Journal documentaire

jeudi 14 septembre 2017

haïku de rentrée

J'ai repris le mail.
"Destination Pessac Centre."
Tram, boulot, dodo.

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dimanche 10 septembre 2017

sur Georges Perros

lu-lardoise-magique-de-georges-perros

Sans l’avoir jamais lu Georges Perros me plaisait bien, par sa réputation d’écrivain du fragment (pourquoi écrire long quand on peut faire bref, hein?) et par son faux air de Harvey Keitel, sur les photos. Cette semaine j’ai eu l’occasion de parcourir un de ses recueils, Pour ainsi dire (Finitude, 2004). La première phrase est plutôt décourageante : «J’écris comme je me mouche.» C’est toujours mieux que s’il avait dit «J’écris comme j’éternue», mais ça n’est quand même pas très appétissant. Il y a beaucoup de propos généraux sur l’amitié, l’amour, la poésie, les hommes, les femmes, qui ne m’accrochent pas. J’aime bien ses notes sur des écrivains. Il y a aussi un amusant journal de Voyage au Caire (1950), dans lequel il ne parle presque pas du pays, qui ne semble pas lui faire grande impression. J’y note ce propos désabusé : «Voyager rend au moins ce service : celui d’enlever toute illusion sur le bienfait profond du voyage et d’ôter tout préjugé de bourgeoisie au fait de rester dans sa chambre.»

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samedi 9 septembre 2017

pierre bergé

On n’aurait que l’embarras du choix, s’il fallait citer une des innombrables conneries proférées par feu Pierre Bergé. Une de ses perles fut son tweet, ou retweet, déclarant «si une bombe explose sur les Champs à cause de la Manif Pour Tous, c’est pas moi qui vais pleurer» (16 III 2013). Il aurait aussi proclamé être «pour la suppression intégrale de toutes les fêtes chrétiennes en France» (RTL, 26 IX 2013). Il incarnait le type du bourge de gauche, bourré de fric et de grosses idées, fanatique et haineux, incapable d’admettre ou de concevoir que l’on puisse penser autrement que lui.

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jeudi 7 septembre 2017

from below

Madame Zorglub-Marxistoff, «professeure émérite en histoire contemporaine, donnera une conférence inaugurale lors de la rentrée des étudiants de première année, sur le thème : Intégrer l’histoire des femmes, de la colonisation et de l’immigration, quels effets dans l’écriture d’un récit national? … Pratiquer une histoire from below, qui s’intéresse aux femmes et aux hommes de toutes conditions et de toutes origines, permet de construire une histoire de France qui ne se limite pas à l’Hexagone, différente et ouverte sur le monde.» Il est inutile de caricaturer l’université contemporaine. La citer suffit.

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dimanche 27 août 2017

portland, oregon

On trouve vraiment de tout dans les boîtes à livres de Taussat et je viens de mettre la main sur un guide de Portland, en Oregon (The Portland GuideBook, par Linda Lampman et Julie Sterling). Ce sera le dernier voyage de ce livre obsolète, datant de 1976, et dont la colle ne tient plus, si bien que toutes les pages où je l’ouvre se détachent. Je n’ai nul besoin de me renseigner sur le sujet, mais j’ai feuilleté l’ouvrage pour l’exotisme. Les seules que j’ai lues attentivement sont les quatre pages de «Name dropping» où sont listés des noms propres, pour la plupart des toponymes, avec leur prononciation et quelques explications. Beaucoup proviennent des langues indiennes, avec ici et là une influence du parler des colons français. On voit ainsi qu’une rivière avait été baptisée des Chutes (Deschutes), une autre des Dalles (The Dalles). Quant à celle qui traverse la ville, la Willamette, c’est la déformation d’un nom indigène, Wallamt, qui a hérité d’une terminaison à la française. Les auteurs voient dans Tualitan un mot indien qui peut signifier «paresseux» ou bien «terre sans arbres». Les deux sens ne sont pas si éloignés : elle est en quelque sorte paresseuse, la terre qui ne porte pas d’arbres.

