Journal documentaire

mercredi 26 novembre 2014

haïku

Un envahisseur :
Il recouvrirait le monde,
S'il pouvait, le lierre.

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mardi 25 novembre 2014

paso

Je me souviens qu'une dame pas très au fait, voulant citer un titre de Pasolini, avait dit "Les 120 salauds".

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lundi 24 novembre 2014

renard

Le renard, pointu comme un chien, soyeux comme un chat.

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samedi 22 novembre 2014

nasse à rat

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Il y a deux semaines, j'ai capturé un rat. Depuis l'année dernière nous avions remarqué que le silo à compost, dans le jardin de Taussat, était visité par au moins une bête. De petites galeries peu discrètes, creusées autour, aboutissaient à l'intérieur, où la terre fraîchement remuée s'étalait autour du trou de sortie, parmi les déchets de cuisine. Nous nous demandions de quel animal il pouvait s'agir. J'ai longuement examiné toutes les possibilités plus sympathiques, avant d'accepter la probabilité du rat, vers laquelle me ramenaient mes spéculations et la lecture des forums, où d'autres que moi s'étaient posé la même question. La découverte d'un rat mort, gisant en plein compost, est venue confirmer l'hypothèse, il y a quelques mois. C'était en mon absence, et l'on m'a rapporté le fait, mais je n'ai pu examiner le spécimen, que l'on s'était empressé de bazarder. Vers la même époque, un voisin a tué un autre rat, qu'il avait surpris devant sa maison. Après quoi le compost a paru déserté, puis de nouveaux signes de fréquentation sont apparus. Alors j'ai envisagé d'attraper l'animal, au moyen d'une nasse que j'ai pour cela rapportée de mon hacienda charentaise. J'avais acheté ce bel objet en fil de cuivre il y a une quinzaine d'années, dans une coopérative agricole, pour la principale raison que son aspect me plaisait beaucoup. Je ne m'en étais servi que deux fois, dans les premiers temps, sans succès. La première, pour essayer de piéger un lérot, que je soupçonnais de hanter le grenier au-dessus de ma chambre. Au matin, le gruyère avait été mangé par des souris assez petites pour se faufiler entre les mailles. L'autre fois, j'ai posé le piège près de ma cabane dans le bois de Cunèges, et le lendemain j'ai dû constater que mon pauvre appât n'avait attiré qu'une colonie de fourmis. Depuis lors la jolie nasse, posée en haut d'une bibliothèque, ne servait plus que comme élément de décor, très à mon goût, et à épater les rares enfants de passage, sur qui elle faisait toujours forte impression. Mais enfin, l'ayant transportée sur place, voilà une quinzaine, je l'ai installée à l'intérieur du bac de compost, après avoir placé dans le compartiment deux bouts de fromage. Cela n'a pas raté. Le lendemain matin, j'avais un prisonnier. Qu'en faire? Le plus simple et le plus utile aurait été de le tuer, mais comment m'y prendre? et de toute façon, avec mon tempérament de chochotte écolo, je m'en sentais bien incapable. J'ai plutôt suivi l'idée à laquelle j'avais songé d'avance : ganté de cuir, par précaution, j'ai installé la cage dans le coffre de la voiture, et je suis allé libérer l'animal à un kilomètre de là, dans un bois, au lieu-dit du Pont-de-Titoune. Lorsque j'ai ouvert la petite porte, le rat s'est élancé hors du piège et s'est éloigné rapidement, en faisant des bonds. J'ai regretté de n'avoir sous la main, pendant que je détenais le captif, mon guide des Mammifères d'Europe, qui m'aurait peut-être indiqué quel détail particulier observer pour déterminer l'espèce. J'ai cependant chargé mon aide de camp de photographier la prise, avant d'aller la relâcher. De passage à la Croix maintenant, j'apprends dans le manuel que les deux espèces d'aspect semblable, le Rat noir (Rattus rattus) et le Surmulot (Rattus norvegicus), se distinguent principalement selon que la queue est plus ou moins longue que le corps, ce que j'aurais été bien en peine de vérifier. Point de regret, donc.

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vendredi 21 novembre 2014

notes de lecture

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Je devrais peut-être en avoir honte, mais j'avoue que la lecture du premier des Sueños de Quevedo, celui du Jugement dernier, m'a assez ennuyé pour me décourager d'aborder les suivants.

De toute façon je n'ai plus vraiment le temps de lire des livres ces derniers jours, depuis que je me suis plongé dans la relecture des lettres de Michel Ohl. Je ne le connaissais peut-être pas depuis aussi longtemps qu'il me semblait. Il parle à un moment de nos «retrouvailles» (le moment où nous sommes vraiment entrés en relation suivie) par opposition à nos «trouvailles» (la première rencontre, sans suite, datant de quelques mois ou années auparavant, je ne peux dire). Or lesdites «retrouvailles» ne sauraient remonter bien au-delà des premières lettres, à la mi-88. Ces vingt-six années de courrier (1988-2014) remplissent une petite caisse et me replongent dans les souvenirs. En outre je m'occupe à les copier sur un fichier d'ordi. Je ne sais si j'irai jusqu'au bout, mais en attendant cela m'occupe, et ne me laisse pas non plus beaucoup de temps pour écrire. Ce qui n'est pas un mal, au vu de la loi statistique selon laquelle moins j'écris, moins j'écris de conneries.

De passage à la Croix, j'ai tout de même lu cette nuit Le rêve américain, qui était arrivé dans le courrier. C'est le «travel sketchbook» de Lolmède, d'un voyage organisé à travers les USA. Le récit est mené comme le voyage, au pas de course, mais sur une bonne soixantaine de pages, fourmillant de détails. A un moment le chauffeur du bus leur passe le dvd de Duel, que j'ai vu et revu. Depuis lors Spielberg a fait plus coûteux, mais jamais mieux que ce premier film.

