi dernier un peu avant huit heures du matin, alors que je me dirigeais vers le campus au volant de ma voiture, j'ai commencé à ressentir certaines douleurs dans la poitrine. Je ne pouvais inspirer à fond, sans éprouver de vifs tiraillements dans la région du coeur. Cela m'était déjà arrivé de temps en temps, et chaque fois jusqu'à présent les douleurs avaient rapidement disparu. Ce matin là, le mal persistait. A partir d'onze heures, j'ai songé à demander de l'aide. Mais si j'appelais un médecin, à quelle heure pourrais-je être reçu? Ma semaine de travail salarié se terminant le jeudi à midi, je serais bientôt libre, à ceci près que j'avais rendez-vous avec un copain à mon expo de Bordeaux à 17 heures. L'idée m'est venue d'essayer d'abord de consulter l'infirmière de l'université, dont je connaissais vaguement l'existence. Je cherchai son numéro et l'appelai. Elle était bien là et me proposa de venir sans tarder la voir dans son local au rez-de-chaussée, à quelques couloirs de mon bureau du premier étage. Là elle me posa les questions de base sur ma santé, mes antécédents, mon état actuel, puis elle appela un médecin, une doctoresse qui demanda à me parler au téléphone et me posa à peu près les mêmes questions, à la plupart desquelles je répondais par la négative : non je ne me connaissais pas de parents cardiaques, non la douleur ne se diffusait ni dans le dos, ni dans le bras, ni dans le cou, et non je n'étais pas plus stressé ce jour-là qu'un autre. L'affaire a pris un cours nouveau quand l'infirmière m'annonça qu'elle allait appeler les pompiers, qui me conduiraient dans un hôpital. Dès lors je n'étais plus tout à fait maître de mon destin. Je n'avais pas le droit de remonter chercher mes affaires dans mon bureau, il fallut que j'appelle un collègue pour lui demander de récupérer ce qu'il pouvait et de me l'apporter. Quand il fut là, comme je n'ai pas de téléphone portable, et ne connaissais par coeur ni le numéro ni le mail du copain avec qui j'avais rendez-vous, je le priai d'essayer de trouver un moyen de le contacter pour le prévenir que je ferais probablement faux bond. Trois pompiers arrivèrent, des hommes solides et aimables, de différents âges, qui eux aussi m'interrogèrent. Comme j'insistais sur le fait que je me sentais tout à fait capable de me rendre jusqu'à leur ambulance en marchant, ils y consentirent. Mais dès que j'y fus arrivé, ils m'allongèrent et me sanglèrent sur une civière. J'étais parti pour passer plusieurs heures sur ce genre de divan. Il faut abréger ce récit. Je fus conduit au service des urgences de la clinique mutualiste, située à quelques hectomètres à peine de mon lieu de travail. On m'y a fait subir toutes sortes d'examens, en me trimballant ici et là sans me demander mon avis. L'endroit était propre et le personnel bienveillant, mais j'avais l'impression désagréable de ne plus m'appartenir. On m'a enfoncé dans le bras gauche une aiguille, qui a servi à me tirer du sang, puis est restée scotchée à ma peau, reliée à un tube au bout duquel se trouvait un flacon de chlorure de sodium Fresenius. Cela aussi formait comme une attache, qui m'empêchait de fuir, et dont on ne m'a débarrassé qu'à la Libération, après 17 heures. Je ne sais ce que j'ai eu, on ne m'a rien trouvé au coeur que des «symptômes atypiques». Je n'ai rien tant aimé que de me retrouver dehors, euphorique de marcher librement, mais aussi ressassant des interrogations.

Posté par Ph B à 06:18 - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , ,

mardi 25 juin 2019

Lettre documentaire 508

220px-Tamayo,_Franz04Treize Proverbes de FRANZ TAMAYO

extraits du Fascicule premier (1905) de ses

Proverbios sobre la vida, el arte y la ciencia :

- La science vérifie, l'art vivifie.

