Journal documentaire

lundi 20 janvier 2020

ces derniers jours

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Ces derniers jours,

- j'ai enfin lu la revue hispanophone Creación, ou Kreación, publiée le mois dernier à Bordeaux. N° 1, invierno 2019-2020, 144 pages, dos carré, 20 euros. Elle comprend quelques images et surtout des textes, très différents par le propos, l'inspiration, le ton et l'origine. Pour ma part, j'y ai contribué par mon collage Tienes razón (tienes_razon), et par la version espagnole de trois fragments de mon journal de 2018 : «Mi ducha con una araña» («Ma douche avec une araignée», 22 août), «Diez cosas que no me gustan» («Dix choses que je n'aime pas», 25 août) et «Anoche» («Cette nuit», 8 septembre). La revue est distribuée de la main à la main, de sorte que le mieux pour se la procurer est de contacter son éditeur Ronald Vega-Pezo à l'adresse vozurgente@gmail.com.

- j'ai lu presque en entier la Lettre ouverte à tout Le Monde, de Jean Cau (Albin Michel, 1976). C'est en fait un recueil de quarante-quatre lettres, que l'auteur signe de son nom ou attribue à divers rédacteurs et rédactrices. Toutes se réfèrent pour quelque raison au quotidien Le Monde, bête noire du pamphlétaire anti-moderne. C'est assez souvent drôle. Cau amuse par ses outrances hautaines («Je ne critiquerai pas les programmes de la télévision, celle-ci est faite pour le peuple et il est normal que ses émissions soient vulgaires ou médiocres.») et ses solutions radicales («Tout enseignant qui tolérera que ses élèves le tutoient sera fusillé.»).

- j'ai recueilli une vieille carte postale, tombée des feuilles d'une non moins vieille Revue de linguistique romane, où elle avait servi de marque-page, après avoir transmis quelques mots aimables d'un linguiste à un autre. Dans cet entier postal, où je reconnais le timbre imprimé à l'effigie de la Marianne de Gandon, j'essaie de déchiffrer les pattes de mouche de Georges Dumézil écrivant de Paris, le 3 / 12 / 52, à son collègue arcachonnais René Lafon : «Mon cher Lafon, je rentre d'un long & splendide & studieux voyage (six mois au Pérou - Cuzco - pour conférences) et trouve ton article américain. Je m'en promets mille joies & profits : et un peu de nostalgie pour ces études qu'il m'a fallu quitter. Mais je veux sans plus tarder te dire merci & t'expliquer mon silence. Affectueusement.»

- je suis allé voir le cèdre de l'Atlas classé «remarquable», qui se trouve dans la partie sud-ouest du parc de l'Ermitage, à Gradignan. Le vieil arbre monumental mérite cet honneur, il se divise en plusieurs troncs énormes et forme à lui seul un joli bosquet.

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dimanche 12 janvier 2020

cette semaine

82348705_575994996287568_5292191528842690560_nCette semaine, de retour en Gironde,

- j'ai rêvé d'une revue intitulée Kladd, puis j'ai appris que c'était le mot suédois pour brouillon, gribouillage.

- j'ai imaginé ce toponyme : Guantanamérica.

- j'ai fini par comprendre que le nom bizarre, 9128, du site qui diffuse en continu (24 / 7, comme on dit maintenant) de la musique d'ambiance, était l'image inversée (en miroir) des initiales du nom de la compagnie qui le gère, A Strangely Isolated Place (ASIP). Par hasard, ce nombre est composé de deux paires de chiffres dont la somme égale 10 (9+1, 2+8).

- à part ça, j'ai écouté quelques fois le Val' carretero de Chico Alvarez.

- un copain m'a permis de retrouver une vieille scie instrumentale au violon, dont le souvenir me revient parfois, mais que je ne pouvais identifier parce que je n'en avais jamais su l'auteur ni le titre. Il s'agit de Nine by nine, composition du musicien anglais John Dummer, datant de 1970 ou 1971, et interprétée par son Famous Music Band, avec Nick Pickett au violon. Il parait que la musiquette fut numéro 1 en France seulement, et fut commercialisée aux USA sous le titre This is. Je ne comprends pas à quoi se réfèrent les deux titres.

- en feuilletant un vieux numéro des Noticias culturales de l'Instituto Caro y Cuervo (n° 59, Bogotá, marzo-abril de 1992), je suis tombé sur une page (12) annonçant l'édition par ledit institut des Sucesivos escolios de Nicolás Gómez Dávila. La page reproduit une quinzaine d'aphorismes de l'auteur et présente un portrait de lui, une caricature dessinée que je ne me rappelle pas avoir déjà vue. Il y a comme une signature, mais illisible. La silhouette bizarrement détourée donne l'impression que cette image est reprise d'une précédente publication. (DOC070120)

- après avoir entendu quelques minutes à la radio le spécialiste et ami des arbres Francis Hallé, j'ai lu son petit livre Du bon usage des arbres : un plaidoyer à l'usage des élus et des énarques (Actes Sud, 2011), sympathique mais un peu décevant (quelques conseils de bon sens et beaucoup de bons sentiments).

- vendredi matin, une course que je devais faire à Bordeaux m'a donné l'occasion de revisiter mon ancien quartier des Chartrons. Rues Poyenne, Borie, Notre-Dame... Au Jardin public j'ai vu la souche restant de l'unique et gigantesque pin parasol qui se dressait jadis dans la perspective de la rue Ferrere, et qu'une tempête a abattu récemment. Maintenant que le tram D fonctionne, la rue Fondaudège et la place Tourny sont enfin débarrassées des interminables travaux qui les encombraient depuis des années. Comme j'avais les semelles un peu terreuses, je les ai nettoyées sur un de ces racloirs métalliques en demi-cercle, qui sont fixés au bas des murs de certaines vieilles maisons. Je pense que c'est la première fois de ma vie que j'en faisais usage.

- hier samedi, avec mon coach, nous fûmes dans l'Entre-Deux-Mers. D'abord à Beychac, pour voir l'église Saint-Marcel, dont le chemin de croix est constitué de quatorze petites toiles de Georges de Sonneville. Sur place une dame nous expliqua que le peintre avait pris plusieurs de ses proches comme modèles pour les personnages, et s'était représenté lui-même dans la Descente de Croix (personnage chauve, à gauche, voir photo ci-dessus) (j'ai ajouté une note sur ce chemin de croix dans la notice de Wiki consacrée à cette église). Ensuite à Tizac de Curton, déjeuner d'entrecôtes. Enfin nous visitâmes les belles ruines d'une abbaye. Sur place j'achetai trois cartes postales figurant des chapiteaux médiévaux sculptés, dont deux représentations païennes, des Sirènes et Ulysse attaché, et l'épisode Hérode-Salomé-Jean-Baptiste. Ce sont de belles sculptures, et il y a en outre dans ces reproductions photographiques une étrange luminosité brune, qui les enjolive.