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vendredi 14 novembre 2014

science et opinion

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Dans une vénérable revue universitaire, je choisis de lire un article de douze pages touchant «La politique sanitaire du gouvernement français à l'égard des réfugiés espagnols de la guerre civile». Ce n'est pas que le sujet me passionne, mais je m'y intéresse à l'occasion car j'ai remarqué plus d'une fois que c'est un point sur lequel les Espagnols, en tout cas certains d'entre eux, ne manquent pas de reprocher à la France le rude accueil que leurs compatriotes y ont trouvé. Les plus vindicatifs semblent sous-entendre que si c'était à eux qu'il avait échu d'accorder l'asile à leurs voisins en fuite, ils auraient sans doute beaucoup mieux fait. «Oh, voilà 500.000 étrangers qui déboulent tout soudain dans le pays, dont une bonne part d'éclopés, de vérolés, et de révolutionnaires fous furieux. Le super cadeau! La bonne nouvelle! Entrez donc, chers amis, et tenez, voici justement 500.000 emplois, et 500.000 logements tout équipés, qui n'attendaient que vous!» Allons, je plaisante. Cet article n'apporte pas de révélation bouleversante, mais enfin il informe bonnement sur le thème annoncé par son titre. Je m'estimerais satisfait de l'avoir lu, si je n'avais été déçu par deux phrases, qui arrivent dans le courant du texte comme deux cheveux sur la soupe, et dont le sens me paraît suspect. La première se trouve à la dixième page : «Aucun cas de contagion cependant n'était à signaler parmi la population française [en février 1939], ce qui prouve bien que les déclarations alarmistes diffusées à maintes reprises dans la presse réactionnaire relevaient du pur phantasme.» Ah. Le propos étonne, car nulle part avant ni ensuite il n'est question de la dite «presse réactionnaire» (passons sur le caractère médiocrement scientifique de l'appellation) dont les «déclarations alarmistes diffusées à maintes reprises» ne sont ici documentées que par un malheureux fragment de trois lignes, produit en note, dans lequel un inconnu alerte son lectorat des risques présentés par la gale et d'autres maladies contagieuses portées par certains réfugiés : or si cette mise en garde relève du «pur fantasme», on se demande si c'est en proie aux hallucinations que les autorités françaises s'employaient, depuis des semaines et des mois, à soigner, épouiller, désinfecter et vacciner des flots d'arrivants. La deuxième phrase fâcheuse est la première de la conclusion : «Au terme de ce bref parcours, il apparaît que la politique sanitaire menée par le gouvernement français à l'égard des réfugiés espagnols de la guerre civile ressortissait davantage à une logique de police qu'à une action humanitaire et généreuse». Là encore, le jugement est abrupt et déconcerte d'autant plus que le corps de l'article ne semblait pas particulièrement devoir y conduire, exposant au contraire que les autorités françaises, sérieusement préoccupées, n'ont pas ménagé leur peine, non plus que les associations caritatives qui leur prêtaient main-forte. Pour quelque raison l'auteur aura jugé avantageux de bien faire voir qu'il dégueulait sur la droite, et sur la France. Pour ma part j'ai trouvé ces traits d'opinion déplacés, dans le contexte, et peu convaincants sur le fond.

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mardi 11 novembre 2014

sur deux livres de pío moa

L'historien et journaliste espagnol Pío Moa s'est rendu célèbre par les études qu'il a consacrées à l'histoire contemporaine de son pays, notamment aux périodes de la deuxième république, de la guerre civile et du franquisme. J'ai déjà eu entre les mains plusieurs de ses ouvrages, dont le plus connu est Los mitos de la guerra civil (2003) et le plus malicieux Franco para antifranquistas, en 36 preguntas clave (2009). Je n'entreprendrai pas d'exposer ici les argumentaires de Moa, que l'on peut résumer comme une mise en question systématique du point de vue de gauche actuellement dominant dans les médias et l'université, une tentative polémique d'établir a minima en quoi le camp nationaliste n'avait pas que des torts, et en quoi le camp républicain n'avait pas que des mérites. Dernièrement, j'ai pris le temps de m'intéresser à deux livres atypiques dans la production de l'auteur, deux livres dans lesquels il transmet des expériences personnelles : «De un tempo y de un país» et Viaje por la vía de la Plata.

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«De un tempo y de un país» (les guillemets font partie du titre, il s'agit d'une citation) sous-titré La izquierda violenta (1968-1978) paru au début des années 80 et réédité en 2002, raconte l'époque où Moa, encore jeune (il est né en 1948), donc bien avant d'aboutir aux convictions conservatrices qui sont aujourd'hui les siennes, fut un militant communiste, de l'extrême gauche maoïste, puis s'engagea dans le groupuscule terroriste Grapo (Groupes de Résistance Antifasciste du Premier Octobre) lequel se signala par plusieurs enlèvements et attentats meurtriers. L'ancien combattant marxiste-léniniste retrace là parallèlement son itinéraire politique (les infinies controverses, analyses, accords et discordes, etc) et géographique (ses différentes résidences aux quatre coins de l'Espagne, dont plusieurs années dans la clandestinité). Malgré les qualités du style, notamment la clarté, j'avoue ne pas avoir eu le courage de lire avec une attention égale toutes les pages de ce document, dont la part de confession personnelle, sincère et amère, m'a touché plus que la part de témoignage historique, laquelle me renvoyait en outre aux mauvais souvenirs de mes propres égarements de jeunesse (fort heureusement je n'ai pas d'activité criminelle à me reprocher, mais enfin j'ai été un temps le compagnon assez proche du même genre de fanatiques, dont je gobais l'imbuvable charabia (je retrouve ici leur vocabulaire, par exemple ils traitaient les pro-soviétiques de «révisionnistes», en abrégé les «révis»!)). Mais c'est là sans conteste un témoignage sérieux et intéressant.