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vendredi 25 août 2017

dali à dampierre

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C’est la fin de mes vacances, qui décidément auront été marquées par l’hécatombe de lérots. J’en ai trouvé un mort ce matin sur la terrasse, et hier aussi un jeune gisant dans le jardin du fond. Par consolation avant-hier j’ai revu passer, cette fois-ci dans la rue juste devant chez moi, le splendide poney tacheté déjà vu le mois dernier. Mais je ne l’ai aperçu qu’au dernier moment, et n’ai encore pas eu la présence d’esprit d’arrêter la jeune cavalière, afin de pouvoir admirer plus longuement sa belle monture.

Ce jour-là, avec mon aide de camp venue me rejoindre, nous sommes allés visiter, ou revisiter, le château de Dampierre sur Boutonne, à sept kilomètres d’ici. J’étais attiré de nouveau vers ce lieu après avoir lu qu’il avait compté parmi ses hôtes de marque Salvador Dali, qui s’intéressait aux signes alchimiques gravés ou sculptés dans la pierre. L’idée m’amusait que le maître catalan soit venu dans le coin, qu’il ait peut-être aperçu en passant le joli nom de la Croix-Comtesse sur un panneau. Ce château est vraiment une belle maison, avec ses deux tours pointues, ses deux galeries, dont celle de l’étage, au plafond garni des célèbres caissons, et les boiseries des combles, refaites après l’incendie de 2002. Dans cet étage supérieur se tenait une exposition d’art contemporain, avec notamment des sculptures d’un certain Tony Cassius. Le château et ses parcs sont installés sur les îles de la Boutonne, ici divisée en plusieurs bras. Ces jardins ne manquent pas de charme, bien que les sculptures en métal censées les décorer ne soient guère à mon goût. J'ai remarqué que leurs pauvres buis, comme les miens, sont maintenant attaqués par la nouvelle plaie qui se répand et va les détruire. L’exposition permanente d’oeuvres de Salvador Dali était un peu décevante. Des gravures vaseuses, des revues fatiguées, des documents fixés par des agrafes rouillées. Surtout, il s’y avérait ce que laissaient soupçonner les nombreux conditionnels employés par la dame qui nous y avait introduits. Il me semble que si en effet Dali s’est intéressé à ce château, y a envoyé un secrétaire s’y informer, et l’a cité dans une page, la venue du peintre n'est en réalité qu’une légende, que rien ne prouve.

Nous allons repartir avec quelques mirabelles, rares cette année, et les raisins que j’ai réussi à arracher aux frelons et aux guêpes.

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mercredi 23 août 2017

découverte d'un chemin à Villeneuve

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Je ne m’explique pas comment je n’avais encore jamais remarqué l’existence, à Villeneuve la Comtesse, d’un très charmant petit chemin rectiligne, long d’à peine quelque décamètres, et large de moins d’un mètre (95 centimètres d’après ma mesure). Il est situé un peu au Nord du croisement de la grand route et de la rue principale du village, dite rue des Allées. Bordé de murs en moellons qui par endroits sont plus hauts que l’homme, et à d’autres assez bas pour que la vue donne sur des jardins, il paraît propre et bien entretenu. Il est si discret qu’il ne figure pas sur les cartes de Google, bien qu’il apparaisse nettement sur les photos aériennes. Je lui trouve un air magique et je le compte désormais parmi les principales curiosités locales (Villeneuve est à deux km de La Croix-Comtesse).

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lundi 21 août 2017

vie sociale

La journée d’hier a mal commencé, quand tôt le matin j’ai trouvé la chatte devant ma fenêtre en train de déjeuner de ce qui s’est avéré être un lérot, encore un, dont il ne restait plus que la tête et un peu plus loin une patte. C’est ainsi, les chats et nous n’avons pas les mêmes valeurs, nous appartenons à des cultures différentes et ne pouvons pas toujours nous entendre.