- à l'étang d'Ornon en ce moment sept cormorans sont installés. Souvent ils perchent en haut des arbres. Quand je les vois je pense à leur nom en tupi : biguá.

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dimanche 5 janvier 2020

ces derniers jours

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Ces derniers jours,

- j'ai regardé quelques entretiens moyennement intéressants de Joe Rogan, dont un avec un entrepreneur en mycologie (Paul Stamets) qui ne m'inspire pas bien confiance, un autre avec un journaliste auteur d'un livre à propos d'une jeune femme enlevée par les Comanches, Indiens cavaliers, au XIXe siècle (S C Gwynne), et un troisième avec un jeune écolo hollandais ingénieux (Boyan Slat) à la tête d'une organisation s'employant à nettoyer les mers du plastique qui y traîne. Surtout j'ai recherché, retrouvé et revu son entretien très captivant de 2018 avec Michael Scott Moore, un journaliste qui a été l'otage de pirates somaliens drogués au khat. Sa captivité a duré plus de deux ans et demi, de janvier 2012 à septembre 2014. L'histoire est peu commune. Lors de l'enlèvement, on lui a cassé ses lunettes et un poignet. Au bout d'une semaine les kidnappeurs l'ont prié d'appeler quelqu'un pour demander le payement d'une rançon de vingt millions de dollars. Ses documents lui ayant été confisqués, il ne disposait d'aucun numéro de téléphone et en a appelé un qu'il connaissait par coeur, celui de sa mère! qui avait été briefée entre temps par le FBI. Finalement il sera libéré après le payement de 1,6 million. Il a été détenu plusieurs mois à bord d'un bateau de pêche venu du sud-est asiatique, dont les vingt-huit membres d'équipage sont restés prisonniers cinq ans. Seuls cinq d'entre eux parlaient anglais. Le reste du temps il a été détenu à terre. Il consacrait deux heures par jour à se réciter des paragraphes qu'il écrivait dans sa tête. Il évoque des occasions où ses gardiens endormis laissaient traîner des armes dont il aurait pu s'emparer, mais il n'en a rien fait car même s'il avait tué quelques personnes, il n'aurait pu s'en sortir vivant. Il a aussi envisagé mais renoncé à se suicider avec le fusil d'assaut. Il dit avoir un jour entendu une homélie du pape, qui lui a inspiré la décision de pardonner à ses ravisseurs, et en avoir tiré une certaine paix mentale. Il dit aussi avoir gagné en sérénité quand il a renoncé à l'espoir de retrouver un jour la liberté. Il a pu établir des relations de sympathie avec certains de ses gardiens. Un jour ils lui ont fait voir qu'ils regardaient le film Captain Phillips, qui raconte une histoire de pirates dans leur genre, avec Tom Hanks. Après sa libération l'un d'eux l'a retrouvé sur Facebook. Il a refusé d'en faire un de ses amis, mais a communiqué avec lui par la messagerie. Il y a un article sur ce journaliste dans Wiki, mais uniquement en anglais et en arabe. Son livre sur cette mésaventure, The desert and the sea, n'a pas été traduit semble-t-il, il en vaut peut-être la peine.

- comme Matt Walsh ne faisait plus ses émissions quotidiennes entre Noël et le premier de l'an, j'ai regardé un discours qu'il a prononcé dans une église du Wisconsin, Saint Mary of Pine Bluff. Cela m'a rendu plus évident que ses causeries habituelles sont elles aussi des sortes de sermons, à propos de l'actualité. Je n'ai pas sa foi mais j'aime son style.

- j'ai ajouté un nouveau PS à ma note du 9 janvier 2018 au sujet du lundi : «PS. Je lis dans Wiki, à l'article Semaine, que de nos jours l'Organisation internationale de normalisation, à la différence de la tradition biblique, considère le lundi comme le premier jour de la semaine (norme ISO 8601).»

- j'ai tué six souris en moins d'un mois durant mes séjours à la Croix, avec mes deux redoutables tapettes. Elles sont de deux marques, Acto et Caussade, avec des mécanismes légèrement différents mais tout aussi efficaces. Leroy-Merlin les vendait au même prix, 95 centimes, ce qui est très bon marché en comparaison des sachets de raticide maintenant hors de prix et aux performances douteuses.

- j'ai regardé Money monster, de Jodie Foster (2016). Un animateur de télé, spécialisé dans les opérations boursières, induit les spectateurs en erreur et leur fait perdre de l'argent. Il est pris en otage par l'un d'eux, mais habilement soutenu par la réalisatrice de l'émission. C'est encore un film imbibé de hollywood-socialisme. George Clooney et Julia Roberts, roulant des yeux effarés, sont à peu près constamment ridicules. D.

