Journal documentaire

vendredi 24 février 2017

iconographie

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Le Que sais-je Vocabulaire du christianisme, de Michel Feuillet, m’a beaucoup plu, par la précision et la concision des définitions, par le large éventail des entrées, par le choix judicieux des exemples, par le système des renvois. Il a rafraîchi mes connaissances, qui en avaient grand besoin, et m’en a apporté de nouvelles, que je ne retiendrai peut-être pas, mais je me promets de garder à portée cet excellent petit instrument. J’étais étonné d’y apprendre, par exemple, qu’une image aussi familière que celle de l’Ane et du Boeuf de la Crèche ne se trouve pas dans les textes canoniques, mais dans un évangile apocryphe.

A propos d’iconographie chrétienne, je lisais l’autre jour sur le net les protestations d’un mécontent, qui voyait de l’ethnocentrisme dans le fait que les vilains artistes chrétiens aient souvent représenté le Christ sous des traits qui n’étaient pas ceux d’un Arabe. Le censeur furieux se mélangeait un peu les pinceaux, car à vrai dire Jésus vivait à l’époque heureuse où les Arabes se contentaient encore d’habiter l’Arabie, loin de la Terre Sainte. Il y a d’ailleurs quelque chronocentrisme, à croire que l’on avait jadis une idée aussi nette qu’aujourd’hui du type ethnique des pays lointains. Et puis il ne faut pas exagérer, on n’a pas non plus vu beaucoup de portraits d’un Jésus blond avec les cheveux en brosse. Et de toute façon, quelle importance? Pour ma part je considère comme un charme de l’imagerie chrétienne, cette liberté d’interprétation, par laquelle on a pu représenter par exemple des scènes bibliques, dans des paysages ou des décors très évidemment européens. Le portrait d’ailleurs importe moins que les attributs, dans la représentation de ces personnages antiques dont on ignore à tout jamais les traits réels. Il faut aussi remarquer que la religiosité européenne n’était pas bien ennemie de l’Etranger, pour adopter un dieu venu d’Orient, alors qu’elle en avait déjà une tripotée sur place. Mais surtout c’est se méprendre, que de croire que la parole de Jésus est une affaire de clocher, si j’ose dire. On pourrait tout aussi bien le dépeindre sous les traits d’un Eskimo, que cela ne changerait rien au sens de son message. Même si le pays des Eskimos n’est pas le mieux servi en matériaux, pour donner le bois d’une croix.

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jeudi 23 février 2017

carré

Dans le fond, un carré n’est rien d’autre qu’un rectangle communiste.

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mardi 21 février 2017

collections

J'ajoute à ma collection de Trilogies celle-ci : Vénérable, bienheureux, saint.
Et à ma collection de Faux-titres celui-ci : Mon père et ma terre.

(Ces deux collections faisant partie de mes Poésies complètes).

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dimanche 19 février 2017

mystères

Dieu ne se serait-il pas simplifié la vie, en créant les hommes parfaits et infaillibles, au lieu d'avoir ensuite à les juger, à les condamner ou à les absoudre, à les envoyer rôtir ou à les ressusciter? Serait-ce qu'Il avait peur de s'ennuyer?

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jeudi 16 février 2017

ma vie palpiteuse, suite

L’appartement que j’occupe en semaine, c’est à dire du lundi soir au jeudi matin, a beau se trouver en plein Bordeaux, rarement je me suis senti aussi isolé que dans ce logement. C’est que je n’y ai ni radio, ni télévision, ni internet, ni téléphone. Ce n’est pas mal, car je m’y consacre d’autant mieux au plaisir de lire, quelquefois d’écrire, ou seulement à réfléchir. Il m’inquiète un peu de songer que j’aurais du mal à demander de l’aide, en cas de difficulté, mais jusqu’à présent cela s’est bien passé. Je ne profite guère de la ville, quittant la maison sur les huit heures du matin, pour n’y rentrer qu’après dix-huit, d’ordinaire assez fatigué pour n’avoir plus envie que de manger un peu et de me mettre au lit, plutôt que de flâner. Les premiers soirs, le mois dernier, malgré le froid, j’ai visité un peu le quartier, pour voir les ressources qu’il présente. Il y a surtout des épiceries fines et des antiquaires, mais aussi deux supérettes. Au Carrefour City de la rue Notre-Dame, l’autre jour, je n’ai acheté qu’un sandwich au thon, très bon marché : 1,09 euro. La caissière était une sorte d’Orientale, qui n’avait pas l’air d’humeur à plaisanter. Quand elle m’eut annoncé le prix, je lui ai demandé d’un air sérieux si l’on pouvait payer par chèque. Elle a commencé à m’expliquer que ce n’était pas possible, avant de se raviser en comprenant que je blaguais. Elle a même souri et m'a souhaité bon appétit. C’était bien aimable.

