Journal documentaire

samedi 25 octobre 2014

Lettre documentaire n° 498

MICHEL OHL DANS LE COURRIER DES LECTEURS DU JOURNAL DOCUMENTAIRE

Je réunis dans cette Lettre des commentaires de Michel à mon blog Journal documentaire. Il ne s'agit pas ici des commentaires qu'il m'a adressés par courrier privé, mais seulement de ceux postés en ligne. Les dates indiquées sont celles des entrées du Journal, auxquelles Michel avait réagi soit le jour même, soit ultérieurement. J'indique aussi les pseudonymes sous lesquels il a signé. (Les lecteurs du blog souhaitant retrouver la version intégrale des entrées peuvent recourir au lien «Toutes les archives»).

 Le 19 novembre 2008, à propos de ma traduction du texte de Crad Kilodney, «Polycarpe, l'homme aux nombreuses carpes» (Ld 441) : «L'histoire de Polycarpe est excellente. Je vous signale incidemment, pour faire un peu l'intéressant, ce personnage du brillant romancier Jean-Pierre Ohl : l'Ecossais Andrew Lockhart, au milieu du XVIe siècle, «fit creuser un bassin» pour y épouser «en secondes noces, à l'âge de quatre-vingt-douze ans, un thon blanc de cent cinquante livres» (Les maîtres de Glenmarkie, Gallimard, 2008).» Signé : Docteur Michou.

Le 30 juin 2009, à propos d'Un chien andalou de Bunuel, dont j'avais dit qu'il était «long d'un quart d'heure à peine» : «Un chien andalou ne dure pas un petit quart d'heure, mais un gros quart d'heure. L'ennui, si l'on veut faire du chien andalou une unité de temps («Rendez-vous chez Juju dans un chien andalou», «Un chien andalou et je suis à toi»), c'est que la durée du film varie selon les sources : 16 ou 17 minutes. Il faudrait s'entendre aussi sur la durée du chien-chien à sa mémère andalou, et de la meute andalouse. DEVOIR DE VACANCES : J'ai vu Un chien andalou il y a 45 ans, au ciné-club «Le Concorde», près du café Montaigne. Sachant que le balai russe est à l'an vulgaire comme la verste au kilomètre, convertissez ces 45 ans en balais russes. Evaluez ensuite, en chiens andalous de 16 mn 30, le temps consacré à ce calcul.» Signé : Chrononos.

Le 19 octobre 2009, comme j'annonçais que j'avais fait imprimer mes traductions de L'Expatriote de LLoyd Dunn et des Rrêves de John Bennett, livres que Michel entendait m'acheter lors d'un prochain rendez-vous : «Aboulerai pèse Dunn Bennett heure et lieu dits à la Saint-Richard. Prévoir marchandise. Pas d'entourloupe!» Signé : Mickey-le-Réglo.

Le 16 janvier 2010, comme je parlais des bienfaits psychologiques du lavage de la vaisselle, il donne cette citation : «Robert Graves m'a dit un jour que la vaisselle était la meilleure aide pour la pensée créative et je crois qu'il a raison.» Agatha Christie, Autobiographie, p 312. Signé : Borgesito.

Le 3 juin 2010, comme j'avais publié l'anagramme «En Saintonge, Songe naît» : «Le bon citoyen d'Anagrammatopolis préfère naturellement la version originale, avec S majuscule à Songe, bien plus fidèle à l'esprit et à la lettre.» Signé : Hector Torche.

Le 3 août 2010, comme j'avais observé que l'on abrège «calvados» en «calva» mais pas «armagnac» en «arma» : «Abréger Armagnac serait un sacrilège car cet alcool divin vous donne le mordant, le GNAC, qui abat tous les obstacles. Vous finissez par mordre la poussière, bien sûr, mais c'est anecdotique.» Signé : Miquéu.

Le 11 août 2010, comme je déplorais que le mot «jungle» doive se prononcer «jongle», à quoi Mathieu P répondait en citant approximativement un passage d'une chanson de Gainsbourg, et en parlant de prononciation méridionale, Michel précisait : «Sans vouloir chercher des poux dans la tête à Mathieu : "Enfonce bien tes ongles /  Et tes doigts délicats / Dans la jungle / De mes cheveux, Lisa."» Signé : Sokolov.

Le 18 octobre 2010, comme j'avais dit que je n'aimais pas les voyages, et que les voyageurs étaient des gens qui ne se trouvaient pas bien chez eux, il apporte ces deux citations : «"Oh! ne quittez jamais le seuil de votre porte! / Mourez dans la maison où votre mère est morte!" A. B. "Je hais mon siècle, étant de ceux qui pensent que le bonheur suprême est de n'avoir jamais à sortir de chez soi, de vivre et de mourir dans la maison de ses ancêtres, de faire tous les jours la même promenade et de veiller sur un jardin." A. C.» [Auguste Brizeux et Albert Caraco] Signé : David Muralla.

