Journal documentaire

mercredi 22 mai 2019

sur les falaises de marbre

junger-falaises-marbreJe retombe sur cette phrase des Falaises de marbre, déjà lue et copiée, ailleurs me semble-t-il, peut-être dans les journaux de l'auteur : «Les plus beaux présents des dieux sont gratuits». Elle me plaisait, dans le temps, je lui trouve maintenant l'air un peu niais : les présents sont-ils pas gratuits par définition, d'où qu'ils viennent? Ou bien c'est un problème de traduction. J'avais déjà lu Les falaises par obligation, au temps du lycée, un prof admirable ayant assuré qu'elles faisaient partie des lectures nécessaires. Je ne dois pas y avoir compris grand chose, en tout cas je n'en gardais aucun souvenir, que le titre original, la formule m'était restée, Auf den Marmorklippen. Il y a quelques années j'ai récupéré dans une benne un exemplaire de l'édition originale allemande, avec joli petit tampon aux ailes d'aigle, et je l'ai laissé filer trop bon marché à la brocante, ce n'était pas malin. Récemment je me suis mis en tête de relire ce roman et je n'y pipe toujours pas grand chose, sans doute parce que je ne suis pas devenu plus malin entre temps. Et puis je dois avouer qu'il m'ennuie, malgré ma grande estime pour Jünger je n'arrive pas vraiment à m'y intéresser, je lambine depuis des jours à le lisoter par courtes bribes et je finis par le laisser tomber aux deux tiers. Tout ne m'y a pas déplu, il y a de belles images, des phrases bien sensées. Il m'a amusé d'y voir citer des personnages réels du passé, aussi différents que Villon et Linné. La figure du Grand Méchant Forestier correspondrait au Führer pour certains, plutôt à Staline selon d'autres. Pour ma part certaines expressions me font penser à une autre sorte de tyrannie : «le juste et l'injuste se mêlaient désormais inextricablement (p 71) ... dans le pays le crime prospérait comme le réseau des moisissures sur le bois pourri (85) ... Il n'est personne à qui le déclin de l'ordre ne soit funeste (96)». C'était peut-être un roman d'anticipation...