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mardi 14 février 2017

ma vie palpiteuse (suite)

SAM_0156Il n’en faut pas tant pour déstabiliser un vieux garçon dans mon genre, et je dois dire que depuis le mois dernier je n’en mène pas large, entre le départ d’une collègue irremplaçable, le devoir de la remplacer quand même dans la faible mesure du possible, mon installation dans un quartier lointain de la ville, et l’obligation consécutive de recourir aux services de l’affreux tramway. Sans parler de ma voiture, qui n’en finit pas d’exiger des réparations, ni de ma propre carrosserie, qui résiste à l’érosion comme elle peut. J’affronte ces épreuves en songeant, pour me consoler, que cela pourrait être pire. Cela se peut toujours. Je me suis à peine détendu en allant passer ce week-end dans mon ermitage de La Croix, où le temps glacial ne s’est radouci que pour faire place à la pluie. Mais enfin cela m’a un peu diverti. Entre quelques corvées, comme d’effacer les 77 appels en absence sur mon répondeur, absence il est vrai plus longue que d’habitude, dans les six semaines, j’ai pu inspecter le jardin et les bois. Je me suis occupé d’un petit châtaignier que j’ai replanté pour la quatrième ou cinquième fois, si ce n’est la sixième, en espérant que c’est la bonne. J’ai coupé les rameaux d’un prunier pourpre que je taille en têtard, et j’en ai tiré un fagot assez beau et long. J’ai offert à un jeune père une maquette en bois, représentant le squelette d’un stégosaure, que j’avais achetée jadis pour mon fils, et que nous n’avions jamais eu le courage de monter en entier. J’espère que ce jeune homme saura mieux s’en débrouiller, avec son propre rejeton. Nous nous étions donné rendez-vous à l’Inter de Beauvoir, où il est venu en side-car. C’était ma troisième tentative de donner quelque chose par l’intermédiaire du site Récupe, et la première à aboutir. Donner peut être beaucoup plus laborieux qu’on ne s’imagine. A Inter, j’ai acheté une brioche qui m’a déçu, je la trouve sèche et fade. En considérant l’emballage, j’ai vu qu’elle était du type Familiale. La prochaine fois, je regarderai s’ils n’en font pas de la Spéciale Vieux Garçon Intraitable, qui m’irait mieux.

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jeudi 9 février 2017

musée

Il n'est pas si courant, que le nom d'un musée soit un alexandrin, tel à Bordeaux celui du Musée des arts décoratifs et du design.