- Une nature noble est toujours plus accessible aux suppliques qu'aux menaces.

Et du Fascicule second (1924) :

- ... Quand on est jeune on lit pour apprendre, quand on est vieux pour contempler.

- Il existe une certaine imbécillité dotée d'une apparence d'esprit. C'est la pire, car elle est incurable.

- Donner ennoblit toujours ; recevoir rabaisse toujours.

- En général le sentiment nous rapproche des bêtes, et la pensée des dieux.

- C'est un profond besoin de l'homme, qu'il fasse bien ou mal, que de donner une raison à ce qu'il fait.

- Certains chercheraient l'émotion jusque dans un théorème de géométrie.

- Comme il y a un art de donner, il existe un besoin de refuser.

- Il y a des hommes qui, seuls, en valent dix, et qui mêlés à d'autres se distinguent à peine.

- Certaines vérités semblent absurdes parce qu'on les entend pour la première fois, et beaucoup d'erreurs perdurent comme des vérités parce qu'on les répète sans arrêt.

- La race est comme un arbre dans le temps, l'arbre comme une lignée dans l'espace. Ainsi la même loi de la vie se reflète d'un plan à l'autre.

- L'horreur innée de la mort vient peut-être de ce qu'on est déjà mort d'autres fois.

Traduction Philippe Billé.
Sur F Tamayo, voir ici.

Posté par Ph B à 07:30 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

jeudi 20 juin 2019

haha

Le méti, l'abominable homme des gènes...

Posté par Ph B à 06:05 - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags :

mercredi 19 juin 2019

fumaroli, gracian, debord

A42132

J'étais intrigué de ce qu'il existe en version espagnole un livre de Marc Fumaroli consacré à Gracián (La extraordinaria difusión del arte de la prudencia en Europa : el Oráculo manual de Baltasar Gracián entre los siglos XVII y XX, paru cette année à Barcelone chez Acantilado), livre dont je ne trouvais pas trace d'une édition originale française, puis j'ai fini par réaliser qu'il s'agit en fait de la traduction plus ou moins complète du long essai publié par Fumaroli en introduction à  une réédition de L'homme de cour de Gracián, parue en Folio chez Gallimard en 2010. J'ai parcouru ce bel essai, brillant d'érudition à chaque page, consacré au recueil de trois cents maximes que Baltasar Gracián, jésuite indocile, avait fait paraître à Huesca en Aragon, sous le titre Oráculo manual y arte de prudencia, en 1647. En 1684, soit trente-sept ans après l'édition originale et onze ans après la mort de l'auteur (1601-1658), l'ouvrage fut traduit en français par un certain Nicolas Amelot de la Houssaie avec pour titre L'homme de cour. Cette version française connut un tel succès dans toute l'Europe, qu'elle fut constamment rééditée jusqu'au début du XIXe siècle, et que plusieurs traductions dans d'autres langues furent faites d'après elle et non d'après le texte original espagnol. Les éditions françaises se sont ensuite singulièrement espacées, puisqu'il n'y en a plus eu entre 1808 et 1924, cette fois-ci chez Grasset, puis entre 1924 et 1971, cette fois-là aux éditions Champ Libre dirigées par Gérard Lebovici. A ce sujet une phrase de Fumaroli page 199 comporte deux inexactitudes : «L'inspiration avait été donnée à l'éditeur par son maître à penser, Guy Debord, qui citait en épigraphe de La société du spectacle, publié chez Champ Libre en 1967, un aphorisme de L'homme de cour...» Certes Debord était devenu l'éminence grise, voire le gourou qui hypnotisait son mécène Lebovici, mais c'est chez Buchet/Chastel que La société du spectacle avait paru en 1967, avant d'être reprise chez Champ Libre en 1971 seulement, et l'épigraphe de Gracián, tirée de L'homme de cour, ne figurait qu'en tête du chapitre VI («Nous n'avons rien à nous que le temps, dont jouissent ceux-mêmes qui n'ont point de demeure»). Debord passa beaucoup de temps en Italie et fut grand ami du polémiste Gianfranco Sanguinetti entre 1969, année de création de la section italienne de l'Internationale situationniste, et 1976, année de la rupture entre eux deux. Fumaroli se demande si ce peut être Sanguinetti, qui fit connaître Gracián à Debord (p 201). Il faudrait pour cela que les deux hommes se soient connus avant 1967. Il y aurait moyen de vérifier ce point en regardant dans la Correspondance de Debord de quand datent leurs premiers échanges, mais je ne peux en disposer maintenant. Quelqu'un de mieux équipé me dira peut-être ce qu'il en est. (PS. Pascal Zamor me dit que Sanguinetti n'apparaît pas dans la correspondance de Debord jusqu'à fin 68.)

