Journal documentaire

mercredi 16 avril 2014

souvenir de crad kilodney

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Une page Facebook, rédigée par son amie Lorette Luzajic, a fait savoir que Crad Kilodney nous a quittés lundi dernier le 14 avril, à l'âge de 65 ou 66 ans (je sais qu'il était né en 1948, sans plus de précision). Pour moi la triste nouvelle n'était pas une surprise, l'intéressé m'ayant averti, dans les derniers mois de l'année passée, que ses jours étaient comptés, et qu'il attendait la mort avec sérénité. Je dois avouer qu'au début je n'avais pas voulu y croire, pensant ou espérant que ce n'était encore qu'un de ces coups de bluff dont il était capable. Mais il a fallu admettre que le cancer des sinus, dont il avait déjà souffert dans le passé, lui faisait de nouveau une guerre sans merci. 

J'étais entré en contact avec Crad par mail en 1988, peu après avoir découvert ses textes par hasard, ou par une sorte de nécessité, en errant de lien en lien sur le net. Très vite certaines de ses pages m'avaient assez plu pour que j'envisage d'en publier des traductions dans mon blog, et je lui avais écrit pour lui en demander la permission. Souvent dans mon esprit j'ai associé son personnage à celui de Jim Goad, un autre néo-réac satirique nord-américain, dont j'avais connu les écrits l'année précédente, par le net également. Mais autant Goad, dont j'estime le talent, s'est révélé dans les relations comme une insupportable tête à claques, autant je me suis bien entendu dès le départ avec ce bon Crad, un ami subtil et souriant. Au fil du temps j'ai traduit une vingtaine de ses textes. Assez tôt j'ai songé au projet d'un livre. J'ai heureusement renoncé à l'idée d'une auto-édition, qui me serait sans doute restée sur les bras. Finalement Mercure a bien voulu que je m'entende avec un éditeur, le Dilettante, qui m'a fait traduire et a publié en 2012 la série de faux reportages sur les Villes bigrement exotiques.

Une fois j'ai acheté l'un des livres de Crad, d'occasion sur Abebooks, Putrid Scum, un récit autobiographique, beau mais plutôt triste, racontant l'époque où il vendait ses livres dans la rue. Lui-même m'a offert deux excellents recueils, dont Excrement, qui m'a donné l'occasion d'un remerciement plaisant, l'assurant que j'avais bien trouvé son Excrement dans ma boîte à lettres.

Je n'ai jamais rencontré Crad Kilodney en personne. Je me rappelle avoir une fois évoqué la possibilité qu'il vienne passer quelques jours dans mon hacienda. Il avait doucement décliné, arguant de ce que je le trouverais vite insupportable. Nous n'avons jamais communiqué que par e-mail, et il m'envoyait en outre chaque année, pour Noël, une lettre en papier qu'il faisait l'effort d'écrire en français, un français agrémenté de ces fautes délicieuses que seuls les étrangers savent faire, et en général il se fatiguait avant la fin et terminait en anglais.

Je ne sais plus quand j'ai appris que Crad Kilodney n'était pas son vrai nom, mais un pseudonyme inventé. Comme il avait l'air de tenir au secret, je n'ai pas cherché à en savoir plus, mais si j'avais eu l'occasion de m'entretenir avec lui de vive voix, je lui aurais demandé où il avait pris ce nom bizarre, d'allure écossaise, et par ailleurs rigoureusement inexistant. Plus d'une fois je me suis dit que la trouvaille, datant d'avant internet, était d'autant plus appréciable aujourd'hui, où toutes les réponses des moteurs de recherche renvoient au seul et même personnage sans homonyme. Lui-même étant d'origine grecque devait porter en réalité un patronyme grec. J'aurais aussi aimé mieux comprendre ses mystérieux mauvais rapports avec sa famille. Né à New York, dans le quartier de Jamaica (qui n'a rien à voir avec la Jamaïque), c'est semble-t-il pour s'éloigner des siens qu'il s'était exilé à Toronto.

Bien que ses écrits soient ceux d'un humoriste, il me donnait souvent l'impression de quelqu'un de très seul, et mélancolique. Il avait suivi des études d'astronomie et son type d'intelligence scientifique se ressent dans son goût pour les énigmes de logique, et certains thèmes. Malgré quoi il avait aussi des conceptions mystiques, la croyance dans un au-delà, une autre dimension, la réincarnation. Souvent, dès ses premiers messages et jusque dans les derniers, il m'a fait part de sa conviction que des forces divines sont à l'oeuvre («divine forces are at work»), leur attribuant par exemple notre rencontre improbable. Et dans le fond, qui sait? J'aimerais qu'il y ait là du vrai, que nous puissions en quelque sorte rester en contact. Keep in touch, dear Crad.

