Journal documentaire

samedi 14 juillet 2018

voyage aux pôles, 6

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Poursuivant notre route, nous traversâmes notamment le port de Fécamp, qui a belle allure, et nous arrêtâmes pour déjeuner de crêpes à Yport, petit port calme et propre, lui aussi encadré de falaises. Nous gagnâmes de là Etretat, où nous visitâmes d'abord l'église Notre-Dame, dotée de la vitrerie la plus variée que j'aie jamais vue, car j'y ai relevé les signatures de pas moins de neuf verriers différents. De là nous fûmes au centre de la ville, où il y a quelques belles constructions, dont une petite halle, et un énorme hôtel à la façade toute en boiseries, pompeusement nommé le Manoir de la Salamandre, mais le front de mer est très médiocre. Pour plaire à mon aide de camp, j'acceptai de gravir avec elle la falaise dite d'Amont, au nord du bourg, d'où l'on a une fort belle vue, notamment sur la falaise d'Aval, en forme d'arche, que l'on voit dans tous les livres de géographie. Puis nous descendîmes au Havre, où nos amis Hélène et Olivier nous offraient aimablement l'hospitalité pour la nuit, dans leur maison d'esthètes pleine d'oeuvres d'art et d'objets curieux, comme d'énormes fossiles. Avant de les rejoindre, en fin d'après-midi, nous passâmes un moment à boire du Perrier à la terrasse du Lateras, un bar devant la plage de Sainte-Adresse. J'en profitai pour feuilleter le volumineux supplément estival du Courrier cauchois, que j'avais pris à Yport, et qui exposait sur 52 pages le calendrier des activités culturelles de la Seine-Maritime pour la saison. Cela ressemble fort à ce que l'on trouve aujourd'hui dans tous les autres départements, une frénésie de divertissements plus ou moins inspirés, plus ou moins creux, mais dûment promus et subventionnés. A vrai dire je n'arrive même plus à lire attentivement ce genre de programme. A mes yeux, rien ne vaut d'entrer au hasard et gratis dans quelque vieille église et d'examiner l'assortiment d'oeuvres que le temps y a déposées, même dépareillées et mal éclairées.

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vendredi 13 juillet 2018

voyage aux pôles, 5

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Je m'éveillai sur les trois heures du matin, venant de rêver que je présentais à mon ami Juan un gros livre intitulé De todo, et portant un long sous-titre également en espagnol, Todo lo por lo que se puede comparar el mundo de antes con el mundo de hoy, soit Tout ce par quoi l'on peut comparer le monde d'avant et le monde d'aujourd'hui, ou l'inverse je ne sais plus. Dans le rêve je manipulais calmement ce volume semblant dater des années 60, rempli de petites photos en héliogravure représentant des milliers d'objets. Mais en y repensant une fois éveillé, j'éprouvais une lourde angoisse à l'idée d'un tel livre, qui m'apparaissait d'une absurdité vertigineuse, angoisse aggravée par le malaise corporel, car je m'étais endormi enveloppé d'un plaid et à présent je suffoquais. Je fus prendre l'air frais un moment avant de me rendormir. Ce jour-là nous nous arrachâmes à l'attraction du Pôle Nord-Pas-de-Calais, à tous égards magnétique, et après avoir remercié nos hôtes de leur bon accueil, nous entreprîmes le voyage de retour en nous dirigeant tout d'abord vers la côte du Pôle Normandie. Je souhaitais revoir Le Tréport, dont j'avais eu jadis une vision fugitive qui m'avait laissé un bon souvenir. Nous nous installâmes pour casser la croûte sur un petit parking presque désert qui se présentait face à la Manche, et d'où nous avions vue sur les falaises qui encadrent l'agglomération au Nord et au Sud. Le hasard nous avait placés non loin de la borne séparant Mers-les-Bains du Tréport, la Somme de la Seine-Maritime, et la Picardie de la Normandie, pays elle aussi de l'Homme du Nord. Après avoir déjeuné nous fûmes nous promener sur le rivage de Mers-les-Bains, bardé de villas mitoyennes multicolores datant de la Belle Epoque, et formant le plus ravissant front de mer que j'aie vu. Comme nous allions repartir, il y eut un incident inquiétant. Une voiture percuta un scooter, qui vola dans les airs et retomba sur la chaussée. Le pilote du scooter se releva aussitôt et, sans s'inquiéter de sa passagère, restée à moitié coincée sous l'engin, se dirigea résolument vers la voiture, qui s'était garée, et mit son poing dans la figure du conducteur qui en sortait, un vieil homme visiblement bouleversé par l'accident. Quelqu'un fit remarquer au motard qu'il avait l'air vilainement blessé au poignet et devrait demander des soins, mais sa passagère pria les quelques passants accourus, de n'appeler surtout personne. Là-dessus le pilote du scooter s'éloigna à pied et disparut complètement, nous laissant à songer s'il était fou, ivre, drogué, ou peut-être gêné parce que le scooter ne lui appartenait pas. Puis nous quittâmes la place et fûmes nous promener un moment sur le quai et dans les belles rues du Tréport, avant de repartir vers le Sud-Ouest. En fin d'après-midi nous déchargeâmes nos affaires dans un hôtel de la banlieue de Dieppe, après quoi nous fûmes marcher en ville et nous restaurer à la plage. Il y a dans l'église Saint-Jacques un vitrail au thème peu commun, figurant le martyr des jésuites Antoine Daniel et Jean de La Lande, massacrés par des Iroquois, l'un fléché, l'autre haché. J'aime bien le nom de Dieppe, pour sa rudesse de monosyllabe diphtongué, qui claque comme une interjection.