Posté par Ph B à 06:47 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

lundi 17 juin 2019

permanences

55455352_10218491161053253_2186736427859968000_nA l'invitation de Christophe Massé,
dans le cadre du programme Boustrophédon,
j'expose vingt-cinq de mes collages
dans la salle de la Machine à Musique,
13-15 rue du Parlement Sainte-Catherine,
à Bordeaux, jusqu'au samedi 29 juin.
Entrée libre, du mardi au samedi de 10 h à 20 h.

J'y tiendrai une permanence
le vendredi 21 juin de 14 à 18 h
et le samedi 29 juin de 14 à 18 h.

J'expose également deux oeuvres jusqu'à fin juin
à la Luette-Galerie, 28 rue Bouquière,
atelier de Christophe où il n'est pas tout le temps
mais surtout le matin.

Posté par Ph B à 08:46 - Commentaires [0] - Permalien [#]

samedi 15 juin 2019

confrontation

capture_decran_2019-05-13_a_20

Je n'ai assisté qu'à un extrait de l'émission La Grande Confrontation, en date je crois du 13 mai, qui opposait Eric Zemmour et Daniel Cohn-Bendit. Dans cette séquence d'une vingtaine de minutes, le présentateur David Pujadas interroge d'abord l'étudiante française Yousrah Baadj (que des Bretons ...) qui raconte sa formidable expérience de boursière Erasmus en Angleterre, où elle a merveilleusement cohabité avec des condisciples de trois autres nations. Elle en tire l'impression que son identité est plus européenne que française, et vante l'Europe qui glorifie les valeurs universelles des droits de l'homme. Zemmour lui reproche sa naïveté, lui fait observer que l'Europe n'est pas une nation mais une civilisation, que ces valeurs ne sont pas proprement européennes mais aussi bien américaines et mondiales, et que l'étudiante abuse en prétendant parler au nom de la jeunesse, alors qu'elle n'en représente qu'une minorité privilégiée (il pourrait aussi souligner que ces bourses plus ou moins utiles sont subventionnées par des contribuables écrasés d'impôts). Cohn-Bendit accuse Zemmour de misogynie pour avoir osé qualifier la fille de naïve (coup classique de la rhétorique de bas étage : toute critique adressée à une femme est sexiste, comme toute critique adressée à un noir serait raciste, etc) et fait l'éloge du système Erasmus. Selon lui un bon tiers des boursiers forment des couples "mixtes", c'est à dire supranationaux, cela est un progrès et il faudrait multiplier ces bourses (et les impôts qui les financent). Zemmour, tout en conservant son sang-froid, aggrave son cas en affirmant ne voir là que propagande et baratin. C'en est trop pour l'affolé Cohn, qui explose de rage, les yeux exorbités, et injurie Zemmour, lui lançant du «ordure ... dégueulasse ... petit franchouillard méchant ... bassesse d'un franchouillard qui ne comprend rien». Ce à quoi Zemmour rétorque en se proclamant «fier d'être franchouillard». A mon avis Cohn montre surtout, par son attitude fanatique, qu'il fait partie de ces humanistes intolérants totalement incapables de supporter, de concevoir que l'on puisse voir les choses autrement qu'eux, et passant promptement des arguments aux insultes. Pour ma part, je ne suis évidemment pas d'accord avec le cosmopolitisme sans-frontiériste de Cohn-Bendit, mais je reconnais la légitimité de ce point de vue que je ne partage pas. Par contre, je déplore les deux excès où son penchant le fait verser. D'une part, l'espèce de racisme mélangiste qui consiste à vanter les unions internationales ou inter-raciales, comme si elles valaient mieux que les unions entre semblables. Quelle triste conception de la gestion du bétail humain. Pour moi la formation d'un couple ne saurait être qu'une affaire personnelle entre deux individus, sans que les grosses pattes de l'idéologie ne s'en mêlent. Vanter le mélange des nations ou des races me paraît tout aussi raciste, que le serait de rechercher la pureté de sang. Exigera-t-on bientôt de justifier ses quartiers de mélange comme jadis ses quartiers de noblesse? D'autre part, ce qui apparaît dans la furie de Cohn-Bendit à l'égard du «franchouillard» (appellation à peu près aussi charmante que «youtre») c'est la haine et le mépris de l'horrible goy enraciné. Ce discours goyophobe est le même qu'avait exposé très clairement Bernard-Henri Lévy dans sa mémorable diatribe de la revue Globe, en 1985 : «Bien sûr, nous sommes résolument cosmopolites. Bien sûr, tout ce qui est terroir, béret, bourrées, binious, bref, “franchouillard” ou cocardier, nous est étranger, voire odieux.» Personnellement je ne suis pas fan de bourrées et de binious, mais je n'apprécie surtout pas que l'on se mêle de me dire ce que je dois en penser. A cet égard le juif patriote et goyophile Zemmour me paraît un concitoyen plus aimable, et estimable.