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Viaje por la Vía de la Plata est le récit paru en 2008 d'un voyage, ou plus exactement d'une série de petits voyages effectués plus de vingt ans auparavant, en 1986 et 1987, le plus souvent à pied, parfois en recourant au bus ou à l'auto-stop, le long d'une ancienne voie romaine reliant le sud de l'Espagne, dans le secteur de Séville, à la province nordique des Asturies. A l'époque du récit, Moa est un intellectuel madrilène célibataire et désargenté, approchant la quarantaine. Il conçoit son projet de voyage dans le but, entre autres, d'en tirer un livre qu'il pourrait présenter à un concours littéraire. A sept reprises, lorsque ses moyens le lui permettent et que la saison s'y prête, il quitte la capitale en train et se rend dans l'ouest du pays afin d'y parcourir pendant quelques jours l'un des tronçons de l'itinéraire. Le nom trompeur de la Vía de la Plata ne désigne pas, comme il semble, une Route de l'Argent, mais proviendrait de la déformation du mot arabe Balat, signifiant lui-même «chemin dallé». Cette voie, qui suit de plus ou moins près les routes actuelles, est aujourd'hui une attraction touristique sans doute mieux balisée que du temps où l'auteur l'a parcourue. Elle lui apparaissait par moments clairement, mais à d'autres il lui fallait la chercher hors des sentiers battus, de sorte qu'il est souvent amené à franchir des clôtures et parfois il s'égare. La «carte militaire» à laquelle il fait parfois allusion, équivalent probable de ce que nous appelions jadis les «cartes d'état-major», ancêtres des cartes topographiques de l'IGN, ne lui apporte pas toujours grande aide, mais il avoue à un moment qu'elle date de 1959… Prenant exemple sur certains prédécesseurs, l'auteur parle de lui-même à la troisième personne («le voyageur», «l'homme au sac à dos» etc, fait ou dit ceci ou cela). Sur un point la curiosité du lecteur est déçue dans les premiers chapitres, du fait que l'auteur prend le parti de ne jamais dire où il trouve refuge pour la nuit, interrompant son récit dans la soirée pour ne le reprendre, après une ellipse, qu'avec la mise en route du lendemain, mais il cesse d'en faire mystère, dans la suite de l'ouvrage. Dans l'ensemble j'ai beaucoup aimé ce livre attachant, fourmillant d'anecdotes et d'observations, où alternent les passages narratifs et descriptifs, des transcriptions de dialogues et de brèves méditations. Pour transmettre une part des plaisirs que j'ai trouvés à cette lecture, je terminerai en évoquant une dizaine de points (et en traduisant au besoin des passages). Pages 29-30, Moa se dispute avec lui-même, sur la politique, et son ancienne conscience de gauche, fâchée, le vouvoie! Pages 32-33, un vibrant éloge de la taverne («une des plus hautes réussites de la civilisation»), qui plaît par sa force de conviction, même à celui pour qui, comme moi, ce n'est pas le biotope d'élection. Page 36, alors qu'il visite une ancienne maison d'écrivain, l'idée que «les fantômes existent», parce que nous ressentons la présence des disparus dans les lieux qu'ils ont fréquentés, et qu'il nous semble écouter leur voix lorsque nous lisons leurs écrits. Page 44, cette évocation d'un joli coin de campagne où la nature n'est «ni très sauvage ni très exploitée, où l'empreinte humaine est discrète.» Page 72, cet écriteau remarqué dans une gargote : «Ne parlez pas trop de vous. Nous le ferons quand vous serez parti.» Page 155, alors qu'à la nuit tombée il se trouve dans un bus dont les phares n'éclairent qu'une image fugitive des lieux traversés, son impression que telle est notre «conscience limitée du monde», dans le parcours de la vie. Page 183, ses ronchonnements contre les «vulgarités paramarxistes» qu'il relève dans les explications tendancieuses des panneaux d'un musée. Page 186, il rapporte ce commentaire d'une de ses connaissances, qui vivait au Pays Basque : «Dès que tu passes la frontière, tu te rends compte que tu es dans un autre pays. A l'heure où ici tout le monde sort dans la rue pour discuter et prendre des pots, en France ils rentrent chez eux regarder la télévision, et les rues se vident.» Cela m'a rappelé la rue de la petite ville de province où j'habitais enfant, toujours très déserte et silencieuse le soir, y compris les soirs de fête, mis à part, dans ces occasions, le petit vacarme qui provenait invariablement de la seule maison des immigrés espagnols. Page 205, ces considérations d'un ami historien sur le fait que la Reconquête avait amené plus au sud quantité de nobles des provinces du nord, des gens «anoblis, on suppose, pour quelque participation brillante aux combats, ou bien ils gagnaient leurs titres par manoeuvre, intrigue, ou falsification. D'autres par intérêt politique. Les Golfines, par exemple, étaient des sortes de brigands qui vivaient sur la frontière même, dans le no man's land, et s'attaquaient aussi bien aux Arabes qu'aux chrétiens. Ils menaient une vie précaire mais représentaient une véritable force, un grand danger. La seule façon de les stabiliser, ou disons de les civiliser un peu, a été de leur donner des terres et des titres nobiliaires (…)». Enfin pages 256-257, cette interrogation sur ce qu'avaient pu être les réactions aux invasions venues du Nord, à la fin de l'époque hispano-romaine : «… le voyageur se demande comment les habitants de Caparra avaient réagi à l'approche du danger. Qu'avaient ressenti en ces jours-là ceux qui pendant des années s'étaient consacrés à jouir de leur vie sociale, à murmurer, à intriguer, ou à prendre le frais aux portes de la ville. Ils avaient dû penser à leurs familles, à leurs jeunes enfants, à leurs propriétés menacées. Leur regard sur le paysage avait dû se charger d'angoisse. Certains avaient dû fuir, d'autres cacher leurs bijoux et leur argent dans l'espoir que l'ennemi ne fasse que passer, certains avaient pu appeler à s'organiser et à résister, d'autres avoir l'idée de s'attirer les bonnes grâces des envahisseurs pour, à leur service, gagner des positions dans la ville ou dans ce qui en resterait, d'autres avaient pu profiter du désordre pour piller ou exercer des vengeances personnelles… Beaucoup d'esclaves avaient pu en profiter pour s'échapper, ou se mettre au service des barbares contre leurs anciens maîtres. Dans tous les cas, à ces gens habituées depuis un temps immémorial à la tranquillité publique, les invasions ont dû paraître doublement horribles : par leur impuissance à y résister, et par l'impression qu'un monde s'écroulait...»

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jeudi 6 novembre 2014

duchamperie

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IL.H.O.O.Q.

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mercredi 5 novembre 2014

l'échelle de jacob

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lundi 3 novembre 2014

mythes et impostures

4687gJ'ai lu avec intérêt quelques chapitres du bon livre de César Vidal, Mitos y falacias de la historia de España (Barcelone, 2009). Le journaliste et historien, plutôt conservateur, s'amuse à prendre le contre-pied d'une vingtaine de légendes roses, répandues dans la vulgate «progressiste». Par exemple, non, rien ne prouve que Cervantes descendait de chrétiens nouveaux, non, les Hispano-américains n'étaient pas tous de fervents indépendantistes, non, le droit de vote des femmes en Espagne ne fut pas une conquête de la gauche, etc. Un des points qui m'a le plus intéressé est ce qu'il dit du poids de la franc-maçonnerie dans les indépendances hispano-américaines (s'il est vrai que Hidalgo, San Martín, O'Higgins, Miranda et Bolívar lui-même en étaient), et de l'influence de la même dans la constitution républicaine de 1931.