Le 21 octobre 2010, comme j'avais signalé que le mot charentais pour «aujourd'hui» est «aneut», c'est-à-dire «cette nuit» : «Et si "aneut" était une variante d'"an'hui" ("en ce jour")?» Signé : Sébastien Naïvo.

Le 8 novembre 2010, comme j'avais rapporté le souvenir bizarre d'un jour où je m'étais coupé les ongles en oubliant ceux des index, cette réflexion (dont j'avoue n'être pas sûr du sens) : «Et si l'assemblage des seules lettres de ce troublant souvenir tapées de l'index donnait la clé de son mystère?» Signé : Julot l'Intuitif.

Le 22 mars 2011, comme j'avais commenté favorablement la biographie de Tourgueniev par Troyat : «Belle occasion de saluer Henri Troyat. Même ses pairs l'ont «expédié» de façon assez odieuse. Je me souviens, dans son livre, du poétique «flûtiste des lettres» de la méchante maman Tourgueniev. Et Ivan avait baptisé son sofa Samoson (autosommeil, qui endort de soi-même»), c'était donc un bon gars.» Signé : Oblomov.

Le 30 mars 2011, comme je m'étais demandé s'il existait des misanthropes de gauche, sur quoi un lecteur proposait Thomas Bernhard : «J'ai lu et relu l'oeuvre admirable de Thomas Bernhard et je ne me suis pas demandé s'il était de gauche, de droite ou d'ailleurs, ses mots vont avec lui à l'abîme, gauch', droit', gauch', droit', repos éternel, misanthrope il l'a été sans doute, mais depuis qu'il est mort (à Ohlsdorf), qu'est-il devenu? il faudrait aller l'exhumer de son cimetière de Vienne, mais c'est très loin et ça ne nous apprendrait pas grand-chose je pense (donc je suis encore : bravo).» Signé : Profil tordu.

Le 10 mai 2011, comme je me moquais d'une affiche proclamant que «Dans libraire, il y a libre», observant qu'il y avait aussi «braire», Michel s'auto-cite : «Libraire : lire et braire de concert (chez l'Ane-Savant, etc.)» Chez le libraire, p. 186. Signé : Lison Juskogla.

Le 17 mai 2011, comme, puisant nonchalamment dans Google Images, j'avais pris une photo de Daudet pour une de Gautier : «En la foto, parece Daudet Alfonso, no?» Signé : Zorro.

Le mercredi 20 juillet 2011, Michel m'ayant demandé d'accuser réception au plus vite quand j'aurais reçu un courrier important, qui devait contenir certain quatrain, par exemple en l'avertissant discréto par un message dans les commentaires de mon blog, je m'exécute justement sous la forme d'un quatrain : «Message privé / Pour aller bon train / La lettre au quatrain / Est bien arrivée». A quoi il répond : «Merci du message! / Ainsi, l'âme en paix, / Tel un enfant sage, / Je m'endormirai.» Signé : Oblomov.

Le 30 juillet 2011, comme je me moquais de la nouvelle manie du métissage, s'étendant à divers domaines : «Côté cuisine je me demande si La Belle Truite Meunière obtenue en mixant La Belle Meunière et La Truite de Schubert serait digeste? J'ai peur que non.» Signé : Joaquim-Michel.

Le 9 septembre 2011, comme j'avais reproduit une fausse pétition envoyée à Sud-Ouest, dans laquelle Michel protestait contre les nouveaux cachets de la poste («Rendez-nous le cachet qui faisait vraiment foi!»), un lecteur s'étant exclamé : «Grandiose!», l'auteur tempère : «N'exagérons rien.» Signé : Papa Julien.

Le 17 novembre 2011, comme j'avais signalé qu'un de mes aïeux s'appelait Chéri Billé, après quoi un lecteur (Frédéric Roux) estimait que ce nom faisait un «joli contrepet», Michel demande : «Lequel?» Signé : Luce Moulinette. [Luce Moulin était je crois une ancienne amie commune des deux personnages]

Le 29 décembre 2011, comme je me demandais si Jacques Mesrine s'était fait aider pour écrire L'instinct de mort : «M'est avis que le malin bonhomme était de taille à l'écrire tout seul. 1977, si je me souviens bien, c'était Lattès, que Mesrine avait menacé d'abattre au fusil à pompe s'il ne lui versait les droits d'auteur… (Lettre en papier non piégée la semaine prochaine.)» Signé : Bravachol.