Posté par Ph B à 09:44 - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , ,

jeudi 13 juin 2019

mes expos

48370116_10217727708527417_5367583490676097024_n

Ci-dessus et dessous les deux seuls collages que j'expose à la Luette Galerie,
c'est à dire dans l'atelier de Christophe Massé,
28 rue Bouquière, jusqu'à la fin du mois.

Il n'est pas toujours là mais surtout le matin.
Au besoin lui téléphoner 06 47 63 34 75.
Mon expo à la Machine à Musique continue aussi
13-15 rue du Parlement Sainte-Catherine,
du mardi au samedi de 10 h à 20 h.
Je ne serai pas à Bordeaux ce week-end,
je m'en vais à la Croix-Comtesse,
mais je serai là tout le reste du mois.
A bientôt.

53589969_10218391696366698_6736000783176695808_n

 

Posté par Ph B à 08:32 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

mercredi 12 juin 2019

parade

Où il y a parade, là est le pouvoir. La parade est l'exhibition arrogante du pouvoir. C'est toujours le pouvoir qui parade. Y compris à la Gay Pride.

Posté par Ph B à 05:53 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

mardi 11 juin 2019

paris & bordeaux

En y repensant, un trait commun à Bordeaux et Paris est la saleté des rues, plus ou moins notable selon les endroits. Autour des Halles, par exemple, tous ces marginaux hébétés croupissant au milieu de leurs déchets, qui jonchent le sol. Un autre aspect commun, c'est la babélisation. Dans la rue et dans les transports, j'ai l'impression qu'une bonne moitié des bribes de conversation qui me parviennent sont en langues étrangères. Si ce n'est que les allophones sont en effet aussi nombreux que les locaux, c'est soit qu'ils sont plus bavards, soit qu'ils sont plus sonores.

Posté par Ph B à 05:39 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

lundi 10 juin 2019

debord

L'autre soir, pour les besoins d'une controverse de table, j'ai défini Guy Debord comme petit prophète marxiste. C'était improvisé, mais je trouve que ça lui va assez bien.

Posté par Ph B à 07:42 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :