Journal documentaire

mercredi 30 juillet 2014

chronique estivale (mes aventures palpiteuses)

Unknown

Petite journée que celle d'hier, où le principal événement fut le départ de ma garde du corps et de l'âme, que les devoirs sociaux appellaient ailleurs, me rendant à la solitude. Qui plus est, ce jour et la veille, l'excellent infirmier se faisait remplacer par un sien collègue, d'un genre plus rustique et expéditif, qui me plaisait moins. Je suis incapable de dire ce que j'ai fait de mes heures. (C'est sans doute aussi bien).

Grande journée en revanche que celle d'aujourd'hui, avec retour du soigneur insigne, remplacement providentiel d'un capuchon de stylo perdu, e-mails avenants, temps relativement divin, si l'on peut dire, et surtout venue de Wyn, le jardinier gallois et occasionnellement bûcheron, qui s'est arrêté devant le portail à 9 h 25. Il était venu comme je préférais, sans sa remorque ni son fils. Nous montâmes bûcher à Volebière pour une séance qui dura deux heures et demie. C'était très bien. Entre les chênes morts dont je savais l'emplacement par coeur, ceux que j'avais signalés au ruban fluo pour être plus sûr de les retrouver, et ceux que j'avais oubliés mais que nous découvrions à mesure, il a bien dû en couper une vingtaine. Sauf oubli possible, les deux seuls que nous ayons laissés sont placés au milieu de ronciers que je n'ai pas pris le temps d'éclaircir, et j'ai décidé de les laisser pour une autre fois. Wyn a fait comme annoncé des bûches d'un mètre, mais un mètre variable, qui faisait à vue d'oeil parfois soixante-dix centimètres et parfois cent-vingt. Cependant à la fin, comme il restait du carburant dans la tronçonneuse, il a utilisé le reste du troisième plein d'essence à recouper en deux toutes les bûches qu'il pouvait, jusqu'à ce que la machine tombe en panne. Ce n'est pas un expert mais c'est un travailleur, prudent et avisé. Le seul accident a été qu'en faisant un mouvement brusque, je me suis bien râpé le tibia gauche contre une souche. J'ai passé l'après-midi à dormir et à ranger des affaires, puis je suis retourné ce soir faire un tour dans le bois, et j'en ai rapporté un premier chargement dans ma voiture sale.

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lundi 28 juillet 2014

chronique estivale (à l'île de ré)

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Nous voulions sacrifier ce jour à une petite tradition entre nous, d'aller au moins une fois dans la saison sur une des îles de la côte. Les quatre îles charentaises ont de nos jours un moyen d'accès différent : l'île d'Aix seule requiert encore d'y aller en bateau, l'île Madame est accessible par la passée découverte à marée basse, Oléron par un pont gratuit, Ré par un pont payant en été. Nous avons choisi cette dernière option, malgré le prix quelque peu élevé du péage (le passage dune voiture de tourisme est à seize euros, ce qui est plus rentable si l'on y va pour trois semaines que pour la journée), qui en revanche nous garantissait plus ou moins de pouvoir rentrer en échappant aux embouteillages, inévitables à Oléron.

Après un crochet par Saint-Jean pour y échanger mon fichu peignoir, nous sommes donc partis avec le but minimal d'aller déjeuner sur l'île de Ré. Pour cela nous cherchions plus ou moins à retrouver certain restaurant qui nous avait laissé bonne impression, où nous avions mangé une fois avec l'ami Rosuel, mais nous ne savons plus dans quel village. Nous avions déjà tenté d'y retourner, en vain, et ce ne fut pas encore le cas cette fois-ci. Songeant aux communes les plus lointaines, nous sommes passés à Saint Clément des Baleines, et finalement, une fois aux Portes en Ré, nous y sommes restés, pour un menu copieux de jambon, melon, entrecôte et pommes frites. Les Portes sont un village charmant, aux ruelles joliment fleuries et flanquées de murs blancs, avec ce que cela implique d'afflux touristique.

Sur le retour nous avons fait une halte pour nous tremper les pieds en marchant dans les flaques d'eau tiède et très claire d'une écluse, au pied du phare des Baleines. C'est une sorte de vaste enclos marin, séparé de la pleine mer par une longue digue de pierre en forme de demi-cercle, assez basse pour laisser passer l'eau de la marée haute, qui remplit de nouveau l'espace.

Je voulais aussi profiter de l'occasion pour avancer jusque dans la presqu'île de Loix et y visiter l'église Sainte-Catherine, la seule de l'île dont je n'avais pas encore pu voir les vitraux, l'ayant trouvée close les fois précédentes. Loix en Ré est un village très bizarrement labyrinthique et nous avons dû en faire peut-être deux fois le tour avant de réussir à nous approcher du centre. Il a dû régner dans le coin une méchante ambiance anti-religieuse, si l'on en juge aux inscriptions «RF» et «Liberté, Egalité, Fraternité» ostensiblement gravées au-dessus de la porte d'entrée de l'église. J'ai trouvé l'intérieur sans grand charme, plutôt ingrat. Les quelque vingt-cinq vitraux, répartis entre les bas-côtés et la claire-voie, sont presque tous du vingtième siècle, à ce qu'il m'a semblé, et la plupart sont clairement légendés, mais je n'y ai guère distingué de millésime, sauf un incertain. Ils m'ont paru provenir de différents auteurs, mais la seule signature apparente était celle d'un verrier local, Aramis Pentecôte, né paraît-il en 1887, dont je n'avais jusqu'alors vu le nom indiqué que comme restaurateur des vitraux de Moragne.

C'était une journée de temps moyen, ni très beau, ni très mauvais, couvert par moments, pour moi préférable au grand beau temps assommant. Nous avons circulé sans problème, n'était l'afflux parfois oppressant des troupeaux de cyclistes, qui ont tendance à en prendre à leur aise. J'ai été frappé du nombre de panneaux priant de ne pas appuyer les vélos sur les murs. Je me suis amusé à noter au passage ici et là des noms de rues qui m'intriguaient, j'en ai gardé cette douzaine : Rue du Peu Robin, Rue du Petit Sergent, Rue d'Angleterre, Petite rue des Sables, Rue des Poules, Ruelle des Rentiers, Impasse de la Boguette, Impasse de l'Amer, Rue de la Haute Taille, Rue du Peulx, Impasse du Carrefour, Rue du Passage.