Le 11 janvier 2012, comme la lecture de Jünger m'avait amené à réfléchir sur les verbes dérivés des noms de couleur : «Jünger est sauf erreur le champion de longévité du Petit Larousse, mais il devance de peu (4 mois) le savant Chevreul (1786-1889), lequel emploie le mot «violeter», donner une teinte violette, dans l'un de ses ouvrages théoriques touchant les couleurs. Ce digne homme étudiait les effets du vieillissement sur le corps humain quand la mort… je n'en dis pas plus.» Signé : Pedanteski.

Le 30 août 2012, comme je déplorais que les jeux paralympiques ne fussent ouverts, me semblait-il, qu'aux handicapés physiques : «Si cela peut te soulager, mon cher, une centaine de handicapés mentaux participent à ces «Paralympiques», en athlé(tisme), nage et tennis de table, je crois même en avoir vu aux JO «normaux», surtout parmi les commentateurs, mais je peux me tromper, je n'ai pas la forme olympique en ce moment.» Signé : Andy Capp.

Le 28 septembre 2012, son oeil de lynx permet à Michel de repérer que j'ai lu en fait dans deux éditions certains textes de Nabokov, dont je parle en n'en citant qu'une : «Page 192 du chapitre VII : "une course de taureaux à Saint-Sébastien, saccadée, clignotante, mais passionnante comme tout", à comparer avec "une corrida, pleine de secousses et de crachin, mais terriblement excitante, à San-Sébastien", version sans doute évoquée dans Nach San Seb. Ce chapitre VII reprend Premier amour, souvenirs plutôt que nouvelles. Souvenirs aussi, Mademoiselle O, chapitre V, écrit en français (recueil éponyme), puis en anglais. La prochaine fois,» [La phrase semble interrompue par un incident technique] Signé : Prof.

Le 27 décembre 2012, alors que je glosais sur la chanson de Hugues Aufray «Le rossignol anglais» et le sens mystérieux de son refrain : «Je la chantais il y a 45 ans, il me faudrait aujourd'hui beaucoup de mignonnettes de liqueur. Delanoë s'amuse à semer ses chansons de bizarreries (Quelque chose et moi), ça reste énigmatique, la fille veut dire «Chante, chante, bel oiseau, tu me racontes des histoires!», mais le galant repart pour de nouvelles aventures, c'est peut-être ça… En tout cas, il va sur ses 83 ans, le rossignol… Meilleurs voeux à lui, et à toi aussi, mon cher. (Et je suis en train de la chantonner en douce…)» Signé : Gioacchino.

Le 9 janvier 2013, à propos de ma traduction du texte de Crad Kilodney, «La pantalon secret de Mahomet» (Ld 490) : «Merci de ce précieux document.» Signé : Nasr Eddin.

Le 15 avril 2013, comme j'évoquais la figure d'Al Ackerman, récemment disparu : «Triste nouvelle… Maître Ling m'a beaucoup marqué. Je me souviens bien de cette critique élogieuse. Et je me demande si les pataphysiciens n'en ont pas parlé, eux aussi, dans leur revue (la comparaison avec Jarry est très judicieuse).» Signé : Un fervent.

Le 23 juillet 2014, comme j'évoquais la livrette juste reçue dans laquelle Michel avait recueilli un choix de citations de Gyula Krúdy, observant que la plupart portaient sur les deux au-delà que sont la mort et les rêves : «Oui, la mort et les rêves. Avec des messagers, peut-être… Merci à toi.» Signé : Ivanovitch.

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vendredi 24 octobre 2014

dernière nouvelles de michou

Je recopie ici la dernière lettre que j'aie reçue de Michel Ohl, postée le 19 juillet :
«Cher Philippe, alors comme ça je ne te connais plus dans cette étrange boutique [voir au 18 VII]. Je viens de lire et il y a beaucoup d'effroi dans ces récits pour moi. J'ai envoyé un Krúdy [voir au 23 VII] à Baudouin (j'espère qu'il demeure tjrs à Sainte-Foy) et je crois bien t'avoir oublié... Pourtant, le Domaine Hongrois te doit pas mal... Ce «choix» date de 2 ans je pense. Sur l'original j'avais mis une photo de Krúdy, et pas de titre, mais celui de Zieg [Gyula Krúdy ou la nostalgie] est très bon, mais il n'aurait pas dû mettre mon nom, enfin on ne va pas se battre au couteau de boucher pour ça! Chalamov, mon cher, j'ai été chamboulé par ses Récits, je les ai tjrs (Verdier), mais je ne les relirai sans doute pas. Je sors de l'hosto car je dégobillai ma pitance, ils pensent que c'est «mécanique», dû à ma position trop allongée. J'ai à présent une prothèse dans l'oesoph', au moins une bonne chose, car je peux avaler eau, café (je brave la contre-indication) et même soupe claire. Joie, joie, pleurs de joie! Ca me rappelle le point final de mes relations avec le CRL, vers 1980 ou 82. Ils m'ont proposé de siéger à une commission pour donner un prix. Ca m'a atterré. J'ai envoyé un télégramme (bel exercice hélas! disparu) au CRL : ACCEPTE SIEGE GROSSE COMMISSION - JOIE JOIE PLEURS DE JOIE. Depuis ils m'ont laissé peinard. Je suis ahuri de tout ce que j'écris ce matin! Il est vrai que j'ai pris un bon remède stimulant. J'ai des calmants assez efficaces aussi. J'aurais pas mal de commentaires pour ton journal, mais je commence à fatiguer. Ton ami est du genre pilier de bar? [voir au 14 VII] comme bibi autrefois. Ah, je le suis encore, en rêve, je fume, je bois, je me cuite, je m'éveille en tombant. Ce qu'un auteur suisse appelait Mr Crab, progresse à une allure d'enterrement! mais je suis bel et bien fait comme un rat (je me dis que c'est le cas de tout le monde). Amitiés. Michel»

