Journal documentaire

samedi 22 avril 2017

mathématique électorale

Unknown

L’issue d’une élection démocratique est toujours plus ou moins incertaine, et dans le cas présent elle l’est particulièrement, du fait que sur les onze candidats, les quatre concurrents qui se détachent nettement du lot ont des chances quasiment égales de parvenir au second tour, si l’on tient compte de la très relative fiabilité des sondages d’opinion, et des possibles évolutions de dernière minute. Si les chances des quatre candidats sont comparables, les résultats possibles sont au nombre de six. On peut se le figurer visuellement en imaginant un carré dont les quatre coins représenteraient les quatre concurrents. Le nombre de combinaisons possibles est égal aux quatre côtés, plus les deux diagonales, soit six. Les six résultats possibles sont donc : Fillon-Le Pen, Le Pen-Macron, Macron-Mélenchon, Mélenchon-Fillon, Fillon-Macron, et Le Pen-Mélenchon. On remarque que chacun des quatre candidats figure dans trois des six combinaisons, et a donc une chance sur deux de se retrouver au second tour. Sur les six combinaisons, une seule serait un duel gauche-gauche (Mélenchon-Macron), et une seule un duel droite-droite (Fillon-Le Pen), hypothèses peu vraisemblables mais pas exclues.

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vendredi 21 avril 2017

semainier, suite

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Parce que j’ai coutume de ne retourner dans ma Charente qu’une fois par mois, et de préférence la première fin de semaine, car c’est ce seul vendredi-là qu'un planteur de Vendée vient jusqu’au marché de Loulay vendre ses fruits, et surtout un jus de pomme sans égal, et comme aussi, malgré mon attachement aux droits et aux devoirs civiques, je n’envisage pas de refaire le long voyage à seulement deux semaines d’intervalle, je me suis résolu à ne pas aller voter ce 23 avril au premier tour de l’élection présidentielle, et à me contenter du second le 7 mai, sous réserve que les deux candidats restants me laissent encore envie de choisir entre eux. J’assisterai donc en simple spectateur à la première étape de cette course, dont le déroulement jusqu’à présent ne m’a pas déçu, par ses intéressants coups de théâtre. Il se trouve d’ailleurs que mon choix aurait été malaisé entre les onze concurrents au départ, tous plus prometteurs les uns que les autres. Ma seule certitude est que, dans l’état actuel de mes réflexions, les conservateurs dans l’ensemble me font meilleur effet que leurs adversaires «progressistes» aux annonces mirobolantes. Quand j’entends par exemple Mélenchon, le fou furieux «insoumis», promettre que tous les soins médicaux seraient remboursés à 100 %, je me dis qu’il est surtout insoumis aux règles de l’économie, ou du bon sens.

En visitant ce lundi le domaine de Graveyron, j’ai eu la chance de voir pour la première fois un grèbe ailleurs que dans les livres, un Grèbe huppé me semble-t-il, qui stationnait sur un bras d’eau. 

Venant à relire la notice de Wikipédia consacrée à Marie Trintignant, je constate que l’encyclopédie en ligne a heureusement renoncé à sa formulation hypocrite d’il y a quelques années, quand elle affirmait que l’actrice était «décédée des suites d’un oedème cérébral» le 1er août 2003, pour ne pas dire d’emblée qu’elle avait été tabassée à mort par son copain humaniste Bertrand «Super-Trempe» Cantat.

Repensant aux trois belles pensées d’André Siegfried, que j’avais découvertes en traduction espagnole, et que faute de mieux je m’étais aventuré à retraduire en français dans ma note du 31 mars 2010, sans être bien sûr d’en avoir reconstitué la formulation originale, j’ai finalement fait venir un exemplaire des Quelques maximes de l’auteur (nouvelle édition augmentée, Paris, 1946) où j’ai pu vérifier que je n’étais pas tombé loin.

J’ai lu le début d’un petit Stefan Zweig, Vingt-quatre heures de la vie d’une femme, mais à mon goût le récit était trop chargé de superlatifs, et j’ai abandonné.

Je n’aime pas cette manière du Wikipédia francophone, de présenter les morts avec le verbe être au présent, comme s’ils étaient encore vivants (Marie Trintignant est une actrice, André Siegfried est un sociologue, Stefan Zweig est un écrivain …). Il me semble que les versions en d’autres langues emploient en général le temps qui convient : Untel is (ist, es, é, etc) tant qu’il vit, mais was (war, era, etc) quand précisément il n’est plus, ce qui me paraît mieux dit.

Hier soir j’ai regardé en partie une émission de télé où les aspirants présidents exposaient leurs idées, quand on a appris qu’un policier venait d’être tué à Paris, lors d’une énième attaque terroriste. L’annonce a été faite peu avant que le candidat trotskiste Poutou, avec sa lucidité habituelle, n’affirme que la police devrait être désarmée. Il paraît qu’on avait affaire une fois de plus à un criminel islamiste déjà connu pour une belle série de forfaits, mais qui pouvait toutefois se promener en liberté. Tel est aujourd’hui notre cadre de vie.

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samedi 15 avril 2017

semainier

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De passage à La Croix le week-end dernier, je me disais une fois de plus qu’il y a dans chaque cour de ferme un élément décisif, qui manque à mon jardin pour lui donner un air vraiment rural : le tas de pierres informe, celui sur lequel on jette la nouvelle pierre que l’on a trouvée, et où l’on va puiser en cas de besoin. Mais j’ai beau méditer la question, je ne vois pas d’endroit où l’installation d’une telle carrière ne poserait pas de problème, esthétique ou pratique. Alors je m’en passe.