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lundi 20 mai 2019

trois jours à Paris

60317707_10219724547046818_6709916162592866304_nDe jeudi après-midi jusqu'à ce dimanche matin, avec mon coach, nous fûmes à Paris, où je n'étais pas allé depuis huit ans, et où nous étions aimablement hébergés par notre amie Flo, non loin du Père-Lachaise. Je n'avais pas de mission particulière, mais je profitai de l'occasion pour rencontrer quelques jeunes hommes de lettres et quelques artistes de mes relations. Le reste du temps, nous flânâmes. J'orientai une part de nos promenades vers des pèlerinages dont le but était juste de voir à quoi ressemblaient certains lieux : les trois adresses parisiennes les plus célèbres de Céline, l'immeuble du 98 rue Lepic, où il écrivit ses grands chefs d'oeuvre des années 30 (mal visible, en partie caché par des échafaudages), celui du 4 rue Girardon, d'où il dut déguerpir à la Libération (et dont je n'imaginais pas comme il est proche du précédent), le passage Choiseul, où l'enfant résida au 64 puis au 67, le 67 semblant faire maintenant partie de locaux du Théâtre des Bouffes Parisiens (dans ce passage pas folichon je me suis amusé du nom du restaurant L'Othentique Vietnam, qui m'a rappelé les «petits impérieux» proposés entre autres sichuaneries au Carnet de bord, rue de Budapest), le 3 rue Thérèse, où mes grands-oncles Pierre et Lili Zahnd possédaient je crois un restaurant (et passaient la moitié froide de l'année, réservant la moitié chaude à leur maison de campagne à Collonges en Côte d'Or), le passage de la Petite Boucherie (cadre miraculeusement retrouvé d'une rencontre Cioran-Nucéra), la bibliothèque Mazarine du quai Conti dont nous ne vîmes que la porte close pour cause de samedi (mais où je fis photographier un buste du cardinal, sur qui je dois publier des notes prochainement), enfin la rue de Tournon, dont Jünger vantait les marchands de livres et d'estampes, mais où je n'ai pas vu grand chose (alors que la voisine rue de Seine était, elle, truffée de galeries). Nous visitâmes deux fois le beau cimetière du Père-Lachaise, dont l'élégance atténue la mélancolie. Nous vîmes quelques tombes de célébrités, dont celle, signalée par Carnif, du journaliste Victor Noir, mort jeune d'un coup de revolver, et dont le gisant en bronze représente le corps tel qu'il était tombé, le chapeau ayant roulé, et le sexe bien moulé sous le vêtement, partie de la sculpture sans cesse astiquée par les fans, de sorte que ne s'y développe aucune oxydation. Il y avait dans le cimetière des pigeons, une paire de corneilles qui peuplaient le  silence de leur criaillerie rauque, et de grandes perruches à collier, qui lançaient elles aussi des cris perçants. A l'extérieur du cimetière, sur le côté ouest, a été installé l'an dernier un impressionnant monument commémoratif, un panneau de 280 mètres de long où sont inscrits les noms des quelque 100 000 Parisiens morts à la Première Guerre mondiale. Dans les interstices du trottoir près de l'entrée de la station Père-Lachaise, j'ai remarqué et beaucoup aimé les incrustations de faïence dues je crois à l'artiste lyonnais Ememem. Nous contemplâmes un moment la cour du Louvre. Je n'ai pas d'avis sur la pyramide, plus exactement sur les trois, il y en a une grande et deux plus petites. Elles ne rendent pas le lieu hideux, mais n'ajoutent certes rien à sa grandeur spectaculaire. Aux Halles nous vîmes la Fontaine des Innocents, assez belle construction de la Renaissance, auprès de quoi celle de Tinguely et Saint-Phalle, située non loin, n'a pas grande allure, à mes yeux. Nous fûmes voir ce que l'on peut voir de Notre-Dame endommagée, entourée d'un important périmètre de sécurité, si bien qu'on ne peut la regarder que depuis la rive gauche. Nous visitâmes seulement trois églises, une par jour, assez brièvement : Saint-Eustache (où nous eûmes le temps avant la fermeture de voir le triptyque de Keith Haring, gravé dans du métal, qui m'a assez plu, alors qu'en général je ne raffole pas des oeuvres de cet artiste), le Sacré-Coeur de Montmartre (beau bâtiment et bien situé, où je me contentai de prendre une note symbolique, la signature de L Gouffault, verrier d'Orléans, dont jusqu'alors je n'avais vu le nom qu'à Saint-Vincent de Tyrosse, dans les Landes), enfin Saint-Louis en l'Ile (où le vitrail axial présente la rareté d'une date antérieure à 1850, 1842). J'en oublie sans doute, mais j'ai composé ce petit haïku du métro :
Havre-Caumartin,
Réaumur-Sébastopol,
Barbès-Rochechouart.

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mardi 14 mai 2019

le LGBT se rebiffe

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La médiaterie américaine n'avait pas l'air bien à l'aise pour parler de la nouvelle tuerie en milieu étudiant, la semaine dernière dans le Colorado. Il faut dire que le résultat militaire était assez médiocre, un mort et quelques blessés. Mais surtout les deux auteurs de la fusillade, qui avaient sorti leurs armes de poing d'un étui à guitare, n'avaient pas le profil ad hoc : un jeune gay teint en mauve et un transsexuel en cours de métamorphose, professant des opinions pro-Obama et anti-Trump. Dans le cas contraire les journaux eussent bramé à l'unisson pour dénoncer le vilain trumpisme haineux, mais là l'urgence était surtout de changer de conversation, semble-t-il. Moi au contraire je trouve toujours intéressantes les occasions de prendre les préjugés à rebours. Comme a fait l'autre jour en Californie ce brave Fleccas en interrogeant des LGBT déçus du parti démocrate, et qui trouvent le bon Donald tout à fait gay-friendly. 