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mercredi 22 octobre 2014

souvenir de michel ohl

MichelOhl

C'est un vieil et très cher ami que j'ai perdu ce lundi 20, en la personne de Michel Ohl. Nous nous connaissions, je pense, depuis le milieu des années 80. Je n'ai pas le souvenir précis de notre première rencontre, mais des copains m'assurent que ce fut un soir où il traversait Bordeaux ivre mort, soutenu par deux comparses, et le trio avait fait halte dans la galerie de Rétho, où j'exposais, rue du Chai des Farines. Peut-être ne nous sommes-nous même pas parlé à ce moment. Je dirais que nos relations ont commencé de se lier quelque temps plus tard, une fin d'après-midi où nous nous étions retrouvés, lui, moi et Guy-Marie, probablement chez ce dernier, vers le haut du cours Victor Hugo. Il était encore gris, comme souvent alors. Je me souviens qu'il avait dû passer un coup de téléphone, et s'adressant à quelque secrétaire, il épelait son patronyme en définissant chaque lettre par un nom inhabituel (… L comme Lalo). Nous nous sommes vus dès lors régulièrement, et j'ai quelque gêne à repenser qu'à cette époque j'ai été quelquefois son compagnon d'ivrognerie, y compris en public. Je ne me souviens pas de l'avoir vu dans l'appartement où j'ai passé deux ans rue Saint-Rémi, vers 85-87, mais il a dû y venir car nous nous fréquentions déjà alors, et même dès les derniers temps où j'habitais rue de la Vieille Tour. Je le revois bien, en revanche, j'ai du reste des photos de lui dans le logement de la rue du Mulet, où j'ai vécu de 88 à 92. C'est dans cette période qu'il est entré dans le cycle des graves maladies. Nous nous sommes vus moins souvent dès lors, car par force il a commencé à mener une vie plus retirée. De mon côté aussi c'est dans ces années que j'ai renoncé à la bohème pour me mettre au travail, et je suis devenu moins disponible pour les rencontres. J'allais parfois lui rendre visite chez lui, rue Jean Soula, dont le nom l'amusait. Il se réjouissait de résider au numéro 33 et juste en face du numéro 40, les nombres évoquant pour lui ses chères Landes natales et la Gironde adoptive. Il venait quelquefois me voir rue Sainte-Catherine tôt le matin, avant que j'embauche. Il fumait des Gitanes puis se brossait les dents dans ma cuisine pour tâcher de perdre l'odeur, avant de repartir chez lui. A chaque rencontre nous trafiquions, nous nous prêtions, nous rendions ou nous offrions des livres, des papiers. Nos rencontres se sont encore raréfiées après le tournant du siècle, quand j'ai pris l'exil vers Talence puis Pessac, lui vers Caudéran. Il fut un temps où, comme il était difficile de nous rendre l'un chez l'autre, et qu'il ne fallait pas entrer dans un café, j'avais institué le principe de nous donner rendez-vous dans les églises, qui sont des lieux assez paisibles et de nos jours souvent déserts. Nous nous sommes vus ainsi à Saint-André, à Saint-Ferdinand, à Saint-Louis, peut-être à Saint-Bruno, ou bien cette dernière fut seulement envisagée. L'ambiance caverneuse, parfumée d'encens, n'était pas pour déplaire aux deux drôles de paroissiens devisant à voix basse, assis dans un coin en retrait. Nous nous téléphonions, à l'occasion. Allo cher maître, lui disais-je, pour le flatter et l'amuser, mais aussi parce que c'est ce qu'il était pour moi, une sorte de maître, à tout le moins un conseiller. Sa connaissance du français, son goût sûr, son érudition dans les belles-lettres, pas seulement françaises, m'inspiraient confiance, et je ne manquais pas de le consulter, sur mille questions. Son avis m'importait. Notre mode de contact le plus constant, plus que les rencontres ou le téléphone, a été le courrier. Ses contes bizarres, semés de pépites, mais parfois d'une obscurité décourageante, ne me plaisaient pas toujours, et je leur préférais souvent ses poésies, mais je n'ai rien tant aimé lire que ses lettres, si gracieuses, et finement calligraphiées. Il a aussi laissé dans les coulisses de mon blog, qu'il me faisait l'honneur de lire attentivement, des commentaires bien sentis et bien tournés, toujours sous des pseudonymes différents, et j'aimerais les récupérer avant qu'ils ne se perdent. C'était un drôle de bonhomme, un touche-à-tout, curieux de tout. C'était un amateur de fous littéraires, sans en être vraiment un lui-même, car il n'était pas tout à fait fou, il était plutôt un démon, un lutin littéraire. C'était un pataphysicien, et il m'avait initié aux arcanes de cette secte culturelle, à laquelle j'ai adhéré un temps, puis je m'en suis éloigné. C'était un blagueur, un espiègle, un amateur de canulars et de supercheries, qui avait horreur du sérieux. C'était un dessinateur de talent, et même un cartographe (je lui avais commandé cette belle carte de Ohl-Landes, que j'avais publiée, et que je vois reproduite çà et là sans mention d'origine). C'était un connaisseur de la réaquerie, et il m'en a appris un bout dans ce domaine aussi. Il a été un éditeur, un collagiste, un performeur, même un chanteur, que sais-je encore. C'était un nostalgique inconsolable, fasciné par l'univers de son enfance, horrifié par sa condition de mortel. «Tout est qui finit», avait-il écrit. Voilà qu'aujourd'hui, c'est lui qui n'est plus. Mais il nous laisse des souvenirs.