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mercredi 8 février 2017

cubelles

154px_Escut_de_CubellesEn faisant du rangement, je retrouve un des «dix livres curieux», appartenant à la Bibliothèque ibérique de l’Université, que j’avais présentés au public en décembre 2004. Il s’agit du Cubellas y sus gentes, d’un certain Lionello Petri. Quatre ans plus tôt, en décembre 2000, j’avais rédigé sur ce mince ouvrage, dans ma Lettre documentaire 340, une courte note, que j’ai ensuite négligé de reprendre dans la version pdf de mes journaux, sans doute parce que j’avais jugé inutile d’attirer l’attention de mes rares lecteurs sur un petit livre aussi introuvable, au sujet si limité. Je le regrette aujourd’hui et je reproduis ici cette note : «Etrange et charmante brochure que ce Cubellas y sus gentes, sous-titré en catalan Cubelles i la seva gent (Barcelone, 1993, 67 pages). Lionello Petri, traducteur italien né au Maroc, y évoque une vingtaine de «gens» du petit village catalan où il est installé depuis quelques années. La plupart des portraits comprennent un entretien, et une photo de la personne, parfois en compagnie de l’auteur. Ainsi défilent, après deux illustres ancêtres, un jardinier, un journaliste, une coiffeuse, etc, sans égard particulier pour la hiérarchie sociale, puisqu’on n’y trouve par exemple ni le maire, ni le curé.» Des années après, je reste sous le charme de cet opuscule enthousiaste et soigneux, plein de la sympathie de son concepteur pour une bourgade dont il n’était pas originaire, mais un habitant tardif, arrivé là seulement en 1986, à quelque cinquante-quatre ans, soit sept ans seulement avant la publication, date à laquelle il devenait sexagénaire. La vie est ainsi faite que c’est parfois un étranger, qui plus est un cosmopolite, en l’occurrence d’origine italo-anglo-espagnole, qui rend si bien hommage à la vie locale. J’aime beaucoup l’éclectisme sans façons du choix des personnages présentés, et des sujets abordés. Il n’y manque pas une page consacrée à la localité française homonyme, Cubelles en Haute-Loire, que l’auteur a visitée en compagnie de son épouse anglaise. Un trait qui m’amuse est la disposition pompeuse par laquelle cette modeste livrette est dotée de pas moins de quatre pièces liminaires (Notice sur l’auteur, Préface, Eclaircissement de l’auteur, et Introduction), pièces données comme la page de titre en version bilingue catalan-espagnol, alors que le reste de l’ouvrage n’est écrit qu’en espagnol. En relisant attentivement ces pages, j’apprends ou je me rappelle que Cubelles est située sur la rive de la Méditerranée, à mi-chemin entre Barcelone et Tarragone. Elle se trouve à côté d’une autre localité côtière, Villanueva y Geltrú (en catalan Vilanova i la Geltru) et celle-ci en est si proche qu’elle s’est appelée jadis Villanueva de Cubelles. Je songe à présent que je suis probablement passé là, lors d’un voyage en auto-stop avec mon copain Bernard, dans l’Antiquité, c’est à dire dans la première moitié des années 70. Après avoir gagné Barcelone, nous avions longé la côte catalane jusqu’à l’embouchure de l’Ebre. Je crois me souvenir que Villanueva fut le village où nous dormîmes sur le sable de la plage, comme des hippies, le ventre à peu près vide car tous les magasins étaient fermés pour cause de Semaine sainte, et nous n’avions trouvé à manger qu’une sorte d’oeuf bizarrement cuit, au goût anisé vaguement écoeurant. En voulant maintenant me renseigner sur l’auteur, je vois qu’il est difficile d’obtenir sur lui des informations en ligne, d’abord parce que lui-même ne semble guère avoir été actif sur le net, ensuite parce qu’il souffre d’avoir eu un homonyme célèbre, Lionello Petri ayant aussi été le nom d’un grand botaniste italien (1875-1946). Je m’y suis repris en ajoutant son deuxième nom de famille, qu’il signale une fois : Lionello Petri García. Je découvre ainsi son avis de décès. Lionelli Petri, né en 1932, est mort en 2015, à 83 ans. Il ne semble pas avoir laissé beaucoup de traces, sinon cette monographie sur Cubelles, qui mérite de rester dans le souvenir.

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mardi 7 février 2017

Le vingt-septième livre

Vingt_Septieme_J’ai lu d’un trait, ou presque, Le vingt-septième livre de Marc-Edouard Nabe. D’abord paru en 2006 comme préface à une réédition de sa première oeuvre, le texte est ici repris en volume séparé (Le Dilettante, 2008). Il est amusant, et brillant dans la forme, mais je ne sais que penser du fond. Nabe y examine sa situation et se dit écrivain raté, ignoré, oublié, méprisé. Il en rajoute sans doute, même s’il est vrai qu’il est ostracisé par la presse bien-pensante. Il se compare et s’adresse à Michel Houellebecq, écrivain à succès et son ancien voisin parisien. Outre leur destin public inégal, Nabe oppose leur caractère, lui le dynamique enthousiaste et Michel le sinistre déprimé. Il y a en tout cas un mystère Houellebecq. Pour ma part je me demande depuis longtemps comment un aussi évident réac pessimiste peut être aussi bien vu par la médiaterie, dont il est un enfant chéri. En repensant à lui, je me disais qu’il me rappelle quelqu’un, par sa silhouette générale, et plus particulièrement par sa tête ronde, son nez en truffe, ses yeux mi-clos et ses cheveux raides : c’est Gaston Lagaffe! Mais un Gaston qui réussit ses coups, assurément.

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dimanche 5 février 2017

likomètre

Il nous manque un compteur de likes, un likomètre, qui nous permettrait d'évaluer, sur Facebook, l'amitié réelle ou factice de nos friends.

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vendredi 3 février 2017

Notre vie comme le navire

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En ouvrant au hasard le Discours de la vérité (Discurso de la verdad, 1670) de Miguel Mañara, je suis tombé sur la belle image selon laquelle «Notre vie est comme le navire, qui passe promptement, sans laisser nulle trace sur son passage : avec la même hâte passe notre vie, sans laisser de nous aucun souvenir» («Es nuestra vida como el navío, que corre con presteza, sin dejar rastro ni señal por donde pasó : pasa con la misma priesa nuestra vida, sin dejar de nosotros memoria» (je retraduis sans suivre tout à fait les termes de cette version bilingue de chez J Millon, 1990)).