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jeudi 12 juillet 2018

voyage aux pôles, 4

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Ce jour-là nous fîmes une virée au bord de la mer, en commençant par Le Touquet, dit Paris-Plage. Nous trouvâmes à nous garer allée des Genets, dans un quartier de grosses villas entourées de parcs. On sent que la ville est cossue mais elle n'est pas spécialement belle. En particulier le front de mer est fort moche, mais la plage est de sable très fin, plus fin que celui des plages du Sud-Ouest. Il y a toutefois quelques jolies maisons, et quelques beaux grands bâtiments du vingtième siècle, comme l'église Sainte-Jeanne d'Arc, l'hôtel de ville et l'hôtel Westminster. Nous déjeunâmes de moules et de frites, avec de la bière, dans la rue Saint-Jean. Au cours du repas je réalisai que le restaurant appartenait vraisemblablement au casino voisin, mais il était trop tard pour en partir. Puis nous descendîmes vers les stations de Stella-Plage et de Merlimont, où l'ambiance est plus plébéienne mais le sable tout aussi fin. Il y a dans l'église de Merlimont-Ville, à la gauche du choeur, un petit vitrail triangulaire figurant le voile de Véronique, qui m'a beaucoup plu. Au retour nous fîmes encore halte dans la belle vieille ville de Montreuil, dite sur Mer bien qu'elle en soit à une quinzaine de kilomètres. Dans l'église abbatiale Saint-Saulve, qui est comme un charmant musée en désordre, je m'amusai d'un vitrail figurant sur deux lancettes Jeanne d'Arc «fille au grand coeur, fille de France». Il y a aussi la curiosité d'une double lancette voisine, représentant la Sainte Famille, et qui daterait du XVIIIe siècle, c'est à dire qu'il aurait échappé à la furie révolutionnaire. Son aspect usé, avec les visages effacés, semble attester de cette ancienneté peu commune. Le soir, pour notre dernier dîner sur place, les deux frères de Lucien, Alain et Joël, se joignirent à nous. Ce repas fraternel fut encore l'occasion de me consoler de ma condition d'artiste méconnu, car si je ne suis pas même célèbre dans ma propre famille, je suis assez populaire chez les Suel.

(En photo l'hôtel de ville du Touquet).