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lundi 13 mai 2019

Lettre documentaire 507 : Traduire Fonseca

L'an dernier une revue, spécialisée dans le roman policier, m'a prié de participer à un numéro consacré au Brésil, en fournissant bénévolement un article sur Rubem Fonseca, dont j'ai été le principal traducteur français dans les années 80 et 90. J'ai accepté. Une fois prêt, mon article a été accepté. L'on m'a prié en outre de fournir quelques photographies : un portrait de moi, un échantillon de l'écriture du romancier, un dessin explicatif contenu dans une de ses lettres. Ce numéro spécial a paru en décembre. Comme on ne se précipitait pas pour me l'envoyer, il a fallu que je le réclame, et j'ai enfin pu en prendre connaissance avec quelques mois de retard. En cherchant bien j'y ai découvert, sur une demi-page, mon article réduit de moitié, sans aucune des photos demandées. J'ai noté que ma contribution ainsi rabougrie n'était même pas mentionnée dans le sommaire du numéro. Ce traitement n'est pas très flatteur, n'est-ce pas? De mon côté, je restitue aujourd'hui le texte intégral de cet article en en faisant ma Lettre documentaire n° 507.

TRADUIRE FONSECA

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Dans les premières années 80, j'avais aimé lire des nouvelles de Rubem Fonseca. J'en traduisis quatre de mes préférées. Mon premier contact avec l'auteur, par correspondance, fut pour les lui présenter. J'obtins son approbation, et son accord pour prospecter, mais je n'ai jamais réussi à convaincre un éditeur d'en publier un recueil. Une ou deux ont paru, dans des revues littéraires confidentielles.
     En 1984, lors de mon premier séjour à Rio, un ami me fit savoir que Fonseca venait de publier un roman policier, A grande arte, qui obtenait dans le pays un fort succès, et que je pourrais essayer de proposer en France. Les romans en général étaient moins à mon goût que les nouvelles, et le sont demeurés, mais je décidai de tenter l'aventure. Instruit par l'agence littéraire Carmen Balcells, basée à Barcelone, de ce que les éditions Grasset s'intéressaient à l'ouvrage, je leur offris mes services au moment opportun où elles avaient acquis les droits sur ce titre mais n'avaient pas encore embauché de traducteur. C'est ainsi que j'eus la chance d'être engagé, sans soutien particulier, pour procéder à la tâche. Ce fut mon premier contrat de cette importance dans la profession, celui qui m'a mis le pied à l'étrier.
     La maison de la rue des Saints-Pères dut être assez satisfaite de mon travail, ou de mon zèle à respecter les dates convenues, pour faire de nouveau appel à mes services. J'ai traduit pour elles, au fil des années 80 et 90, quatre autres oeuvres du même romancier. C'était François Bourin, travaillant alors chez Grasset, qui m'avait contacté pour le premier roman, et j'eus affaire pour les suivants à la regrettée Ariane Fasquelle.
     Ces emplois étaient une aubaine pour le jeune truchement aux habitudes frugales. La traduction d'un roman représentait un chantier de trois ou quatre mois, qui assurait ma subsistance pour un an. L'entreprise n'était pas une mince affaire dans les premiers temps, avant l'ordinateur et internet. Je rédigeais d'abord un brouillon complet au stylo, sur des cahiers d'écolier, puis je le transcrivais au propre sur ma petite machine à écrire Underwood. J'ai retrouvé dans mon exemplaire de Bufo, appartenant maintenant à une collection publique, le calendrier que j'avais tracé dans le rabat de couverture, fixant la dizaine de pages que je m'imposais de traduire chaque jour, de la page 7 à la 337, d'un lundi 26 au vendredi 27 du mois suivant.
     Dès ma première traduction de livre, je remarquai cette constante dans le déroulement du travail, que la reprise du brouillon, les corrections, la résolution des problèmes récurrents ou ponctuels laissés de côté, demandent autant de temps et d'efforts que toute la rédaction du premier jet. C'est la partie la plus intéressante de l'opération, celle où l'on peut se consacrer à «la petite cuisine du style» chère à Verlaine. Choix syntaxiques (passé simple ou composé, option du tutoiement ou du vouvoiement, le «você» étant au Brésil d'un emploi équivalant au «you» anglais), éclaircissement des termes inconnus et des tournures incompréhensibles (à l'époque où les seuls dictionnaires n'offraient pas toutes les possibilités d'informations maintenant trouvables en ligne, notamment pour le vocabulaire spécialisé ou celui de la vie courante), recherche de références (quel est le titre français de tel film américain cité en portugais dans le texte?). Il y a aussi la question des imperfections que l'on décèle dans l'oeuvre (rien n'échappe au traducteur, par nécessité le plus impitoyable des lecteurs) : répétitions fâcheuses, incohérences de détail (tel personnage, tel lieu a légèrement changé de nom à quelques pages d'intervalle). Là se pose le problème éthique de savoir si le traducteur doit seulement traduire, ou bonifier le texte original. Le grand avantage de travailler sur un auteur vivant est qu'on peut éventuellement le consulter. Sur ce plan Fonseca s'est toujours montré extrêmement attentif, répondant patiemment à mes longues listes de questions. Je possède même, parmi ses premières lettres, un dessin au stylo figurant un manche de poignard en forme de cercueil, que j'avais eu du mal à me représenter. Très scrupuleux, il adressait aussi à ses traducteurs en différentes langues des circulaires dans lesquelles il signalait des coquilles repérées dans les éditions brésiliennes, ou suggérait des modifications du texte.
    Je n'ai rencontré Rubem Fonseca qu'une seule fois, à Paris, je ne sais plus en quelle année. Il participait à un Salon du Livre en y donnant une conférence. J'y assistai sans mot dire, et ne fus me présenter à lui que quand il eut fini. Il se montra aimable, plaisantant sur le fait que je vivais «lá na roça», dans la brousse, c'est à dire en province. Il me pria de l'accompagner pour lui servir d'interprète dans un magasin d'informatique où il voulait acheter du matériel, ce que je fis volontiers.
     Mis à part cet épisode, nous ne nous sommes guère connus personnellement. Il s'est amusé à affubler de mon patronyme un personnage secondaire, le modérateur Jean-Claude Billé, dans la nouvelle Romance negro (roman noir) qui donne son titre à un recueil paru en 1992. Je garde le souvenir d'un trait sympathique de sa personnalité, lu en 1988 dans les pages d'un magazine, où l'on révélait qu'il consacrait du temps à soigner les arbres de son quartier. J'ignorais alors que j'aurais à mon tour charge d'arbres, quelques années plus tard. La phrase de ses fictions dont je garde le souvenir le plus insistant est celle que se répétait un narrateur mélancolique, «Pior do que uma doença» (pire qu'une maladie). Je n'avais d'abord pas compris le sens de cette formule énigmatique, se référant sans doute à l'arrivée de l'âge, au passage du temps.