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dimanche 27 juillet 2014

chronique estivale (brocante à prissé-la-charrière)

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Le temps s'y prêtant, car ce dernier dimanche de juillet était le premier où l'on soit assuré qu'il ne pleuve pas, j'avais décidé de ne pas manquer l'occasion d'aller vendre à la brocante de la Charrière. Comme elle est de plus en plus courue, et immense, et qu'il est de plus en plus difficile de s'y trouver une place dans la partie historique, où l'on bénéficie de l'ombre fournie par de grands arbres, j'avais prévu de me lever à cinq heures et de m'y rendre dès que je serais prêt. De fait je m'éveillai à trois heures et demie et, après avoir tenté en vain de retrouver le sommeil, je me levai à quatre heures et fus sur place à cinq. Le parc était déjà bondé. Je trouvai par miracle à installer mes cinq mètres de tables sur une bande de gazon restée déserte, à un angle d'allées fort bien situé, au pied d'un grand if qui me donna de l'ombre presque toute la journée. C'était bien joué, mais moins par habileté que par chance. A vrai dire je me sens un peu moins courageux chaque année pour pratiquer ce sport, mais enfin j'y trouve quand même quelque charme, et puis mes revenus réguliers ne sont pas tels que je doive négliger de leur apporter un complément par ce biais. Evidemment ce genre de petit commerce fatigant et peu rentable est intéressant surtout pour quelqu'un comme moi, aux habitudes frugales, pour qui un sou est un sou. Je mesurais naguère tout ce qui peut séparer ma condition de celle d'un trentenaire comme Otto, le fils aîné de Bruno, dont celui-ci me racontait l'autre jour qu'il gagne si bien sa vie en jouant au poker, qu'il pouvait se permettre de prendre des vacances, récemment, était-ce à Chypre ou dans quelque autre île de la Méditerranée, dans un établissement où le seul petit-déjeuner coûtait 70 euros. Ce chiffre m'est resté en mémoire, et j'y ai repensé assez souvent pour m'en servir maintenant comme d'une unité de compte : l'équivalent petit-déj-Otto. En attendant, la journée ne s'est pas mal passée. Mon aide de camp m'a rejoint en fin de matinée. Elle apportait les restes des trois pizzas, et a passé le reste du temps à jouer à la marchande en ma compagnie. Il y avait non loin ce couple étrange, qui est de toutes les brocantes, formé d'un homme d'allure primitive, aux yeux petits et aux mâchoires énormes, mal assorti d'une assez jolie blonde. J'ai eu le plaisir de retrouver, pour la troisième ou quatrième fois, un horticulteur d'Ensigné, avec qui nous discutons d'arbres. C'est un botaniste chevronné, qui sait nommer les plantes par le nom latin et connaît bien la chimie des sols. Il y a toujours, parmi le flot de clientèle populaire, deux ou trois dandys intellos friqués, qui m'achètent les meilleurs livres. J'avais apporté cette fois parmi mes caisses, une qui ne contenait que des ouvrages en anglais, et j'ai pu en vendre plusieurs, tant le lectorat potentiel reste abondant dans la contrée. Favorisé par Mercure, j'ai réussi à écouler une assez bonne quantité de livres, de bibelots et d'ustensiles (vase, plats, capsules, monnaies, cartes postales, boîte à oeufs, calendriers, disques, coquetier, spatule, faisselles, tournevis, carafe, balle de tennis!, catadioptres, scie, couette, ciseaux, vieilles clés rouillées, etc) pour gagner, sauf erreur, quelque chose comme 139,20 euros. Pas mal : presque deux équivalents petit-déj-Otto. Et le soir nous dînâmes de côtes barbecuites, avec salade de saison.

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samedi 26 juillet 2014

chronique estivale (samson, courses, pizzas)

Entre ce jour et la veille, mon infirmier a exprimé de mon kyste paraît-il des quantités considérables d'humeurs. Il exerce avec ses pouces de telles pressions autour du bouton, que j'en ai la chair mâchée comme s'il m'avait porté des coups. Ce n'est pas en vain qu'il descend de Samson, mais il me donne l'impression de faire ce qu'il faut. Il vint aujourd'hui tôt le matin et en fin d'après-midi, nous laissant libre une journée que nous consacrâmes en grande partie à des courses. J'emmenai D voir à Tout-y-Faut l'atypique maison que quelqu'un fait construire, formée de murs sans toit mais abritée sous une énorme serre à triple pignon. Nous fûmes acheter au charcutier Noiraud, dans sa camionnette installée sur la place de Villeneuve, un gros grillon qui fut l'essentiel de notre repas de midi, et nous prîmes encore quelques vivres à la nouvelle boucherie-charcuterie de Loulay, qui ne nous fit pas grande impression. L'après-midi nous hantâmes divers établissements des zones commerciales de Saint-Jean, dont Gamm Vert où, profitant des soldes, j'achetai à mi-prix un T-shirt à motif de chasse, d'un beau vert foncé, décoré à gauche de deux petites têtes de sanglier, malgré les réticences de ma camarade à qui cette beauferie ne plaisait qu'à moitié. J'eus moins de chance à Leclerc, où voulant remplacer un de mes peignoirs qui tombe en lambeaux, j'en achetai un d'un beau gris foncé, mais agrafé de sorte que je ne pouvais l'essayer sur place, et une fois rentré j'ai dû constater qu'il m'est bien trop grand, de sorte qu'il faudra encore y retourner pour demander à le changer contre un autre. Le soir nous fûmes acheter des pizzas au relais avec Véro, si abondantes qu'aucun de nous trois ne put finir la sienne. Auparavant j'avais pris le temps de charger ma voiture de tout ce que je pouvais emporter à vendre le lendemain à la brocante prisée de Prissé la Charrière.

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vendredi 25 juillet 2014

chronique estivale (infirmier, orient)

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J'ai passé la matinée à ranger la maison, à ciseler mon troène et à danser d'un pied sur l'autre en attendant mes nouveaux visiteurs. Madame est arrivée peu avant midi, et mon infirmier peu après. Cet homme est chargé de revenir une ou deux fois par jour ces prochains jours pour s'occuper de mon bouton rebelle, le nettoyer, le presser, en extraire toute la saleté qui veut bien en sortir, et le panser. Il m'a fait la meilleure impression par sa politesse, son sérieux et son efficacité. Surtout, il a estimé que si ces opérations donnaient un résultat satisfaisant, la chirurgie ne serait pas requise. Cet excellent jugement m'a rendu le soigneur décidément sympathique. Il s'appelle Sainson, et je lui ai demandé si ce nom était une variante de Samson. Il m'a dit qu'en effet ses ancêtres se nommaient ainsi, mais que le M d'origine s'était transformé en IN par suite d'une erreur d'écriture. Cela m'a fait penser à un copain du temps de la petite école dont le patronyme, était-ce Haeim? avait été modifié par une faute d'orthographe, et au nom du lieu-dit où se trouve mon bois de Dordogne, Sansou, dans lequel j'avais d'abord voulu voir un Saint-Sol ou Saint-Soleil, qui m'aurait bien plu, mais qui ne serait aussi qu'une variante de Samson.

Je lis sur le net des nouvelles qui font froid dans le dos, touchant les persécutions anti-chrétiennes au Proche Orient, qui ne font pas la une des gros médias. Il semble qu'au championnat du monde d'arriération musulmane, l'Etat Islamique en Iraq et au Levant (EIIL) ait largement pris la tête.

Notre repas de midi fut un austère casse-croûte avec saucisson à l'ail, rosette, rillettes et melon, celui du soir plus civilisé, avec grillade de saucisses aux herbes, et salade de haricots verts du jardin de Taussat.