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mercredi 11 juillet 2018

voyage aux pôles, 3

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Je commençai la journée en lisant dans les Google News un article de La Voix du Nord, selon lequel un couple de sadiques venait d'être condamné à un an de prison pour avoir torturé leur chien à mort. L'animal avait été retrouvé éviscéré, avec un oeil crevé, et pesant la moitié de son poids normal. J'ai remarqué que le journal prenait bien soin de ne pas nommer les coupables, sans doute par délicatesse, pour ne pas trop leur faire honte. Nous déjeunâmes tard ce jour-là, de restes de la fête, mais dans l'après-midi nous fûmes tout de même jusqu'à Poperinge, ville de Belgique la plus proche. Nous n'avions pas besoin de ce déplacement, auquel je tenais pour la joie principale d'éprouver la sensation de me trouver en pays étranger, même si celui-ci n'est pas très étranger. Nous découvrîmes sur place que ce jour même était la fête de la communauté flamande. Cela présentait l'avantage que le parking était gratuit, mais l'inconvénient que peu de magasins étaient ouverts. Nous trouvâmes cependant un Spar, dans lequel pour ma part je me contentai d'acheter une bouteille de bière locale Poperings Hommel Bier et un petit stock d'allumettes suédoises Union Match. Et nous visitâmes trois églises de la ville : Notre-Dame (Onze Lieve Vrouwekerk), Saint-Bertin (Sint-Bertinuskerk) et Saint-Jean (Sint-Janskerk). Je ne sais plus si ce fut ce soir-là que Lucien évoqua des «hirondelles de saucisson».

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mardi 10 juillet 2018

voyage aux pôles, 2

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La fête devait commencer à midi. En traînant au lit le matin, je lus des vers de Georges Perros. Ses Papiers collés m'avaient laissé plutôt froid, mais un copain ayant récemment mis en ligne deux de ses poèmes, dont j'ai aimé le sens du rythme et les images, j'ai voulu en emprunter deux recueils à la fac pour emporter en vacances. Les pages que j'ai lues m'ont plu, n'était le désagrément de les feuilleter dans deux livres de poche moches et fripés. En fin de matinée avec ma camarade nous fîmes quelques emplettes à Aire, et en chemin nous visitâmes l'austère église de Lambres. Toute l'après-midi fut un enchaînement de collations, et de prestations en hommage aux hôtes, en compagnie d'une cinquantaine de personnes. Lucien avait aménagé un théâtre de verdure dans une clairière, scène champêtre où se succédaient musiques, chansons et lectures, auxquelles participa même le jeune Solal, poète de huit ans, qui avait composé une page émouvante. Ma contribution fut de lire «Le chasseur», un poème-détournement de Lucien basé sur un exercice scolaire présentant une dizaine de phrases auxquelles manque le dernier mot, qu'il a restitué à sa façon. Il y eut dans la soirée un moment de diversion, quand les enfants et les sportifs voulurent assister à la demi-finale de la coupe de football, que la France remporta sur la Belgique voisine, au grand dam des non-sportifs. Cette nuit encore je dormis fort bien et sans aide.