Par exception ma vie sociale, d’ordinaire indigente, prenait ce jour-là un tour positif, car ayant su par Facebook que des correspondants nordiques étaient en villégiature dans la région, j’ai eu le plaisir de les inviter à ma table. Je recevais donc la très jeune Elisabeth, quatre ans, et ses aimables parents, les ci-devant Fromage Plus et Polyphème. La communication virtuelle sur le net est assez riche en soi et ne requiert pas nécessairement la présence réelle, mais je ne déteste pas, quand l’occasion se présente, rencontrer les gens en personne. Après avoir bavardé quelques heures nous avançâmes, pour divertir la jeunesse, jusqu’à la ferme des Gindreau, où nous contemplâmes les chevreaux et les vaches. Et une fois mes visiteurs repartis le destin voulut, comme pour contrarier cet accès de socialité, qu’une panne d’internet me contraigne à passer la soirée coupé du monde.

Ce matin je découvre au courrier un message de l’ami Yannick, redresseur de tort, qui me transmet une version corrigée de la photo de mon bûcher publiée l'autre jour, version où les poteaux ont retrouvé leur parallélisme, ce qui a quand même meilleure allure.

bucher

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samedi 19 août 2017

terrorisme en 2017

En considérant dans Wikipédia la liste chronologique des attentats ayant eu lieu dans le monde cette année («Terrorisme en 2017», la même liste existe pour les années précédentes) j’observe que la plupart de ces attaques sont perpétrées dans le monde musulman et par des musulmans, et que la plupart de celles qui sont commises dans les pays non-musulmans sont également l’oeuvre de musulmans. Je ne doute pas que l’on puisse être à la fois musulman et paisible, et je ne tirerai donc pas de conclusions hâtives, mais même sans se presser, il y a peut-être de quoi se poser des questions.

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vendredi 18 août 2017

vie pratique

SAM_0427

Une vue de mon nouveau bûcher-remise-rêverie, construit cet été.
(En réalité les poteaux sont parallèles, la photo distord l'image).

Par ailleurs je signale aux bibliophiles la nouvelle version mise à jour de ma "librairie", soit ma liste de livres à vendre.
Cette liste peut se retrouver en cliquant dans la marge à droite sur l'onglet "Archives Ph.B".

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jeudi 17 août 2017

la musique en voiture

A la campagne ma voiture ne reçoit pas Radio-Classique, et je me contente de France-Musique. Un jour j’ai entendu le troisième mouvement du Concerto pour violon de Sibelius. Il y apparaît vers 1’21’’ un thème aux accents dramatiques, qui m’a poursuivi plusieurs jours. Parmi mes autres écoutes, le finale de l’ouverture du Guillaume Tell de Rossini, qui représente bien le genre d’hystérie musicale que je ne peux pas encadrer. L’interprétation par Yves Montand de la vieille chanson Aux marches du palais : après en avoir écouté d’autres sur YouTube, je trouve que c’est de loin la meilleure. Le Cordoba d’Isaac Albéniz, version guitare, qui fut un de mes tubes, mais que je n’avais pas entendu depuis des années. Le soir en montant dans les bois ou en en redescendant, j’entends des fragments décousus d’émissions sur la musique hispano-américaine, dont les morceaux me plaisent moins que les commentaires savants et la voix calme du présentateur. Etc.

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mercredi 16 août 2017

brocantes

Après des expériences désastreuses les 5 et 6 août aux brocantes de Saint-Crépin et de Villefollet, où j’avais battu en retraite dès les premières heures avec un gain misérable, je me suis rattrapé hier à celle de Saint-Jean, où je me suis honnêtement rempli les poches. Et où il m'a rassuré de constater qu’il existe encore dans le pays des gens qui achètent des livres, et peut-être les lisent.

Il y avait à quelque distance un artisan jovial, graveur sur verre, du genre tonitruant, qui ne pouvait prononcer une phrase sans s’esclaffer en grands barrissements. Il était sympathique, malgré cette bonne humeur insupportable.

Parmi mes acheteurs, je me souviens qu’en fin de matinée un type aimable, à l’aspect et à la voix de solide gaillard rural, mais au regard fin, m’a étonné par ses choix, entre autres une biographie de Mirabeau de 1926, et Les Touareg au pays du Cid (les invasions almoravides en Espagne aux XIe et XIIe siècles).