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Quelques liens :

- vers tout ce qui concerne Kilodney dans le présent blog.

- vers un stock de textes de Crad, Dead man talking.

- vers ses textes récents, New writings.

- vers un site à lui consacré par Lorette Luzajic.

- vers l'article de Wikipedia.

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samedi 12 avril 2014

marquet & marquet

Je cherche à savoir s'il existe une parenté entre l'ancien maire de Bordeaux Adrien Marquet (1884-1955) et le peintre né dans la même ville Albert Marquet (1875-1947). Quelqu'un a une idée de ça?

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vendredi 11 avril 2014

taubira

Christiane Taubira est tellement parfaite, qu'on devrait peut-être la transférer au Panthéon sans plus attendre.

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jeudi 10 avril 2014

impression

Certaines oeuvres d'art me paraissaient vraiment moches quand j'avais vingt ans, et quand je les revois aujourd'hui, elles me font exactement la même impression, mais alors sans l'ombre d'un doute.

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mercredi 9 avril 2014

haiku

Guantanamera
Take a walk on the wild side
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mardi 8 avril 2014

chantage dans le sud-ouest

logo_sud_ouestIl y avait dans Sud Ouest vendredi dernier le 4 avril, le compte rendu d'un curieux procès fait à un monsieur de 75 ans, inconnu des services, ancien conseiller financier dans une grande banque et zélé militant du Parti communiste et de la CGT, accusé d'avoir essayé de faire chanter une riche nonagénaire de sa connaissance, une ancienne cliente dont il avait été jadis fort proche. Il l'a menacée par lettre anonyme, si elle ne versait 20.000 euros, de révéler publiquement que son mari, durant la guerre, avait été collabo, «ce qui lui avait permis de bénéficier de biens spoliés à des familles juives». Pas impressionnée, la vieille dame a aussitôt porté plainte et la police a bientôt confondu le maître chanteur, qui a d'abord nié les faits, puis les a reconnus mais en prétendant avoir agi sous la menace d'hommes mystérieux et surtout introuvables. La défense de l'accusé était assurée par une avocate parisienne, qui a lourdement insisté sur le passé militant de son client, arguant qu'un homme animé de telles convictions ne pouvait être coupable de chantage. Pardi : comme il ne s'est jamais vu qu'un communiste, ni un syndicaliste, ne pouvait être en même temps une belle fripouille, voilà bien un argument-massue, et il valait le coup de venir de Paris pour l'asséner. Relisant cet article distrayant, je remarque certains traits caractéristiques du journalisme d'aujourd'hui et de sa conception de l'information : par exemple on se donne la peine de bien citer en toutes lettres le nom et même le prénom de la présidente du tribunal, ainsi que ceux du procureur de la République et ceux de l'avocate de la défense, mais on prend surtout grand soin de ne nommer à aucun moment le peu glorieux fauteur : il ne faudrait surtout pas lui faire honte.

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lundi 7 avril 2014

more Eno

En cherchant dans des documents numériques, je trouve le nom d'Eno caché dans bENOît et dans simENOn, dans grENOble et dans buENOs aires ...

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dimanche 6 avril 2014

journal de brian eno

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Brian Eno affirme avoir tenté plusieurs fois de tenir un journal personnel, sans jamais réussir à mener l'entreprise au-delà du 6 janvier, mais il y est enfin parvenu tout au long de l'année 1995. L'ouvrage, intitulé A year with swollen appendices : Brian Eno's diary, a paru dès l'année suivante, puis a été traduit en 1998 sous le titre Une année aux appendices gonflés : Journal. C'est un fort volume, de près de cinq cents pages, dans lequel le journal à proprement parler est suivi des «appendices» en question, une quarantaine d'essais sur différents sujets artistiques et culturels, écrits la même année. Ce livre m'a été offert voilà quelques mois par un ami qui le possédait et n'en faisait pas grand chose, et j'étais curieux de le lire parce que j'aime bien les journaux, et surtout parce que je suis fan du musicien Eno. A vrai dire je n'ai pas trouvé dans ces pages autant que j'en espérais, il s'est avéré que bien des aspects de la vie familiale, professionnelle ou mondaine de l'auteur ne m'intéressaient pas beaucoup. Mais j'évoquerai ici quelques uns des points qui ont retenu mon attention.