- j'ai parcouru deux recueils de Radioscopies de Jacques Chancel, parus en J'ai Lu dans les années 70. Dans le volume 1, je note cette affirmation pseudo-scientifique du généticien Jacques Ruffié : «On fait du racisme si l'on est contre le métissage.» Il n'a pas l'air de réaliser qu'on en fait également si l'on est pour. Et ça ne rate pas, deux lignes plus bas : «il n'y a que des avantages : les métis, par exemple, sont plus vigoureux que leurs parents.» C'est l'idéologie «Métis über alles». J'ai lu le plus attentivement les entretiens avec Montherlant et Roger Peyrefitte. Montherlant a un goût de la précision et un bon sens qui me plaisent, mais il a «horreur de la campagne». Je ne partage pas non plus sa conception des Carnets. Pour lui ce sont des oeuvres subalternes, où il publie des trouvailles faites au jour le jour, qu'il n'a ensuite pas pu insérer dans des oeuvres plus amples et plus nobles, comme un roman ou une pièce. Je trouve au contraire que souvent, une brièveté bien tournée peut être en soi un objet de contemplation qui se suffit. Dans le volume 2, j'ai encore trouvé d'intéressantes histoires de races. D'abord ces propos du pianiste Arthur Rubinstein : «Nous avons été les premiers, nous les Israélites, à trouver un Dieu unique, donc un Dieu intelligent. Nous sommes sans doute un peu plus intelligents que les autres, car comment expliquer autrement que nous ayons tant d'ennemis... Les juifs, partout dans le monde, prennent souvent les meilleures places, et cela on ne peut pas nous le pardonner. On dit encore : «Ces sales juifs, ils gagnent trop de millions.» Qui le dit? Les jaloux. Car cet argent, les juifs ne l'ont pas volé.» Ensuite les considérations de Madame Simone (Pauline Benda), comédienne et écrivaine dont je n'avais jamais entendu parler. La vieille dame, âgée de 93 ans au moment de l'interview, a plein de souvenirs pittoresques datant du début du siècle, mais son auto-satisfaction raciale est un peu crispante également : «Comment vivre sans justice? Chez moi c'est le besoin le plus fort. C'est un besoin juif. Je fais l'éloge de la race juive parce qu'elle a un intense besoin de justice. (...) Ma mère était bretonne et catholique, mais je ne me sens pas bretonne. Depuis les persécutions, je me sens juive de la tête aux pieds. (...) J'ai le racisme en horreur. Je trouve intolérables les histoires de ces malheureux nègres en Amérique. Tout cela est horrible. Mais je suis fière d'appartenir à la race juive.» Que de beaux sujets du bac, réunis en quelques phrases... Enfin cette appréciation du crétin Siné : «Ce n'est pas de ma faute si les Blancs ne sont pas doués pour la musique.» L'ensemble de son interview est un enfilage ininterrompu d'imbécillités gauchistes du plus bas niveau intellectuel : «Je crois justement que ce sont les révolutionnaires qui sont gentils et les bourgeois d'affreux individus ... Je suis pro-chinois, je suis pro-cubain, je suis pro-révolutionnaire ... La police, les CRS, les prêtres, les bourgeois... nous débarrasser de toute cette vermine ... Il faut interdire aux gens de lire les bêtises qu'ils lisent ... C'est justement parce que je suis pour la liberté complète et intégrale que je suis pour le régime chinois ... (En Chine) il n'y a aucune liberté pour les gens de droite. C'est une lutte de classes implacable et je suis pour cette lutte-là ... Un gauchiste a toujours raison ... Je ne peux pas avoir un ami qui soit de droite...» On aimerait pouvoir se dire que ces idioties sont dues à la jeunesse, mais d'après mes renseignements il est resté aussi con jusqu'à la fin de ses jours.

- j'ai découvert un nouveau site, 9128, qui diffuse en permanence de la musique d'ambiance.

Ce dimanche avant même neuf heures du matin, j'entends dans le jardin une mésange, première menace de printemps.

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mercredi 1 janvier 2020

meilleurs voeux

Bonne année à tous.

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Illustration :
Philippe Billé et son aide de camp 
en promenade à l'Eau Bourde,
par Edmund Blair Leighton
(je ne suis pas sûr du titre).

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samedi 28 décembre 2019

casquette

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Je ne comprends pas comment font les types qui portent la casquette américaine à l'envers, avec le derrière devant. Moi quand j'essaye, tôt ou tard j'ai besoin de renverser quelque peu la tête en arrière pour regarder un truc en l'air, alors la visière appuie sur la nuque et la casquette tombe. 

Illustration : broderie de Daniel Kornrumpf.

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jeudi 26 décembre 2019

ces derniers jours

Ces derniers jours :

- j'ai enfin trouvé un livre que j'ai lu jusqu'au bout avec un franc plaisir, cela faisait longtemps. C'est Un roman français, de Frédéric Beigbeder (2009). Il traînait déjà dans la boîte à livres d'Asnières la Giraud lors de mon précédent passage au début du mois, mais je ne l'ai pris que jeudi dernier, en revenant à la campagne. Contrairement à ce que la couverture laisserait croire, ce n'est pas vraiment un roman mais plutôt une autobiographie, évoquant principalement l'enfance de l'auteur, et marginalement quelques épisodes plus récents, ainsi qu'une chronique familiale des générations qui l'ont précédé. J'avais déjà remarqué que Beigbeder n'avait pas trop le genre prolétarien, malgré son appui occasionnel au Parti communiste, mais je ne le savais pas issu d'aussi hautes lignées, vieille noblesse et grande bourgeoisie. Malgré quoi il raconte son histoire sur un ton sans prétention, avec même des aveux qui requièrent de l'humilité, et avec une légèreté, une finesse et un humour qui emportent la sympathie, en tout cas la mienne. Plus d'une fois en lisant je me suis demandé si le regretté Michel Ohl, fan de Toulet, avait pu connaître ce livre, paru un lustre avant sa mort. Il l'aurait sans doute intéressé par ce que dit Freddy de ses attaches dans le Sud-Ouest, à Pau et à Guéthary. Michou n'en parle pas dans sa correspondance, mais mentionne que sa famille avait eu une maison à Guéthary (si cela intéresse, voir ses lettres des 5 et 15 mai 2008). C'est aussi la ville où j'ai rencontré pour la seule fois Jacques d'Arribehaude, qui s'y était réfugié dans ses derniers jours auprès de son amie retrouvée Margot de Montebello.

- j'ai vainement tenté de regarder, par épisodes, l'interminable chef d'oeuvre de Jean Eustache, La maman et la putain (1973), intégralement disponible sur YouTube, mais hélas au bout d'une heure treize (sur trois heures et demie!) j'ai dû jeter l'éponge, terrassé par l'ennui.

- j'ai fini de remplir, après mes deux tonneaux, mes trente-six cubis d'eau de pluie. Maintenant mes réserves sont pleines, pour l'été prochain.

- j'ai consacré une longue insomnie à relire dans la Flore forestière française toutes les notes sur la qualité du bois des différentes espèces d'arbre, comme combustible, et je n'y ai pas appris grand chose de nouveau. Cela m'a confirmé l'excellence de certains bois peu réputés pour cet usage, comme les aubépines et les cornouillers. J'ai été surpris de voir que l'on considérait le noisetier comme assez bon, et regretté que l'on se contente parfois d'indiquer que tel ou tel bois est un combustible mauvais ou médiocre, sans préciser en quoi (est-ce qu'il charbonne, qu'il chauffe peu, qu'il brûle trop vite, qu'il étincelle, ou autre chose?).

- il y a dans les champs de grandes nappes d'eau. 

- j'ai fait un peu de ménage parmi mes «amis» de Facebook, en en virant une douzaine dont je ne voyais pas ce qu'ils y faisaient, passant ainsi du beau nombre de 123 au non moins beau de 111. Le genre de personnes qui ne manifestent jamais aucun intérêt à votre égard, et dont on suppose qu'ils n'ont sollicité votre «amitié» que pour le plaisir de vous ajouter à leur déjà vaste troupeau de faux amis désincarnés. Qu'ils aillent se faire foutre.