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dimanche 12 mai 2019

heptanes fraxion

fraxion

Je ne connaissais pas du tout Heptanes Fraxion, dont le nom étrange ressemble à un pseudonyme. Je découvre ses poèmes dans le recueil Il ne se passe rien mais je ne m'ennuie pas, que m'offre l'éditeur Cormor en Nuptial. Le livre accroche par son titre au gabarit d'alexandrin paisible et par le beau dessin de couverture signé Wood (un homme somnolant ou méditant devant une bouteille, les yeux fermés, la clope aux doigts, mal rasé mais portant cravate). Commençant comme souvent par la fin, j'ai d'abord été quelque peu refroidi par la postface, où quelqu'un parle mal de la revue Valeurs actuelles, qui a ma sympathie, et je redoutais d'avoir affaire à de la poésie de gauche. Ce n'est pas vraiment le problème. Ce «parasite pédé» (selon le rabat) fait penser à Bukowski par son profil de marginal buveur, aussi par son mode d'expression laconique, égrenant les propositions sur un rythme lent : «Gabriel est mort pendant la nuit / tu prends tes médocs / tu te rases / tu sors / tu trouves refuge dans une laverie automatique / où tu te surprends à prier.» Il y a chez lui de l'affliction («des nuits sous des ponts ... à dormir en sursaut dans son blouson») et de la célébration («que son sourire à elle c'est du soleil pulsé» ... «ses cheveux décochent des flèches»), du sérieux («le pouvoir de se nuire mutuellement régit l'univers / avec autant de force que la force gravitationnelle») et de l'enjoué («je partirais bien quelques semaines en week-end»), des images inattendues («apprendre à jongler / avec les grosses caillasses de mes pensées») et même du bon sens («jamais d'emprunts jamais»). Ce livre m'a plu, je l'ai relu et je le relirai.