Il y a dans les premières pages, sous le titre «Les gens», une présentation par ordre alphabétique des personnages les plus récurrents, les proches de l'auteur, sa femme, ses deux petites filles (3 et 5 ans), une fille plus âgée née d'une première union, des artistes, principalement Bowie et des membres de U2, etc.

Eno fait un bel éloge d'un livre qu'il a lu en avion, livre dans lequel «on a envie de souligner chaque phrase afin d'y revenir et de la savourer de nouveau» (10 janvier). J'aime à la fois l'exagération du propos, et le choix du soulignement de phrase comme symbole du plaisir de lecture.

Oh, comme souvent il y a là pas mal de phrases que j'ai moi-même soulignées pour le plaisir de m'y reporter, mais dont je ne parlerai pas ici parce que je n'ai rien de spécial à en dire.

Bowie, qui ne m'avait jamais fait rire, m'amuse beaucoup par la révélation intempestive faite à Julian Schnabel (rapportée le 11 janvier) : comme le peintre lui déclare adorer la musique d'Eno, Bowie lui signale sans ménagement qu'Eno, lui, n'aime pas ses tableaux.

Il y a au 10 juin une liste courte mais intéressante de «Gens que je connais qui sont morts», et au 9 août une autre, répondant à une des «stratégies obliques» dont l'auteur est familier : «Fais la liste de tout ce que tu es». Cela commence donc par «Je suis» : «un mammifère, un père, un Européen, un hétérosexuel …» Parmi la trentaine de réponses se glisse «un masturbateur», qui amuse. Cette liste est reproduite au dos de la couverture. Eno évoque de nouveau la manipulation le 24 septembre en la définissant comme le fait de «se raccrocher à la seule chose à quoi on puisse se fier».

Il prend des vacances au Cap-Ferret du 12 au 21 août et il y revient du 19 au 25 septembre. Il cite peu d'endroits précis mais on a quelques reflets de pinèdes et de grandes plages, quelques échos de taxis et de restaurants. Ces pages raniment ma méditation rituelle sur les moments où mon trajet existentiel et celui d'une de mes icônes ont pu s'approcher, ou se croiser. J'y trouve aussi deux citations pour ma collection de phrases sur Bordeaux. Le 19 août Eno compare différents vins, et semble préférer les bourgognes aux bordeaux.

Il boit un peu de sa propre pisse, le 26 août. C'est le genre d'expérience qui ne me viendrait jamais à l'idée, je n'ai pas la joie du pipi.

Il évoque le 3 septembre la notion des «problèmes mineurs insolubles», qui me plaît. Il donne l'exemple d'une petite dette envers une étrangère, jamais réglée depuis douze ans, mais il y en a de toute sorte. 

Il retranscrit le lendemain la réflexion la plus drôle du livre, un bon mot de sa fille. Elle affirme avoir compté jusqu'à un milliard. Eno lui répond qu'il ne la croit pas, qu'il faudrait trop de temps. Embarrassée, la petite explique : «En fait, je suis passée directement de 59 à un milliard».

Le 22 septembre il s'amuse à calculer son âge en jours (17.398) et celui de quelques proches. Du coup je m'interroge sur le mien. J'ai la flemme de faire le calcul précis mais je sais que j'ai maintenant vécu plus de 20.000 jours. Je commence à savoir comment ça se passe.

Le 5 octobre, il se demande pourquoi certains étrons flottent. Un médecin m'avait dit que c'étaient ceux qui contenaient du gras, signe que l'organisme éliminait bien. Je ne sais pas si c'est vrai, mais comme la question est assez dégoûtante, je n'essaierai pas d'en savoir plus.

Deux jours plus tard, il donne une de ses nombreuses interviews, celle-ci au magazine Country Life. Voilà un numéro que j'aimerais avoir.

Je remarque dans la traduction, au 30 octobre, cet alexandrin de hasard : «Je veux passer du temps sur mon propre travail».

Le 5 novembre, Eno entend une Mexicaine déclarer à la radio que «par la nourriture, la femme pénètre le corps de l'homme». Je ne sais au juste ce dont elle parle, mais je pense à l'impulsion nourricière que l'on observe souvent chez les personnes du sexe, le penchant «Action contre la faim» de la psychologie féminine.