* Une cérémonie religieuse aura lieu ce jeudi 23 à 14 heures en la chapelle de l'hôpital Saint-André de Bordeaux, suivie de l'inhumation à 16 h 30 au cimetière d'Onesse et Laharie.

* Les pages de ce blog où Michel est publié ou cité : http://journaldoc.canalblog.com/tag/Ohl 

* Sa notice dans Wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Michel_Ohl 

* Les références à Ohl dans mes journaux : 
VIII 1989. IV-V 1990. 6 II, 29 III, 10, 13, 23 IV, 26 VI, 29 VII 1991.
IV 1995. III, V, VIII 1996. V 1997. XII 2000.
III, 8, 10 X, 1 XII 2001.
II 2002.
30 IV, 7 X 2005.
30 I, 27 II, 25 V, 29, 30 VI, 5, 18 XII 2006.
28 II, 24 VI, 7 IX, 6, 18 XII 2007.
17, 26 V, 18 VI, 12 XI 2008. 9 IV, 19 IX, 18 XII 2009.
17 III, 19 VII 2010.

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mardi 21 octobre 2014

cabane et bureau

rondins

Peut-être inspiré par cette interrogation de Mathieu, l'espiègle Yannick retouche sa photo de l'autre jour.
("C'est un peu tiré par les pixels", pondère-t-il).

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lundi 20 octobre 2014

week-end de beau temps

Je n'ai pas de commentaire spécial à faire sur le sujet, mais le fait est si rare que je veux le noter. Moi qui ne cherche pas souvent des champignons, et qui n'en trouve quasiment jamais, je suis entré vendredi matin dans un bois touffu, qui m'inspirait, et où en quelques instants j'ai pu cueillir trois cèpes de belle taille, bien frais et fermes. Ils pesaient à eux trois pas moins de 800 grammes. C'était un jour de chance, car dans l'après-midi, revenant d'une course, je fis encore une incursion dans une lande épineuse, où je tombai aussitôt sur un quatrième spécimen, portant le poids total du butin à près d'un kilo. Mon aide de camp, qui n'a pas les deux pieds dans le même sabot, nous a rangément préparé ces champignons providentiels, avec de l'ail et du persil, en accompagnement d'une petite pièce de boeuf à griller que je nous avais procurée, et que nous arrosâmes d'un frontignan de Haut-Médoc. On ne peut pas toujours se plaindre.
Mais comme il ne faut pas que la vie soit trop belle, je pétai ce jour-là ma xième paire de binocles, qui y perdit un verre, de sorte que pour le restant de la journée je n'ai pu lire que d'un oeil, ce qui est contrariant. Le lendemain matin, à l'Auchan de Biganos, où j'allais acheter une nouvelle paire de lunettes-loupes, j'ai eu la surprise de remarquer un rouge-gorge, qui avait pénétré dans le magasin et sautillait discrètement sur le sol, sous un étalage de légumes (où l'on vendait entre autres des cèpes à 20 euros le kilo, qui n'avaient pas belle mine). J'avais déjà vu quelquefois des oiseaux qui s'étaient introduits dans des supermarchés, mais jamais encore un de cette espèce. Sa présence était d'autant plus troublante que c'est précisément un rouge-gorge, sauf erreur, qui sert d'emblème à la marque.