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samedi 1 novembre 2014

huis etc

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Il est de ces menus mystères que l'on traîne parfois de longues années par-devers soi sans les résoudre, parce qu'ils ne sont pas assez importants pour qu'on s'en donne la peine, ou que les circonstances ne s'y prêtent pas, etc. Ainsi, pour moi, la question de savoir comment les Hollandais prononcent la diphtongue «ui», que l'on trouve par exemple dans «huis» (la maison). Venant à y repenser l'autre jour, j'ai tiré profit des commodités nouvelles de la recherche d'informations en ligne, et j'en ai aussitôt eu le coeur net. Cela se prononce comme le français «oeil», à ce que j'ai compris. Heureuse époque. Encouragé par ce succès, j'ai résolu dans la foulée une autre énigme linguistique, touchant précisément le même mot néerlandais «huis», dont je me demande depuis longtemps, sans avoir le courage d'aller vérifier, s'il  est bien, comme il semble, un parent du français «huis», désignant la partie mobile d'une porte, par opposition au chambranle fixe. De la maison à la porte, le sens diffère, mais peut être rapproché, par métonymie. Or les termes n'ont rien à voir, paraît-il. Le «huis» hollandais a la même racine germanique que l'allemand «Haus», l'anglais «house», et d'ailleurs le français «hutte», tandis que notre «huis» a une origine latine toute différente. Les deux sosies ne se ressemblent que par coïncidence.

Pour plaire à une connaissance, qui collectionne les cartes postales figurant des recettes de cuisine, dont elle possède déjà un bel assortiment, j'en ai commandé par correspondance quelques unes, aussi exotiques que possible. Certaines, provenant de Maatinique, portaient des intitulés mystérieux, comme le Blaff de poissons, ou le Matoutou de crabes. Je ne sais si j'aurai l'occasion de goûter ces plats, mais j'aurai au moins savouré leurs noms.

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vendredi 31 octobre 2014

il y a quelques jours

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A l'entrée de ce nouveau week-end, je repense à celui de la semaine dernière, qui avait commencé pour moi dès le jeudi. Je me proposais de faire cette fois ma visite mensuelle en Charente, et comptant profiter du trajet d'aller pour accomplir avec un peu d'avance la tournée de Toussaint des cimetières familiaux, j'avais pris à cet effet quelques heures de congé pour être libre dès le jeudi midi. La journée devait s'avérer plus funéraire encore que je ne l'avais prévu, car ce fut le jour de l'enterrement de Michou. Je n'envisageais pas de l'accompagner en milieu d'après-midi jusqu'à sa dernière demeure au fin fond des Landes (où je me réserve toutefois d'aller un de ces jours), mais je pouvais au moins assister au service religieux qui se tenait à Bordeaux sur les deux heures, en la chapelle de l'hôpital Saint-André, sans me retarder trop. Comme chaque fois que je dois affronter une situation inquiétante, j'avais auparavant avalé un calmant. Il m'a en effet détendu, mais ne m'a pas rendu plus bavard que d'habitude, et j'étais à peu près incapable de parler, sauf pour saluer les gens que je connaissais, ou répondre aux rares questions que l'on m'a posées. J'ai revu là, comme il arrive dans ces circonstances, quelques personnes que je n'avais pas rencontrées depuis longtemps. Sans en avoir la certitude, j'ai cru reconnaître dans l'assistance deux éditeurs qui ont bonne réputation, mais auprès de qui je dois en avoir une assez mauvaise, si je me rappelle bien du peu d'égards avec lesquels il avaient refusé jadis quelque traduction que je leur proposais (était-ce Kilodney? un auteur que Michel prisait, pourtant) ou alors je me trompe et maintenant qu'importe... La cérémonie était bien conçue, sobre, agrémentée de musique religieuse russe en sourdine. La dame qui officiait avait un léger accent («Est-elle allemande?» a demandé quelqu'un à la fin près de moi) mais parlait d'une voix claire et agréable. A un moment le fils du disparu, Nicolas, a lu une déclaration, avec une assurance remarquable, que je lui ai enviée. Quant tout fut terminé, comme je ne suis pas bien à mon aise dans ces occasions sociales, et comme par ailleurs j'avais encore fort à faire, je suis parti sans m'attarder. Il me fallait d'abord regagner ma voiture en banlieue, où je me suis rendu comme j'en étais venu, en voyageant debout dans un tramway-bétaillère, bondé d'étudiants jacassants. Mais ensuite j'ai fait bonne route, et j'ai eu le temps de distribuer mes chrysanthèmes à Moragne et à Vandré, avant de rejoindre La Croix. Je me suis écroulé ce soir-là sans cachet et j'ai dormi d'un trait du soir jusqu'à l'aurore. On annonçait un temps maussade mais il a fait assez beau pendant ces trois jours, j'ai pu tranquillement vaquer à mes affaires et visiter les bois. 

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mercredi 29 octobre 2014

le cinéma de A à E (suite)

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Vu en partie le film de Fernando León de Aranoa, Barrio (1998). Des jeunes gens assez laids mènent une vie très moche dans un quartier ignoble, au son d'une musique assommante. Ce spectacle médiocre, financé entre autres par la télévision d'état espagnole et par Canal Plous, est d'un tel ennui qu'arrivé à mi-parcours, n'ayant aucun espoir que la deuxième moitié m'intéresse plus que la première, j'ai laissé tomber pour abréger mes souffrances. Je plains sincèrement les candidats au Capès d'espagnol, pour qui ce navet est au programme de 2015 (avec des oeuvres de Tirso de Molina, Gabriel García Márquez et José Martí, cherchez l'intrus). J'espère qu'ils auront bien appris leurs leçons et qu'ils sauront dire ce qu'il faut aux examinateurs. E.

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samedi 25 octobre 2014

Lettre documentaire n° 498

MICHEL OHL DANS LE COURRIER DES LECTEURS DU JOURNAL DOCUMENTAIRE

Je réunis dans cette Lettre des commentaires de Michel à mon blog Journal documentaire. Il ne s'agit pas ici des commentaires qu'il m'a adressés par courrier privé, mais seulement de ceux postés en ligne. Les dates indiquées sont celles des entrées du Journal, auxquelles Michel avait réagi soit le jour même, soit ultérieurement. J'indique aussi les pseudonymes sous lesquels il a signé. (Les lecteurs du blog souhaitant retrouver la version intégrale des entrées peuvent recourir au lien «Toutes les archives»).

 Le 19 novembre 2008, à propos de ma traduction du texte de Crad Kilodney, «Polycarpe, l'homme aux nombreuses carpes» (Ld 441) : «L'histoire de Polycarpe est excellente. Je vous signale incidemment, pour faire un peu l'intéressant, ce personnage du brillant romancier Jean-Pierre Ohl : l'Ecossais Andrew Lockhart, au milieu du XVIe siècle, «fit creuser un bassin» pour y épouser «en secondes noces, à l'âge de quatre-vingt-douze ans, un thon blanc de cent cinquante livres» (Les maîtres de Glenmarkie, Gallimard, 2008).» Signé : Docteur Michou.