Au marché d’Aulnay, je me suis procuré le magazine gratuit The Deux-Sèvres Monthly, dont le titre m’enchante. Ce copieux mensuel de 52 pages colorées réunit des articles et des annonces, à l’intention de la colonie anglophone. Il fait plaisir à feuilleter, pour le bon goût et l’ordre soigneux de sa mise en pages, tels qu’on en trouve rarement chez ses équivalents indigènes. Et s’il en est déjà au n° 74, c’est une affaire qui marche.

On voit en bord de route, à la sortie d’un village du canton, un panneau en haut duquel est annoncé en grosses lettres « VILLENEUVE LA COMTESSE vous informe : », cependant que tout le reste du tableau est vide. J’aime beaucoup cette impression apaisante d’un endroit où il ne se passe rien.

Il y a un paradoxe esthétique des vieux murs campagnards, murs de maison ou murets d’enceinte, dont il faudrait maintenir l’enduit protecteur, mais dont la décrépitude laisse apparaître les beaux alignements de moellons, que l’on ne devrait pas voir et qui font plaisir à voir.

Bien des années après la première, j’ai refait une tentative de lire les Paludes de Gide, mais j’en suis toujours incapable. Cette petite oeuvre soigneusement dérisoire me rebute décidément. On dit qu’elle plaisait à Barthes et je veux bien le croire.

Il y aurait de quoi entretenir un petit commerce viable en revendant toute la marchandise (stylos, carnets, lunettes, briquets, etc) égarée par les étudiants dans tous les coins et recoins de l’université, pelouses comprises.

Jeudi soir, par exception, j’ai accompli un geste social : on m’avait invité à un vernissage en ville et je m’y suis rendu. Après quoi je suis rentré à pied du cours Victor Hugo aux Chartrons, via Saint-Pierre et les quais. Cette rare occasion de parcourir le centre-ville m'a permis de constater que le processus de terrassisation du monde s’est encore amplifié. L’espace public n’est plus qu’une immense, une interminable terrasse de café, en tout cas à Bordeaux et à cette heure-là. Je ne vois rien d’idéal dans cet état de chose.

Autre défi, hier vendredi, je suis allé passer la journée en Dordogne. Réveillé à 6 heures, dans le tram à 6 h 30, à Pessac vers 7 heures pour prendre ma voiture et la route avec. Je comptais musarder en chemin, et finalement j’ai seulement pris de l’essence à la sortie de Bordeaux, et me suis ravitaillé dans un vaste Leclerc au large de Sainte-Foy. J’étais au bois de Cunèges vers 10 heures et je me suis battu contre la nature jusqu’après 17 h 30. Ce fut du bon temps. Je ne m’éloignais jamais plus d’une heure du grand feu que je relançais à chaque fois, près du cabanon qui tient encore debout. Et je tenais moi-même debout, ce qui n’est pas rien.

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vendredi 7 avril 2017

actualité de la semaine

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Sur la plage de Cassy, vendredi dernier, parmi les livres offerts dans une boîte, j’ai pris le Coeur pensif, de Jean de La Varende, pour approcher un peu cet écrivain dont je ne connaissais guère que le nom, et pour le plaisir de m’approprier ce petit volume à l’air désuet, relié de toile, un rien kitsch, fleurant les années soixante, mes préférées (paru au Cercle du Bibliophile en 1964). Il y a au début, sur une vingtaine de pages, une fausse interview de l’auteur, fabriquée de propos glanés, et illustrée de photos où je découvrais ses traits, son air rustaud de vieux hobereau «aux mains calleuses». Sur plusieurs il montre des maquettes de bateau, qui étaient paraît-il sa passion. J’essaierai de le lire.

Et le lendemain, dans une brocante de la société Saint Vincent de Paul, où l’on vendait les livres au prix irrésistible d’un euro les cinq, j’en ai acheté quinze : deux albums (un sur Van Dongen et les Fauves, et un sur La vie secrète des bêtes dans les déserts), deux moyens formats (une belle réédition illustrée, reliée toile, du Boréal de Paul-Emile Victor, et le sixième volume des Français sous l’Occupation), puis onze formats de poche : une biographie de Brassens, un Bob Morane (Le masque de jade), Paludes, le Voyage d’une Parisienne à Lhassa, Quoi? L’éternité et le volume d’entretiens de Yourcenar avec Matthieu Galey (Les yeux ouverts), Sky my husband!, Vingt-quatre heures de la vie d’une femme, Les infortunes de la vertu, suivies d’Historiettes, contes et fabliaux, L’échappée belle, et les Confessions d’un babyboomer.

J’ai d’abord commencé à lire L’échappée belle, d’Anna Gavalda. Ce sont de plaisantes historiettes familiales de la petite bourgeoisie, bien tournées, mais cet habile babil m’a lassé au bout d’une dizaine de pages, quand l’auteur soudain passe de la satire légère au catéchisme antiraciste lourdaud. Le charme était rompu, et j’en suis resté là.

Quand on traverse la rue Ferrère, à l’Entrepôt Laîné, si l’on regarde vers le Jardin Public, on voit en plein dans l’axe un Pin parasol monumental, qui a belle allure.

Il y a eu dans Bordeaux, dimanche, une manifestation spécialement destinée à protester contre un meeting du Front National, qui se tenait dans les faubourgs de la ville. Attaché au pluralisme de la vie politique, je n’arrive pas à trouver normal ce genre de démonstration, menée paraît-il à grand renfort de tambours et de pétards, et encore faut-il s’estimer heureux que l’on ait échappé en partie aux ravages qui étaient à craindre. Force est de constater, une fois de plus, que l’ennemi le plus acharné de la liberté d’opinion, et donc de la démocratie, dans la France d’aujourd’hui, c’est l’extrême gauche.

