vendredi 3 juillet 2009
Fred-Zizi

FRED-ZIZI
(Lettre à Bibi Lolo du 30 décembre 2008)
D'Onesse à Kinshasa, d'Omsk à Ouzou-Tizi,
On grimpe au septièm' ciel en buvant Fred-Zizi!
On boit, et ça nous laisse un goût d' revenez-y,
Et l'on reboit encore et toujours Fred-Zizi!
De New York à Pouillon, d'Oslo à Brindisi,
Serein l'homme est par la vertu de Fred-Zizi!
Lors, pour rabibocher l'anar et le nazi,
Benoît XVI et Castro, Vill'pin et Sarkozy,
Un seul truc, un seul nom : Fred-Zizi! Fred-Zizi!
Et pour qu' Bibi Lolo booste un peu son "zizi" :
Fred-Zizi! Fred-Zizi! Fred-Zizi! Fred-Zizi!
Et demain quand un louf à coups d' marteau nous zi-
Gouillera : pas d' paniqu'! l' très-bon Dieu sans hési-
Ter nous ressuscit'ra pour qu'on r'boiv' Fred-Zizi!
--- par Alfred de Muzy (27650)
alias Michel Ohl.
Texte paru dans l'EdeN n° 3059
(Qu'Ohl Lection n° 64).
Courtesy Pierre Ziegelmeyer.
jeudi 2 juillet 2009
Ambre solaire
Une belle vue de la plage, prise par Yannick Lavigne le jour de l'été, depuis son aéroplane.
mardi 30 juin 2009
Le cinéma de A à E
Films vus en juin :
Le bal des maudits, d’Edward Dmytryk (1958). Le destin croisé de trois hommes, pendant la deuxième Guerre mondiale. Un film qui se regarde sans ennui, mais en ricanant un peu par moments. Il y a, du moins dans la version française, cette bizarrerie des dialogues dans lesquels les locuteurs allemands jettent du ach, du Herr et du ja wohl à tout bout de phrase, pour que l’on comprenne bien à quel point ils sont étranges, tandis qu’Américains et Français sont dispensés de ces simagrées. Le personnage joué par Montgomery Clift me paraît trop appuyé, il est si juif, si injustement brimé, et en même temps si loyal, si courageux, si dévoué, si formidable en somme, que cela finit par faire beaucoup. En contrepoint le rôle de Dean Martin est à la fois plus ingrat et plus subtil, avec son mélange de droiture et de lâcheté, d’aisance et de gaucherie. Quant à Marlon Brando, entre sa beauté physique, la gravité de sa composition et l’élégance de l’uniforme allemand, il ne manque pas d’allure. C.
Un chien andalou, de Luis Buñuel (1928). J’étais curieux de voir ce petit film poétique, long d’un quart d’heure à peine, et j’ai été un peu déçu. Il y a bien sûr l’image très forte de l’œil coupé, mais qui n’est pas à proprement parler belle, et le reste est loin à la traîne. C’est un petit essai de surréalisme désordonné, destiné surtout à choquer par le mauvais goût et l’absurdité, ce à quoi il est tout à fait parvenu. Il a été réalisé par deux jeunes fils à papa bourrés d’énergie et aux dents longues, Dali et Buñuel, prêts à tout pour se faire remarquer. Comme toujours, c’est chez les bourges que l’idéologie anti-bourgeoise s’exprime le plus vivement. Dali a par ailleurs montré sans peine, dans le reste de son œuvre, qu’il avait vraiment du génie. Buñuel, qui était beaucoup plus lourd, a eu plus de mal. D.
El, de Luis Buñuel (1952). Cette histoire de folie m’a assez plu, j’aime bien les deux acteurs principaux, les truquages simples mais saisissants de quand le protagoniste a une crise de paranoïa dans l’église, la fin énigmatique. C.
La vie criminelle d'Archibald de la Cruz, de Luis Buñuel (1955). J’ai bien aimé l’entrée spacieuse de la maison d’Archibald, façon patio, avec une grosse porte en bois et de grands pots de plantes vertes, et son atelier de potier chic. Sinon, cette histoire à dormir debout ne m’a pas passionné. Le film a grande réputation car on y met en scène des fariboles d’inspiration psychanalytique, ce qui est un mérite discutable. La scène de la «mise à mort» du mannequin montre des images fortes plutôt que belles. D.