Le 30 juin 2009, à propos d'Un chien andalou de Bunuel, dont j'avais dit qu'il était «long d'un quart d'heure à peine» : «Un chien andalou ne dure pas un petit quart d'heure, mais un gros quart d'heure. L'ennui, si l'on veut faire du chien andalou une unité de temps («Rendez-vous chez Juju dans un chien andalou», «Un chien andalou et je suis à toi»), c'est que la durée du film varie selon les sources : 16 ou 17 minutes. Il faudrait s'entendre aussi sur la durée du chien-chien à sa mémère andalou, et de la meute andalouse. DEVOIR DE VACANCES : J'ai vu Un chien andalou il y a 45 ans, au ciné-club «Le Concorde», près du café Montaigne. Sachant que le balai russe est à l'an vulgaire comme la verste au kilomètre, convertissez ces 45 ans en balais russes. Evaluez ensuite, en chiens andalous de 16 mn 30, le temps consacré à ce calcul.» Signé : Chrononos.

Le 19 octobre 2009, comme j'annonçais que j'avais fait imprimer mes traductions de L'Expatriote de LLoyd Dunn et des Rrêves de John Bennett, livres que Michel entendait m'acheter lors d'un prochain rendez-vous : «Aboulerai pèze Dunn Bennett heure et lieu dits à la Saint-Richard. Prévoir marchandise. Pas d'entourloupe!» Signé : Mickey-le-Réglo.

Le 16 janvier 2010, comme je parlais des bienfaits psychologiques du lavage de la vaisselle, il donne cette citation : «Robert Graves m'a dit un jour que la vaisselle était la meilleure aide pour la pensée créative et je crois qu'il a raison.» Agatha Christie, Autobiographie, p 312. Signé : Borgesito.

Le 3 juin 2010, comme j'avais publié l'anagramme «En Saintonge, Songe naît» : «Le bon citoyen d'Anagrammatopolis préfère naturellement la version originale, avec S majuscule à Songe, bien plus fidèle à l'esprit et à la lettre.» Signé : Hector Torche.

Le 3 août 2010, comme j'avais observé que l'on abrège «calvados» en «calva» mais pas «armagnac» en «arma» : «Abréger Armagnac serait un sacrilège car cet alcool divin vous donne le mordant, le GNAC, qui abat tous les obstacles. Vous finissez par mordre la poussière, bien sûr, mais c'est anecdotique.» Signé : Miquéu.

Le 11 août 2010, comme je déplorais que le mot «jungle» doive se prononcer «jongle», à quoi Mathieu P répondait en citant approximativement un passage d'une chanson de Gainsbourg, et en parlant de prononciation méridionale, Michel précisait : «Sans vouloir chercher des poux dans la tête à Mathieu : "Enfonce bien tes ongles /  Et tes doigts délicats / Dans la jungle / De mes cheveux, Lisa."» Signé : Sokolov.

Le 18 octobre 2010, comme j'avais dit que je n'aimais pas les voyages, et que les voyageurs étaient des gens qui ne se trouvaient pas bien chez eux, il apporte ces deux citations : «"Oh! ne quittez jamais le seuil de votre porte! / Mourez dans la maison où votre mère est morte!" A. B. "Je hais mon siècle, étant de ceux qui pensent que le bonheur suprême est de n'avoir jamais à sortir de chez soi, de vivre et de mourir dans la maison de ses ancêtres, de faire tous les jours la même promenade et de veiller sur un jardin." A. C.» [Auguste Brizeux et Albert Caraco] Signé : David Muralla.

Le 21 octobre 2010, comme j'avais signalé que le mot charentais pour «aujourd'hui» est «aneut», c'est-à-dire «cette nuit» : «Et si "aneut" était une variante d'"an'hui" ("en ce jour")?» Signé : Sébastien Naïvo.

Le 8 novembre 2010, comme j'avais rapporté le souvenir bizarre d'un jour où je m'étais coupé les ongles en oubliant ceux des index, cette réflexion (dont j'avoue n'être pas sûr du sens) : «Et si l'assemblage des seules lettres de ce troublant souvenir tapées de l'index donnait la clé de son mystère?» Signé : Julot l'Intuitif.

Le 22 mars 2011, comme j'avais commenté favorablement la biographie de Tourgueniev par Troyat : «Belle occasion de saluer Henri Troyat. Même ses pairs l'ont «expédié» de façon assez odieuse. Je me souviens, dans son livre, du poétique «flûtiste des lettres» de la méchante maman Tourgueniev. Et Ivan avait baptisé son sofa Samoson (autosommeil, qui endort de soi-même»), c'était donc un bon gars.» Signé : Oblomov.

Le 30 mars 2011, comme je m'étais demandé s'il existait des misanthropes de gauche, sur quoi un lecteur proposait Thomas Bernhard : «J'ai lu et relu l'oeuvre admirable de Thomas Bernhard et je ne me suis pas demandé s'il était de gauche, de droite ou d'ailleurs, ses mots vont avec lui à l'abîme, gauch', droit', gauch', droit', repos éternel, misanthrope il l'a été sans doute, mais depuis qu'il est mort (à Ohlsdorf), qu'est-il devenu? il faudrait aller l'exhumer de son cimetière de Vienne, mais c'est très loin et ça ne nous apprendrait pas grand-chose je pense (donc je suis encore : bravo).» Signé : Profil tordu.

Le 10 mai 2011, comme je me moquais d'une affiche proclamant que «Dans libraire, il y a libre», observant qu'il y avait aussi «braire», Michel s'auto-cite : «Libraire : lire et braire de concert (chez l'Ane-Savant, etc.)» Chez le libraire, p. 186. Signé : Lison Juskogla.

Le 17 mai 2011, comme, puisant nonchalamment dans Google Images, j'avais pris une photo de Daudet pour une de Gautier : «En la foto, parece Daudet Alfonso, no?» Signé : Zorro.

Le mercredi 20 juillet 2011, Michel m'ayant demandé d'accuser réception au plus vite quand j'aurais reçu un courrier important, qui devait contenir certain quatrain, par exemple en l'avertissant discréto par un message dans les commentaires de mon blog, je m'exécute justement sous la forme d'un quatrain : «Message privé / Pour aller bon train / La lettre au quatrain / Est bien arrivée». A quoi il répond : «Merci du message! / Ainsi, l'âme en paix, / Tel un enfant sage, / Je m'endormirai.» Signé : Oblomov.