Ce mardi soir, prenant l’air à mon vélux préféré, j’ai vu voler mes premières chauves-souris de l’année, au-dessus des toits de Bordeaux.

J’ai lu le mince volume Sky my husband! Ciel mon mari! (en poche au Seuil) dans lequel un certain Jean-Loup Chiflet a réuni des expressions françaises, dans l’ordre alphabétique du mot principal, en leur adjoignant ce que serait leur traduction en anglais mot à mot, et ce qu’est leur équivalent dans l’usage réel (C’est vachement chouette / It is cowly owl / It is very nice). J’ai trouvé cela assez drôle, car je m’amuse moi-même volontiers à créer de fausses tournures par traduction au mot à mot, mais j’avoue qu’une telle accumulation dans un livre entier, même bref, est un peu lassante, d’autant que l’auteur parfois exagère en choisissant une option délibérément absurde (par exemple Se tuer à la tâche / To kill oneself at the spot, comme si tâche était la même chose que tache sans accent).

Un charme, une étrangeté en tout cas, de la sculpture de Plensa installée à la Comédie, représentant une tête de femme doucement aplatie et comme en biais, est que c’est un visage auquel on ne peut faire face.

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samedi 1 avril 2017

beauté, Colomb, pigeons

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Je me demande si la proportion des individus beaux, des laids, et des intermédiaires, se maintient dans un rapport constant à travers les époques. C’est là un sujet de méditation, qui apporte plus de rêverie que de certitude. Je pense à ça probablement parce que ces temps-ci la fréquentation des transports publics me replonge régulièrement dans la multitude, où l’on est au spectacle.

J’ai beaucoup aimé le Hernando Colón, Enquête sur un bâtard, de Bruno Bayen (Seuil, 1992), même si je l’ai lu trop vite pour le suivre jusque dans tous ses méandres. Il raconte la vie et la postérité de Fernand Colomb, fils naturel et le deuxième de Christophe, qui fut le biographe admiratif de son père et réunit une collection de quinze mille livres, ce qui ne serait pas commun aujourd’hui et l’était moins encore de son temps. Cet ouvrage curieux est un documentaire bien renseigné, découpé en 62 chapitres numérotés, ayant parfois la brièveté d’un paragraphe, c’est en même temps une oeuvre littéraire au style impeccable, ferme et concis, un rien précieux, à visiter.

Les pigeons que je vois le matin sur les quais, ce sont tous des bisets. Des typiques, repérables de loin à leurs deux barres noires sur l’aile gris clair, et avec eux toute la bisetterie composite que leur espèce a engendrée. C’est arrivé sur le campus que l’on voit aussi des ramiers, le campus chaque jour moins rustique mais qui conserve encore des lambeaux de campagne.

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dimanche 26 mars 2017

blog 2016

Le texte de mon Journal pour l'année 2016 est maintenant disponible dans ce pdf.

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samedi 25 mars 2017

ma vie palpiteuse, semainier

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Une course nous ayant conduits au Sud du Bassin, avec mon aide de camp, vendredi de la semaine dernière, nous avons visité l’église principale d’Arcachon, la seule que je n’y avais pas encore vue, la basilique Notre-Dame. Elle est sans grande surprise, abondamment pourvue d’une bonne trentaine de vitraux, signés de Henri Feur et du grand Dagrand. J’en ai fait un relevé selon mon habitude, mais sans avoir le courage d’entrer dans le détail des verrières les plus compliquées. Il y a dans l’axe de l’église une rue qui descend vers une jetée, où nous avons observé un moment l’activité d’un homme âgé, qui pêchait au moyen d’un petit carrelet, d’un mètre de large. Il tirait de l’eau opaque d’énormes araignées, et une telle quantité de petits crabes verts, que le fond de la mer semblait occupé par une véritable armée de ces bêtes, à seulement quelques mètres de la plage.

Les quelques fours à micro-ondes que je connais font un bruit considérable, quand ils sont en marche, mais ils donnent quand même un petit coup de sonnette, en fin de course, au cas où on ne se serait pas aperçu que leur énorme raffut vient de s’arrêter.

Les relations immatérielles des réseaux sociaux suffisent à établir une communication satisfaisante, malgré quoi je ne déteste pas, à l’occasion, faire la connaissance réelle d’un de mes «amis» fantômes. Ainsi le week-end dernier, ayant su la présence dans les parages d’un jeune homme dont j’aime bien la sûreté de jugement, j’ai voulu le rencontrer et j’y suis parvenu. Ne connaissant guère les cafés de Bordeaux ni d’ailleurs, j’ai laissé à mon invité le choix d’un lieu, qui s’est porté au hasard des rues sur le Michel, je crois, rue du Pas Saint Georges, où nous avons passé une heure à bavarder en buvant de la bière, lundi soir. J’ai quitté ce gentilhomme en le remerciant d’avoir bien voulu partager ma compagnie un moment. Il ne mesurait sans doute pas qu’à mes yeux de handicapé des relations sociales, une telle rencontre avait plus d'importance qu'il ne paraissait.

Je ne connais guère que de réputation le penseur anglais Herbert Spencer, qui n’est plus aussi en vogue aujourd’hui que de son temps, même si des titres comme Le droit d’ignorer l’Etat ou L’individu contre l’Etat peuvent plaire aux libertaires de nos jours. Il m’est passé entre les mains une vieille édition espagnole d’un de ses ouvrages, La beneficencia (1893) qui semble correspondre aux parties V et VI de ses Principles of ethics, dont la version française est Le rôle moral de la bienfaisance (1895). Un trait notable du livre est que le traducteur espagnol n’est autre que Miguel de Unamuno en personne. Un autre est l’air démodé du sujet, pourtant intéressant. Qui maintenant étudie la bienfaisance paternelle, ou filiale, etc?