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samedi 11 mai 2019

1491

shopping

J'ai parcouru, lu quelques passages du best-seller 1491, Nouvelles révélations sur les Amériques avant Christophe Colomb, du journaliste scientifique Charles C Mann (Albin Michel, 2007, original paru deux ans avant aux USA). Cet ouvrage à mi-chemin entre vulgarisation et essai synthétise l'état des recherches dans quelques domaines, en y mêlant ingénieusement des éléments autobiographiques. Les idées avancées sont que les indigènes américains étaient plus nombreux, étaient arrivés plus tôt sur le continent, et avaient eu une plus grande influence sur le cadre naturel, qu'on ne le croyait jusqu'alors. Le baratin de couverture annonçant un «essai révolutionnaire» qui «nous montre pour la première fois le vrai visage des mondes précolombiens» me paraît bien exagéré. On a là un livre qui ne manque pas d'intérêt, mais qui est très marqué par l'idéologie du politicorrect, animé par le besoin frénétique d'Admiration de l'Autre.

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vendredi 10 mai 2019

lierre

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J'étais impatient de lire deux récents numéros de La Hulotte (106 & 107) que j'avais commandés, ayant appris qu'ils étaient consacrés au lierre. Comme d'habitude, ces numéros sont bien renseignés et bien illustrés, mais ils m'ont un peu déçu, peut-être parce que j'en attendais trop. Qu'est-ce vraiment qui favorise ou qui défavorise cette plante, pourquoi certains pieds meurent-ils, pourquoi le lierre pousse-t-il sur certains arbres et non sur d'autres, pourquoi les bois ne sont-ils pas tous également envahis depuis toujours sous plusieurs épaisseurs de lierre, arrive-t-il qu'il régresse pour des causes naturelles, telles sont les questions qui demeurent pour moi des mystères. En outre j'hésite à croire à l'affirmation de la revue, que le lierre serait inoffensif pour les arbres. Est-ce bien une vérité, ou n'est-ce qu'un dogme de la religion écolo, pour qui tout est parfait dans la nature et il ne faut toucher à rien. La meilleure preuve avancée est une paire de photos d'un arbre, montrant qu'il a survécu des décennies à une invasion de lierre. Mais en même temps, quand on considère sa forme dégingandée, on se dit que quelque chose l'a empêché de se développer harmonieusement...

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mercredi 1 mai 2019

néomots

Mes néomots de ces derniers temps : déroutard, sympatience, gorillette.

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dimanche 28 avril 2019

entendu

Entendu en descendant du tram : «Faut pas les mettre tous les deux dans le même panier, tu connais l'expression...»

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samedi 27 avril 2019

godard

J'ai regardé Godard s'exprimer trois minutes. Toujours les mêmes oracles à deux balles, les mêmes paradoxes creux, et sur le même ton sentencieux, mais maintenant avec la voix chevrotante. Je n'ai jamais pu le supporter, même quand j'étais de gauche.

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vendredi 26 avril 2019

con comme

Cette lettre B marquant la carte à jouer russe du Valet, m'inspire l'idée que l'expression bizarre «con comme un balai», d'origine incertaine, puisse être la déformation de «con comme un valet». Cela pourrait se défendre, il y aurait matière. Certes, formuler une telle hypothèse ne serait pas très aimable envers la classe des valets. Mais après tout c'est la mienne, j'en ai bien le droit.

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jeudi 25 avril 2019

quinconces

Quel merveilleux musée que le marché des antiquaires, aux Quinconces. Je ne me lasse pas d'y flâner, quand j'ai un moment. Dommage qu'il ne dure que quinze jours au printemps et quinze autres à l'automne. Je le verrais bien rester toute l'année, au lieu qu'il cède la place aux manèges et aux cirques.