Le 30 juillet 2011, comme je me moquais de la nouvelle manie du métissage, s'étendant à divers domaines : «Côté cuisine je me demande si La Belle Truite Meunière obtenue en mixant La Belle Meunière et La Truite de Schubert serait digeste? J'ai peur que non.» Signé : Joaquim-Michel.

Le 9 septembre 2011, comme j'avais reproduit une fausse pétition envoyée à Sud-Ouest, dans laquelle Michel protestait contre les nouveaux cachets de la poste («Rendez-nous le cachet qui faisait vraiment foi!»), un lecteur s'étant exclamé : «Grandiose!», l'auteur tempère : «N'exagérons rien.» Signé : Papa Julien.

Le 17 novembre 2011, comme j'avais signalé qu'un de mes aïeux s'appelait Chéri Billé, après quoi un lecteur (Frédéric Roux) estimait que ce nom faisait un «joli contrepet», Michel demande : «Lequel?» Signé : Luce Moulinette. [Luce Moulin était je crois une ancienne amie commune des deux personnages]

Le 29 décembre 2011, comme je me demandais si Jacques Mesrine s'était fait aider pour écrire L'instinct de mort : «M'est avis que le malin bonhomme était de taille à l'écrire tout seul. 1977, si je me souviens bien, c'était Lattès, que Mesrine avait menacé d'abattre au fusil à pompe s'il ne lui versait les droits d'auteur… (Lettre en papier non piégée la semaine prochaine.)» Signé : Bravachol.

Le 11 janvier 2012, comme la lecture de Jünger m'avait amené à réfléchir sur les verbes dérivés des noms de couleur : «Jünger est sauf erreur le champion de longévité du Petit Larousse, mais il devance de peu (4 mois) le savant Chevreul (1786-1889), lequel emploie le mot «violeter», donner une teinte violette, dans l'un de ses ouvrages théoriques touchant les couleurs. Ce digne homme étudiait les effets du vieillissement sur le corps humain quand la mort… je n'en dis pas plus.» Signé : Pedanteski.

Le 30 août 2012, comme je déplorais que les jeux paralympiques ne fussent ouverts, me semblait-il, qu'aux handicapés physiques : «Si cela peut te soulager, mon cher, une centaine de handicapés mentaux participent à ces «Paralympiques», en athlé(tisme), nage et tennis de table, je crois même en avoir vu aux JO «normaux», surtout parmi les commentateurs, mais je peux me tromper, je n'ai pas la forme olympique en ce moment.» Signé : Andy Capp.

Le 28 septembre 2012, son oeil de lynx permet à Michel de repérer que j'ai lu en fait dans deux éditions certains textes de Nabokov, dont je parle en n'en citant qu'une : «Page 192 du chapitre VII : "une course de taureaux à Saint-Sébastien, saccadée, clignotante, mais passionnante comme tout", à comparer avec "une corrida, pleine de secousses et de crachin, mais terriblement excitante, à San-Sébastien", version sans doute évoquée dans Nach San Seb. Ce chapitre VII reprend Premier amour, souvenirs plutôt que nouvelles. Souvenirs aussi, Mademoiselle O, chapitre V, écrit en français (recueil éponyme), puis en anglais. La prochaine fois,» [La phrase semble interrompue par un incident technique] Signé : Prof.

Le 27 décembre 2012, alors que je glosais sur la chanson de Hugues Aufray «Le rossignol anglais» et le sens mystérieux de son refrain : «Je la chantais il y a 45 ans, il me faudrait aujourd'hui beaucoup de mignonnettes de liqueur. Delanoë s'amuse à semer ses chansons de bizarreries (Quelque chose et moi), ça reste énigmatique, la fille veut dire «Chante, chante, bel oiseau, tu me racontes des histoires!», mais le galant repart pour de nouvelles aventures, c'est peut-être ça… En tout cas, il va sur ses 83 ans, le rossignol… Meilleurs voeux à lui, et à toi aussi, mon cher. (Et je suis en train de la chantonner en douce…)» Signé : Gioacchino.

Le 9 janvier 2013, à propos de ma traduction du texte de Crad Kilodney, «La pantalon secret de Mahomet» (Ld 490) : «Merci de ce précieux document.» Signé : Nasr Eddin.

Le 15 avril 2013, comme j'évoquais la figure d'Al Ackerman, récemment disparu : «Triste nouvelle… Maître Ling m'a beaucoup marqué. Je me souviens bien de cette critique élogieuse. Et je me demande si les pataphysiciens n'en ont pas parlé, eux aussi, dans leur revue (la comparaison avec Jarry est très judicieuse).» Signé : Un fervent.

Le 23 juillet 2014, comme j'évoquais la livrette juste reçue dans laquelle Michel avait recueilli un choix de citations de Gyula Krúdy, observant que la plupart portaient sur les deux au-delà que sont la mort et les rêves : «Oui, la mort et les rêves. Avec des messagers, peut-être… Merci à toi.» Signé : Ivanovitch.

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vendredi 24 octobre 2014

dernières nouvelles de michou

Je recopie ici la dernière lettre que j'aie reçue de Michel Ohl, postée le 19 juillet :
«Cher Philippe, alors comme ça je ne te connais plus dans cette étrange boutique [voir au 18 VII]. Je viens de lire et il y a beaucoup d'effroi dans ces récits pour moi. J'ai envoyé un Krúdy [voir au 23 VII] à Baudouin (j'espère qu'il demeure tjrs à Sainte-Foy) et je crois bien t'avoir oublié... Pourtant, le Domaine Hongrois te doit pas mal... Ce «choix» date de 2 ans je pense. Sur l'original j'avais mis une photo de Krúdy, et pas de titre, mais celui de Zieg [Gyula Krúdy ou la nostalgie] est très bon, mais il n'aurait pas dû mettre mon nom, enfin on ne va pas se battre au couteau de boucher pour ça! Chalamov, mon cher, j'ai été chamboulé par ses Récits, je les ai tjrs (Verdier), mais je ne les relirai sans doute pas. Je sors de l'hosto car je dégobillai ma pitance, ils pensent que c'est «mécanique», dû à ma position trop allongée. J'ai à présent une prothèse dans l'oesoph', au moins une bonne chose, car je peux avaler eau, café (je brave la contre-indication) et même soupe claire. Joie, joie, pleurs de joie! Ca me rappelle le point final de mes relations avec le CRL, vers 1980 ou 82. Ils m'ont proposé de siéger à une commission pour donner un prix. Ca m'a atterré. J'ai envoyé un télégramme (bel exercice hélas! disparu) au CRL : ACCEPTE SIEGE GROSSE COMMISSION - JOIE JOIE PLEURS DE JOIE. Depuis ils m'ont laissé peinard. Je suis ahuri de tout ce que j'écris ce matin! Il est vrai que j'ai pris un bon remède stimulant. J'ai des calmants assez efficaces aussi. J'aurais pas mal de commentaires pour ton journal, mais je commence à fatiguer. Ton ami est du genre pilier de bar? [voir au 14 VII] comme bibi autrefois. Ah, je le suis encore, en rêve, je fume, je bois, je me cuite, je m'éveille en tombant. Ce qu'un auteur suisse appelait Mr Crab, progresse à une allure d'enterrement! mais je suis bel et bien fait comme un rat (je me dis que c'est le cas de tout le monde). Amitiés. Michel»