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jeudi 24 juillet 2014

chronique estivale (dromadaire, iule, kyste, troène)

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Je me suis réveillé ce matin sur le rêve que je parcourais à dos de dromadaire la centaine de mètres qui séparent l'université de la cafétéria Vera Cruz. C'était un animal géant, et depuis son échine je surplombais la cime des pins qui sont plantés là, de sorte que je n'en menais pas large et que je souhaitais en redescendre. Pour arrêter ma monture et la faire coucher, je mis les mains devant ses yeux et l'empêchai de voir. Au moment où je sautai à terre, je m'éveillai. Ce drôle de songe me rappelle celui de l'aveuglement, l'autre jour. Par curiosité, j'ai voulu chercher sur le net à me renseigner sur l'art de se tenir à dos de dromadaire, mais l'information est rare, semble-t-il.

En arrivant dans la cuisine, après m'être levé, j'ai trouvé dans l'évier ce qu'on appelle je crois un iule. C'est une sorte de mille-pattes, mais pas de ceux que je vois parfois, capables de courir à toute vitesse sur un mur, au contraire celui-ci était vermiforme et mollasson, comme un petit lombric fin et noir de cinq ou six centimètres de long. Je ne sais d'où venait cette bestiole, que j'avais peut-être moi-même rapportée des bois dans un pli de vêtement. J'aurais peut-être mieux fait de la tuer mais je n'avais pas le coeur à ça, je l'ai fait entrer dans un gobelet et je suis allé la jeter dans la rue.

La doctoresse que j'ai vue en fin de matinée m'a ordonné une batterie de drogues, qui sans doute vont nettoyer vite fait mon affection respiratoire, mais elle s'est aussi intéressée à ce kyste graisseux infecté que je traîne dans le dos depuis quelques semaines, et que les remèdes indiqués plus tôt ce mois-ci par mon médecin habituel n'ont nullement guéri. Le bouton avait dû cependant mûrir, car elle l'a pressé pour en tirer je ne sais quelle horreur, et m'a prescrit de me faire nettoyer ainsi quotidiennement par des infirmiers pendant quelques jours. Cela ne m'inspire pas beaucoup mais encore ce ne serait rien, si la dame ne m'avait recommandé en outre d'aller prochainement me faire couper par un chirurgien, afin de régler le problème définitivement. Ce conseil m'épouvante. Je vais y réfléchir, sans me précipiter.

En s'ajoutant à mes tracas ordinaires, ces ennuis de santé finissent de me démoraliser. Ma directrice de conscience, qui peut se libérer quelques jours, doit me rejoindre demain. J'espère qu'elle me permettra de retrouver un peu de sérénité. En attendant je me calme en taillant un buisson de troène, qui s'est développé en une énorme boule de sept ou huit mètres de large, un peu moins en hauteur. Je le désépaissis en supprimant d'abord les branches les plus basses, presque horizontales, sous lesquelles n'allait plus la tondeuse du Gallois, laissant ainsi se développer un tapis de lierre (qui fait partie de mes ennemis) et une pépinière de plantes indésirables, provenant des graines que les oiseaux chient (j'ai ainsi trouvé des pousses de laurier, de prunier, d'aubépine et de fusain). Je me souviens qu'autrefois j'aimais permettre ainsi que se créent des poches de sauvagerie, qui servent de refuge aux petites bêtes. Mais je m'aperçois qu'avec l'âge, je préfère de plus en plus la simplicité à la nature, en tout cas dans mon jardin.

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mercredi 23 juillet 2014

chronique estivale (mes affaires ne s'arrangent pas)

Unknown

Le soir même de samedi, où Bruno était reparti pour Paris, mon frère arriva de Bordeaux pour passer quelques jours ici. Il veut bien, dans ces occasions, m'aider à des réalisations pratiques, pour lesquelles je demande assistance, mais en l'occurrence, faute de projet convenant, il n'a pas trouvé grand chose à faire. Il m'a aidé deux heures, dimanche, à user les quelques mètres de talus que je veux détruire pour pratiquer une entrée dans un bois, et je me suis dit que c'était là ce dont j'avais le plus besoin, d'un compagnon qui me donne du courage. Le lendemain, comme il s'était fait des ampoules, cet ouvrage était hors de question. Il m'a alors secondé une heure ou deux à tailler les buissons du jardin, mais c'est là une chose que je peux aussi bien et que je préfère accomplir seul. Surtout il a monté les nouveaux essuie-glace dont ma voiture avait grand besoin, les anciens tombant en lambeaux. Nous avons perdu pas mal de temps à ne rien faire, comme il est inévitable quand se trouvent rassemblés deux tempéraments hésitants comme les nôtres. Il souhaitait aussi rencontrer deux de nos cousines, à qui il voulait montrer de vieilles photos de famille, pour tâcher d'identifier quelques personnages, et leur proposer éventuellement des copies. L'une d'elles était injoignable, mais nous avons pu appeler Corinne, chez qui nous fûmes déjeuner hier, à la Rousselière. J'hésitais à y aller, car je sentais depuis quelques jours que je couvais une de ces crèves mystérieuses, que j'ai le don d'attraper en plein été, après m'être fourré dans Dieu sait quel courant d'air fatal, ou avoir commis quelque autre imprudence. J'accompagnai mon frère, cependant. Nous déjeunâmes de magret et de haricots, confortablement attablés sous un vaste prunier, en compagnie de la cousine, de son mari Henry, qui veillait à ce que je ne me dessèche pas, en remplissant diligemment mon verre, et de leur deux petits-enfants antillais. Après le repas, me sentant fatigué, et congestionné parce que je m'étais empiffré comme de coutume, je m'éclipsai et fus m'allonger sur le canapé du salon, sombrant dans un sommeil honteux jusqu'à trois heures et demie. J'espérais que pendant ce temps mon frère avait pu mener son enquête généalogique et que nous allions bientôt repartir. Horreur! Il ouvrait à peine son énorme valise de photographies, dont il n'avait pas encore commencé à déballer les trésors. Je compris que la journée serait longue, et en effet son affaire dura jusque vers les six heures. Pour ma part, ce n'est pas que la documentation familiale me paraisse sans intérêt, loin de là, mais comme je suis habitué à ce que les explications sur le sujet m'entrent par une oreille pour ressortir aussitôt par l'autre, et que j'avais déjà eu droit à une séance chez moi, je préférai me tenir à l'écart. Je passai le temps en compagnie de Henry, qui m'offrit du café et m'emmena voir les arbres de son jardin. Je lui parlai de mon problème de bûcheron (lequel ne m'a mailé ni lundi, ni mardi, comme il avait prévu, et dont j'étais sans nouvelles). Selon Henry, il est naturel de ne couper que de grandes bûches d'un mètre en forêt, car le travail est suffisamment rude comme ça. Enfin, nous verrons bien.
Je ne sais plus quel jour, m'est arrivée la jolie brochure où Michel Ohl a recueilli des phrases de son choix, extraites des oeuvres de Gyula Krudy. Elles portent presque toutes sur ces deux domaines de l'au-delà, que sont la mort et les rêves. Suite à une erreur de l'ouvrier, une page de droite commençait par des mots qui ne prolongeaient pas les derniers de la page de gauche. Avec la lame de mon vieux couteau de table, je défis les agrafes de la livrette, mesure toujours bonne à prendre dans cette maison humide, replaçai la feuille dans le bon sens, et poursuivis ma lecture («dans des commodes roses ... semblables à des poudriers»). Je ne lirai peut-être jamais autre chose de Krudy, mais je relirai volontiers ces quelques pages pleines de charme, et impeccablement calligraphiées.
Ce matin, mon frère est reparti pour Bordeaux, me laissant seul avec mes angoisses, et mon espèce de broncho-laryngite qui n'arrange rien. J'ai beau prendre une aspirine par ci et un grog par là, le mal de gorge persiste et s'aggrave. Et rien ne me fait me sentir plus misérable, que de me retrouver dans cet état de santé en plein été, alors que j'ai à faire. Sur les quatre heures de l'après-midi, n'y tenant plus, j'ai appelé le cabinet médical de Villeneuve, où l'on ne pouvait me recevoir dès aujourd'hui, mais où l'on voudra bien m'examiner demain matin à 11 h 15. Une demi-heure plus tard, je recevais enfin un mail de Wyn, me proposant de couper les arbres demain matin également, à partir de 9 h 30. Cela tombait mal. Nous avons convenu de repousser l'opération à mercredi prochain. 