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mercredi 24 avril 2019

désir de guerre

UnknownLe titre ne l'indique pas mais Le désir de guerre, paru il y a vingt ans et reparu depuis, fait partie des livres dans lesquels Frédéric Roux prospecte la veine familiale. Il a consacré d'autres ouvrages à ses parents, celui-ci porte principalement sur son grand-père maternel, revenu de la Grande Guerre avec une jambe en moins, et accessoirement sur sa grand-mère, avec brèves apparitions du père et de la mère. Ces pages de souvenirs familiaux sont de mes préférées, pour les traits pittoresques typiques du milieu social, ou au contraire pour les traits atypiques, puisque nul ne se résume à sa sociologie, enfin pour l'humour dont l'auteur nous fait de temps en temps profiter (lire ici la page sur le collègue de son père, électricien automobile et très myope mais passionné de pilotage à grande vitesse, qui «accumulait ... des accidents dramatiques dont il sortait, par miracle, toujours indemne, mais pas ses passagers : sa femme avait en permanence un membre dans le plâtre, différent à chaque saison...»). A plusieurs reprises l'auteur étend son propos à des considérations générales sur cette Guerre mondiale ou sur la guerre tout court, considérations qui parfois m'indiffèrent soit parce que je ne suis pas d'accord, soit parce que tout simplement je n'y comprends rien. Mais j'ai prisé quelques remarques : ainsi l'énumération de plusieurs «idées reçues» («il y eut peu de désertions et peu de révoltes ... il y eut à proportion plus d'officiers tués que de soldats, plus d'instituteurs que de paysans, les troupes coloniales ne furent pas systématiquement utilisées comme chair à canon en première ligne... Et peu de viols...»), ou l'observation que le plus souvent la violence n'est pas spectaculaire, tout se passe très vite «et l'on n'a rien compris». L'ouvrage cite volontiers, des inévitables comme Jünger et Céline, mais aussi des sources plus inattendues, telles la chanson «Frou-frou, frou-frou / Par son jupon la femme / Frou-frou, frou-frou / De l'homme trouble l'âme», ou encore cette saillie attribuée à Walter Benjamin, qui aurait déclaré que «Le fascisme se compose de deux choses : le fascisme proprement dit et l'anti-fascisme», axiome plus véridique aujourd'hui que jamais, mais comme il n'est pas référencé, comme je n'en trouve écho nulle part, et comme l'auteur lui-même avoue ne plus savoir où le retrouver, j'en viens naturellement à me demander s'il ne l'a pas un peu bricolé, voire inventé, mais après tout, comme l'on dit, si ce n'est vrai, c'est bien trouvé.

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mardi 23 avril 2019

jeu de cartes

jeu-de-36-cartes-a-jouer-aaa-plastic-coated-playing-cards-9925-1234400634_MLJe ne joue jamais aux cartes et je n'ai guère le goût du jeu, mais j'aime bien les jeux de cartes, comme objets. Je dois en avoir déjà quatre ou cinq et naguère en visitant Noz j'ai cédé à la tentation d'en acheter bon marché un nouveau, moins pour son esthétique que pour son exotisme. Le paquet porte des inscriptions en caractères romains et cyrilliques parce que ce sont semble-t-il des «plastic coated playing cards» produites par des Chinois à l'intention des Russes. La société Ningbo Three A ou AAA ne donne qu'une adresse mail et ses numéros de téléphone et de fax, mais serait établie à Cixi City, au sud de Shanghaï. Les cartes sont très agréables à manipuler, les figures correctement dessinées sans plus, le verso couvert de lignes obliques noires et rouges qui forment des losanges en se croisant (ce genre de décoration doit porter un nom, que j'ignore). Une curiosité est qu'il s'agit d'un jeu non de 32 mais de 36 cartes, les chiffres représentés allant du 10 au 6, et non au 7. L'as, le roi, la dame, le valet, portent les initiales T, K, D, B, pour Tuz, Korol, Dama, Balet, d'après ce que je déchiffre dans Wiki. Ces cartes sont un peu belles, je suis un peu content de les posséder.

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lundi 22 avril 2019

silo

J'ai rêvé que Lucien Suel me présentait son nouveau Silo, qui paraissait maintenant sous la forme d'une revue de poésie au format A5 archétypique, mais bien imprimée, sur un papier plus souple que celui des photocopies d'antan. Je m'attardais sur la page des explications éditoriales et m'étonnais du prix de l'abonnement, 14,80 euros. Pourquoi précisément cette somme, lui demandai-je. Tu as mal lu, me reprit-il, c'est plus exactement 14,83 euros. Je comprenais alors que le prix avait été ainsi fixé par plaisanterie. Au réveil, ce détail me rappelle un incident de jadis, quand un fâcheux s'en était pris aux livrettes de poète «à 2,63 euros». Mais je ne vois pas ce qui explique une telle réminiscence.

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dimanche 21 avril 2019

homme sérieux

Vu A serious man, des frères Coen (2009). Film très judéo-juif, racontant l'histoire d'un professeur d'université dans les années 60, sur qui s'abat une avalanche d'ennuis qu'il n'a pas mérités. J'ai bien aimé, malgré le bizarre prologue en yiddish auquel je n'ai rien compris. B.