J’ai lu un court texte de Paul Morand, Mes débuts (1933, Arléa, 1994). Son très petit format était commode pour le tram, et son ton caracolant m’a amusé, sans m’emballer.

Avec ma directrice de conscience nous fûmes hier à Cazaux. Le bourg même, situé dans les terres, ne présente pas grand intérêt, sinon une charmante petite église bâtie en garluche, et dotée d’une vitrerie très à mon goût, peu nombreuse et placée à faible hauteur. Sept vitraux seulement, dont deux grisailles et cinq historiés, signés Guibert et Guitard, datant de 1954, et ne cédant en rien à la tendance abstraite qui ravageait alors les fenêtres. Celui de sainte Bernadette m’a plu spécialement, par la grâce du paysage champêtre qui lui sert de fond. Il y a aussi dans l’église une vénérable statue en bois de la Vierge à l’Enfant, qui daterait du XIIIe siècle. Après cette visite nous fûmes casser la croûte au bord du lac, sur un banc du port désert, avec pour seule compagnie un couple de canards colverts. Le calme n’était troublé que de temps en temps par le beau grondement des avions de chasse. 

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vendredi 17 mars 2017

ma vie palpiteuse, semainier

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Cela paraîtra difficile à croire, mais j’ai les mêmes difficultés avec ma couturière et avec mon bûcheron. Ils s’imaginent savoir mieux que moi ce qui me convient, et j’en suis parfois réduit à négocier.

Sur une vieille carte, j’ai vu que la Croix-Comtesse était appelée «Croix-la-Comtesse», soit par erreur, soit que ce fût en effet son nom jadis. Avec cela je ne sais toujours pas ce qu’il y a de crucial en ce village, où nulle croix n’est particulièrement visible, et qui ne se trouve pas à une croisée de routes, étant même tout à l’écart.

Je n’interviens pas beaucoup en politique, mais en lisant l’autre jour les propos d’un de mes «amis» de Facebook, selon qui les idées de droite et d’extrême droite conduisaient à la guerre civile, je n’ai pu m’empêcher de faire remarquer que sous ce rapport, l’extrême gauche ne me paraissait pas moins dangereuse. Il me semble que l’Histoire le prouve assez, et mon interlocuteur en fut d’accord. Mais là-dessus un autre «ami» de longue date, qui s’est récemment découvert une passion pour Mélenchon, a déboulé pour me couvrir d’injures, avec toute l’hystérie haineuse qui est souvent le fait, j’ai remarqué, de ceux qui proclament volontiers lutter «contre la haine». Cet épisode m’a consterné à la fois personnellement, parce que c’est encore une porte qui me claque au nez, je n’avais pas besoin de ça, et plus généralement, car j’ai l’impression que l’esprit public est maintenant plein d’un fanatisme digne des guerres de religion, qui n’annonce rien de bon.

Samedi avec mon aide de camp nous sommes allés marcher un moment le long de l’océan au Grand Crohot. Nous avions emporté un sac à tout hasard et nous l’avons rempli avec deux trois bûches, quelques jolis cailloux et coquillages, enfin des déchets, bouteilles et lambeaux, dont j’étais content de débarrasser la plage. Pour nettoyer le monde, il faudrait que beaucoup de volontaires se fixent pour règle de ne plus faire une promenade sans ramasser au moins un déchet en cours de route. Mais des quelques dizaines de personnes croisées sur ce bord de mer, aucune n’avait l’air de se soucier d’une telle idée. Et le lendemain il s’est avéré que deux des coquillages, deux petits escargots jaune-orange biscornus, que nous avions laissés dehors sur une table, étaient encore vivants. Le temps avait tourné à la pluie mais il a fallu aller les rejeter dans l’eau du Bassin.

J’ai regardé en différé les 53 minutes de la prestation de Jean-Luc Mélenchon samedi soir chez Ruquier, où l’on peut dire qu’il s’est fait servir la soupe du début à la fin, en pays conquis. Sans conteste c’est un tribun spectaculaire, plein de bagout, presque drôle (la sympathie qu’il affichait naguère encore pour une vieille dictature pourrie comme celle de Cuba m’empêche de le trouver tout à fait drôle). Mais il ne suffit pas d’avoir une grande gueule pour être convainquant. Un point notable à mes yeux a été son affirmation répétée qu’il trouvait scandaleux, quand il exposait son programme, qu’on lui demande combien cela coûterait. C’est pourtant bien une question qui se pose.

J’ai voulu lire un petit livre de Pasolini, moins de cent pages, et il m’est tombé des mains avant même que j’arrive à la moitié. Il s’agissait de La longue route de sable (Arléa, 1999), des notes d’un voyage en voiture le long des côtes de l’Italie depuis la frontière française jusqu’à Trieste. L’éditeur nonchalant affirme en couverture que la scène a lieu «A la fin de l’été 1959», quand elle se déroule en fait de juin à août. Et il estime que c’est là «Un texte magique», mais j’ai eu plutôt l’impression d’un insupportable babil.