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lundi 21 juillet 2014

le pouvoir et la rue

Les manifestations «interdites» de ces derniers jours, qui ont quand même lieu et sont l'occasion de copieux saccages, montrent bien qui fait la loi dans les rues du pays, et qui est impuissant à y maintenir l'ordre.

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samedi 19 juillet 2014

chronique estivale (suite)

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Le départ de mes hôtes a été quelque peu précipité. Nous pensions être partis assez tôt pour nous rendre avec de l'avance à la gare de Surgères, d'où ils devaient prendre le train à grande vitesse pour Paris, mais finalement nous n'y parvînmes qu'in extremis, de sorte que voyant le parking bondé, je les abandonnai devant la porte du bâtiment, pensant les rejoindre après avoir trouvé une place pour me garer. Quand je fus sur le quai, il était trop tard pour les salutations, j'ai dû me contenter d'apercevoir la main que le petit agitait en s'engouffrant dans le passage souterrain, puis celle de Bruno que j'ai cru distinguer à travers la vitre fumée du train qui repartait.

Je remarque cette année le même phénomène que j'avais observé l'été dernier, quand j'avais également donné à mon journal la tournure d'une chronique de ma vie quotidienne, à savoir que cela augmente et fidélise le lectorat de mon blog. Cela n'est pas pour me déplaire, naturellement, mais en même temps je sens bien que peu à peu cette obligation me pèse comme une corvée. Il serait peut-être aussi bien que j'en raconte moins, et que j'en revienne «a lo que salga», selon la coutume qui a ma faveur.

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vendredi 18 juillet 2014

chronique estivale (bouquet final)

Unknown

Nous ne branlâmes pas grand chose en cette journée, qui pour ma part fut marquée par un assaut inattendu de rêves, dès le matin où je m'éveillai sur la vision d'une femme, qui était la mienne, et gardait des escargots dans un panier grand ouvert. Mais ne vois-tu pas qu'ils vont s'échapper à tout moment, lui disais-je, la jugeant folle. C'était jour de marché, aussi nous fûmes à Loulay. Il était trop tard pour avoir des moules, comme j'aurais voulu, mais j'achetai des oeufs, un gros grillon que je partageai avec Bruno à midi, et du travers de porc que j'entendais griller le soir. Nous passâmes aussi au bureau de tabac où Bruno, sans cesse favorisé d'intuitions de génie, eut l'idée d'offrir à son rejeton un kit de feu d'artifice comportant divers pétards et fusées, qui ne fut pas pour m'inspirer confiance, surtout quand j'eus pris connaissance des précautions d'emploi drastiques indiquées dans la notice. Durant une sieste en début d'après-midi, je fus assailli de visions étranges. Je rêvai d'abord que j'arrivais à un comptoir, où l'on faisait des photocopies, et où je rencontrai mon ami Michel Ohl. Il se retournait et refusait de répondre à mon salut cordial, non comme s'il avait quelque raison de me battre froid, mais comme s'il ne m'eût jamais connu et jugeait ma démarche indiscrète. J'eus ensuite la sensation terrible que j'étais aveugle. J'ouvrais les yeux et ne voyais rien, puis les fermais, les rouvrais et ne voyais toujours rien, ainsi plusieurs fois de suite. Je ne saurais dire, en y repensant, si ce rien était plutôt blanc ou plutôt noir. Enfin je rêvai que je descendais seul un escalier aux larges marches de pierre calcaire, comme il en existe dans les vieilles maisons de Bordeaux, en passant la main le long de la rampe bien polie. J'en éprouvais une sensation agréable, à laquelle s'ajoutait en quelque sorte la rêverie sensuelle de m'engouffrer accompagné dans un appartement, où dès la porte refermée on se vouerait aux rapports animaux. M'arrachant à ces sortilèges, je regagnai le jardin, où j'entrepris d'élaguer un althea, cependant que mon hôte déployait des trésors d'ingéniosité à divertir son rejeton. A un moment, où le petit nous avait quittés pour aller honorer la déesse tablette, je confiai à Bruno mon rêve d'aveuglement. Il me demanda si j'avais idée de ce qui, dans la journée, avait pu susciter ce songe terrible. J'y réfléchis quelques instants, et me résolus à lui répondre «Non,  je ne vois pas», ce qui nous amusa. Dans la soirée nous allâmes prendre un digestif chez Véro. Cependant l'orage, qui avait menacé toute la journée, éclata enfin pour de bon, et nous rentrâmes en voiture sous des trombes, qui anéantirent fort heureusement tout projet de pétarade.

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jeudi 17 juillet 2014

chronique gastronomique

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Il n'est pas toujours facile, pour un vieux garçon comme je suis, attaché à ses habitudes et à son ordre, de cohabiter durablement avec des visiteurs, qui ont certes ma sympathie, mais avec qui je ne peux toujours être sur la même longueur d'onde. Dans l'ensemble, cependant, j'arrive à supporter mes hôtes mieux que je n'aurais cru. Il est même rafraîchissant de partager un peu de son temps avec deux enfants, un de six ans et un de cinquante-huit. Bruno est assez serviable, comme je n'ai pas d'autre infirmière sous la main, pour me refaire mon pansement dans le dos, matin et soir, avec ses gros doigts d'artiste parisien. Sigfrid est plein de vitalité, ce qui est le gros inconvénient des garçons de son âge, mais j'en ai connu de pires. Cet enfant est très beau, ses cheveux très blonds, ses yeux très bleus, ses traits réguliers et fins, et j'aime l'air naturellement sérieux, presque grave, de son visage.