Parmi les essais réunis en fin de volume, il y en a deux sur le genre de musique dont Eno a été le pionnier : «Ambient music» et «Musique générative». Autant je suis insensible à ses premières musiques, dans le style rock ou pop, autant j'admire certains de ses «paysages sonores», au premier rang desquels des oeuvres comme Thursday afternoon, Discreet music, ou la première Music for airports (mais pas les trois autres), ainsi que d'autres compositions plus brèves.

Il y a des passages captivants dans une certaine «Lettre à Petra», où il rapporte ce qu'il a appris sur des objets égyptiens anciens, vus dans la réserve d'un musée : un chat embaumé, comme les Anglais du XIXe siècle en avaient importé des milliers à seule fin de les broyer pour en faire de l'engrais, de grandes sculptures en granite noir qui avaient servi de ballast le temps d'un voyage et avaient été jetées à l'arrivée dans les champs autour du port de Plymouth, un «petit siège de bois comme on pourrait en trouver aujourd'hui chez Ikéa»...

Il y a une discussion sur «la canonisation de Basquiat». Eno «aime beaucoup» les oeuvres de ce peintre et les défend contre les attaques d'un critique qui les juge «infantiles et simplistes», avis que je partage. Mais il reconnaît, si je comprends bien, que Basquiat a surtout eu le talent d'incarner un certain esprit du temps.

Dans les toutes dernières pages figure une courte notice autobiographique, où je pêche encore une phrase pour ma collection de citations en «Je suis né».

J'ai quand même tiré quelque profit, de cet ouvrage.

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samedi 5 avril 2014

cinquante-huit tweets

Je me demande quand, quel gorille de la préhistoire a, pour la toute première fois, eu l'idée d'attacher les mains d'un prisonnier.

Cinquante-huit tweets.

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dimanche 30 mars 2014

politicien

Celui qui fait de la mécanique est un mécanicien, celui qui fait de l'informatique est un informaticien, etc, et celui qui fait de la politique devrait être un politicien, mais l'expression péjorative «politique politicienne» a si bien pollué le mot, que beaucoup n'osent plus s'en servir et ne recourent plus qu'à la périphrase «homme politique», qui est lourdette.

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samedi 29 mars 2014

usages du monde

staffe

La «baronne» Staffe, de son vrai nom Blanche Soyer, était baronne comme je suis évêque, mais elle avait bien mieux que moi le talent de séduire un vaste lectorat, et son best-seller Usages du  monde : Règles de savoir-vivre dans la société moderne, paru en 1889, en était dix ans plus tard à la 131ème réédition, et a encore été repris en «Texto» de poche par Tallandier en 2007. J'ai parcouru sans beaucoup d'entrain cet ouvrage «moderne» en son temps et aujourd'hui trop démodé pour être utile, sur la plupart des questions abordées. Peu soucieux d'aller au bal, encore moins de me fiancer ou de me marier, je me fous un peu des protocoles, je donne indifféremment le bras droit ou le gauche à la dame qui veut mon bras, pourvu qu'elle soit propre, je monte et descends l'escalier sans me soucier d'être devant ou derrière elle, et je ne veux pas savoir quand il convient de me ganter ou de me déganter, mon bon sens et mon bon goût suffisent à de telles décisions. Sur certains points, comme sur le respect dû à un ennemi mort, ou le maintien décent dont on doit faire preuve dans toute enceinte religieuse, «fût-on athée», je suis bien d'accord avec la baronne, mais je n'avais pas besoin de ses conseils pour penser de même. J'apprécie le libéralisme dont elle sait faire preuve en admettant qu'il est possible de dire «hein?» «de la plus jolie façon», et que «les visites intimes se mesurent sur le plus ou moins de sympathie, d'amitié : elles échappent aux règles» (je crois entendre ici Davila estimant que «Entre amis seulement, il n'y a pas de rangs»). Je souris à ses remarques sur les importuns qui ont l'indélicatesse de vous rendre visite en compagnie de leurs enfants ou de leurs chiens, qui n'a connu ce désagrément? J'aime assez les pages pleines de discernement qu'elle consacre aux devoirs des maîtres envers les serviteurs, ou au portrait du «véritable gentleman». Celui-ci, observe-t-elle, quand il songe à accorder son amitié, «ne se laisse jamais guider par l'engouement ou le caprice, il étudie (d'abord) celui vers qui la sympathie l'attire». Voilà un avis que l'on devrait plus souvent méditer, dans les réseaux sociaux ou ailleurs...