jeudi 25 juin 2009
Lettre documentaire 466
VOICI LES PROVERBES DE L’ECUYER
qu’a donnés le bienheureux maître Raymond Lulle
(théologien majorquin, v 1235-1315)
dans son Livre des mille proverbes
1. Si tu veux te réjouir, aie un bon écuyer.
2. Change d’écuyer jusqu’à ce que tu en trouves un bon.
3. Tu n’as besoin de personne aussi souvent, que de ton écuyer.
4. Ne réprimande pas brutalement l’écuyer.
5. Que ton écuyer soit animé par l’amour, la crainte et l’humilité.
6. Donne à ton écuyer ce que tu lui as promis.
7. Le meilleur ami que tu puisses avoir, c’est un bon écuyer.
8. Nul ne donne autant de tracas, qu’un mauvais écuyer.
9. Ne te fie pas trop à un écuyer qui aime les belles parures.
10. L’écuyer négligent, il n’est pas ton ami.
11. Ne te fie pas à un écuyer, qui sourit plus à ta femme qu’à toi.
12. L’écuyer qui rit quand tu le reprends, il ne t’aime pas.
13. Renvoie l’écuyer qui n’admet pas d’être corrigé.
14. Aucun écuyer ne peut servir un seigneur, s’il ne l’aime.
15. Aime chez ton écuyer la vérité et la loyauté, plus que la prestance et la beauté.
16. L’écuyer qui trompe son voisin, il trompe ta maison.
17. Un écuyer cancanier et médisant n’est pas loyal.
18. L’écuyer sans vergogne, n’est pas bon.
19. Ne prolonge pas ta conversation avec l’écuyer.
20. Ne ris pas souvent, avec ton écuyer.
Page remarquée en feuilletant une édition de poche de son Libro del orden de caballería, Bs As : Espasa-Calpe (colección Austral) 1949. Traduction française Ph Billé.
mercredi 24 juin 2009
ANAGRAMMES CELINIENNES
Cueillir Annie fend dos
Cul de la nonne fier sidi
Fidélis redonna un ciel
Indocile Deus infernal
Le nord casuel indéfini
Lili nue sardine fondue
Louis-Ferdinand Céline
Sel défini donc lunaire
S’enfuir loin d’une laide
Un Dali dore neuf iliens
lundi 22 juin 2009
Le double sens du mot économie (gestion et rigueur) est à remarquer. De même celui du mot fortune (chance et richesse). Mais le premier souligne ce que la prospérité doit à l’effort, le second ce qu’elle a d’aléatoire.
jeudi 18 juin 2009
Je suis en ce moment à la recherche d’un éditeur qui veuille faire fortune en publiant un recueil des nouvelles du légendaire Crad Kilodney, que j’ai traduites. Si l’un de mes quarante mille lecteurs avait cela dans ses relations, qu’il m’en avise. Pour mémoire, je rappelle que l’essentiel des traductions et autres documents relatifs à cet écrivain américain, exilé au Canada, se trouve ici et là. Il existe aussi un article dans Wiki et des dépôts de textes originaux ici et là.
mercredi 17 juin 2009
Un cèdre
Les nouvelles pommes d'un vieux cèdre, sur le campus la semaine dernière.
mardi 16 juin 2009
Mémo
Il y a quelques années, quand j’ai dû étudier la zoologie avec quelque sérieux, il m’a fallu apprendre à maîtriser cette hiérarchie : le royaume animal est divisé en embranchements, les embranchements en classes, les classes en ordres, les ordres en familles, les familles en genres et les genres en espèces. Il peut y avoir aussi des sous-espèces, également dites variétés ou races, et des catégories intermédiaires, comme des sous-ordres ou des super-familles, mais tel est le schéma de base. Ainsi l’homme par exemple est un animal appartenant à l’embranchement des vertébrés, à la classe des mammifères, à l’ordre des primates, à la famille des hominidés, au genre Homo, et à l’espèce sapiens (on désigne une espèce par son double nom générique et spécifique, en l’occurrence Homo sapiens). Ce principe de classification m’est devenu si familier avec l’usage, que je ne l’ai toujours pas oublié, alors que depuis des années je ne touche plus beaucoup à ces matières. J’y repensais au début du mois en lisant, dans les réponses à une question du site Ask MetaFilter sur les acronymes mnémotechniques, toute une série de formules destinées à aider les apprentis biologistes à retenir ces termes de classement. Ce sont des phrases formées d’une suite de mots reprenant les initiales KPCOFGS (pour Kingdom, Phylum, Class, Order, Family, Genus, Species) et la plupart mettent en scène un certain roi Philippe, qui m’amuse, du genre : «King Philip Called Out Fifty Good Soldiers» (Le roi Philippe a appelé 50 bons soldats), «King Philip Came Over From Germany Sick» (Le roi Philippe est rentré d’Allemagne malade), «King Philip Came Over From Great Spain» (Le roi Philippe est revenu de Grande Espagne), «King Philip Came Over For Good Spaghetti» (Le roi Philippe est venu pour de bons spaghettis) ou encore «King Philip Comes Over For Great Sex» que je me garderai de traduire!