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vendredi 19 avril 2019

notre-dame

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Ce qui ajoutait à la consternation lundi soir, pendant l'incendie de Notre-Dame, c'est qu'il pleuvait inutilement sur Bordeaux, comme on aurait voulu qu'il pleuve sur Paris.
La désolation générale qui s'en est suivie avait quelque chose de réconfortant. Le monde entier compatissait et disait non, tout mais pas ça. Cela m'a rappelé, à l'échelle de mon microcosme, les réactions au lendemain de l'incendie du château de Dampierre en 2002, qui avait là aussi détruit la charpente et la toiture : possédants et manants, tout le monde était accablé.
Dans le cas présent la désolation n'est pas si générale, pour être exact. Il y a eu aussi les ricanements hyéneux ou les éclats de joie que l'on pouvait attendre de certains.
Je suppose qu'au moins dans les premières heures, tout le monde s'est demandé s'il s'agissait encore d'une attaque terroriste. Le cours des choses étant ce qu'il est, il aurait fallu être bien niais pour ne pas y penser. La hâte des autorités à assurer que le feu était accidentel a renforcé les soupçons plus qu'il ne les a dissipés. Le complotisme a sans doute un boulevard devant lui, d'autant que l'enquête s'annonce longue.

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lundi 15 avril 2019

intrusion

Quelqu'un s'était introduit dans la cour et s'avançait vers la maison en poussant des hurlements effrayants. Je n'arrivais à voir qui c'était ni par la fenêtre du salon, ni par celle de la chambre. Je sentais que l'intrus allait faire irruption dans la maison d'un instant à l'autre en défonçant la porte ou une fenêtre. Je cherchai du regard quelque bâton pour me défendre, et ne trouvai qu'une mince latte de bois appuyée contre un mur. Quand je la saisis, elle se cassa en deux. J'empoignai quand même les deux bouts à la fois, en me disant que j'étais là bien mal armé. L'inquiétude arrivant à son comble, je m'éveillai, échappant ainsi à ce rêve horrible.

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dimanche 14 avril 2019

page

Il me faudrait un page, pour m'aider dans mes tâches. Pôle Emploi aide-t-il à recruter un page?

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samedi 13 avril 2019

trois contes de crad kilodney

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Les Editions Cormor en Nuptial, de la région de Charleroi, m'ont fait l'honneur de recourir à mes services pour traduire en français, cet hiver, deux petits volumes de Crad Kilodney, dont le premier, Trois contes, vient de paraître. Ces trois contes («O'Driscoll, étrangleur de poules», «Préparation spirituelle à la castration», et «Le chien du gardien de la centrale nucléaire nazie») sont extraits du recueil Suburban chicken strangling stories, de 1992. C'est du même recueil que provenait «La vie sans drame» («Life without drama») que j'avais mis en ligne il y a une dizaine d'années (xxx). C'était une histoire on ne peut plus calme, puisqu'il ne s'y passait exactement rien, au contraire de ces trois pièces agitées. Ce ne sont pas les premières vers lesquelles se serait porté mon choix, peut-être parce que leur teneur sexuelle bizarre m'incommode quelque peu. Mais leur humour noir provocant porte indubitablement la marque de l'auteur. J'aime bien la chute au ton médical froid des deux premières, et l'uchronie de la troisième, dont l'action se déroule dans l'après-guerre d'une Allemagne imaginée victorieuse.

Précisions pour les bibliophiles : ce petit livre de 64 pages, réalisé avec soin (couverture illustrée à rabats, reliure en cahiers cousus) peut être commandé en librairie ou bien en envoyant directement 15 euros (port inclus) à l'éditeur :
Cormor en Nuptial Editions
27 Rue Saint-Martin
B-5060 Tamines
Belgique
Contact par e-mail : cormorennuptial@gmail.com
Virement possible à IBAN BE24 0011 6342 1838 / BIC GEBABEBB
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Rappel : j'avais traduit en 2012 un autre recueil de Crad Kilodney chez le Dilettante, et divers textes du même auteur dans ces pages.

Posté par Ph B à 01:07 - Commentaires [0] - Permalien [#]
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