J’ai lu dans le désordre, mais je crois en entier, le nouveau recueil de poèmes de Lucien Suel, Ni bruit ni fureur, paru à la Table Ronde. Un titre aussi à rebours du goût actuel pour le vacarme et le chambard aurait suffi à lui seul pour me ravir, mais le contenu m’a plu également, comme je l’attendais d’un poète dont je suis fan depuis longtemps, pour la rigueur de son travail et son genre d’inspiration. Parmi les oeuvres que je ne connaissais pas déjà, les deux qui m’ont le plus étonné sont les deux poèmes en prose qu’il consacre à deux de ses amis disparus, Christophe Tarkos (1963-2004) et Christophe Wattel (1964-2003), qui partagent le même prénom et le destin parallèle d’hommes morts trop tôt et presque aux mêmes dates. L’hommage à Wattel est une série de trente-neuf paragraphes numérotés, autant que d’années vécues, formés chacun d’un souvenir ou d’une évocation du personnage. Pour Tarkos, Lucien a façonné un ingénieux condensé de la correspondance qu’il a reçue de lui, avant l’époque des e-mails volatiles : chaque alinéa comprend la ville, la date, et un détail ou un résumé de la lettre. Devant les poèmes de ce livre on se dit plus d’une fois : quelle bonne idée il a eue là, et comme il l’a bien réalisée.

Mercredi soir à la débauche, nouvelle panne du tramway, la troisième que j’essuie en deux mois. Elle touchait une fois de plus la station Peixotto, qui m’a l’air d’être le Triangle des Bermudes du tram bordelais. Quelle médiocrité. Comment les étudiants, qui se révoltent tous les quatre matins sous les prétextes les plus discutables, supportent-ils un tel désastre sans broncher?

Les nazis eux non plus n’aimaient pas les frontières, surtout celles qui les séparaient des pays voisins. Eux aussi à leur façon pouvaient brailler No border!

D’ordinaire les phrases des merles ont le format d’alexandrins. Mais j’entends aux Chartrons un chanteur feignant qui ne va pas au-delà de l’octosyllabe.

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jeudi 9 mars 2017

reconnaître les pigeons

 

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Pour essayer de réformer la vague antipathie que m’inspirent les pigeons, j’ai consacré du temps à étudier les caractéristiques physiques qui permettent de distinguer leurs différentes espèces. Et je m’amuse maintenant à identifier comme je peux ces oiseaux que j’ai souvent sous les yeux, comme vous j’imagine, en ville et en banlieue, sur le campus et à la campagne. Cela ne va pas sans difficultés, mais voici l’état présent de mes connaissances, quant aux trois espèces qui vivent en France.

Le Pigeon ramier (Columba palumbus), soit la Palombe des chasseurs, est le plus facile à reconnaître, d’abord par sa grande taille, une quarantaine de centimètres, contre une trentaine pour les deux autres espèces, qui ont plutôt le gabarit de tourterelles. On remarque en outre chez lui les taches blanches qu’il a au cou et celles, surtout visibles en vol, qu’il a aux ailes.

Le Pigeon biset (Columba livia) est facile à reconnaître dans sa forme typique, grâce aux deux bandes noires qui barrent son aile gris clair, très nettes quand il est posé, et à la tache blanche qu’il a au croupion, bien visible en vol, mais parfois cachée quand il est posé avec les ailes trop repliées. Le problème vient de ce que c’est l’espèce qui a été depuis longtemps domestiquée, comme volaille comestible, comme oiseau d’ornement, et comme pigeon voyageur, et que la domestication lui a fait revêtir toutes sortes d’apparences, notamment dans la couleur du plumage, qui peut être gris clair ou foncé, marron, blanc, ou panaché de différentes façons, caractéristiques que l’on retrouve chez beaucoup de pigeons urbains libres, qui sont des bisets plus ou moins anciennement issus d’élevages.

Le Pigeon colombin (Columba oenas) arbore une grisaille, qui à mes yeux ne permet guère de le distinguer assurément d’un biset atypique. Le colombin et le biset se différencient par deux détails invariables, mais souvent peu visibles : c’est que le biset a l’oeil rouge et le bec sombre, le colombin l’oeil noir et le bec rougeâtre à pointe pâle. Mais c’est une chose de voir ces détails clairement exposés dans les guides, c’en est une autre que de les repérer sur le terrain. On dit aussi que le colombin est rare en ville, où domine le biset, ce qui est une indication.

Pour la curiosité, je signalerai enfin que le nom générique des pigeons en latin, Columba, avait donné l’ancien mot français Coulon, qui fut le terme usuel avant d’être remplacé par Pigeon, lequel vient de l’italien. Quant au mot Colombe, qui n’appartient pas à la nomenclature ornithologique française, il désigne un pigeon blanc, et donc un biset (même si biset est le diminutif de bis, qui veut dire gris).

En photo ci-dessus, un biset, avec ses deux barres noires à l'aile.