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vendredi 28 mars 2014

points communs

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On pourrait à première vue les juger contraires et pourtant, à regarder de plus près, que de points communs entre ces deux patriotes sincères, ces deux nationalistes en uniforme, ces deux rebelles providentiels, ces deux conquérants du pouvoir par le fusil, ces deux dictateurs à vie, ces deux ennemis du pluralisme, ces deux succédanés de rois, ces deux austères Galiciens, Franco et Castro, le généralissime et le leader maxime!

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jeudi 27 mars 2014

mort-bois

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Le week-end dernier, j'ai passé quelques heures à essayer de raffermir mes idées sur la question embrouillée de savoir distinguer sans trop hésiter une demi-douzaine d'espèces d'arbustes de nos bois : le Cornouiller sanguin et le Cornouiller mâle, le Nerprun purgatif et la Bourdaine, la Viorne lantane et la Viorne obier. Parmi eux jusqu'à présent seuls le sanguin et la lantane me sont assez familiers pour que je les reconnaisse au premier coup d'oeil (il faut dire que ces deux, j'en ai acclimaté un spécimen de chaque dans mon jardin, depuis des années). J'ai fouillé dans mes guides à la recherche de critères, qui ne manquent pas. Toutes ces plantes ont des rameaux opposés, sauf ceux de la Bourdaine, qui sont alternes. Toutes ont des feuilles entières, sauf la Viorne obier, qui les a lobées. Toutes sont hermaphrodites, sauf le Nerprun, qui est dioïque, ce qui d'ailleurs ne se voit guère. Tous leurs fruits sont des drupes (j'apprends à cette occasion la distinction entre les deux types de fruits charnus simples : la drupe contenant un noyau, et la baie contenant des pépins) mais des drupes plus ou moins grosses ou menues, plus ou moins rondes ou oblongues, certaines rouges, certaines noires, d'autres encore passant du rouge au noir au fil de la saison. Je m'y perds un peu. Sur une feuille de papier, j'ai rassemblé en un tableau toutes les données que j'avais recueillies. Cela n'est pas mal, mais où la ranger? Où que ce soit, je ne l'aurai sûrement pas sous la main quand je serai sur le terrain. Et comment l'intituler? Je pensais à Mort-bois, par quoi je croyais que l'on désigne toutes les sortes de petits arbres dont les pros n'ont cure, car on n'en tire guère de bonnes bûches, mais en me renseignant je vois que ce n'est pas certain, et que le sens de l'expression varie d'une source à l'autre. Il y a comme ça des moments où rien ne paraît assuré.

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mardi 25 mars 2014

index de mon journal

ursa192Dernièrement j'ai consacré une bonne part de mon temps libre à perfectionner l'index de mon Journal documentaire. L'index dont je disposais jusqu'alors ne couvrait que la période 2002-2007, il s'étend maintenant depuis mes premiers carnets de la fin des années 80, jusqu'à 2013 inclus (le voici : journal_index). J'avais depuis longtemps besoin, en tout cas envie, d'un tel instrument, je suis satisfait de m'être enfin acquitté de cette corvée. Cet index ne présente pas la commodité d'un index habituel placé en fin d'ouvrage : il forme un fichier séparé du texte, lui-même formé de différents fichiers, par années ou périodes. Et en l'absence d'une édition canonique, il ne renvoie pas à de simples numéros de page mais à des dates. Il rend cependant un service précis, et j'espère assez fiable. C'est à la fois un index des noms de personnes, de lieux, et de choses ou de notions. Les noms de personnes en général sont entrés au patronyme, suivi de l'initiale du prénom. A l'inverse la plupart des proches, désignés par leur seul prénom dans le texte, sont entrés dans l'index au prénom suivi du patronyme. Je me suis amusé ici et là à rendre explicite l'identité de certaines personnes, qui ne sont évoquées dans le journal que par des allusions voilées. Par exemple... Non, je ne vais pas citer d'exemple. Pour ce qui est des choses et des notions, j'ai résolu comme je pouvais la question de savoir lesquelles faire apparaître ou pas dans cet index. Je me suis aperçu que j'avais tendance à formuler certaines entrées au pluriel, et que cela pouvait créer un problème d'ordre pour les mots les plus brefs (ainsi Pic au singulier vient avant Picasso, mais au pluriel après, de même pour Vol ou Vols...). Pour éviter d'alourdir, je me suis contenté de relevés sélectifs sur certains sujets récurrents (par exemple pour Arbres, Bois, Cinéma, Courrier, Oiseaux, Vitraux etc). En revanche j'ai tâché d'être exhaustif sur certains de mes dadas (Alexandrins, Anagrammes, Michelin, Orion, les deux Ourses, etc). Ce travail d'indexation m'a permis de constater que certains sujets revenaient dans mes journaux plus souvent que je n'aurais cru (comme la Chanson, le Dessin ou la Peine de mort). Je regrette de ne pas avoir été plus complet sur des thèmes comme mes souvenirs d'Enfance, ou l'évocation de Mystères, mais enfin il se peut que j'y revienne, vu que je suis un de mes sujets d'étude favoris. L'entrée la plus chargée est celle du Rêve. Je me suis dit qu'il y aurait peut-être là matière à former un petit volume sur le sujet, que je pourrais proposer à mon éditeur, si toutefois j'en avais un, mais ce n'est hélas pas le cas. Enfin je noterai qu'à l'occasion de ce travail, les recherches par voie informatique m'ont permis de repérer quelques jolies inclusions : ainsi trouve-t-on l'Ourse à la bourse, aux courses, et jusque dans yourself. Et je n'aurais jamais cherché RTL au coeur de Portland...