Ce matin Wyn est passé tondre l'herbe et nous avons discuté des arbres, qu'il doit couper prochainement. Nous avons convenu qu'il me mailerait bientôt, quand sa tronçonneuse sera affutée et lui prêt. Nous conviendrons alors d'un jour et nous nous mettrons au travail à neuf heures du matin. Je ne suis pas sûr de bien le comprendre. Il ne veut pas débiter les troncs en bûches de cinquante centimètres, comme j'aurais préféré, mais seulement en un mètre, arguant que cela ferait gagner du temps. Mais d'un autre côté il me propose d'aller là-bas avec sa remorque et d'en profiter pour charger le bois. Or comme la voiture ne pourra se stationner près de nous mais devra rester à l'extérieur sur le chemin, je suppose que transporter les bûches jusqu'à elle prendrait beaucoup de temps. Pour ma part je préfèrerais les laisser sur place ici et là, et j'aurais tout le temps ensuite de venir les chercher peu à peu. Je ne sais où tout cela va. J'espère que je ne suis pas une fois de plus en train de me fabriquer des regrets.

Menu de midi : boîte de saucisses aux lentilles. Hum.

Dans l'après-midi, j'ai lu avec plaisir le petit livre d'Alain Decaux, L'histoire vraie du Diable au corps, en fait un article d'une trentaine de pages, imprimé sur papier solide et enveloppé d'une couverture assez épaisse pour lui donner l'aspect d'un livre, à dos carré. Je ne connais Radiguet que de réputation, je n'ai jamais lu son Diable au corps ni rien d'autre de lui, et cette Histoire vraie ne m'en a pas spécialement donné envie, ni ne m'a rendu attirante la personnalité de Raymond, mais j'ai bien aimé l'exposé de l'historien. Il y synthétise entre autres informations les données recueillies par quelques témoins auprès de celle qui fut vraisemblablement la maîtresse de Radiguet (morte dans la fiction mais lui survivant longuement en réalité), son mari soldat trompé, et leur fils à la paternité incertaine. Le style dans cet article n'est pas sans défaut (ici une répétition, là quelques «c'est vrai que») mais Decaux a un talent évident de conteur, une expression d'une grande clarté, et le lire éveille en moi la nostalgie du temps où l'on pouvait l'entendre dans des émissions. J'ai aussi retrouvé là un bon souvenir récent, avec l'évocation de la propriété du Bassin d'Arcachon, au Piquey (Decaux écrit Picquez) où Cocteau avait emmené Radiguet, un beau bâtiment que j'ai pu contempler depuis les flots lors de mon excursion autour de l'île aux Oiseaux le mois dernier.

Il a fait aujourd'hui une chaleur vraiment abrutissante, impitoyable, africaine. En fin d'après-midi j'ai conduit mes hôtes à la piscine municipale de Loulay, et suis allé méditer une heure sous mes arbres, avant de revenir les chercher.

Menu du soir : riz et jambon. Là, ça ne rigole plus.

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mercredi 16 juillet 2014

chronique estivale (macdo, emmaüs, fouras)

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J'en avais vraiment la flemme, mais comme je sentais que cela plairait beaucoup, j'acceptai de conduire mes hôtes en voiture pour une virée dans la contrée. Auparavant, en fin de matinée, nous fûmes déposer quelques déchets à la déchette, et à Volebière un sac de racines d'iris, que je compte essayer d'installer prochainement à la lisière sud. Ces iris m'avaient été proposés il y a des années par la colonelle, qui nettoyait son jardin, je n'avais pas osé refuser, je les avais installés contre un mur de chez moi, mais depuis lors la croissance des arbustes les avait plongés dans l'ombre où ils ne donnaient plus rien. J'essayerai de leur donner un nouveau destin. Cela fait nous prîmes notre élan et vers treize heures nous appareillâmes. La première destination était le Macdo de Saint-Jean. Il se trouve que le petit a droit de goûter à cette gastronomie une fois par semaine, et ce fut donc ce jour-là. Il paraît que les enfants adorent aller au Macdo, et moi-même, à l'occasion, je ne déteste pas. Bruno nous invitait. Ma part fut le trio classique Big Mac, «potatoes» et Coca zéro. Fort heureusement il y avait la clim dans l'établissement, car dehors il faisait déjà très chaud. La deuxième étape était l'Emmaüs d'Asnières la Giraud, où nous passâmes une bonne heure à prospecter. Mon hôte s'y pourvut en vêtements et en livres. Je pensais ne rien emporter, mais finalement je me laissai séduire par un petit livre d'Alain Decaux intitulé L'histoire vraie du Diable au corps. A cause du premier mot du titre, les employés de la maison, qui ne sont pas bibliographes, l'avaient rangé au rayon Histoire. Je ne sais si j'aimerai le contenu de ce livre mince, qui m'a plu d'abord par son aspect à la fois élégant et solide. La troisième étape était moins certaine. Nous voulions offrir à Junior un bain de mer. Le cycle des marées tombait mal, selon nos renseignements, car les deux marées hautes tombaient vers huit heures du matin et huit heures du soir. J'avais d'abord envisagé Chatelaillon, qui doit être le rivage le plus proche en partant de la Croix. Mais comme nous repartions d'Asnières, au sud de Saint-Jean, nous gagnâmes les alentours de Rochefort, et nous dirigeâmes vers Fouras. Nous y fûmes vers quatre heures, pour découvrir ce que l'on pouvait redouter : la mer enfuie, laissant à découvert des kilomètres carrés d'étendues vaseuses. Mais enfin, après avoir passé deux heures à glander ici et là, à visiter le magasin du fort Vauban, et fait une station au café de la plage, indispensable pour Bruno, la mer était là, et mes hôtes passèrent deux bonnes heures à folâtrer dans les vagues. D'un naturel sociable, ils eurent tôt fait de se lier avec deux autres gamins, pour jouer à la balle. Pour ma part, gêné à l'idée d'exhiber le furoncle de mon dos, qui n'est toujours pas guéri, et bien que Bruno m'eût assuré qu'il ne présentait pas un aspect horrible, j'avais prévu de ne pas me baigner. Je passai un long moment très agréable à me tremper les pieds au bord de l'eau, et le reste du temps à me reposer sur une serviette étendue sur le sable. La plage était peuplée, mais de gens assez calmes et polis pour que la situation soit tout à fait supportable. Sur le chemin du retour, Monsieur souhaitant nous inviter au restaurant, nous fîmes halte à Surgères, où seule était ouverte la pizzeria «La Roma». Nous étions fatigués et impatients mais hélas, le personnel étant débordé, il nous fallut attendre longuement d'être servis (pour moi des tagliatelles au saumon). La nuit tombait quand nous fûmes enfin de retour à la maison, épuisés mais vivants.