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mercredi 8 mars 2017

hitler à bordeaux

La gare

Il y a de cela déjà quelques années, une méditation documentaire m’avait amené à examiner la question des rapports physiques, si je peux dire, entre Adolf Hitler et Bordeaux. En vérité le thème est bien mince, car il semble que le chancelier ne soit jamais venu dans cette ville que de passage, à l’aller puis au retour du voyage en train qui le conduisit à Hendaye, le lundi 23 octobre 1940, pour s’y entretenir avec le général Franco de la possibilité que l’Espagne entre en guerre aux côtés des forces de l’Axe. Les deux chefs d’Etat se sont rencontrés en présence de leurs ministres des Affaires étrangères respectifs, Joachim von Ribbentrop et Ramón Serrano Suñer. Hitler s’était arrêté la veille, le dimanche 22, pour rencontrer Pierre Laval à Montoire sur le Loir, dans le Loir et Cher, et devait y faire halte de nouveau en revenant le mardi 24, cette fois-ci pour discuter avec le maréchal Pétain en personne. Les entrevues de Montoire et de Hendaye ont ensuite revêtu une valeur emblématique, même s’il paraît que sur le moment, il s’est surtout agi de dialogues de sourds, et elles sont largement décrites et commentées dans l’historiographie. Il n’en va pas de même des deux passages à Bordeaux, qui restent dans l’obscurité. Il est vrai qu’Adolf n’avait rien de spécial à y faire, n’y a peut-être rien fait, et pas même mis pied à terre, si seulement le convoi s’y est arrêté. Les quelques documents que j’ai pu consulter ne précisent d’ailleurs pas si le passage à l’aller eut lieu le dimanche soir ou le lundi matin, comme il est plausible, le train étant arrivé à Hendaye le lundi à 15 h 30. Quant au voyage de retour par Bordeaux, il n’a pu avoir lieu que le mardi matin, s’il est vrai que Franco fut en retard au rendez-vous et que l’entretien dura neuf heures. A l’époque où je m’interrogeais sur cette question, j’avais demandé l’avis d’un historien de ma connaissance qui, sans être spécialiste de la période, avait tout de même pu me procurer quelques informations. Selon lui le maréchal Wilhelm Keitel, dans ses Souvenirs, indiquait que les Allemands ne s’étaient pas arrêtés à l'aller, et ne parlait pas du retour («mais je doute qu'au retour, H ait été d'humeur à faire du tourisme», ajoutait plaisamment mon informateur). Toujours selon lui, le journaliste Wythe Williams a rapporté (mais où?) qu’il y aurait eu un arrêt à Bordeaux pour faire le plein de carburant («refueling»). Je me demandais si la presse d’alors avait signalé cet épisode : avait-il fait les gros titres, le chancelier en avait-il profité pour rencontrer les autorités locales, y avait-il eu des mesures de sécurité pour interdire l’accès du public à la gare? J’aurais voulu consulter à ce propos le quotidien local La Petite Gironde, ancêtre de Sud Ouest, mais il ne faisait pas et ne fait toujours pas partie de la documentation numérisée disponible en ligne. Une solution était d’aller consulter la collection conservée aux Archives départementales de la Gironde, à Bordeaux, mais mon emploi du temps ne me permettait guère une telle expédition, surtout pour une question si peu importante. Profitant de ce que je suis redevenu bordelais à temps partiel, j’ai pu satisfaire enfin ma curiosité en me rendant vendredi dernier auxdites Archives, où j’ai eu accès à un microfilm reproduisant l’intégralité du journal pour le mois d’octobre 1940. Mais à vrai dire, il n’y avait pas grand chose à voir. C’était en effet un petit canard que cette Petite Gironde, à peine quatre pages quotidiennes les jours de semaine. J’ai feuilleté les éditions de la huitaine de jours encadrant l’épisode. On y évoque çà et là «l’ex-général de Gaulle» et les bombardements sur l’Angleterre, mais on n’y dit strictement rien du voyage en train, qui était probablement une opération secrète. Curieusement, on signale dans les éditions du 22 et du 23 des rencontres non datées de von Ribbentrop avec le Duce, qui ont pu avoir lieu peu avant, et il y a le jeudi 26 à la une un bizarre entrefilet daté de Berlin, selon lequel «Le chancelier Hitler a reçu M. Serrano Suner (…) On apprend de source autorisée que M. Serrano Suner a été reçu mercredi par le Führer à la nouvelle chancellerie. L’entretien a duré environ une heure.» La «source autorisée» n’est pas très limpide. Ah, tant pis. J’ai vu dans ces journaux que l’on passait alors en feuilleton Le fuseau d’or, d’un certain Jean Rameau, écrivain landais dont j’apprends ainsi l’existence, c’est au moins ça.

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mardi 7 mars 2017

naya

J'ai rêvé que j'étais intrigué par le titre d'un livre, Naya, qui semblait un mélange de Nahua (c'est à dire Aztèque) et Maya.

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dimanche 5 mars 2017

Andromaque disparue

Andromaque_1668_title_page

Il y a de cela bien trois ans, un jour où mon goût des lectures scabreuses m’avait conduit à examiner la bibliographie du professeur Faurisson (tu n’as vraiment que ça à foutre), je me suis avisé que le sulfureux révisionniste n’était pas seulement l’auteur de célèbres études littéraires (sur Rimbaud, Lautréamont, Nerval) et historiques (sur ce que l’on sait), mais aussi d’un ouvrage plus anodin, une édition scolaire de l’Andromaque de Racine, parue en 1968 et reparue en 1976 dans la collection des Classiques illustrés Hachette (la belle affaire). Je voulus aussitôt posséder cet ouvrage, et je m’amusais d’avance d’en faire citation ou de le montrer aux copains (un rien t’amuse). J’eus tôt fait d’en acquérir un exemplaire pour un malheureux doublon ou guère plus, sur PriceMinister (c'est malin). Or peu de temps après j’ai si bien rangé le mince volume, que j’en ai perdu tout souvenir, et pensant maintenant à le rechercher, il me faut bien constater qu’il est introuvable, et qu’il semble avoir tout à fait disparu (c’est bien fait, c’est le Petit Jésus qui t’a puni).

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samedi 4 mars 2017

ma vie palpiteuse, suite

Houellebecq

Je me demande si, au lieu de diffuser mes notes brèves au fil des jours, je ne ferais pas mieux de les conserver pour les publier ensemble en fin de semaine. Cela confirmerait ma vocation d’écrivain du dimanche. A moins que je ne choisisse le vendredi, ou le samedi.

La solitude et l’anxiété réveillent en moi la sauvagerie : par moments je bois de la soupe industrielle à même la casserole, debout devant l’évier.