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jeudi 16 octobre 2014

dialogue inutile

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Encore un fait divers encourageant dans mon quotidien régional préféré. Des «opprimés» de banlieue (ou peut-être un seul, mais dont les semblables se déclarent «solidaires») ont saccagé un bureau dans un «Espace social et d'animation», renversant les meubles et cassant les ordinateurs. Amis contribuables, la facture est pour vous, comme d'habitude. Bien sûr il ne s'agit là ni de délinquance ni de violence gratuite mais d'une «contestation». Il semble que les mécontents contestent de la sorte le recrutement de certains contractuels, qui ne leur a pas plu, et réclament de pouvoir disposer d'une salle pourvue d'un téléviseur et d'un baby-foot. Déjà, vu le niveau intellectuel des revendications, on sent qu'on a affaire à des gars intéressants, sur qui la société peut compter. Naturellement les employés du centre refusent de travailler dans cette ambiance, exercent leur droit de retrait, ferment les locaux et appellent à un «rassemblement solidaire» pour dénoncer «la violence et l'impunité» (il y a eu des précédents, et la municipalité a beau avoir changé de majorité, les amis du bordel s'entendent aussi mal avec la nouvelle qu'avec l'ancienne). Le jour de la manifestation, les opprimés ramènent encore leur fraise et viennent souffler dans le nez des élus, des travailleurs sociaux et des représentants syndicaux. Le maire a-t-il l'audace de considérer qu'il y a eu là un «acte de violence» qui demande réparation, les sophistes en déduisent qu'il «refuse le dialogue»… Personnellement, j'ai surtout l'impression qu'il y a des grands coups de pied au cul qui se perdent. Cette histoire lamentable me fait penser à la sentence de Davila selon laquelle «Quand le dialogue est le seul recours, la situation est perdue».

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mercredi 15 octobre 2014

valérie trierweiler

merci-pour-ce-momentUn copain a eu l'idée de me mailer le livre de Valérie Trierweiler, Merci pour ce moment, sous la forme d'un pdf. J'en ai lu les premières pages, par curiosité, et comme le sujet ne me passionnait pas, je me suis contenté de parcourir le reste. Je comprends que cette dame a subi un mauvais coup, en se faisant tromper puis larguer par son ami président socialiste, et je trouve légitime qu'elle ait éprouvé l'envie d'écrire un texte sur le sujet pour vider son sac, mais j'ai du mal à m'y intéresser, tout d'abord parce que je n'arrive pas bien à m'apitoyer sur le sort d'une personne dont on suppose qu'elle trouvera facilement les moyens de se consoler, surtout maintenant que son best-seller lui a rapporté une fortune. En feuilletant je suis tombé sur une citation que je prélève pour une de mes collections : «Je suis née socialement du côté des plus faibles, de ceux qui comptent chaque euro dépensé.» C'est un préjugé que j'ai perdu avec le peu que j'ai lu de cette confession : je prenais l'auteur pour une bourge de naissance, elle est au contraire d'origine très humble. (Cela dit, je continue de penser qu'être riche n'est pas une faute et qu'être prolo n'est pas une gloire). Je m'étonne rétrospectivement du mouvement de protestation des libraires qui ont refusé de vendre le livre : il n'est peut-être pas extraordinaire mais vaut sans doute mieux que bien des bouses culturelles qui encombrent les étalages. Je soupçonne qu'on lui reprochait surtout le crime de lèse-majesté.

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samedi 11 octobre 2014

le neveu de rameau

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Dernièrement j'ai lu Le neveu de Rameau, déniché sur une étagère de chez mon hôte, dans une vieille édition de poche mal brochée à la colle, dont les feuilles brunies se détachaient à mesure que je les tournais. Les premières pages m'ont enchanté, vraiment, puis le charme est retombé et je me suis un peu forcé pour terminer. J'aime bien la forme générale du texte, un dialogue entre «Moi» (l'auteur) et «Lui» (un original déclassé), j'aime le ton et les jolies tournures de l'époque, les aperçus de la vie concrète que les propos laissent entrevoir. Mais sur le fond, les sujets de la conversation, je n'ai pas été emballé. On cherche en vain des Lumières dans ces discussions fumeuses, où l'on s'emploie autant que possible à relativiser la vertu, à chercher des excuses au vice, ou à disserter obscurément sur l'essence de la musique. Le philosophe se dit partagé entre l'admiration et la pitié à l'égard de son interlocuteur, qui pour ma part m'inspirait plutôt de l'impatience. Il paraît que Diderot a travaillé plus de dix ans (à temps partiel, naturellement) sur cette petite oeuvre d'une centaine de pages, en effet très ouvragée, et restée longtemps inédite : elle était absente des premières Oeuvres complètes publiées et a d'abord paru en allemand, dans une traduction de Goethe, d'après un manuscrit depuis lors perdu, si bien qu'on l'a connue en français dans un premier temps par une retraduction depuis l'allemand, avant qu'un bibliophile, à la fin du XIXe siècle, ne découvre une copie du texte original. Ces circonstances font aussi partie du charme que l'on peut trouver à l'ouvrage.