Dans l’après-midi un Brit quinquagénaire, un peu dégarni et hirsute, l’air sérieux limite renfrogné, mais poli, se poussant quand un autre chaland arrivait, a passé un bon moment devant mes tables, où il a copieusement bouquiné dans un Everyman’s Dictionary of literary biography de 1969, puis dans Defiance at sea (dramatic naval war action), confirmant la règle que quelqu’un qui feuillette longuement un livre finit par ne pas l’acheter, et enfin a emporté un petit manuel franco-allemand, en arborant un imprévisible sourire. Il ne se doute pas qu’il a été mon client préféré, j’aurais voulu l’adopter.

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lundi 14 août 2017

notes sur Biedma et La Varende

J’avais emporté dans mes bagages le Retrato del artista en 1956, du poète espagnol Jaime Gil de Biedma (1929-1990). Ce livre m’attirait parce que c’est un journal intime, publié posthumément en 1991, et par le millésime du titre. Biedma était cadre à la Tabacalera, la Seita espagnole, et en ce début de 1956 il part en mission aux Philippines. Pendant les escales du voyage, et de même arrivé sur place, il voit partout de jolis garçons, et quand il le peut il ne se contente pas de les regarder. Bien. Le problème est qu’au bout de dix pages il n’a toujours rien vu d’autre, et a déjà utilisé 45 fois l’adjectif «guapo», ce qui est un peu lourdingue.

Je n’arrive pas non plus à m’intéresser au Coeur pensif de La Varende, malgré ma sympathie pour l’auteur et son ambiance Vieille Normandie. Sentant que je ne parviendrai pas à le lire de bout en bout, comme il faut faire avec les romans, je me suis contenté de l’ouvrir au hasard, par ci par là, pour voir si j’y trouvais des passages à mon goût. Il y a dans le début cette anecdote, symbolique des aléas de la Fortune, quand deux personnages viennent à passer devant «une métairie récemment brûlée», et l’un d’eux explique à l’autre : «Ils ont rentré une seconde coupe de trèfle trop vert, qui a fermenté et pris feu spontanément. En trois heures, tout a flambé…» J’ai aussi remarqué, au chapitre XXII, une terrible scène de tabassage d’un taureau «à l'échine droite comme une table», que j’ai relue.

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dimanche 13 août 2017

voyages de Tocqueville

Tocqueville

J’ai fait quelques incursions dans le volume de Voyages de Tocqueville (Oeuvres I, en Pléiade). Lu son Voyage en Sicile (1826-27), qui n’est pas passionnant, mais témoigne d’un style remarquablement maîtrisé, chez un jeune homme d’une vingtaine d’années. Lu aussi ses deux voyages en Algérie (1841 & 1847) et une partie de ses rapports officiels sur le pays (mais qui lit en entier des documents aussi soporifiques?). Les relations de voyage en Algérie sont moins des récits personnels, que des recueils de notes sur la sociologie, principalement la sociologie des colons français, prospères et moins prospères (certains sont tout à fait misérables). Dans toutes les propriétés qu’il visite, Alexis se renseigne sur les biens, les gains, les charges, les perspectives. Il s’informe aussi auprès des administrateurs qu’il rencontre. Situation incertaine, dans un «Pays de promission, s’il ne fallait pas le cultiver le fusil à la main», avec des routes que l’on «ne peut suivre plus de trois lieues sans se faire couper la tête» (p 660). L’auteur voit dans la colonisation un bien potentiel, pour les colons mais aussi pour les colonisés. Il analyse avec subtilité les points sur lesquels la France se montre tantôt bienveillante et tantôt rigoureuse envers les indigènes, avec des excès dans les deux sens. Il dénonce naturellement les injustices, notamment les spoliations («Une multitude titres (de propriété) que nous nous étions fait livrer pour les vérifier n’ont jamais été rendus », 812). A propos de l’islam, il nourrit un optimisme modéré («L’islamisme n’est pas absolument impénétrable à la lumière», 815). Il faut dire qu’on en était à considérer comme de bon augure ce genre de nouvelle : «depuis quelques mois, deux équipages de naufragés n’ont pas été assassinés. On les a ramenés, moyennant rançon, mais après les avoir circoncis et violés» (681). Il estime nécessaire que la France domine cette terre, qui n’est pas encore un pays, et espère que la colonisation remboursera la domination ruineuse. Mais avec l’entretien sur place de plus de 100.000 soldats français dès 1846 (803), sans compter l’administration et les différents investissements publics, on voit déjà se dessiner l’énorme boulet financier que la colonie va représenter pour l’Etat.