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mardi 15 juillet 2014

chronique estivale (chaleur, chênes, hitler)

La compagnie et le retour de la chaleur ont à peu près anéanti mon pouvoir d'action, déjà pas immense en temps ordinaire. Wyn est passé, je suis monté avec lui à Volebière examiner les chênes que je voudrais lui faire couper. Dans des moments creux de l'après-midi, j'ai feuilleté de nouveau, avant de le ranger, un livre sur Hitler lu cet hiver. A défaut de pouvoir le lire dans l'édition originale allemande (Hitlers Geheimnis, das Doppelleben eines Diktators, mot à mot «le secret de Hitler, la double vie d'un dictateur», 2001) j'aurais aimé le trouver en anglais ou en français. Le hasard a voulu que ce soit finalement une version portugaise qui me tombe entre les mains (A face oculta de Hitler, Lisbonne, 2002). Cela semble malheureusement n'être qu'une traduction indirecte réalisée d'après la version anglaise (The hidden Hitler) mais enfin l'essentiel de l'information s'y trouve. L'historien allemand (et juif, m'apprend Wiki) Lothar Machtan y développe l'hypothèse vraisemblable de l'homosexualité du Führer, en étudiant minutieusement l'histoire de sa vie privée, notamment de ses relations personnelles. On y trouve des suppositions mais aucune preuve formelle de rapports homosexuels physiques, mais il semble que l'on puisse au moins parler d'homosexualité platonique, au vu de ses amitiés presque exclusivement masculines, des milieux qu'il a fréquentés, de l'homosexualité avérée de nombreux hommes de son entourage (qui a aussi compris de parfaits hétéros comme Goebbels), de l'absence de toute idylle connue avec une femme (Eva Braun, avec qui il ne s'est marié qu'au dernier jour, était plus une pupille adoptive et décorative qu'une partenaire). Ce trait de personnalité pourrait en partie expliquer, outre son habileté et son charisme, les raisons de son ascension sociale fulgurante, d'un milieu d'un très humble au sommet du pouvoir politique. Cette étude permet aussi de nuancer l'image simplette que l'on a tendance à se faire aujourd'hui de la répression de l'homosexualité par le national-socialisme. S'il a en effet existé des lois répressives, il était notoire que l'homosexualité était répandue parmi les troupes et les cadres paramilitaires, notamment chez les SA. Le cas le plus célèbre est celui d'Ernst Röhm, qui non seulement ne cachait pas mais proclamait ses goûts sexuels et son mépris pour la gent féminine (accessoirement j'apprends que Röhm avait aussi eu une carrière sud-américaine, comme conseiller de l'armée bolivienne à la fin des années 20). La mystérieuse Nuit des longs couteaux, soit le massacre des SA, a pu servir a éliminer des témoins et des preuves, et à rétablir la réputation sulfureuse du national-socialisme allemand sur ce point. Ce livre sérieux et intéressant semble avoir bénéficié d'un certain succès public, dont témoignent les traductions en plusieurs langues, et pourtant on en parle peu, comme s'il traitait d'un sujet tabou, et j'observe que l'article de Wikipedia consacré à l'auteur ne possède qu'une version en allemand et une en anglais. Il y aurait une enquête à faire sur la vie secrète de la traduction française de cet ouvrage (La face cachée d'Adolf Hitler, L'Archipel, 2002), qui n'a pas fait grand bruit et qui n'est pas facile à trouver.

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lundi 14 juillet 2014

chronique estivale (ferré, jetpack, feu)

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Comme la veille, la journée utile commença par l'achat de pain à la boulangerie de Villeneuve. Nous passâmes d'abord déposer un tapis de déchets verts au pied du petit peuplier blanc de la Rigeasse puis, sur ma proposition, Sigfrid s'installa sur mes genoux et fit semblant de conduire sur les chemins déserts, et reprit sa place à la grand route. Bruno ne peut pas acheter de pain simplement mais prend aussi des bonbons et des gâteaux pour son fils et nous offre un café, car la boulangerie en sert. Ce besoin du café, du bistro, de la terrasse, n'est pas dans mes habitudes (un homme qui n'a que mes ressources doit se l'interdire) ni dans mon goût (je m'en passe très volontiers), mais j'accepte sans rien dire pour ne pas priver mon hôte de ce plaisir auquel il tient. Nous rentrâmes après des détours, un coup d'oeil de quelques minutes à l'austère château de Villeneuve tout d'abord, puis une halte au bord d'un pré où, comme dans un autre visité la veille, se tenaient un âne et un poney. C'est le genre de chose que l'on ne ferait pas pour soi-même, mais qui s'impose quand on est en compagnie d'un petit. A midi nous déjeunâmes de jambon blanc, accompagné de purée et de haricots. L'après-midi je regardai un documentaire d'une demi-heure dont un correspondant m'avait envoyé le lien, portant sur Léo Ferré et sa belle propriété de Toscane. J'ai beau conserver quelque nostalgie esthétique pour le chanteur que j'ai aimé dans ma jeunesse, ce portrait du «révolté» de luxe me donnait envie de donner des coups de pied (au documentariste, au commentateur, à l'artiste, à ses héritiers). Mes hôtes m'ont suivi dans le bois de Volebière, où je voulais marquer de ruban fluo la quinzaine d'arbres que je compte faire abattre. Au retour, le petit s'ennuyant, nous jouâmes deux parties de Mikado. Je gagnai haut la main. Il y eut en fin d'après-midi un moment de dispersion où Bruno fouillait les livres dans le chai, je travaillais sur mon ordi, et junior jouait à Jetpack ou je ne sais quoi sur sa tablette. Peut-être parce qu'il manque d'un copain, il s'est interrompu pour venir me demander : «T'aurais envie de jouer à un jeu comme ça?» Je ne pouvais lui dire de but en blanc qu'il n'en était pas question, mais je déclinai la proposition par quelques grommellements suggestifs. Un peu plus tard, cependant, il revint à la charge : «Sinon, si tu veux, je te mets le plus facile niveau». Cher petit. Je me fendis encore de quelques borborygmes dissuasifs, et me mis à préparer le dîner : le reste des tortellinis, réchauffés dans une poêlée de lardons frits. Nous traînâmes toute la soirée, avant d'aller assister au feu d'artifice de Villeneuve, qui commença ponctuellement à onze heures. Un spectacle très appréciable, éblouissant et abondant (mais qui paye et combien?) et surtout à l'ancienne, c'est à dire non pollué comme souvent aujourd'hui par des projections ou de la musique.