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vendredi 10 octobre 2014

avril à pessac

 

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Une photo de moi, prise le même jour que la boîte à sucre, à la mi-avril, par le même photographe.

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jeudi 9 octobre 2014

cabane et canot

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Il y a de cela une vingtaine d'années, une amie m'avait laissé m'approprier une boîte en fer qu'elle ne tenait pas à conserver, une boîte à sucre qui fleurait les années soixante. Dernièrement, le métal commençant à s'oxyder, j'ai voulu photographier le principal attrait que présente à mes yeux cet objet : l'image du couvercle, un paysage de rochers au bord de l'eau, avec cabane et canot, sur fond de pins. En l'absence de légende (et de toute signature ou autre marque) on hésite à situer les lieux, qui peuvent faire songer à la Scandinavie, ou à l'Amérique. Comme je n'obtenais pas de résultat satisfaisant (mes photos étaient floues, ou mal cadrées, ou voilées de reflets), un ami expert en la matière, monsieur Y. L., a bien voulu se charger du cliché, un beau jour de printemps. Il en a tiré l'excellent résultat que je présente ci-dessus. A l'occasion de la prise de vue, j'ai remarqué un détail auquel jusqu'alors je n'avais pas prêté attention : la présence d'un minuscule signe un peu au-dessus de la coque du canot. Le photographe a pu en réaliser un agrandissement. C'est en fait une inscription, dont les éléments sont disposés en forme de bonhomme, et qui servait peut-être de tatouage, marquant discrètement la propriété du document. J'y lis LF DOW CO USA. En me renseignant à l'époque, j'avais trouvé trace d'un ou deux livres publiés par une certaine maison L. F. Dow & Co. Peut-être possédait-elle aussi des droits de reproduction d'illustrations.En tout cas ce détail confirme que la localisation est plutôt américaine.

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mardi 7 octobre 2014

la vie des animaux

J'admire quelquefois la vie des animaux, mais le plus souvent, même quand je suis bien aise de les contempler, je me dis que je n'aimerais vraiment pas être à leur place, être par exemple une de ces hirondelles ou de ces chauves-souris qui volent en faisant des ronds et des huit, la gueule grand ouverte pour gober des insectes.

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lundi 6 octobre 2014

c'est du lourdes

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A Lourdes, des amis ont prié Notre-Dame pour moi, qui en ai grand besoin.
Qu'ils en soient ici remerciés.

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samedi 4 octobre 2014

garden archaeology

A tout hasard, je reproduis ici cette annonce que j'ai passée sur le Bon Coin :
http://www.leboncoin.fr/collection/714292850.htm 

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vendredi 3 octobre 2014

Ld

Je ne sais plus quel prof nous avait indiqué la pas mauvaise idée de conserver dans un répertoire les renseignements de quelque intérêt, que nous venions à recueillir, et qui fussent assez brefs pour tenir sur une ligne : définition de mots rares, distinguos, faux amis, règles, étymologies, quelques références littéraires, iconographiques ou musicales, sigles etc. Au fil du temps j'ai plusieurs fois délaissé puis repris ce bon carnet de poche, un Clairefontaine inusable. Depuis un an ou deux il est rentré en grâce, et je l'ai inclus dans le nécessaire qui me suit dans les déplacements de ma vie errante. Dernièrement je me suis amusé à le relire en entier, de A à Z. Que de redécouvertes, meu Deus, que de détails complètement oubliés, que j'avais pourtant bien dû savoir à un moment ou à un autre. En cours de route, je suis tombé sur une étymologie de nom propre, qui paraissait moyennement convaincante, et que j'avais fait suivre des deux lettres LD. Depuis longtemps ces initiales sont pour moi celles de mes chères Lettres documentaires, mais en l'occurrence cela me surprenait un peu, car je n'avais pas le souvenir d'avoir jamais évoqué l'étymologie en question dans aucun de mes bulletins. Or en continuant de lire, j'ai encore trouvé d'autres mentions du même type, suivies des mêmes initiales, et j'ai enfin réalisé que ces bizarres explications de noms provenaient en fait de la Légende dorée, que j'avais d'ailleurs lue et fréquentée longtemps avant de concevoir ma collection de Lettres. La confusion m'a amusé, et la coïncidence m'a assez plu. En effet, me dis-je, si je considère le sens original de ce beau titre médiéval, désignant un ensemble de textes précieux (dorés) et qu'il importe de lire (Legenda), que sont donc mes Lettres documentaires, du moins à mes yeux, sinon ma petite Légende dorée personnelle. Leur contenu est du même type : quelques enseignements initiatiques, ou édifiants, semés de naïvetés…

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jeudi 2 octobre 2014

au-dessus

Au-dessus du parking où les opprimés braillent, dérivent lentement les étoiles du ciel.