(On peut retrouver cet index, mes journaux et d'autres documents sur ma page d'Archives).

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samedi 22 mars 2014

musica

L'autre soir je cherchais sur le net des musiques de nègres, qui me rappelassent les joies d'antan. J'avais le souvenir de bribes, de refrains, dont j'avais de tout temps ignoré l'interprète. Vive la vida, mira que se va y no vuelve ... Guantanamo, aqui va mi son ... Hoy te dedico mis mejores pregones ... Cuarenta que son uno ... Je visitais mentalement les Caraïbes : Puerto Rico, Cuba, Jamaïque, Haïti... Finalement la meilleure retrouvaille fut peut-être le Con zapatos des improbables Vikings de la Guadeloupe.

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vendredi 21 mars 2014

intermittents

Je serais pour la déportation massive des intermittents du spectacle. En Antarctique, si possible.

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dimanche 16 mars 2014

tous ensemble

Les nouvelles qui rassurent dans le journal (suite), comme avant-hier dans Sud-Ouest (page 16) : des voleurs roumains jugés à Bordeaux avaient «été déjà condamnés par les tribunaux à Angoulême, Strasbourg, Tours, Metz...» à des peines visiblement pas très dissuasives.

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mercredi 12 mars 2014

suel debout

sueldeboutUn nouveau livre de Lucien Suel, Je suis debout, venant de sortir à La Table Ronde, rassemble des poésies parues ces vingt dernières années dans divers périodiques et recueils, ainsi que quelques inédits. On y trouve un grand choix de formes, allant des plus lâches, comme la prose poétique, aux plus soutenues, comme le sonnet, avec sans doute aussi des recettes dont le secret m'échappe, des aphorismes extravagants, des pas si absurdes que ça, et de menues formettes que je prise toujours, comme le haiku 5-7-5 ou l'alexandrin isolé. J'y retrouve l'excellent "Léon et Lucien" ("Je suis mort et je pue. Cher Léon, c'est Lucien / J'arrive de très loin, je veux un peu de vin") qui m'avait tellement plu, à l'époque, que je l'avais impatiemment republié dans une Lettre documentaire (313) contrevenant à ma règle de l'inédit, alors qu'il avait déjà paru ailleurs et plutôt deux fois qu'une. J'aime beaucoup les sonnets, celui à Bukowski ("Hé! Monsieur Bukowski, écris-moi un poème! ... - Oh, Suel, tu es un vieux dégueulasse toi-même!") et ceux formés par accumulation d'éléments sur un thème (noms de monnaies, noms de gares, ingrédients de soupe), les pièces pyramidales sur les terrils, les "Haikus de l'été", l' "Ambulant panthéon" (hommage en huit vers à huit poètes et mystiques nomades), les parodies de Rimbaud ("Qu'on sonne", "L'Eternit") ...
Ce "Je suis debout"
le dernier recueil de Suel
ne me déplaît pas.

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mardi 11 mars 2014

ça faisait longtemps

photo

Des lecteurs s'impatientent, de ce que je n'ai pas hissé les couleurs depuis longtemps, et m'envoient des photos, piquées je ne sais où, avec du bbr plus ou moins planqué, plus ou moins dans l'ordre...

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lundi 10 mars 2014

Hier matin j'ai rêvé que Gomez Davila aurait dit, bizarrement en anglais, "We need to live in islands" (Il nous faut vivre dans des îles).

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