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samedi 12 août 2017

vie pratique

dess0122

Si vous n’arrivez pas à décider si les cornouillers de vos bois appartiennent à l’espèce du Cornouiller mâle (Cornus mas) ou du Cornouiller sanguin (Cornus sanguinea), que leur seul feuillage permet mal de distinguer le reste du temps, voici venu le moment idéal pour le vérifier, car ils présentent maintenant leur fruits dissemblables : drupes ovoïdes rouges, telles de petites cerises allongées, pour le mâle, et grappes de boulettes noires pour le sanguin. Le bois de cornouiller ne paie pas de mine mais se distingue par son extrême dureté, d’où il tirerait son nom, par comparaison avec la corne. Je lis dans Wiki que celui du Cornouiller mâle est même si dense qu’il coule dans l’eau, ce que j’ai du mal à croire.

J’ai l’impression que comme l’an dernier, je n’aurai pas d’escargots cet été, parce que le temps est très sec. Peut-être pour la même raison, le raisin de ma treille est déjà presque mûr et les oiseaux ont commencé de le piller. Il ne faudra pas que je tarde à le cueillir, si je veux qu’il m’en reste. Et au bois de Volebière, il y a des mûres déjà si mûres, qu’elles se détachent entre les doigts sans qu’on ait besoin de tirer dessus.

Dans un coin d’une parcelle enclavée, où j’étais pourtant déjà passé, j’ai eu la bonne surprise de découvrir un beau Cormier, bien droit, déjà haut de quelques mètres. Jusqu’à présent je ne m’en connaissais qu’un exemplaire, dans une autre parcelle.

Dans le jardin j’ai encore trouvé un jeune serpent, mais celui-ci mort, et quasiment au même endroit que le lérot de l’autre nuit, tout près de la maison, à peine plus d’un mètre. C’était une petite Couleuvre à collier, d’une quarantaine de centimètres, en partie dévorée, par les chats je suppose. Son squelette apparaissait par endroits, laissant voir des os fins comme des arêtes de poisson.

On voit dans les champs différents rapaces, Buses, Faucons crécerelles et Busards Saint-Martin, souvent non loin les uns des autres. On dirait parfois qu’ils occupent chacun leur champ et je me demande s’ils se partagent le territoire selon les lignes humaines, chemins, haies, fossés et autres lisières, ou s’ils ont leur propre cadastre. 

En ville, plus précisément à Bricomarché, où j’aurai passé beaucoup de temps cet été, j’ai encore été confronté au péril des remplaçants saisonniers. Il me fallait un peu de feutre géotextile, qu’ils vendent au détail, 1,80 euro le mètre linéaire, sur deux mètres de large. Pour en avoir d’avance, je décide d’en acheter plus qu’il ne m’en faut, et en demande cinq mètres. Un vendeur très jeune et très serviable commence à le mesurer, mais voilà qu’on atteint le bout du rouleau à 3,60 mètres. Eh bien, dis-je au stagiaire, c’est très bien ainsi, cela fera mon affaire. Il remplit un bon pour la caisse, en précisant qu’il ne me compte que trois mètres. Je le remercie de son amabilité, mais à peine me suis-je éloigné de quelques pas, je m’aperçois qu’il s’est gouré de référence et m’a facturé du voile à 3,50 euros le mètre, soit près du double du prix. Il en est confus. Je le rassure, et m’abstiens de faire observer qu’avec des vendeurs comme lui, la prospérité de la maison est assurée.

Sur l'image : Busard Saint-Martin. J'aime beaucoup le plumage gris des mâles.