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lundi 9 juillet 2018

voyage aux pôles, 1

heure 7

Voyage au Pôle Nord-Pas-de-Calais et au Pôle Normandie, 1. Avec mon aide de camp, qui m'avait rejoint la veille dans mon ermitage de la Croix-Comtesse, nous prîmes la route ce lundi sur les sept heures du matin. Nous devions nous rendre à plus de six cents kilomètres de là, dans la contrée nordique de Ligny-lès-Aire-sur-la-Lys. Nous avions le grand honneur d'y être invités à la réception que donnerait le lendemain mon ami Lucien, qui pour l'occasion fêtait avec son épouse le soixante-dixième anniversaire de leur naissance et le cinquantième de leur rencontre. Nous voyageâmes par l'autoroute jusqu'à Abbeville, en passant par Le Mans et Rouen pour éviter Paris. Le temps était toujours aussi sec mais pas si chaud que les jours précédents, et sur certaines aires de repos soufflait un vent froid qui m'irrita la gorge. En cours de route les panneaux indicateurs m'évoquèrent le souvenir de grands voyageurs du passé, sans doute plus hardis et moins fragiles que moi, Yves d'Evreux et Claude d'Abbeville, puis l'abbé Prévost dont nous contournâmes la ville natale, Hesdin. Un exotisme du pays, qui n'apparaît qu'après avoir quitté l'autoroute, est la forme des bâtiments aux toits plus pentus que par chez nous, et aux murs le plus souvent de briques rouges. Nous trouvâmes nos hôtes bien installés dans leur maison agrandie, et idéalement prolongée d'un jardin et d'un bois, suivant la côte du terrain. Nombre d'enfants, petits-enfants, frères et soeurs étaient déjà sur place pour les préparatifs et faisaient régner le climat d'une ruche hyper-familiale, circonstance aimable mais inhabituelle pour un être aussi hypo-familial que moi, qui n'ai pas beaucoup de parents, ni beaucoup de rapports avec eux. Nous fûmes bientôt copieusement restaurés et rafraîchis. Après quoi, sous l'effet conjugué du rassasiement et des fatigues de la journée, et peut-être aussi de la qualité de l'air et du lit, je dormis mieux que de coutume et sans recourir aux cachets.

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dimanche 8 juillet 2018

questions pratiques

Je vais m'absenter demain lundi jusqu'au mardi de la semaine suivante le 17, pour un voyage au Pôle Nord-Pas-de-Calais et au Pôle Normandie.
J'ignore si je disposerai du net pendant ce temps.

Je dispose de deux exemplaires, dont je ne fais rien, du dépliant de l'expo à laquelle j'ai discrètement participé naguère. Si cela intéresse, je peux les donner. Me contacter en privé.

 Je voudrais conserver commodément le message de D Trump qui apparaît sur ce lien. Quelqu'un de mes lecteurs serait-il assez dégourdi pour le découper et le transformer en document jpg? Cela me plairait beaucoup. (PS. C'est fait, merci).

A bientôt, chers amis.

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samedi 7 juillet 2018

écriture abusive

Ecriture inclusive, écriture abusive, me dis-je en parcourant le mail d'un syndicat «du supérieur et de la recherche», où il est question des «enseignant.e.s-chercheur.euse.s» et des «administratif.ve.s». Quel triste charabia...

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jeudi 5 juillet 2018

souvenirs from bordeaux

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Dernièrement, quand j'étais encore à Bordeaux, j'ai lu le roman Guernica 1937, d'Alain Vircondelet (Flammarion, 2018). J'avais bizarrement trouvé sur un trottoir ce livre juste paru et encore tout neuf, portant une dédicace manuscrite de l'auteur à deux personnes, qui l'ont peut-être jeté ou perdu à cet endroit (rue Sicard). Il s'agit d'un docu-fiction sur la liaison entre Picasso et Dora Maar, qui fut sa muse et sa maîtresse principale, mais pas unique, dans les dernières années 30. Ce n'est pas folichon mais c'est un honnête divertissement, l'ouvrage est bien renseigné sur ce que furent les rapports de ce couple de bourgeois culturels, elle continuant de vivre à temps partiel dans l'appartement parisien que son papa lui avait offert, et lui menant sa vie de génie humaniste polygame indélicat, aimant son pays de loin et les femmes à ses pieds.
Et j'ai regardé deux films. D'abord Légendes d'automne, d'Edward Zwick (1994), que j'ai trouvé trop dégoulinant de sirop sentimental et musical, et j'ai coupé au bout d'une demi-heure. D. Puis True grit, des frères Coen (2010). Il paraît que ce fut leur plus grand succès commercial, mais je ne trouve pas que ce soit leur meilleure oeuvre. Ce western m'a paru moyennement captivant et peu crédible. C.