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mercredi 22 octobre 2014

souvenir de michel ohl

MichelOhl

C'est un vieil et très cher ami que j'ai perdu ce lundi 20, en la personne de Michel Ohl. Nous nous connaissions, je pense, depuis le milieu des années 80. Je n'ai pas le souvenir précis de notre première rencontre, mais des copains m'assurent que ce fut un soir où il traversait Bordeaux ivre mort, soutenu par deux comparses, et le trio avait fait halte dans la galerie de Rétho, où j'exposais, rue du Chai des Farines. Peut-être ne nous sommes-nous même pas parlé à ce moment. Je dirais que nos relations ont commencé de se lier quelque temps plus tard, une fin d'après-midi où nous nous étions retrouvés, lui, moi et Guy-Marie, probablement chez ce dernier, vers le haut du cours Victor Hugo. Il était encore gris, comme souvent alors. Je me souviens qu'il avait dû passer un coup de téléphone, et s'adressant à quelque secrétaire, il épelait son patronyme en définissant chaque lettre par un nom inhabituel (… L comme Lalo). Nous nous sommes vus dès lors régulièrement, et j'ai quelque gêne à repenser qu'à cette époque j'ai été quelquefois son compagnon d'ivrognerie, y compris en public. Je ne me souviens pas de l'avoir vu dans l'appartement où j'ai passé deux ans rue Saint-Rémi, vers 85-87, mais il a dû y venir car nous nous fréquentions déjà alors, et même dès les derniers temps où j'habitais rue de la Vieille Tour. Je le revois bien, en revanche, j'ai du reste des photos de lui dans le logement de la rue du Mulet, où j'ai vécu de 88 à 92. C'est dans cette période qu'il est entré dans le cycle des graves maladies. Nous nous sommes vus moins souvent dès lors, car par force il a commencé à mener une vie plus retirée. De mon côté aussi c'est dans ces années que j'ai renoncé à la bohème pour me mettre au travail, et je suis devenu moins disponible pour les rencontres. J'allais parfois lui rendre visite chez lui, rue Jean Soula, dont le nom l'amusait. Il se réjouissait de résider au numéro 33 et juste en face du numéro 40, les nombres évoquant pour lui ses chères Landes natales et la Gironde adoptive. Il venait quelquefois me voir rue Sainte-Catherine tôt le matin, avant que j'embauche. Il fumait des Gitanes puis se brossait les dents dans ma cuisine pour tâcher de perdre l'odeur, avant de repartir chez lui. A chaque rencontre nous trafiquions, nous nous prêtions, nous rendions ou nous offrions des livres, des papiers. Nos rencontres se sont encore raréfiées après le tournant du siècle, quand j'ai pris l'exil vers Talence puis Pessac, lui vers Caudéran. Il fut un temps où, comme il était difficile de nous rendre l'un chez l'autre, et qu'il ne fallait pas entrer dans un café, j'avais institué le principe de nous donner rendez-vous dans les églises, qui sont des lieux assez paisibles et de nos jours souvent déserts. Nous nous sommes vus ainsi à Saint-André, à Saint-Ferdinand, à Saint-Louis, peut-être à Saint-Bruno, ou bien cette dernière fut seulement envisagée. L'ambiance caverneuse, parfumée d'encens, n'était pas pour déplaire aux deux drôles de paroissiens devisant à voix basse, assis dans un coin en retrait. Nous nous téléphonions, à l'occasion. Allo cher maître, lui disais-je, pour le flatter et l'amuser, mais aussi parce que c'est ce qu'il était pour moi, une sorte de maître, à tout le moins un conseiller. Sa connaissance du français, son goût sûr, son érudition dans les belles-lettres, pas seulement françaises, m'inspiraient confiance, et je ne manquais pas de le consulter, sur mille questions. Son avis m'importait. Notre mode de contact le plus constant, plus que les rencontres ou le téléphone, a été le courrier. Ses contes bizarres, semés de pépites, mais parfois d'une obscurité décourageante, ne me plaisaient pas toujours, et je leur préférais souvent ses poésies, mais je n'ai rien tant aimé lire que ses lettres, si gracieuses, et finement calligraphiées. Il a aussi laissé dans les coulisses de mon blog, qu'il me faisait l'honneur de lire attentivement, des commentaires bien sentis et bien tournés, toujours sous des pseudonymes différents, et j'aimerais les récupérer avant qu'ils ne se perdent. C'était un drôle de bonhomme, un touche-à-tout, curieux de tout. C'était un amateur de fous littéraires, sans en être vraiment un lui-même, car il n'était pas tout à fait fou, il était plutôt un démon, un lutin littéraire. C'était un pataphysicien, et il m'avait initié aux arcanes de cette secte culturelle, à laquelle j'ai adhéré un temps, puis je m'en suis éloigné. C'était un blagueur, un espiègle, un amateur de canulars et de supercheries, qui avait horreur du sérieux. C'était un dessinateur de talent, et même un cartographe (je lui avais commandé cette belle carte de Ohl-Landes, que j'avais publiée, et que je vois reproduite çà et là sans mention d'origine). C'était un connaisseur de la réaquerie, et il m'en a appris un bout dans ce domaine aussi. Il a été un éditeur, un collagiste, un performeur, même un chanteur, que sais-je encore. C'était un nostalgique inconsolable, fasciné par l'univers de son enfance, horrifié par sa condition de mortel. «Tout est qui finit», avait-il écrit. Voilà qu'aujourd'hui, c'est lui qui n'est plus. Mais il nous laisse des souvenirs.