- en explorant Facebook, je suis tombé sur un endroit où sont enregistrées les occasions où j'ai été censuré. J'ai ainsi appris que ça ne m'était pas seulement arrivé deux fois, comme je le croyais, mais quatre, c'est à dire qu'il y a eu deux fois où je ne m'en suis pas aperçu, sans doute parce qu'on n'a pas même jugé utile de m'en aviser. Dans un des cas, le 18  octobre 2019, j'avais écrit «Le retour des jihadistes, ça va être autre chose que les Gilets jaunes.» Le propos a été censuré probablement parce que je l'avais accompagné de photos d'atrocités commises par les égorgeurs que la République s'apprête à laisser revenir nous pourrir la vie. Sur ce point les réseaux sociaux fonctionnent comme le journalisme, en veillant à ne pas mettre le public en contact trop direct avec la réalité.

- j'ai vainement cherché à savoir depuis quand existe le fil de fer. Les rares explications que j'ai trouvées, y compris dans Wiki, ne me disent pas grand chose. L'affaire est compliquée parce que le fil métallique a existé depuis l'Antiquité, au moins sous forme de petits bouts. Mais je ne sais toujours pas simplement depuis quand existe le fil de fer à clôture, pas forcément barbelé, que l'on vend en rouleaux.

- j'ai passé Noël seul, une fois de plus, cela devient une sorte de tradition personnelle. Je m'en accommode d'ailleurs assez bien. Quelqu'un a diffusé une jolie chanson, interprétée par une charmante petite Latinette, en fait coréo-bretonne, paraît-il, accompagnée de son frère et de son père : «Qué bonito siento cuando estás conmigo, Qué bonito siento si estás a mi lado...».

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jeudi 19 décembre 2019

nach la croix

De passage l'autre jour à Singapour, l'ex-président humaniste Barack Obama s'est illustré en déclarant que les femmes étaient «incontestablement meilleures» que les hommes, et que si le monde était gouverné par elles, tout irait mieux. Je sais bien qu'il est de plus en plus difficile d'être à la fois de gauche et intelligent, mais j'ai l'impression que certains en rajoutent exprès. A part ça, je suis en vacances. J'en avais grand besoin. J'ai pris mes quartiers à la Croix, pour une grosse quinzaine. Il ne fait pas beau, mais il ne fait pas froid. Je n'avais rien, j'ai dîné comme j'ai pu, avec des anchois et du raifort.

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mercredi 18 décembre 2019

lettres à nimier

Unknown

Lu en diagonale les Lettres à Roger Nimier, de Jacques Chardonne, dans une édition de poche pourrie, en «Cahiers Rouges», trouvée dans une boîte à livres. Les pages se détachaient à mesure que je les tournais, le lot va maintenant filer direct à la déchette. Le truc marrant est que c'est une fausse correspondance. Chardonne invente toutes ces lettres, qui ne sont que des pages sans date ni formule de politesse, y compris les quelques réponses supposées de Nimier. Quand le livre paraît en 1954 Nimier n'a pas trente ans, Chardonne en a soixante-dix. C'est un vieux baron des lettres qui peut se la péter en écrivant par exemple «Quand Apollinaire m'a apporté le manuscrit de ...» (p 74). Le coup de la fausse correspondance est une bonne idée, qui permet à l'auteur de causer de choses et d'autres de façon informelle, sur un ton badin. Cela m'a amusé au début, et bientôt lassé. On sent que le vieux Jacques pérore, fait le beau, mais n'a pas grand chose à dire. Il porte volontiers des jugements à l'emporte-pièce sur les écrivains contemporains, pour faire jaser. Ses histoires de vacances à la montagne et de voisins neurasthéniques ne m'ont pas passionné. J'ai le mieux aimé quelques remarques ponctuelles, ainsi sur l'épouse : «Un bon critique aussi, c'est l'épouse, elle vous fait sentir le peu que vous êtes. C'est indispensable pour la bonne tenue» (34). Ou sur la guerre d'Espagne : «Je ne crois pas que la victoire de la Révolution espagnole (révolution soutenue par la Russie, sinon fomentée par elle) eût été heureuse pour la France» (81-82). Rétrospectivement quelques formules font froid dans le dos, ainsi «méfiez-vous de l'alcool, des belles voitures» (115) ou «Il y a quelques mois je vous conseillais de vivre longtemps comme fit Gide» (234) s'adressant au pauvre Nimier, qui va se tuer en voiture en 1962, à 36 ans. Ce livre m'attirait mais m'a un peu déçu par son inconsistance. Plusieurs fois en le parcourant je me suis dit que j'y aurais été plus attentif, s'il s'était agi de vraies lettres, mais ce n'est peut-être qu'illusion.

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mardi 17 décembre 2019

privilèges, loisirs, bacon

36262176_10216388538208996_8350459705339936768_nLes forces de Progrès ont encore frappé aujourd'hui en occupant une fois de plus l'université. J'ai vu passer près de moi quelques uns des jeunes crétins, peut-être plus bêtes que méchants, qui charriaient des matériaux vers leurs barrages. C'est ainsi, le campus concentre sur ses terres deux castes de citoyens, ou du moins de résidents, jouissant du privilège de pouvoir commettre des actes illégaux sans être inquiétés, et même en toute impunité, dès lors qu'ils sont en troupeaux : les Gitans et les gauchistes. Leur trait culturel commun est le sans-gêne. Par chance il ne faisait pas mauvais, de sorte qu'au lieu de rester enfermé dans ma piaule je suis allé passer la matinée à faire des trucs intéressants dans le bois de l'étang d'Ornon. Derrière un buisson, que je suis maintenant capable de retrouver, il y a un beau trou qui pourrait être un terrier de blaireau. J'ai remarqué que de tous les oiseaux de l'étang, les plus craintifs sont les poules d'eau, qui détalent du plus loin, et très précipitamment, à la vue de l'homme, si bien que j'en viens à me dire que les «poules mouillées» de l'expression usuelle pourraient se référer à elles, plus qu'aux poules domestiques. Je suis revenu sur le campus à cinq heures pour le cours de yoga, où nous n'étions qu'une demi-douzaine. Auparavant j'étais retourné une petite heure dans les bois, et passé prendre du pain à la House. Dans la boîte à livres, j'ai harponné un charmant volume de reportages sur la Grèce, du début des années 60, par Albert t'Serstevens. Je me souviens d'avoir vu un beau portrait de lui barbu, assis dans un fauteuil, avec une canne et un chapeau. En voiture à un moment, entendant un passage de la Symphonie de Nouveau Monde, je me suis dit une fois de plus que je n'avais décidément aucun goût pour cet interminable tintamarre. Ce soir j'ai regardé le dernier speech de Matt Walsh (épisode 391) où il apparaît en pleine forme, arborant une chemise à l'effigie de Spiderman, ce dont il s'explique dès les premiers instants. D'humeur enjouée, il donne aux minutes 33-34 la recette de la meilleure cuisson du bacon au monde. 