{Les amateurs consulteront dans la marge de ce blog, sous l’intitulé Ask, un lien vers la section Writing and Language du site.}
lundi 15 juin 2009
Pépite popu
Il n’y a sans doute pas de zone du langage si triviale, que l’on ne puisse y déceler un alexandrin ici ou là. Je viens de remarquer celui-ci, qui n’aurait pu exister il y a quelques années, et qui n’aura plus de sens dans quelques autres, mais qui en attendant a un certain succès : «Prix d’un appel local depuis un poste fixe».
jeudi 11 juin 2009
Sociologie
J’ai relevé dans le Sud Ouest d’avant-hier un entrefilet rapportant que : «Une femme de 33 ans a été interpellée dimanche matin vers 11 heures en gare Saint-Jean. Elle avait demandé une cigarette à une passante et, face à son refus, lui avait arraché son sac à main. Après l’avoir arrêtée, les policiers se sont rendu compte que la mise en cause avait commis, deux heures auparavant, un cambriolage chez un couple de personnes âgées de Pessac. Elle avait également été interpellée quelques jours plus tôt pour des violences.» L’article ne précise pas quels exploits la furieuse avait à son actif au-delà de ces «quelques jours». La nouvelle fait sourire, car il est inhabituel qu’une dame soit l’auteur de tels agissements. Par contre il est de moins en moins inhabituel que des malfaiteurs s’avèrent être des récidivistes «bien connus des services» pour la bonne raison qu’ils ont déjà été pris, parfois des dizaines de fois, et donc autant de fois libérés. Il semble ainsi que la principale activité des agents, à part «interpeller» des malfaiteurs, consiste à les relâcher. On avait déjà remarqué que la mission de la police en France n’est plus d’assurer la sécurité des citoyens. On en vient à se demander dans quelle mesure elle n’est pas d’assurer précisément leur insécurité.
mardi 9 juin 2009
Portrait de moi au stylo feutre, sur couverture d'agenda, par François Robert, dans les années 80. Cette oeuvre est actuellement exposée dans le couloir d'entrée de mon hacienda.
lundi 8 juin 2009
«Je ne suis pas tombé de la dernière pluie». Il m’épate soudain de songer qu’une expression aussi banale peut avoir la perfection d’un alexandrin. Mais il est vrai qu’en général on la traite en octosyllabe, tout de suite plus vulgaire : «Chsuis pas tombé dla dernièr’ pluie».
dimanche 7 juin 2009
Teplice
Charmante vue sur une carte postale germanophone datée 1940, trouvée dans une brocante. Peinture? signée illisible, 1929. Légende : Bad Teplitz-Schönau, Kollostuktürmchen im Schlossgarten. Pour autant que je comprenne l'énoncé, il s'agit d'une petite tour dans le parc du château, dans la station thermale de Teplice-Sanov, dans le nord de la République tchèque.
samedi 6 juin 2009
Discreto 14
Discréto n° 14, divers, Marabouteries, Mai 2009. 8 pages A6.
vendredi 5 juin 2009
persigne
La banalisation des «piercings» n’a pas réussi à m’y rendre indifférent. Ils me «font tort», comme on dit par chez moi, c’est-à-dire qu’ils me mettent mal à l’aise. Je ne les trouve ni utiles, ni beaux, ni sains, ni attirants de quelque façon. Ils m’inquiètent vaguement et je me demande toujours, comment peut-on être percé?