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mercredi 4 juillet 2018

en vacances

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Il y avait quatre policiers, hier, à l'entrée de l'autoroute, au péage de Virsac. L'un d'eux, très jeune, il aurait largement pu être mon fils, m'a arrêté et m'a demandé d'où je venais. - De Pessac, de l'université. - Quelle université? (On lui avait appris à fouiller les réponses, et visiblement je ne lui inspirais pas confiance). - Bordeaux-Montaigne. - Ah, oui, Bordeaux-Montaigne. Et vous allez où? - Chez moi (j'avais envie de lui dire dans mon hacienda, mais je préférais ne pas faire le mariole), vers Saint-Jean d'Angély. Je pars en vacances. - Ah, Saint-Jean d'Angély. Et ça, c'est quoi? (il désignait un bloc de béton entreposé au pied de la banquette arrière). - C'est un bloc de béton. (Je redoutais de devoir lui expliquer que cet objet, récupéré au bord d'une allée du campus, allait rejoindre la belle ligne de grosses pierres avec lesquelles, ces derniers mois, je suis en train de tracer la limite d'un de mes bois, là-haut dans les collines). - Bon, allez-y. Ouf. On ne l'avait pas briefé sur les trafics de gravats. Et il était déjà dans les 3 heures. Comme d'habitude je quittais le boulot dans l'euphorie, et comme d'habitude la déprime s'abattit sur moi dès l'arrivée, en constatant l'anarchie du jardin (des plantes ayant pris une ampleur démesurée, d'autres agonisant à demi carbonisées) et en mesurant ma flemme de ranger mes bagages. Je viens cette fois-ci avec peu de vêtements mais beaucoup de livres. Des livres à vendre, récupérés à droite et à gauche, et des livres à lire ou à consulter (Le Perros de Roudaut, Lexicografía hispano-americana, Ironías, Voyage de la France équinoxiale, Manual de arte prehistórico, Hilfswörterbuch für den Amerikanisten, Une vie ordinaire, El léxico indígena en el español de México, Überseeische Wörter im Französischen, et une Grammaire comparée des dialectes de la famille caribe). D'autres m'attendaient dans le courrier et sur ma table de nuit. Bon, nous avons du pain sur la planche, et nous allons faire ce que nous pouvons. Nous commençâmes par abreuver les plantes, nourrir la chatte et les poissons, effacer les 36 nouveaux appels en absence, et nous accorder une frugale collation. De l'ordre, pas d'affolement.

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mardi 3 juillet 2018

haïku internationaliste

Workers of all lands
Lies are unacceptable
Walk on the wild side

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dimanche 1 juillet 2018

médiathèque john lennon

Mettre le feu à tout ce qui est inflammable, notamment les véhicules automobiles et les bâtiments publics, est une vieille coutume des «quartiers sensibles». L'incendie de bibliothèque n'est qu'un des aspects de cette longue tradition. Il s'inspire de la devise bibliophobe «Boko Haram» («Le livre est interdit»). Dans le dernier cas en date, auquel la médiaterie a réservé un accueil relativement discret, le détail qui me frappe est le nom de l'institution. C'est la «médiathèque John Lennon», qui a été défoncée et incendiée par une voiture-bélier dans la nuit du mardi au mercredi 27 juin, à la Courneuve (Seine-Saint-Denis). John Lennon, auteur de la célèbre ritournelle humaniste «Imagine». «Imagine all the people / Living life in peace», etc. Et quand t'auras fini d'imaginer, reviens faire un tour dans la réalité.

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samedi 30 juin 2018

les bêtes et nous

Alerte info : j'ai été d'accord avec un discours de François Ruffin, son Plaidoyer pour les poules, les vaches, les cochons, prononcé je crois au mois de mai. Il n'est pas un orateur très brillant, mais il a raison sur le fond. Je pense comme lui que les conditions d'existence des animaux d'élevage industriel sont intolérables. Au-delà même de ces horreurs modernes, je trouve qu'il y a quelque chose de désespérant dans le sort des bêtes qui depuis des millénaires, de génération en génération, ne vivent que pour finir en boucherie. Les exploités humains peuvent accéder au degré de conscience nécessaire pour se révolter contre leur condition, mais pas les animaux, qui sont trop bêtes, naturellement. Beaucoup ricanent devant cette question éthique, je la prends au sérieux.