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lundi 16 décembre 2019

kreación

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Le numéro 1 de la revue Kreación sera présenté samedi prochain à partir de 16 heures au Tabanka Bar, 39 rue Monadey, à Bordeaux.
Je crains de ne pouvoir y être mais je signale l'événement.
Ce numéro contient un collage de moi, et trois fragments de mon journal traduits en castillan.

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dimanche 15 décembre 2019

inondations, cadeaux, caribous

FOSFOROS LA LLAMA

Vu ce week-end l'Eau Bourde plus grosse que jamais, par endroits sortie de son lit et inondant les terres à Ornon, à Montgaillard et à Cayac. A l'étang d'Ornon de nouveaux visiteurs ces derniers jours : des cormorans.
Parmi les cadeaux que l'on m'a rapportés des Andes, le plus précieux est un bonnet en laine de jeune alpaga, très soyeux, teinté de belles couleurs sombres. Devant sortir ce matin alors que j'avais les cheveux mouillés, et sachant que j'aurais la nuque mal protégée par les casquettes américaines dont je me sers ces temps-ci, j'ai expérimenté pendant deux bonnes heures ledit bonnet, qui s'est avéré très agréable à porter. L'on m'a aussi offert deux petites effigies d'oiseaux (un magnet en bois léger représentant un coq de roche, et un galet où sont gravées en miniature les lignes de Nazca figurant un colibri) et des boîtes d'allumettes de trois marques (des Fiat Lux Olho importées du Paraná, au Brésil, et des Inti et La Llama produites à Lima par la Fosforera Peruana). Par ailleurs j'ai hérité d'un exemplaire du journal populaire Trome, dont j'ai parcouru les petites annonces. Les plus intéressantes pour moi sont toujours celles des ventes de terrains. Dans certaines j'ai remarqué ce trait d'exotisme, que l'on cite comme argument de vente la proximité de la Panamericana. Une section est consacrée à la vente et à la location de Playas, et je me demande s'il s'agit de plages à proprement parler.
Ce soir je me suis encore laissé envoûter par Joe Rogan, j'ai regardé une partie de son entretien n° 1395, du 7 décembre, avec un chasseur du nom de Glenn Villeneuve, expert en survie en milieu arctique, au-dessous de zéro. Le genre de gars qui peut disputer aux loups la carcasse d'un caribou, et manger les végétaux trouvés dans l'estomac du caribou.

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vendredi 13 décembre 2019

noël géographique

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J'ai sauvé de la benne une collection des Cahiers d'Outre-Mer, revue trimestrielle de géographie publiée par l'université de Bordeaux. Je lui cherche un meilleur destin. J'offre les numéros, s'il y a des personnes intéressées. Chacun fait une petite centaine de pages de 16 x 25 cm. J'ai indiqué dans le tableau ci-dessous le sujet des principaux articles. Je peux éventuellement préciser les sujets.

1 (I-III 1948) : Bordeaux, Martinique, Brésil, Côte d'Ivoire ...
2 (IV-VI 1948) : Antilles, Casablanca ...
3 (VII-IX 1948) : Côte d'Ivoire, Nouvelles Hébrides ...
4 (X-XII 1948) : Landes, Caraïbes, Sénégal ...
5 (I-III 1949) : Amazonie, Saint-Barthélémy, Marrakech, Martinique ...
6 (IV-VI 1949) : Buenos-Aires, Afrique équatoriale française, Bordeaux ...
7 (VII-IX 1949) : Basques, Groënland, Nlles Hébrides, Cherbourg, Argentine 
8 (X-XII 1949) : Porto, Cameroun, Andes ...
9 (I-III 1950) : Antilles, Paraguay, Rabat ...
10 (IV-VI 1950) : Réunion, Marie-Galante, Cameroun ...
11 (VII-IX 1950) : Congo, Afrique occidentale, Landes ...
12 (X-XII 1950) : Madagascar, Afrique du Sud, Banane, Côte d'Ivoire ...
13 (I-III 1951) : São Paulo, Afrique centrale, Madagascar, Casablanca ...
14 (IV-VI 1951) : Uruguay, Maroc, Gabon ...
15 (VII-IX 1951) : Bahia, Sénégal, Réunion ...
18 (IV-VI 1952) : Afrique noire, Mexique, Titicaca, Djerba ...
70 (IV-VI 1965) : Madagascar, Mali, Viet-Nam, Argentine ...
86 (IV-VI 1969) : Trinidad, Monterrey (Mexique), Bangui ...
88 (X-XII 1969) : Gabon, Congo, Japon, Maroc, Centrafrique ...
90 (IV-VI 1970) : Afrique tropicale, Thaïlande, Rio Grande do Sul, Cambodge
102 (IV-VI 1973) : Bolivie, Tunisie, Canaries, Congo ...
108 (X-XII 1974) : Indonésie, Brésil, Thaïlande ...
109 (I-III 1975) : Maïs médiéval, Bangkok, Nouvelle Calédonie ...
111 (VII-IX 1975) : Niamey, Maroc, Haute Volta, Burundi ...
113 (I-III 1976) : Syphilis, Patagonie, Douala, Iran ...
114 (IV-VI 1976) : Air-Afrique, Ethiopie, Tunisie ...
116 (X-XII 1976) : Guinée, Cameroun, Côte d'Ivoire, Tchad ...

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jeudi 12 décembre 2019

journal

Le retour de ma voyageuse, revenue des Andes, me dispense de raconter ma vie, comme je m'y suis obligé au jour le jour pendant deux mois. C'était amusant mais pas de tout repos, pour un homme pas très riche en temps libre et surtout en énergie. L'exercice est un peu frustrant, car on n'arrive jamais tout à fait à rendre compte de la vie. Un journal n'est jamais qu'une fiction basée sur des faits réels. Mais enfin avec un peu de soin il peut donner un honnête reflet du cours des choses. Le plus souvent c'est le soir, parfois après minuit, en luttant contre le sommeil, que j'essayais de tracer en une page le portrait de ma journée. Je renonce à ce sport avec quelque regret mais aussi avec soulagement. Je vais souffler un peu, reprendre un rythme plus taciturne.