jeudi 4 juin 2009
Esthétique de l'altitude
Deux vues aériennes, par Yannick Lavigne, de la place des Quinconces envahie de supporters,
mercredi 3 juin 2009
Sur Vélasquez
J’ai quand même eu le temps de lire Vélasquez le siècle d’or, un petit album paru en 1994 aux éditions Herscher, présentant 38 reproductions de tableaux du maître, chacune avec un commentaire. Le talent évident ne suffit pas à rendre attirantes des oeuvres, qui dans l’ensemble me laissent froid. Je ne condamne pas l’inspiration courtisane de la plupart des peintures, mais les modèles ne me séduisent pas, je trouve à ces grands nobles un air encore plus ennuyeux qu’aux bouffons grotesques. Le protecteur Philippe IV a une bonne tête, mais le pauvre n’était pas aussi gâté par la nature que par la fortune. Le pire à mes yeux sont les portraits équestres, vraiment ridicules, d’éminents personnages. Accessoirement, les renseignements sociaux contenus dans les explications ne sont pas pour renforcer ma sympathie : tel prince étant cardinal dès l’âge de 10 ans, tel autre portant à 6 ans les insignes de général, il n’y a rien là qui porte à la nostalgie. Je suis sensible à quelques beaux visages d’humbles, comme celui du Marchand d’eau de Séville, ou celui du gamin qui assiste la Vieille femme faisant frire des œufs. Le portrait qui éveille le plus ma curiosité est celui de Juan de Pareja, l’esclave maure de Vélasquez, peint en 1650 (voir photo ci-dessous). Il paraît que son maître l’a affranchi la même année, mais qu’il est resté volontairement à son service quatre ans encore, avant de s’établir à son propre compte, lui aussi comme peintre. Cet attachement me plaît. Que n’ai-je moi-même un serviteur fidèle, à qui je confierais mes saisies et mes scans, maquettes et tirages. Si en plus il pouvait me faire un peu de ménage, ça serait parfait.
mardi 2 juin 2009
Le cinéma de A à E
Films vus en mai :
* Angélique marquise des Anges, de Bernard Borderie (1964). Ce n’est pas du cinéma génial, mais divertissant. C.
* Merveilleuse Angélique, de Bernard Borderie (1965). En tout cas, c’était pas du cinéma de rappeur. C.
* Angélique et le Roy, de Bernard Borderie (1966). Et cette Michèle Mercier, quelle vitalité! C.
* Dune, de David Lynch (1984). Je n’ai pas réussi à m’intéresser à ce film bien fait, mais fait plutôt pour les adolescents, je pense. Je me suis demandé par moments combien de fois la réalisation de tels décors avait coûté plus cher, qu’il ne me faudrait pour rénover correctement ma maison à La Croix. J'ai coupé avant la fin, je finissais par m’ennuyer. C.
vendredi 29 mai 2009
Devoir et patrie
«La connaissance de la patrie est le fondement de toute véritable instruction civique.
On se plaint continuellement que nos enfants ne connaissent pas assez leur pays : s’ils le connaissaient mieux, dit-on avec raison, ils l’aimeraient encore davantage et pourraient encore mieux le servir. Mais nos maîtres savent combien il est difficile de donner à l’enfant l’idée nette de la patrie, ou même simplement de son territoire et de ses ressources. La patrie ne représente pour l’écolier qu’une chose abstraite à laquelle, plus souvent qu’on ne croit, il peut rester étranger pendant une assez longue période de la vie. Pour frapper son esprit, il faut lui rendre la patrie visible et vivante. Dans ce but, nous avons essayé de mettre à profit l’intérêt que les enfants portent aux récits de voyages. En leur racontant le voyage courageux de deux jeunes Lorrains à travers la France entière, nous avons voulu la leur faire pour ainsi dire voir et toucher ; nous avons voulu leur montrer comment chacun des fils de la mère commune arrive à tirer profit des richesses de sa contrée et comment il sait, aux endroits même où le sol est pauvre, le forcer par son industrie à produire le plus possible.
En même temps, ce récit place sous les yeux de l’enfant tous les devoirs en exemples, car les jeunes héros que nous y avons mis en scène ne parcourent pas la France en simples promeneurs désintéressés : ils ont des devoirs sérieux à remplir et des risques à courir. En les suivant le long de leur chemin, les écoliers sont initiés peu à peu à la vie pratique et à l’instruction civique en même temps qu’à la morale : ils acquièrent des notions usuelles sur l’économie industrielle et commerciale, sur l’agriculture, sur les principales sciences et leurs applications. Ils apprennent aussi, à propos des diverses provinces, les vies les plus intéressantes des grands hommes qu’elles ont vus naître : chaque invention faite par les hommes illustres, chaque progrès accompli grâce à eux devient pour l’enfant un exemple, une sorte de morale en action d’un nouveau genre, qui prend plus d’intérêt en se mêlant à la description des lieux mêmes où les grands hommes sont nés.
En groupant ainsi toutes les connaissances morales et civiques autour de l’idée de la France, nous avons voulu présenter aux enfants la patrie sous ses traits les plus nobles, et la leur montrer grande par l’honneur, par le travail, par le respect profond du devoir et de la justice.»
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Préface à : Le tour de la France par deux enfants : devoir et patrie, livre de lecture courante avec 212 gravures instructives pour les leçons de choses et 19 cartes géographiques, par G Bruno. (Paris : Librairie classique Eugène Belin, 1877, réédition 1990).