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jeudi 2 février 2017

catéchumène

Finalement je réserve au tram, quand je peux m’y installer à mon aise, c’est à dire assis et dans le sens de la marche, ce qui n’est jamais assuré, la lecture du Vocabulaire du christianisme, de Michel Feuillet (Que sais-je, 2004). S’agissant d’un dictionnaire, que rien n’oblige à suivre du début à la fin, j’ai pris le parti au contraire de remonter du Z vers le A, à coups d’une ou deux doubles pages au cours de chaque trajet, et j’en suis déjà dans les B. La fin approche, ou plutôt le début. En lisant l’autre jour que le catéchumène est la personne à qui la religion est enseignée par le catéchiste, je réalise que c’est par licence poétique mais à contresens, pour les besoins d’une rime interne, que Brassens utilisait le mot dans ses Trompettes de la renommée : «Le Ciel en soit loué, je vis en bonne entente / Avec le père Duval, la Calotte chantante / Lui le catéchumène et moi l’énergumène … »

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samedi 21 janvier 2017

le 45e président des USA

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Comme j’étais occupé par les soldes et par d’autres affaires, j’ai raté en partie les cérémonies d’intronisation de Donald Trump. Ce n’est pas très grave, car autant Trump m'est sympathique, autant je ne suis pas fan de cérémonies, avec leurs flonflons inévitables. La vision de Donald en train de danser un slow sirupeux avec Madame n’était pas très à mon goût, par exemple. Pas plus que les scènes de protestation hystérique, également inévitables, où se manifeste cet espèce de fascisme crasseux (vitres brisées, voitures incendiées, etc) qui a le culot de se prétendre «antifasciste». L’événement était quand même l’occasion de voir de belles images, ainsi les élégants uniformes bleu-blanc-rouge d’une fanfare de Noirs de l’Alabama, venue défiler en hommage au nouveau président, ou la tenue très chic de Melania, lors de la rencontre entre le nouveau couple présidentiel et l’ancien. Monsieur Trump a prononcé un excellent discours de 17 minutes, dont je retiens en particulier cette phrase : «Il est temps de rappeler ce vieux dicton que nos soldats n’oublieront jamais : que nous soyons noirs, bruns ou blancs, un même sang rouge coule dans nos veines de patriotes!» («It is time to remember that old wisdom our soldiers will never forget: that whether we are black or brown or white, we all bleed the same red blood of patriots!») Parmi les quelques décisions prises par Trump avant son entrée en fonction, j’ai bien aimé celle de renoncer à son salaire de président, qui sera versé à des oeuvres de charité, et son refus du projet d’un nouvel avion présidentiel, qu’il jugeait trop coûteux. Il a montré là un sens de la générosité, de l’économie, et de la fermeté, dont j’espère qu’il augure bien de son action future.

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vendredi 20 janvier 2017

slovaques, tillinac, claque

J’ai lu dans le journal qu’un couple de jeunes Slovaques s’emploie régulièrement à ramasser les déchets qui traînent dans leur environnement, et qu’il y a ici et là dans le monde quelques autres «chasseurs d’ordures». Je me sens donc un peu moins seul, quand je pratique à l’occasion cette activité de «cantonnier bénévole» (selon la formule de Thoreau) mais les compagnons sont encore bien rares. Il faudrait que cela prenne l’ampleur d’une mode.

J’ai lu Le Bar des Palmistes, petit livre où Denis Tillinac raconte un bref voyage en Guyane (à Cayenne, et sur les rives des fleuves-frontières, Oyapock et Maroni) en 1988. Cette guyanerie plaisante, mais un peu fade, occupe une soirée.

L’ancien premier ministre Manuel Valls s’est fait gifler par un excité. Malgré toute mon antipathie pour le personnage, ce comportement me paraît inacceptable. Je trouve aussi grave, et peut-être plus que le geste lui-même, l’approbation qu’il recueille chez certains. Il paraît que Mélanchon a désapprouvé cette action, et je lui donne raison. Je suis si rarement d’accord avec lui, que j’ai voulu le noter.

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jeudi 19 janvier 2017

Haïku urbain

Au bord du trottoir,
Dans un rond de dégueulis,
Des pigeons festoient.