* Une cérémonie religieuse aura lieu ce jeudi 23 à 14 heures en la chapelle de l'hôpital Saint-André de Bordeaux, suivie de l'inhumation à 16 h 30 au cimetière d'Onesse et Laharie.

* Les pages de ce blog où Michel est publié ou cité : http://journaldoc.canalblog.com/tag/Ohl 

* Sa notice dans Wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Michel_Ohl 

* Les références à Ohl dans mes journaux : 
VIII 1989. IV-V 1990. 6 II, 29 III, 10, 13, 23 IV, 26 VI, 29 VII 1991.
IV 1995. III, V, VIII 1996. V 1997. XII 2000.
III, 8, 10 X, 1 XII 2001.
II 2002.
30 IV, 7 X 2005.
30 I, 27 II, 25 V, 29, 30 VI, 5, 18 XII 2006.
28 II, 24 VI, 7 IX, 6, 18 XII 2007.
17, 26 V, 18 VI, 12 XI 2008. 9 IV, 19 IX, 18 XII 2009.
17 III, 19 VII 2010.

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mardi 21 octobre 2014

cabane et bureau

rondins

Peut-être inspiré par cette interrogation de Mathieu, l'espiègle Yannick retouche sa photo de l'autre jour.
("C'est un peu tiré par les pixels", pondère-t-il).

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lundi 20 octobre 2014

week-end de beau temps

Je n'ai pas de commentaire spécial à faire sur le sujet, mais le fait est si rare que je veux le noter. Moi qui ne cherche pas souvent des champignons, et qui n'en trouve quasiment jamais, je suis entré vendredi matin dans un bois touffu, qui m'inspirait, et où en quelques instants j'ai pu cueillir trois cèpes de belle taille, bien frais et fermes. Ils pesaient à eux trois pas moins de 800 grammes. C'était un jour de chance, car dans l'après-midi, revenant d'une course, je fis encore une incursion dans une lande épineuse, où je tombai aussitôt sur un quatrième spécimen, portant le poids total du butin à près d'un kilo. Mon aide de camp, qui n'a pas les deux pieds dans le même sabot, nous a rangément préparé ces champignons providentiels, avec de l'ail et du persil, en accompagnement d'une petite pièce de boeuf à griller que je nous avais procurée, et que nous arrosâmes d'un frontignan de Haut-Médoc. On ne peut pas toujours se plaindre.
Mais comme il ne faut pas que la vie soit trop belle, je pétai ce jour-là ma xième paire de binocles, qui y perdit un verre, de sorte que pour le restant de la journée je n'ai pu lire que d'un oeil, ce qui est contrariant. Le lendemain matin, à l'Auchan de Biganos, où j'allais acheter une nouvelle paire de lunettes-loupes, j'ai eu la surprise de remarquer un rouge-gorge, qui avait pénétré dans le magasin et sautillait discrètement sur le sol, sous un étalage de légumes (où l'on vendait entre autres des cèpes à 20 euros le kilo, qui n'avaient pas belle mine). J'avais déjà vu quelquefois des oiseaux qui s'étaient introduits dans des supermarchés, mais jamais encore un de cette espèce. Sa présence était d'autant plus troublante que c'est précisément un rouge-gorge, sauf erreur, qui sert d'emblème à la marque.

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jeudi 16 octobre 2014

dialogue inutile

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Encore un fait divers encourageant dans mon quotidien régional préféré. Des «opprimés» de banlieue (ou peut-être un seul, mais dont les semblables se déclarent «solidaires») ont saccagé un bureau dans un «Espace social et d'animation», renversant les meubles et cassant les ordinateurs. Amis contribuables, la facture est pour vous, comme d'habitude. Bien sûr il ne s'agit là ni de délinquance ni de violence gratuite mais d'une «contestation». Il semble que les mécontents contestent de la sorte le recrutement de certains contractuels, qui ne leur a pas plu, et réclament de pouvoir disposer d'une salle pourvue d'un téléviseur et d'un baby-foot. Déjà, vu le niveau intellectuel des revendications, on sent qu'on a affaire à des gars intéressants, sur qui la société peut compter. Naturellement les employés du centre refusent de travailler dans cette ambiance, exercent leur droit de retrait, ferment les locaux et appellent à un «rassemblement solidaire» pour dénoncer «la violence et l'impunité» (il y a eu des précédents, et la municipalité a beau avoir changé de majorité, les amis du bordel s'entendent aussi mal avec la nouvelle qu'avec l'ancienne). Le jour de la manifestation, les opprimés ramènent encore leur fraise et viennent souffler dans le nez des élus, des travailleurs sociaux et des représentants syndicaux. Le maire a-t-il l'audace de considérer qu'il y a eu là un «acte de violence» qui demande réparation, les sophistes en déduisent qu'il «refuse le dialogue»… Personnellement, j'ai surtout l'impression qu'il y a des grands coups de pied au cul qui se perdent. Cette histoire lamentable me fait penser à la sentence de Davila selon laquelle «Quand le dialogue est le seul recours, la situation est perdue».

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mercredi 15 octobre 2014

valérie trierweiler

merci-pour-ce-momentUn copain a eu l'idée de me mailer le livre de Valérie Trierweiler, Merci pour ce moment, sous la forme d'un pdf. J'en ai lu les premières pages, par curiosité, et comme le sujet ne me passionnait pas, je me suis contenté de parcourir le reste. Je comprends que cette dame a subi un mauvais coup, en se faisant tromper puis larguer par son ami président socialiste, et je trouve légitime qu'elle ait éprouvé l'envie d'écrire un texte sur le sujet pour vider son sac, mais j'ai du mal à m'y intéresser, tout d'abord parce que je n'arrive pas bien à m'apitoyer sur le sort d'une personne dont on suppose qu'elle trouvera facilement les moyens de se consoler, surtout maintenant que son best-seller lui a rapporté une fortune. En feuilletant je suis tombé sur une citation que je prélève pour une de mes collections : «Je suis née socialement du côté des plus faibles, de ceux qui comptent chaque euro dépensé.» C'est un préjugé que j'ai perdu avec le peu que j'ai lu de cette confession : je prenais l'auteur pour une bourge de naissance, elle est au contraire d'origine très humble. (Cela dit, je continue de penser qu'être riche n'est pas une faute et qu'être prolo n'est pas une gloire). Je m'étonne rétrospectivement du mouvement de protestation des libraires qui ont refusé de vendre le livre : il n'est peut-être pas extraordinaire mais vaut sans doute mieux que bien des bouses culturelles qui encombrent les étalages. Je soupçonne qu'on lui reprochait surtout le crime de lèse-majesté.

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