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dimanche 8 décembre 2019

souris, pluie, éolienne

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M'étant réveillé vers quatre heures du matin, tout d'un coup dans le silence j'ai entendu un petit claquement venant de la cuisine, signe qu'un de mes pièges venait de fonctionner. Je suis allé voir. A l'une des tapettes curieusement l'appât de fromage avait disparu sans que l'appareil se soit déclenché. Dans l'autre une souris avait été tuée, la tête méchamment aplatie sous la petite barre de métal. Instinctivement j'ai serré les dents parce que cette vision me mettait mal à l'aise. Mais tant qu'à tuer ces animaux, mieux vaut pour eux mourir ainsi instantanément plutôt qu'entre les griffes d'un chat, ou après la longue agonie de l'empoisonnement. Comme je ne voulais pas sortir dans la nuit et sous la pluie, j'ai déposé le piège et la proie dans une pelle à poussière près de la porte d'entrée. Je suis resté éveillé jusque vers six heures, puis j'ai déjeuné et me suis rendormi jusqu'après neuf heures. Alors seulement je suis sorti jeter la souris au compost. Il a plu doucement mais sans arrêt, si bien que je suis resté une bonne part de la matinée au lit. J'ai longuement cherché en ligne une typologie des clous anciens et des tuiles anciennes, sans trouver grand chose. Vers midi je suis monté au grenier constater que je n'avais pris aucun lérot dans mes nasses. J'envisageais de rentrer à Bordeaux en début d'après-midi, mais alors la pluie ayant enfin cessé, je suis resté travailler dans le jardin jusqu'après quatre heures. Au retour j'ai pris l'autoroute à Pons, de sorte que je suis repassé devant certain bâtiment que j'avais remarqué. On voit à un moment sur le côté nord de la route, dans les quelques kilomètres entre Pons et l'accès à l'autoroute, une grande maison devant laquelle se dresse une tour surmontée d'une drôle de roue en métal. Cet appareillage n'est pas très beau mais il se remarque et intrigue, quand on vient à passer. Récemment je m'étais renseigné en regardant tout d'abord sur la carte de Google et les photos par satellite, où il apparaît que les bâtiments en question se situent au lieu dit le Clône. Muni de ce toponyme, j'eus tôt fait d'apprendre dans Wikipédia qu'il s'agit de l'éolienne du Clône, installée par un viticulteur en 1902 afin de puiser de l'eau, et classée monument historique depuis 2006. C'est une curiosité, si vous passez par là.

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samedi 7 décembre 2019

rogan, snowden, green

La nuit dernière lors d'un rêve je voulais noter le propos bizarre de quelqu'un, comme si j'étais conscient que cette bizarrerie tenait au fait qu'on était dans un rêve. A un autre moment de la nuit, étant réveillé, j'ai entendu le bruit d'un lérot dans le grenier, au-dessus de la chambre. On s'attendrait à ce que ces animaux soient déjà entrés en hibernation à cette date, mais ce n'est qu'une demi-surprise, parce qu'en effet il ne fait pas très froid. J'avais aussi entendu un lérot pendant la dernière nuit de mon précédent séjour, il y a deux semaines. Il était alors trop tard pour utiliser mes pièges mais cette fois-ci, puisqu'il me reste une nuit à passer sur place, je suis monté dans la matinée installer mes deux nasses, appâtées chacune avec un quart de pomme. Le temps est resté spongieux aujourd'hui. J'ai quand même pu travailler un peu au jardin. En fin de matinée je suis allé à Beauvoir faire des courses, à Point Vert d'abord, où j'ai pris deux parpaings et deux plantes, une lavande et un fraisier, puis à Inter pour les vivres. J'ai racheté du papier hygiénique Lotus Just1, dont le slogan me ravit : «Si épais, 1 feuille peut suffire». C'est habile, parce qu'on ne dit pas suffire à quoi, mais la formule est tout de même assez suggestive pour que l'on comprenne. Dans l'après-midi j'ai voulu monter dans les bois sur le plateau et la pluie m'en a bientôt fait fuir. Mais comme elle avait cessé le temps que je redescende, je me suis arrêté à la Rigeasse, où je suis resté peut-être une heure. Le soir, me sentant de nouveau d'humeur roganienne, j'ai regardé l'entretien de presque trois heures que Joe Rogan a eu il y a un mois avec l'ex-agent secret Edward Snowden, exilé en Russie depuis 2013. C'était la première fois que je voyais-entendais ce drôle de personnage. J'étais étonné qu'il soit aussi volubile, on entendait à peine Rogan, l'autre mettait un bon quart d'heure pour répondre à chaque question. J'ai eu l'impression qu'il était de gauche, mais sa notice dans Wiki a l'air d'indiquer qu'il est plutôt conservateur. Il ne manquait aucune occasion de rappeler que sur tel et tel sujet, il y avait tous les détails dans l'autobiographie qu'il vient de publier. Bien sûr il a oublié d'être idiot. Il est assez beau garçon, avec les traits fins, le regard intelligent du surdoué, petit génie de l'informatique. Il ouvre des perspectives inquiétantes sur le flicage général que permet l'usage du numérique. Finalement un plouc dans mon genre, qui n'a pas de téléphone portable, est relativement à l'abri. Mais moi justement je préfèrerais être fliqué, ça me ferait un ou deux lecteurs en plus. Rogan, que je n'avais vu depuis des mois, est un peu vieilli, un peu épaissi. J'ai aussi feuilleté au hasard et lu quelques pages du Jeunesse de Julien Green, butin de boite à livres. Il y a un passage où le jeune homme est éperdument amoureux d'un ami américain de son âge, qui vient le rejoindre à Paris, et auquel il n'ose se déclarer. Cela se passe vers 1920 et l'auteur rapporte ces souvenirs vers 1970. Presque tout le livre est divisé en courts chapitres d'une ou deux pages. C'est très bien raconté, je lirais le reste si j'avais le temps.

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vendredi 6 décembre 2019

rien

Temps revenu au gris, et journée médiocre. Travaillé à mes tuiles une heure le matin et une l'après-m. Au marché de Loulay, acheté des pommes et du jus de pomme, des charcuteries, des huitres pour mon déjeuner, et deux fromages, un quart de Coulommiers et un Cantal entre deux, auquel j'ai retranché deux petits bouts pour appâter mes tapettes à souris, sans succès pour l'instant. Dans l'après-midi, longue et lugubre tournée à Villeneuve pour y consulter mon médecin, principalement au sujet d'un orgelet qui m'accable ces derniers jours, puis pour acheter des remèdes à la pharmacie, dont un à me fourrer dans l'oeil!, et ceux que ma dentiste m'a prescrits en vue de l'arrachage d'une dent fin janvier, enfin pour récupérer mon pneu restauré chez le garagiste. Mes ennuis de santé, pourtant pas très graves, me dépriment complètement, en ravivant le sentiment du délabrement inexorable du corps. Comme disait l'autre, la mélancolie est une maladie qui consiste à voir les choses comme elles sont. Et avec ça je n'ai pas foutu les pieds un instant dans les bois. Soirée paisible toutefois, à terminer quelques collages et à effectuer de petits rangements dans la maison, tout en écoutant distraitement les deux heures qui me restaient de l'entretien Rogan-Molyneux.