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mardi 17 janvier 2017

supplément

Un plaisir supplémentaire du tram, par cette froidure, c'est qu'on voyage non seulement dans un troupeau, mais dans un troupeau qui tousse.

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dimanche 15 janvier 2017

encore un mot sur Payeras

Je ne suis pas bien content de ma note de l’autre jour sur Mario Payeras, où j’évoquais surtout les aspects négatifs d’un livre, qui pourtant m’a bien plu à certains égards. L’ayant laissé dans mon ermitage, je ne l’ai plus sous les yeux, pour en parler précisément. En y repensant je me souviens d’un passage où l’auteur décrit les rigueurs du climat selon les saisons. Tantôt celle où les hommes sont assaillis jour et nuit de petits moustiques qu’ils passent leur temps à écraser sur leur peau couverte de sang, dont ils ne songent à se protéger sous des draps à cause de la chaleur, et dont certains leur entrent même dans la bouche quand ils mangent. Tantôt celle où les pluies submergent les gués, et il faut traverser les rivières sur la pointe des pieds, avec de l’eau jusqu’au cou et le chargement sur la nuque. Il y a aussi un moment où les combattants reviennent après plusieurs mois à une de leurs caches, où les livres qu’ils y avaient déposés ont pourri entre temps, à l’exception de trois d’entre eux : L’an I de la révolution (probablement de Victor Serge), Cent ans de solitude (dont le style a sans doute influencé le conteur) et El país de las sombras largas (après enquête, je pense qu’il doit s’agir du best seller du romancier suisse Hans Ruesch, par ailleurs pilote automobile, ouvrage d’abord paru en 1950 sous le titre Top of the world, puis intitulé en italien Paese dalle ombre lunghe et en français Igloos dans la nuit, alors qu’Au pays des longues ombres aurait été tout aussi bien. On imagine l’impression que pouvait produire cette histoire de banquise sur les lecteurs perdus au fin fond des jungles guatémaltèques).

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jeudi 12 janvier 2017

tram

tramLe tramway de Bordeaux marche assez bien, quand il n’est pas en panne. Le problème est que ça lui arrive plus souvent qu’à son tour, malgré plusieurs années de rodage. Je viens d’en faire les frais deux fois en une semaine, cela promet de la joie pour les temps qui viennent. La machine s’arrête, un haut-parleur annonce que le trafic est interrompu jusqu’à cinq, dix ou douze stations de là, et aboie quelques vagues conseils, comme celui de prendre des bus. Lesquels, à quel endroit, pour aller où? Le message serait à peu près le même si la voix haut-parlante disait aux passagers : Démerdez-vous, et allez vous faire foutre. Le chauffeur prend la fuite en marmonnant, le personnel d’assistance est inexistant. La compagnie marque en ces occasions tout le mépris du voyageur que l’on sentait déjà dans sa façon de le trimballer dans des rames surchargées, quand au moins la bétaillère avance. Cette organisation lamentable est digne du Tiers-Monde. Je pense que même un pays communiste ferait mieux.

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mercredi 11 janvier 2017

jugement

Nous jugeons parfois sévèrement, parce que nous avons des préjugés. D'autres fois, c'est simplement parce que nous avons des yeux.

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mardi 10 janvier 2017

relocalisation

800px-Velux

Depuis l’été dernier je ne dispose donc plus de l’appartement de Saige, situé terriblement en territoire opprimé, mais idéalement à un petit quart d’heure de marche de mon lieu de travail. Pendant tout le quadrimestre de fin d’année j’ai été hébergé aux abords de la baie d’Arcachon, ce qui ne manquait pas de charme, mais se payait au prix d’une heure de voiture matin et soir. A mesure que l’on avançait vers le coeur de l’hiver le trajet se faisait de plus en plus dans l’obscurité de la nuit, ajoutant aux dangers de la route, où surgissent à tout moment sangliers et chevreuils. Je remettais sans cesse à plus tard la corvée de chercher une autre habitation, quand s’est présentée l’occasion de sous-louer, à un voyageur longuement absent, un petit appartement sous les toits, dans le quartier des Chartrons. Me revoici donc bordelais, trois ou quatre nuits par semaine. J’occupe un troisième et dernier étage, sans autre fenêtre que des velux, dans un affluent de la rue Notre-Dame, non loin de l’église Saint-Louis. Un de mes premiers soins a été de m’assurer que je pourrais m’enfuir par les toits, en cas d’incendie ou d’invasion. Le détail a son importance, pour un partisan du droit de l’homme au rez-de-chaussée.

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