Guerre, attentats, discorde, rien ne va plus dans le monde. Le service après-vente de Dieu est débordé.

J’ai lu dans le tram un recueil de poèmes de Michel Houellebecq, Configuration du dernier rivage (Flammarion, 2013). Malgré ma sympathie pour l’auteur, ils ne m’ont pas paru formidables, mais il faut dire qu’ils ne font rien pour donner cette impression. Il y a au contraire dans leur ton profane, dans leur mètre incertain, dans leur tenue négligée, un parti pris de dérision. J’en citerai quand même trois alexandrins parfaits, qui m’amusent par leur ton lugubre : un au passé, «Je tenais des propos concernant les teckels», un au présent, «J’ai pour seul compagnon un compteur électrique», et un au futur, quand l’auteur part en voyage vers des cieux exotiques, «Je verrai les natifs me fixer, pleins de haine». J’ai bien aimé aussi ce distique peu romantique : «… J’ai même visité la nature / Et je l’ai trouvée mal rangée.»

Autant les «violences faites aux femmes» sont de plus en plus souvent et bruyamment dénoncées, autant les enquêtes sociologiques sur le profil des auteurs de ces violences sont inexistantes, ou discrètes. On frappe. Qui c’est? C’est les hommes (comme par hasard). Oui, mais lesquels? Hum.

Ces graffiti stupides, qui salopent les murs, sont un attentat permanent contre le bon goût. Ce crime devrait être puni de prison ferme, assortie si possible de châtiments corporels et de travaux forcés.

Si je n’avais la flemme de rédiger les statuts, je fonderais volontiers le Mouvement pour un Anticommunisme Méditatif.

Un des pires spectacles, auxquels j’assiste régulièrement, est celui des pauvres gens qui gaspillent leur argent à des jeux de grille. Je les vois par exemple à la Coop de Villeneuve. Ou dans les Tabac-Journaux. Le comble a été l’autre jour cette jeune mère, qui enseignait à son lardon la façon de procéder. Soyez radins, voudrais-je leur dire, c’est votre seul salut. Mais à quoi bon… La pauvreté matérielle et la spirituelle s’engendrent l’une l’autre, comme l’oeuf et la poule, et cela sans fin.

Un thème possible : A la tombée du jour, au fin fond de vos bois paisibles, vous vous attardez à couper quelques dernières branches, quand soudain le halètement d’un chien vous arrive droit dessus.

Quand je vois tous ces jeunes gens, et ces moins jeunes, muettement absorbés dans la contemplation de leur très petit écran, je me dis que ces nouveaux appareils ont la vertu de contribuer à l’insonorisation du monde, ce qui est appréciable, si je ne me trompe.

Jeudi soir à la nuit tombée, je prenais l’air à un vélux tourné vers le Sud, d’où me parvenaient les échos de la foire installée place des Quinconces, sonore mais invisible depuis mon poste. Alors est arrivé de loin un vol de grues, formant un arc irrégulier, lançant les cris que l’on connaît. Eclairés d’en dessous par les lumières de la foire, les oiseaux paraissaient argentés sur le ciel bleu foncé. Cette vision inattendue n’a duré que quelques instants, le temps que le vol passe et disparaisse derrière le toit, en direction du Nord.

Fête Debord Eve.

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mercredi 1 mars 2017

filet de protection

J'essaye de donner via le site Recupe du filet de protection de jeunes troncs. Il y en a tout un rouleau. Je le signale ici à tout hasard, si certains de mes lecteurs en voulaient quelques mètres, ce serait le moment. Voir l'annonce et la photo ici.

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mardi 28 février 2017

néomots

Mes néologismes de ces derniers temps : Richarles, Thomathieu, chocolatin, westernité.

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lundi 27 février 2017

violences policières

Les terribles «violences policières» en France… Vu le bordel qui règne dans le pays, soi-disant en état d’urgence, il m’a l’air de souffrir surtout de la non-violence policière. Je serais curieux de savoir ce que représentent lesdites «violences policières», par rapport aux violences non-policières : un millième? un dix-millième?

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dimanche 26 février 2017

vies d'écrivains

Borges-escritores-bibliotecarios-elegidos-Angel-Esteban_EDIIMA20140609_0326_5

Dernièrement j’ai eu l’occasion de lire par hasard l’un après l’autre deux livres qui se ressemblent, en ce que ce sont des recueils d’articles sur des vies d’écrivains, écrits par des Espagnols.

Dans l’un, El escritor en su paraíso (l’écrivain dans son paradis) un philologue, Angel Esteban, présente dans l’ordre alphabétique des noms, selon le sous-titre, «Treinta grandes autores que fueron bibliotecarios» (trente grands auteurs qui ont été bibliothécaires. Cáceres : Editorial Periférica, 2014). La plupart sont des écrivains maintenant morts, à une exception près. Il y a parmi eux sept Espagnols (Arias Montano, Moratín, G Fuertes, BJ Gallardo, Hartzenbusch, Menéndez Pelayo, d’Ors) et neuf Hispano-Américains (R Arenas, Borges, R Darío, P Groussac, ML Guzmán, Onetti, R Palma, J Vasconcelos, Vargas Llosa), les autres, près de la moitié, étant extérieurs au monde hispanique (G Bataille, R Burton, L Carroll, Casanova, Goethe, les Grimm, Hölderlin, S King, Musil, Perec, Perrault, Proust, Soljénitsyne, Strindberg). Leur activité dans la profession a correspondu à des situations très variables, allant de directeurs de bibliothèques nationales, à ceux qui furent de simples auxiliaires, pendant quelques années ou quelques mois de leur jeunesse, avec des cas spéciaux comme celui, assez enviable, de Casanova, qui fut le bibliothécaire d’un comte, ou celui de G Perec, qui fut plus exactement documentaliste. En lisant le chapitre consacré aux frères Grimm, qui ont officié à l’université de Göttingen de 1830 à 1841, je me suis dit qu’à quelques années près, ils auraient pu rencontrer mon cher Henri Ternaux, qui avait présenté là ses deux premiers travaux savants en 1826. Un autre détail qui m’a intrigué concerne la bibliothèque nationale d’Argentine. Je savais déjà que Borges, qui en a été le directeur, avait perdu la vue dans ses dernières années. Mais j’apprends là que deux de ses prédécesseurs dans le poste, Paul Groussac (un Toulousain, arrivé à Buenos Aires sans parler un mot d’espagnol) et avant lui José Mármol, sont également morts aveugles, cela ressemble à une malédiction.