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dimanche 13 juillet 2014

chronique estivale (pluie, escargots)

A vrai dire j'avais oublié comme il est éprouvant de cohabiter avec la jeunesse, surtout un jour où la pluie nous tient enfermés dans la maison. La jeunesse s'intéresse à tout, de préférence aux objets que vous n'êtes pas habitué à tenir hors de sa portée (Oh, des jumelles! Oh, une hache!) et, pour canaliser son besoin de divertissement, vous vous retrouvez à jouer aux fléchettes ou à faire une partie de whist. Nous ne sommes sortis qu'en fin de matinée, pour nous ravitailler en pain à Villeneuve, avant de passer à table, où j'ai servi une omelette au jambon assez réussie. Bruno fait partie de ces visiteurs qui m'honorent, en passant en revue très attentivement les rayons de ma bibliothèque, ce qui est toujours l'occasion, rare dans la contrée, de causer de beaux-arts ou d'histoire. Il m'a aussi aidé à trier dans un bataclan de photos numériques, d'appareils, de clés usb, de câbles électriques, où j'ai de plus en plus de mal à mettre de l'ordre. Le soir j'ai obtenu un franc succès en faisant griller dans la cheminée des saucisses aux herbes, sobrement accompagnées de riz blanc. Après quoi, le ciel s'étant dégagé mais l'herbe restant mouillée, j'emmenai mes hôtes dans un chemin au nord du village, où les escargots grouillaient, et nous en fîmes un safari de 93 prises.

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samedi 12 juillet 2014

chronique estivale (gare de saint-jean)

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Pour préparer la venue de mes visiteurs, j'ai passé l'essentiel de la journée à des activités peu ordinaires pour moi, comme de faire des lits, passer l'aspirateur, faire disparaître des kilomètres de toiles d'araignée, tenter enfin de donner un air plus accueillant à ma vieille demeure, ce qui n'est pas un petit chantier. Un bienfait des visites, quel que soit ensuite leur déroulement, est qu'elles me contraignent à une discipline ménagère dont je ne suis pas coutumier, et m'arrachent au laisser-aller que la solitude favorise. J'étais si occupé à mes obligations domestiques que je négligeai le repas, me contentant de saucissonner, comme on dit, sur le pouce. La venue de Bruno et du jeune Sigfrid apparaissait cependant de plus en plus improbable, car bien que nous eussions fixé le rendez-vous avec précision, je n'avais plus de nouvelles depuis fin mai. Un mail de ma part, envoyé il y a quelques jours, et un message téléphonique laissé sur son répondeur hier soir, étaient restés sans réponse. En début d'après-midi, toutefois, Bruno m'a passé un bref coup de fil. Tout allait bien, un bus les avait conduits de leur villégiature du Cap Ferret à la gare de Bordeaux, d'où ils allaient prendre le train pour Saintes, et de là ensuite la correspondance pour Saint-Jean d'Angély, où je devais les accueillir à 16 h 34. A l'heure dite, j'y étais. Mais pas eux. C'était bien embêtant. Avaient-ils raté la correspondance à Saintes, ou s'étaient-ils égarés de quelque autre façon? Ne possédant pas de téléphone portable où je puisse être joint pour recevoir de nouvelles directives, je rentrai chez moi. J'essayai d'appeler Bruno sur son portable qui ne répondait toujours pas (je devais apprendre plus tard qu'il ne marchait pas). J'aurais aimé faire savoir au voyageur, que s'il devait prendre depuis Saintes le train suivant, qui était un omnibus, il pouvait en profiter pour continuer au-delà de Saint-Jean jusqu'à Villeneuve, qui se trouve juste à deux kilomètres de chez moi. J'essayai d'appeler la gare de Saintes, voir si l'on pouvait me mettre en communication avec le bonhomme. Hélas, il se trouve que ce poste de «service public» est injoignable par téléphone (sans surprise). Eh bien, puisqu'il n'y avait rien d'autre à faire, je pris le parti d'attendre et je retournai à mes rosiers. J'en étais à ne plus attendre rien ni personne quand tout à coup, vers 21 h 15, je vis se présenter au portail, à pied, un Bruno amaigri et bronzé, suivi du diablotin au cheveu ras et blondissime. Hilare, les yeux exorbités (ce qui est son état naturel), mon invité m'expliqua qu'en effet le train de Bordeaux était arrivé à Saintes trop tard pour la correspondance, que la SNCF avait alors acheminé les voyageurs à Saint-Jean en taxi, et que de là, il avait opté pour finir le voyage en auto-stop. Il avait fallu pas moins de trois heures et trois voitures pour les conduire de Saint-Jean à Saint-Denis du Pin, de Saint-Denis à Loulay, enfin de Loulay à l'embranchement de La Croix, qui est à un kilomètre du village (trajet total 16 km). Il paraît que le junior a trouvé l'expérience divertissante. Sa première question fut de savoir si j'avais encore les deux tortues, qu'il avait connues lors d'un précédent séjour, il y a quelques années, mais qui hélas n'ont pas survécu à un hiver trop rigoureux. Je préparai à la hâte, pour mes voyageurs, une platée de tortellinis à la ricotta et aux épinards. J'ai constaté que le petit Sigfrid n'est pas gros mangeur. Il lui tardait surtout de retourner jouer avec la tablette dont il semble avoir de la peine à s'arracher. De fait, la charge de divertir le jeune homme s'annonce moins lourde que prévu.

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vendredi 11 juillet 2014

chronique estivale (courses, rap)

J'ai passé la matinée à faire des courses et le plein d'essence à Saint-Jean, et je n'ai rien fait de bien décisif dans l'après-midi. Mes deux repas, faits de restes, n'avaient pas beaucoup plus d'allure que mon emploi du temps. J'ai réfléchi aux problèmes d'intendance que je vais devoir traiter les jours prochains. La venue de mon ami et de son fils pour une durée de sept jours suppose de prévoir quatorze repas, ce qui ne représente pas un petit défi, quand on connaît mes talents de restaurateur. De plus un doute m'est venu en réalisant que si nous avons fixé un rendez-vous précis (je dois aller les chercher à la gare de Saint-Jean demain à 16 h 34), je suis sans nouvelles depuis longtemps, y compris après en avoir demandé récemment. Je me demande si tout se déroulera comme prévu. On verra bien.
Comme un de mes passe-temps favoris est de retrouver sur le net des choses que j'avais aimées en d'autres temps, j'ai recherché la chanson de Bow Wow (ou Lil Bow Wow), intitulée What's my name (ou That's my name), que l'on m'avait fait connaître il y a quelques années. Je trouve cette oeuvre assez joliment cadencée, bien que j'avoue ne rien comprendre au propos, même en lisant les paroles, et que par ailleurs je ne sois pas friand de regarder les rappeurs se dandiner en faisant des gestes avec leurs pattes de devant. J'ai un peu regardé ce que l'artiste avait fait d'autre et je n'ai rien trouvé de bien excitant, il semble avoir été l'homme d'une seule réussite.