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jeudi 5 décembre 2019

fallaci, croix-comtesse, crevaison

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Hier et aujourd'hui, grand beau temps.
Hier mercredi fut le jour de ma sortie vespérale mensuelle à Bordeaux, pour boire et bavarder avec les copains et les inconnus. Dans le tram aller et retour j'ai pu m'assoir et lire un article sur la journaliste italienne Oriana Fallaci (1929-2006). J'apprends qu'elle s'était mis la gauche à dos, bien qu'elle fût elle-même de gauche, parce qu'elle avait pris des positions anti-avortement. Elle est surtout connue pour avoir été une des premières voix occidentales à protester fermement contre l'invasion musulmane et le statut inférieur assigné aux femmes dans cette religion. Je crois avoir lu à l'époque et même possédé son livre La rage et l'orgueil, mais n'en conserve pas de souvenir précis, et n'ai pas rédigé de note à ce propos. On voit sur les photos que c'était une belle femme, et qui certainement avait du caractère. J'ai lu ensuite dans sa notice sur Wiki, à la rubrique Profession, qu'on la définit comme correspondant de guerre, personnalité politique, écrivain, journaliste et ... conspirationniste. Dès qu'il s'agit de politique, ce site est d'une imbécillité insupportable (en tout cas dans la version française).
Aujourd'hui jeudi, comme il fallait s'y attendre, les sans-culotte et sans-gêne ont réoccupé la fac. Je me demande comment ils s'y prennent à chaque fois, pour ces occupations illégales. Comment font-ils pour s'emparer des bâtiments et barrer les accès : fracturent-ils des portes, ou ont-ils des complices parmi le personnel? J'ai constaté la situation en arrivant sur les lieux très en avance, comme souvent, vers huit heures moins le quart. Ayant prévu de partir en week-end à la Croix en débauchant à midi et demie, j'hésitais à m'en aller tout de suite. Mais la faible probabilité que la situation soit débloquée d'ici mon heure d'embauche officielle à huit heures et demie, plus la quasi assurance de trouver la rocade saturée à ces heures, m'ont décidé plutôt à rentrer chez moi. Dès mon arrivée j'ai vu que la présidente avait envoyé un mail annonçant la fermeture de l'établissement pour la journée. Mais comme je manquais un peu de sommeil, je m'allongeai, fermai les yeux et me rendormis jusqu'à dix heures. Une fois réveillé, comme il faisait beau et que j'avais tout mon temps, je fis d'abord un saut au bois d'Ornon, pour y récupérer encore deux bons bouts de bois que j'avais repérés, puis je pris la route. Une fois de plus je ratai la sortie de Pons et ne sortis de l'autoroute qu'à Saintes. A Saint-Hilaire les travaux sont enfin terminés et l'on peut de nouveau traverser le village normalement. J'en ai profité pour m'arrêter voir la boîte à livres, qui avait grand besoin d'une remise en ordre. J'étais chez moi vers treize heures. J'ai sans tarder lancé le feu, déjeuné d'une boîte de maquereau au vin blanc, récupéré mon courrier, rangé mes bouts de bois, transvasé l'eau de mes seaux (maintenant mes deux tonneaux sont pleins et je remplis peu à peu ma collection de cubis), et me suis remis à travailler à mon allée de cinq mètres en tessons de tuile (j'ai un stock de tuiles grossièrement cassées que je réduis en tessons plus petits avant de les répandre sur une double couche de toile géotextile d'un mètre de large). Vers cinq heures j'ai fait un saut à la Coop de Villeneuve, où j'ai trouvé entre autres un énorme navet orange, assez beau. En ressortant de la boutique je me suis aperçu que j'avais le pneu avant droit à plat. Du coup j'ai avancé jusque chez le garagiste. Selon lui ce pneu sans chambre à air fuit non par une perforation sur la tranche mais par une usure latérale et il faut lui mettre une chambre à air, ce pour quoi je devrai repasser demain. Au retour je me suis arrêté quelques minutes éprouver la paix de la Rigeasse, alors que le jour tombait, puis je suis rentré me mettre en cuisine. J'ai préparé une grande casserole de soupe avec mon navet, une demi-courgette qui me restait, une patate, une carotte, un oignon et une gousse d'ail.

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mardi 3 décembre 2019

collage

Le collage est un art de feignant ingénieux.
Je suis bien content que la Providence aujourd'hui m'ait inspiré cette belle sentence, si véridique et si bien roulée, concentrée dans le format d'un alexandrin. Je l'ai publiée aussitôt sur Facebook, où elle a remporté un franc succès. Au moins cinq ou six personnes l'ont acclamée. Attendez que je recompte... Non, c'est bien ça, j'ai pas rêvé. Mais comme tout ne peut pas convenir à tous, il y a aussi une aimable protestation de l'ami Septier : «Kurt Schwitters, Man Ray, Laszlo Moholy-Nagy, et tant d'autres, tiens John Heartfield, un tas de fainéants aussi, oui bon. Non, c'est un genre en soi, avec ses méthodes, voire ses règles académiques… Et puis cher Philippe, malgré tes dénégations, on sait bien que tu es un bosseur.» J'entends bien, cher Laurent, que c'est un genre en soi, avec sa légitimité, mais je maintiens ma formule, même si elle est taquine. Elle met l'accent sur le fait que le collage est un travail, certes, mais en quelque sorte une création au second degré, qui crée une image à partir d'images déjà existantes, lesquelles ont souvent demandé plus d'effort que le collage lui-même, surtout quand il emprunte à des reproductions de dessins, de gravures, de peintures ou de sculptures, tous domaines dans lesquels je suis personnellement à peu près incapable de produire quoi que ce soit. Vis à vis de ces créateurs d'oeuvres primaires, le collagiste, créateur d'oeuvres secondaires, ou de second degré, est un pillard, un emprunteur, un détourneur, un parasite. Eux peuvent exister sans lui, non lui sans eux. Par ailleurs j'ai remarqué que s'il y a moindre effort dans la production du matériau, il y a aussi une tendance au moindre effort dans la réalisation, car un collage n'a pas besoin d'être complexe, il est même souvent d'autant plus efficace qu'il est simple, composé de peu d'éléments : il en faut au moins deux, mais ces deux peuvent suffire. Quant à la notion d'ingénieux, elle désigne plaisamment chez le collagiste son côté petit malin qui a trouvé un truc, mais il est vrai que dans les meilleurs des cas le mot peut être réduit, et la notion étendue, à celle de génie : il y a d'excellentes trouvailles. Pour dire un mot des artistes cités, qui ont tous grande réputation, j'ai moi aussi de grands maîtres que j'admire, Ernst, Cieslewicz, et d'autres. Par contre j'ai déjà eu l'occasion de dire que je ne plaçais pas le stalinien laborieux Heartfield parmi les génies... Mais bon, il faut que j'abrège. Il a fait aujourd'hui grand beau temps et j'étais hélas enfermé.