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vendredi 11 août 2017

odeur

Il paraît que les biologistes considèrent l’odeur comme une information. Et auprès de certains êtres on se dit que vraiment, trop d’information tue l’information.

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jeudi 10 août 2017

sur la guerre civile espagnole

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J’avais emporté avec moi le livre 40 preguntas fundamentales sobre la Guerra Civil, de l’historien hispaniste texan Stanley Payne, en comptant seulement le parcourir, mais finalement j’en ai lu d’assez longs passages. Il semble que l’ouvrage ne soit édité que dans cette traduction espagnole de 2006, aux éditions madrilènes La Esfera de los Libros. Le titre a peut-être inspiré le Franco para antifranquistas en 36 preguntas clave, publié trois ans plus tard par le polémiste hérétique Pío Moa, lequel est soutenu par Payne. Moa s’était rendu célèbre par son fameux Los mitos de la Guerra Civil (2003), et je pense qu’il y aurait même lieu de parler de Mystères, à propos de cette tragédie historique. Mystérieux, le succès de cette rébellion militaire (après il est vrai une guerre laborieuse de trois ans) alors que la majorité des généraux en poste étaient restés fidèles à la République ; la mort rapide et successive, dans deux accidents d’avion, d’un des protagonistes, le général Sanjurjo, puis du principal instigateur, le général Mola, laissant à Franco une première place qu’il n’avait pas au départ (comment ne lit-on pas plus que cela de théories du complot à ce propos?) ; la montée en puissance, pendant la guerre, d’un Parti communiste espagnol pratiquement inexistant auparavant ; l’aboutissement à un régime quasi fasciste d’une insurrection au départ autoritaire, certes, mais républicaine, etc. Un des chapitres qui m’ont le plus intéressé est celui dans lequel Payne répond à la Question 13, à savoir : Le massacre du clergé et la destruction de ses biens constituent-ils la plus grande persécution religieuse de l’Histoire? En comparant avec les chiffres des tueries de la Révolution Française (environ 2000 prêtres) et des révolutions russe et mexicaine, l’auteur conclut que l’assassinat de près de 7000 prêtres, moines, nonnes, séminaristes et évêques espagnols représente en tout cas l’un des plus grands massacres de religieux chrétiens sur lesquels on dispose de documentation. Un trait frappant, et semble-t-il rare dans l’abattage de civils, tient à l’acharnement sadique des bourreaux, beaucoup de victimes ayant été soumises à des humiliations et à des tortures avant leur mise à mort, à des mutilations des organes génitaux, après quoi les cadavres étaient fréquemment traînés dans les rues. Si l’on recherchait des preuves que le comportement fanatique, contrairement à ce que croient certains, n’est pas spécifiquement lié à la religion, on en trouverait à la pelle dans ce déchaînement d’hystérie anti-religieuse. Cependant Stanley Payne, quant à lui, considère précisément les idéologies révolutionnaires comme des croyances religieuses (je traduis) : «La terreur anti-cléricale ne fut pas tant l’expression d’une opposition à la religion, que l’expression de religions laïques, politiques et totalement nouvelles : jacobinisme, anarchisme, ou marxisme-léninisme (p 143) … supprimer le christianisme pour le remplacer par les nouvelles religions politiques et révolutionnaires (146)».

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mercredi 9 août 2017

haïku adverbial

Indépendamment,
Individuellement,
Personnellement.

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mardi 8 août 2017

foi

Il entre dans ma sympathie pour le christianisme, le fait qu’on ne soit plus obligé d’y croire.

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lundi 7 août 2017

contre le féminisme

Contre la propagande féministe, qui présente les hommes systématiquement comme des oppresseurs d’une gent féminine à laquelle on n’a rien à reprocher, il faut rappeler que s’il existe des termes comme mégère, dragon, chipie, vipère, virago, harpie, rombière, teigne, etc, pour désigner certaines femmes, ce n’est pas parce qu’ils ont été inventés par des misogynes malveillants, pour ternir la juste image de la perfection féminine, mais parce qu’ils correspondent à des types humains que l’on peut en effet observer, dans le monde réel.

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