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jeudi 10 juillet 2014

chronique estivale (médecine, pizza, vin tranquille)

Bon, j'ai encore passé l'essentiel de la journée à désépaissir mes buissons et mes haies, et ma vie intellectuelle est toujours proche de zéro. A midi j'ai eu le courage de faire griller un steak d'environ 120 grammes dans la cheminée et je n'en ai mangé que la moitié, avec des restes de melon et de patates bouillies. Ce n'est pas demain que je vais ouvrir un restaurant. L'affaire importante de la journée est que dans l'après-midi j'avais mon rendez-vous semestriel avec mon médecin. A mon étonnement général, il semble que je sois toujours vivant et même en bon état, dans les grandes lignes. L'ombre au tableau est un horrible furoncle qui m'a éclos dans le dos et pour lequel je vais devoir prendre un antibiotique, la Josacine, pendant huit jours. C'est ainsi, il me faut accepter que je ne suis pas un pur esprit mais un être biologique, je n'arriverai jamais tout à fait à m'en consoler. Le soir avec le sergent Véro nous fûmes nous acheter des pizzas au relais des camionneurs à Tout-y-Faut et nous sommes revenus les manger chez moi. J'avais prévu des éclairs au chocolat pour le dessert. Véro, qui est abstinente, ne buvait que de l'eau, et moi du vin rouge sud-africain de chez Lidl. Un vin tranquille, à ce qu'il paraît. J'ai lu dans Wikipédia que l'on regroupe les vins perlants, pétillants et mousseux sous l'appellation générale de «vins effervescents», et que les vins non effervescents seraient nommés «vins tranquilles». L'expression me ravit. Je me prends à songer que les vins effervescents ne sont pas tranquilles, ce sont des vins agités, inquiets, tourmentés…

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mercredi 9 juillet 2014

chronique estivale (garagiste, jardinier, oedicnèmes)

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Ce matin peu après huit heures j'ai emmené ma voiture à vidanger chez le garagiste tout au nord de Villeneuve et comme il faisait bon, je n'ai pas profité de son offre de me raccompagner et je suis rentré à pied. Il n'est pas mauvais que je marche un peu et cela fait deux bons kilomètres. En outre je n'aime pas marcher pour marcher, je préfère les occasions où cela est utile. En chemin je me suis arrêté parler à Jacques G, qui était dans la cour de sa ferme. Il m'a dit que c'est un cantonnier de Villeneuve qui passe éclaircir les haies au bord des chemins, et non les cultivateurs, comme je le pensais. Puis j'ai passé la matinée à tailler le jardin en attendant Wyn qui devait venir. Il était avec Gina. Il ne coupera pas l'herbe tout de suite, elle attendra la semaine prochaine et c'est tant mieux. J'attendais surtout l'occasion de lui parler de la douzaine de chênes morts que je voudrais faire couper à Volebière. Il ne s'est pas engagé à le faire mais a paru rassuré quand je lui ai expliqué qu'il ne s'agissait pas d'arbres énormes, simplement ils sont déjà trop épais à la base (un diamètre de quinze à vingt centimètres) pour que je les coupe moi-même à la scie. Il voudrait d'abord voir mais nous ne pouvions aller sur place ni avec ma voiture, qui était chez le garagiste, ni avec la sienne qui était encombrée d'une remorque avec laquelle on n'aurait pu manoeuvrer dans le chemin. Il repassera la semaine prochaine. A midi j'ai piètrement déjeuné avec la merguez et des patates bouillies froides qui me restaient d'hier. Ce faisant j'ai vaguement écouté un débat radiophonique français normal d'aujourd'hui, auquel étaient conviés trois politiciens : un du Parti communiste (représentant comme on sait une part significative de l'opinion publique actuelle), un du Parti socialiste, un de l'UMP et … et c'est tout. Normal, hein? Bon, j'ai coupé, ce que je mangeais était déjà assez indigeste comme ça. L'après-midi, privé de voiture, je me suis consacré au jardin. J'ai rempli quatre sacs de débris de taille. On commence à y voir plus clair, à pouvoir passer ici ou là sans devoir se frotter à ceci ou se heurter à cela. Mon nénuphar poussif donne cette année une seule fleur. Vers six heures je suis retourné à pied chercher ma voiture. Il ne faisait pas très chaud mais la marche était tout de même bien moins agréable que dans la fraîcheur du matin. Au retour, j'ai fait un petit effort culinaire en coupant une patate bouillie et en la faisant revenir avec de l'ail, à la poêle, pour accompagner une tranche de jambon blanc. Après quoi je suis monté passer les dernières heures de jour à Volebière, où j'ai répandu mes sacs de verdure au pied de certains arbustes de la lisière. C'est la première année que j'arrive à apercevoir autant d'oedicnèmes criards dans les champs. Leurs grands cris s'entendent de loin, et la nuit jusque depuis les maisons, mais eux-mêmes sont difficiles à voir. Ce nom alambiqué d'oedicnème est visiblement d'origine savante et non d'emploi populaire. Je me demande si c'est ce que les ruraux d'ici nomment courlis, bien qu'il n'aient pas les grands becs des courlis proprement dits. Les Anglais les appellent bien des stone curlews, courlis des pierres. Au fait, j'ai noté que j'aime bien l'expression anglaise «it doesn't matter», pour «c'est sans importance», mot à mot «cela ne matière pas».

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mardi 8 juillet 2014

chronique estivale (nadia, british, cuisine hantée)

Journée pas désagréable mais assez médiocre dans l'ensemble. Glandouillé trop longuement sur le net, sur Facebook notamment. J'ai aussi parcouru, comme je le fais régulièrement, les annonces de demandes de livres sur le Bon Coin, où j'ai parfois trouvé à vendre des miens. Le niveau intellectuel est assez bas dans l'ensemble. Les gens cherchent des bandes dessinées, des romans de gare, des conneries. En cette saison beaucoup de jeunes gens cherchent à acheter les manuels scolaires pour l'an prochain, et beaucoup ont une orthographe lamentable, y compris ceux qui arrivent déjà en classe «terminal», et qui, je le crains, auront quand même leur bac avec «mansion». Dans un autre genre, j'ai remarqué l'annonce fébrile d'une certaine Nadia, de Paris : «Bonjour Je cherche un livre sou titre :ode à trois de Eric Mozart c est très urgent s il vos plais aide moi de trouve se livre Je suis prête de paye on espèce merci de me répondre.» Hélas je n'ai pas cet ouvrage. A midi j'ai fait griller deux merguez dans la cheminée et j'en ai mangé une. Le feu m'était agréable, car il fait plutôt frais. J'ai gardé mon pull presque toute la journée. J'ai scié des bouts de bois, etc. Je suis allé au Five o'clock apéro dînatoire de mes voisins brits. Ils ont remarqué en effet que Minnie se fait moins assidue chez eux, mais je n'ai pas eu plus d'explications. J'ai fait observer que le petit chat roux touffu qui pisse partout, qu'ils ont tenté en vain de déporter dans deux villages des environs, et qu'ils envisageaient dernièrement de livrer à la SPA, était toujours dans les parages. La raison en est, m'ont-ils dit, qu'ils n'arrivent tout simplement pas à l'attraper pour l'enfermer dans un panier de transport. Cet apéro substantiel m'a bien calé mais j'ai quand même continué de manger, par vice pur, une fois rentré chez moi. Les meubles de ma cuisine font des bruits, comme il y a deux ans, y compris des craquements assez forts, que je n'identifie pas, ni ne m'explique. J'en reviens à l'idée que cette pièce est hantée, mais Dieu sait par qui, ou par quoi...

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