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lundi 2 décembre 2019

ritz, zemmour, kelly

Temps assez clément aujourd'hui mais à part ça je n'ai tellement rien à rapporter de la journée écoulée, que je pourrais peut-être en profiter, bien que n'étant pas sur place, pour dire un mot du méchant fossé qui passe entre les champs, en contrebas de la Croix-Comtesse. Il reste en général sec, mais à l'occasion s'élève à la fonction de ruisseau à temps partiel, comme en ce moment où il pleut d'abondance. Cet intermittent du ruissellement va verser ses eaux probablement dans quelque bras de la Boutonne, derrière le bourg voisin de Coivert. J'avais souri, il y a quelques années, en apprenant que parait-il cet humble cours d'eau porte le nom de Ritz, qui se trouve être aussi celui d'un célèbre hôtel de Paris. Je me suis demandé s'il pouvait y avoir une parenté étymologique entre les deux, mais ne trouve rien de concluant sur la question. Je dois dire que j'ignore l'origine du nom du fossé, dont je ne serais pas étonné qu'elle ait à voir avec celle du mot ruisseau, ils ont comme un air de famille. Quant à la maison parisienne, elle tient son nom de l'hôtelier suisse César Ritz, qui fonda l'établissement peu avant 1900, et peu après un autre du même genre à Londres. Or les indications que fournit le net sur ce patronyme, semble-t-il alsacien, sont qu'il viendrait du vieil allemand ritan, aller à cheval, qui rappelle l'anglais to ride, mais signifierait fêlure, fente, fissure, sens dont on ne voit pas bien le rapport avec le précédent, et qui du coup conviendrait mieux à un fossé, mais on n'est pas ici en terre germanique. En dînant ce soir j'ai regardé une intéressante discussion entre mon excellent concitoyen Eric Zemmour et Odon Vallet. J'ai beaucoup aimé de Zemmour sa courageuse apologie du cardinal Barbarin (vers 15:45) et son éloge du génie du catholicisme (vers 20:18). A part ça, j'ai remarqué qu'ils n'ont pas l'air de se détester, lui et la Christine Kelly. Qui sait s'il y a idylle, en coulisse.

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dimanche 1 décembre 2019

cestas, lac vert, macias

 s-l640«Notez tous les soirs en quelques phrases les principaux faits de votre vie, dans la journée» lis-je dans un manuel de français pour écoliers de 1964. Temps variable aujourd'hui, assez beau ce matin. Vers onze heures, maintenant que je connais la route, je fus à Cestas, où se tenait dans la halle du centre culturel une foire aux livres d'occasion. C'était une vente caritative organisée par une association de parents d'élèves. Les livres étaient rangés par thèmes sur de longues tables. J'ai eu l'impression que le secteur qui m'était le plus sympathique était celui des livres pour adolescents sur les animaux. Mais finalement le seul que j'ai acheté traitait d'autre chose, c'est un guide des Fleurs et plantes des champs, par un certain Jean-Denis Godet, de chez Delachaux et Niestlé, 1994, que j'ai payé un doublon. Je n'en ai pas grand besoin, mais c'était pour faire un geste. En outre c'est un guide photographique, alors que je trouve qu'on y voit mieux, en général, dans les guides illustrés de dessins ou d'aquarelles. Mais celui-ci est bien fait, avec d'un côté des photos des plantes in situ, et en regard des détails agrandis (fleurs, feuilles, etc) et détourés sur fond noir. Aussi un point qui m'a décidé est qu'outre les noms français et latins sont indiqués les noms en anglais et en allemand. Il y avait au dehors le marché dominical de fruits et légumes, où j'achetai quatre belles pommes jaunes et un bout de pain. Au retour, peu avant midi, je me suis arrêté au Lac Vert, situé aux confins de Cestas mais sur la commune de Canéjan. Il est paraît-il de création récente, fondé sur une ancienne carrière. Comme le ciel avait tourné au gris, j'hésitais à entreprendre de faire le tour du lac à pied, ce qui doit représenter un bon kilomètre, et je m'y suis lancé. Arrivé à mi-parcours, il s'est mis à pleuvoir mais doucement, et j'étais relativement abrité par les arbres. Dans l'après-midi, à un moment sans pluie je suis ressorti une petite heure me promener dans le bois de l'étang d'Ornon. J'y récupère peu à peu de vieux bouts de chêne bien durs, qui traînent. En dînant ce soir j'ai regardé le début d'une vieille émission de Joe Rogan, où il recevait Stefan Molyneux (l'émission entière dure près de trois heures). Je n'avais vu de vidéo de l'un ni de l'autre depuis des mois. Molyneux est un anarchiste intelligent, et un bon orateur, mais il ne parle pas assez distinctement pour que je le comprenne bien. D'un locuteur à la diction parfaite, comme Donald Trump, je dois décoder au moins 97 % de ce qu'il dit. Avec Joe Rogan, peut-être 84 %. Mais avec Molyneux je tombe à des 71 ou 72 %, c'est trop peu. Ces chiffres n'ont rien de rigoureux, je dis ça pour donner une idée. Je ne sais pourquoi, peut-être est-ce d'avoir vu ce film sur l'Algérie l'autre jour, j'ai été hanté toute la journée par la chanson d'Enrico Macias, «J'ai quitté mon pays». Et bien sûr je l'ai écoutée plusieurs fois sur YouTube. Je trouve que la voix et la mélodie sont meilleures que les paroles, un peu naïves. La petite introduction instrumentale à l'andalouse n'est pas mal, non plus. Cela est vieux, maintenant, d'un bon demi-siècle.

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