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vendredi 29 juin 2018

résistance

La rigueur devient rare. Il nous manque un Conseil National de la Résistance à la Tentation.

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jeudi 28 juin 2018

animaux & plantes

On réaliserait plus sûrement un index des animaux sculptés sur les façades et les monuments de Bordeaux, que des plantes. Ils sont en général faciles à identifier, tandis qu'elles se résument souvent à de vagues feuillages.

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mercredi 27 juin 2018

dentifrice

dentifrice

Quand je vois la tartine de dentifrice étalée sur la brosse à dents dans les publicités, je me demande ce que cela représente par rapport à la quantité utile. Le quintuple, peut-être.

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mardi 26 juin 2018

tisser du lien social

C'est bête, mais dès que j'entends parler de «tisser du lien social», j'ai envie de donner des coups de pied.

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lundi 25 juin 2018

journal de julio ramón ribeyro

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Je ne lirai peut-être jamais les oeuvres de l'écrivain péruvien Julio Ramón Ribeyro, auteur notamment de nouvelles, mais j'ai lu récemment le deuxième volume de son journal, La tentación del fracaso (la tentation de l'échec, 1960-1974, publié à Lima en 1993, l'année d'avant sa mort), qui m'était arrivé entre les mains. Ce ne sont j'imagine que des extraits de ses carnets. L'on y découvre par certains côtés la caricature de l'intello-latino-gaucho-tiers-mondiste de ces années-là, issu de bonne famille et installé à Paris, hésitant en novembre 64 à s'acheter un «manuel d'économie politique édité à Moscou» et jugeant en décembre 65 que «la véritable aventure à notre époque est la politique révolutionnaire». Il gagne ma sympathie cependant par sa clarté d'expression, parfois par son talent narratif (voir la très drôle relation d'une soirée passée dans les bars et les restaurants en décembre 74), accessoirement par la pitié qu'inspirent ses problèmes de santé (même s'il les a cherchés, ayant la dalle en pente). Curieusement il a l'air de tenir le journal personnel en piètre estime, c'est un «nain maléfique et dévorant» (novembre 60) qui lui fait perdre le temps qu'il devrait consacrer à des formes dont il se fait une plus haute idée, comme le roman, «agglutination de fragments non nécessaires qui forment un tout nécessaire» (septembre 64). Dans une réflexion non datée, placée en 1968 mais qui semble se référer plutôt à l'année suivante, il dit à propos de de Gaulle et des Français que «Pour ne pas avoir toléré un Quichotte, ils se sont condamnés à être gouvernés par une cohorte de Sanchos» (il n'est sans doute pas le seul à avoir comparé le Général et le Chevalier à la triste figure). J'ai bien aimé aussi un aphorisme non daté de 1973, selon lequel «La grande admiration que suscite en nous un écrivain se traduit par le fait qu'il nous impose non seulement la lecture de son oeuvre, mais aussi la lecture de ses lectures préférées».

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dimanche 24 juin 2018

tout va bien

Des nouvelles du monde politique. Aux Etats-Unis, la porte-parole de la Maison Blanche est virée d'un restaurant humaniste, pour la bonne raison qu'elle soutient le président Trump. La gauche américaine affiche ainsi un énième exemple de son intolérance hystérique. En France, le président Macron a une conception de la dignité de sa charge telle, qu'il reprend un morveux l'appelant familièrement Manu, mais peu après célèbre la Fête de la Musique en invitant à se trémousser sur le perron de l'Elysée une clique d'affolés sexuels, autour d'un DJ dont le T-shirt annonce délicatement qu'il est «Fils d'immigrés, noir et pédé» (merci du renseignement). C'est là sans doute un effet de sa pensée «complexe».

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samedi 23 juin 2018

mercedes / mercados

Récemment dans un rêve je me demandais en espagnol «Cuántas mercedes hay?» (combien y a-t-il de grâces). Puis je trouvais la phrase transformée en «Cuántos mercados hay?» (combien de marchés). On se pose parfois de ces questions...

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