L’autre livre, ce sont les Vidas escritas (vies écrites) par Javier Marías. L’ouvrage a d’abord paru en 1992, mais je l’ai lu dans une des rééditions ultérieures (celle-ci en poche, Mondadori, 2008), présentant l’intérêt que la photographie illustrant chaque étude a été choisie par l’auteur lui-même, et non par l’éditeur comme auparavant. Dans la partie principale, Marías évoque sans ordre apparent vingt écrivains, tous morts et non-hispaniques, ayant vécu entre le XVIIIe et le XXe siècle. Il s’amuse à insister sur les aspects pittoresques, voire excentriques ou, pour reprendre son mot, «calamiteux», de ces personnalités hors du commun. Une préface laisse entendre qu’il a parfois forcé le trait, inventé tel détail. Cette disposition d’abord m’a refroidi, mais en fin de compte je me suis beaucoup diverti avec ces portraits savoureux, d’une extrême drôlerie. Je les ai lus sans ordre mais avec joie, en commençant par Rimbaud, venu rencontrer Verlaine à Paris les mains dans les poches, sans vêtements de rechange, et empestant à la ronde. L’auteur prévient que trois des personnages lui sont antipathiques (Joyce, Mann et Mishima, qui à son goût se prenaient trop au sérieux), et l’on voit en effet qu’il s’en moque méchamment, alors qu’il se moque gentiment des autres (Faulkner, Conrad, Blixen, Lampedusa, James, Doyle, Stevenson, Tourgueniev, Nabokov, Rilke, Lowry, du Deffand, Kipling, Rimbaud, Barnes, Wilde, Sterne). Voilà un livre qui mériterait la traduction. Il est complété de quelques autres textes, dont des esquisses biographiques plus courtes, des descriptions de photos, et une évocation, à travers leur correspondance, de l’amitié entre Tourgueniev le voyageur et Flaubert le sédentaire dans leurs dernières années, celui-là envoyant à celui-ci, au cours de ses déplacements, du caviar, du saumon, ou une robe de chambre!

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samedi 25 février 2017

Goncourt

J’ai essayé de lire La vie devant soi, d’Emile Ajar (prix Goncourt 1975), mais je n’y suis pas arrivé.

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vendredi 24 février 2017

iconographie

ane-et-boeuf-1

Le Que sais-je Vocabulaire du christianisme, de Michel Feuillet, m’a beaucoup plu, par la précision et la concision des définitions, par le large éventail des entrées, par le choix judicieux des exemples, par le système des renvois. Il a rafraîchi mes connaissances, qui en avaient grand besoin, et m’en a apporté de nouvelles, que je ne retiendrai peut-être pas, mais je me promets de garder à portée cet excellent petit instrument. J’étais étonné d’y apprendre, par exemple, qu’une image aussi familière que celle de l’Ane et du Boeuf de la Crèche ne se trouve pas dans les textes canoniques, mais dans un évangile apocryphe.

A propos d’iconographie chrétienne, je lisais l’autre jour sur le net les protestations d’un mécontent, qui voyait de l’ethnocentrisme dans le fait que les vilains artistes chrétiens aient souvent représenté le Christ sous des traits qui n’étaient pas ceux d’un Arabe. Le censeur furieux se mélangeait un peu les pinceaux, car à vrai dire Jésus vivait à l’époque heureuse où les Arabes se contentaient encore d’habiter l’Arabie, loin de la Terre Sainte. Il y a d’ailleurs quelque chronocentrisme, à croire que l’on avait jadis une idée aussi nette qu’aujourd’hui du type ethnique des pays lointains. Et puis il ne faut pas exagérer, on n’a pas non plus vu beaucoup de portraits d’un Jésus blond avec les cheveux en brosse. Et de toute façon, quelle importance? Pour ma part je considère comme un charme de l’imagerie chrétienne, cette liberté d’interprétation, par laquelle on a pu représenter par exemple des scènes bibliques, dans des paysages ou des décors très évidemment européens. Le portrait d’ailleurs importe moins que les attributs, dans la représentation de ces personnages antiques dont on ignore à tout jamais les traits réels. Il faut aussi remarquer que la religiosité européenne n’était pas bien ennemie de l’Etranger, pour adopter un dieu venu d’Orient, alors qu’elle en avait déjà une tripotée sur place. Mais surtout c’est se méprendre, que de croire que la parole de Jésus est une affaire de clocher, si j’ose dire. On pourrait tout aussi bien le dépeindre sous les traits d’un Eskimo, que cela ne changerait rien au sens de son message. Même si le pays des Eskimos n’est pas le mieux servi en matériaux, pour donner le bois d’une croix.

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jeudi 23 février 2017

carré

Dans le fond, un carré n’est rien d’autre qu’un rectangle communiste.

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