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mercredi 1 octobre 2014

PhB

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Je ne sais pas encore bien à quoi il pourrait m'être utile, mais je suis assez content d'être tombé sur ce logotype semblant formé de mes initiales, en fait celles de la collection "Philosophischen Bibliothek", aperçues l'autre jour dans un vieux livre sans date des éditions Felix Meiner, de Leipzig.

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mardi 30 septembre 2014

vieille photo de bernie & me

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Retrouvée récemment parmi les papiers de ma mère, cette photo de moi et mon copain Bernard, photo que je n'avais peut-être jamais vue, dont je n'avais en tout cas aucun souvenir, prise il y a des lustres (huit, exactement) on ne sait où ni par qui, ni qui est le troisième personnage.

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lundi 29 septembre 2014

gavage

Une mère-poule obèse, qui gave de cochonneries ses énormes lardons : une mère-truie.

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vendredi 26 septembre 2014

la vie cachée de fidel castro

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J'ai lu dernièrement (ou «G lu», comme on écrit maintenant) La vie cachée de Fidel Castro, signée d'un certain Juan Reinaldo Sánchez, qui fut son garde du corps (et co-signée par le journaliste Axel Gyldén, qui j'imagine s'est chargé de la mise en forme). Le sous-titre de couverture, de cet ouvrage paru cette année chez Michel Lafon, exagère quelque peu (mais c'est de bonne guerre) en parlant de «révélations explosives», car à vrai dire on n'y apprend rien de très surprenant, mais il est tout de même instructif, et intéressant à lire. D'origine modeste et âgé de dix ans seulement au moment de la révolution cubaine (janvier 1959), Sánchez s'est révélé assez tôt doué pour le sport, la discipline militaire et le maniement des armes à feu, de sorte qu'il a pu intégrer les forces de sécurité et y a si bien progressé qu'il s'est retrouvé être l'un des gardes du corps les plus proches du roi socialiste. Il était en outre chargé de besognes secondaires, comme de tenir à jour les carnets où étaient consignés tous les faits et gestes (y compris les marques et les millésimes de toute les bouteilles de vin ouvertes), de seconder le chef d'état dans ses parties de pêche sous-marine, ou d'enregistrer en secret ses conversations officielles ou officieuses, de sorte qu'il est en effet très bien placé pour parler de ce que fut l'existence réelle de son ancien patron. Il peut ainsi décrire assez en détail l'emplacement, l'agencement et le fonctionnement de différentes résidences de Castro (notamment celle de Punto Cero à La Havane et l'îlot récréatif de Cayo Piedra), et des lieux réservés à la nomenklatura nationale et internationale. La relation comporte aussi des anecdotes concernant quelques grandes figures de la gauche latino-américaine, comme Lula, García Márquez ou Daniel Ortega, et des vues sur certains épisodes de l'histoire du castrisme, comme la crise de Mariel ou le procès Ochoa. L'auteur raconte aussi un peu sa propre histoire. En 1994, après 25 ans bons et loyaux services auprès de Fidel, dont 17 au sein de son escorte, il est subitement renvoyé, probablement du fait que sa fille s'étant expatriée à Caracas pour se marier à un Vénézuélien, et son frère s'étant exilé en Floride, il est devenu malgré tout un suspect. Refusant les postes de remplacement qu'on lui propose, il demande à être mis à la retraite. Cela ne lui est pas accordé, et bientôt on l'arrête et on l'accuse d'être un traître à la patrie. Il est emprisonné pendant deux ans, puis occupe divers emplois et fait plusieurs tentatives pour s'exiler, avant d'y parvenir en 2008. On imagine qu'il éprouve quelque amertume après ce mauvais traitement, mais cela ne le conduit pas aux outrances et il parle sur un ton mesuré, sans cracher sur Castro, lui reconnaissant des qualités, semblant même par moments lui conserver de la sympathie. D'après ce qu'il en dit, Castro n'a pas vécu dans un luxe extravagant mais dans un luxe pépère, simplement la belle vie, très éloignée des privations et du rationnement qui sont le lot de ses sujets.

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jeudi 25 septembre 2014

réflexions sur l'actualité

Le Jihad : faire la guerre comme des porcs.

J'aimerais entendre des humanistes m'expliquer qu'eu égard à la "dignité humaine", les égorgeurs de Hervé Gourdel ne méritent pas le poteau.

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