Journal documentaire

mardi 7 juillet 2015

haïku diététique

Pour votre santé
Evitez de grignoter
Prenez et mangez

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jeudi 25 juin 2015

haïku souterrain

Mouton-Duvernet
La Motte-Picquet-Grenelle
Sèvres-Babylone

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mardi 23 juin 2015

le cinéma de A à E (suite)

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Films vus ces derniers mois :

The Queen, de Stephen Frears (2006), autour de la mort de Lady Diana, avec une reine d’Angleterre démodée mais sympathique, et son premier ministre socialiste mais compréhensif. C+.

Le dernier des Mohicans, de Michael Mann (1992). Très mauvais, avec musique tonitruante insupportable. Interdit aux moins de 10 ans, et déconseillé aux plus de 15. D.

Heat, de Michael Mann (1995), tragédie sordide, où De Niro finit misérablement sur un terrain d’aviation moche, victime des ennuis qu’il a bien cherchés. Je l’avais déjà vu et oublié. D.

L’aile ou la cuisse, de Claude Zidi (1976). D.

La vie des autres, de Florian Henckel von Donnersmarck (2006) sur l’espionnage des citoyens par la Stasi, dans l’Allemagne communiste. Bien vu, bien mené, et surtout bien terminé, avec une dernière scène surprenante, sobre et subtile. B.

Gold, de Thomas Arslan (2013) sur l’aventure simple d’un groupe de chercheurs d’or allemands qui se dispersent peu à peu, dans les beaux décors du far-west canadien. C+.

Lord of war, d’Andrew Niccol (2005), avec Nicolas Cage en trafiquant d’armes, dans une histoire qui pue l’esbroufe et le faux. J’ai regardé la première demi-heure. D.

Les chemins de la liberté, de Peter Weir (2010). Histoire d’une évasion du goulag, suivie d’un trek peu crédible jusqu’aux Indes. Esthétisant et fraternel, mais peu convaincant. C.

Vous allez rencontrer un bel et sombre inconnu, de Woody Allen (2010). Ce n’est pas une grande histoire mais un peloton de petites intrigues habilement imbriquées les unes dans les autres, dont les personnages passent leur temps à se trahir et à se bercer d’illusions, pour n’en retirer le plus souvent que déceptions et inquiétudes. J’ai beaucoup aimé. A.

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dimanche 21 juin 2015

caraco en ligne

J'ajoute un post-scriptum à ma note du 7 mai, pour signaler que Romain Delpeuch a mis en ligne son mémoire sur Caraco, dans un blog intitulé Etude caracienne.

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vendredi 19 juin 2015

bouée

Certain(e)s, dans la rue, semblent se raccrocher à leur téléphone portable comme à une bouée. A savoir s'ils ont pied...

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mercredi 17 juin 2015

garde-livres

J’ai appris que l’on nomme en portugais Guarda-livros, et en anglais pareillement Bookkeeper, l’employé chargé de tenir les livres de comptes, en somme le Comptable. Il semble qu’en français le mot Garde-livres n’existe pas. Je serais pour qu’on l’emploie comme synonyme de Bibliothécaire, ce qui ferait une économie de syllabes.

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mardi 16 juin 2015

rêve d'un 06

Hier matin je me suis réveillé en rêvant d’un numéro de téléphone. Il se présentait à moi si distinctement qu’à peine eus-je ouvert l’oeil, je notai sur un post-it de garde les cinq paires de chiffres, dont la première était 06. Plus tard dans la journée, venant à y repenser, je googlai le numéro. Il semblait ne correspondre à rien de particulier dans le monde réel, mais enfin, poussé par un reste de curiosité, je le composai sur un appareil, en m’attendant à ce qu’une voix automatique m’annonce qu’il était en effet inexistant. Or cela sonnait régulièrement et, soudain embarrassé à l’idée d’un contact imminent avec un(e) inconnu(e), au moins un répondeur, à qui je n’aurais rien de bien sensé à déclarer, je raccrochai.

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lundi 15 juin 2015

animaux du monde lusophone

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Les Presses Sorbonne Nouvelle viennent enfin de faire paraître, sous le titre de L’animal dans le monde lusophone, du réel à l’imaginaire, les actes d’un colloque auquel, par exception, j’avais été invité à participer, à la Cité universitaire de Paris. Le livre n’indique pas que la réunion a eu lieu il y a quatre ans, en mai 2011, mais on peut y lire ma contribution d’une trentaine de pages, portant sur «La faune brésilienne chez les chroniqueurs de la France Equinoxiale, Claude d’Abbeville et Yves d’Evreux», deux auteurs que j’ai aussi commentés dans ce blog les 3 et 4 septembre de l’an dernier.

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Je peux communiquer individuellement le texte de l'article (en pdf).

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dimanche 14 juin 2015

autographed bullett

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 J’ai reçu avec quelques jours de retard, et d’autant plus apprécié, l’excellent cadeau que l’on avait commandé pour mon anniversaire (qui était le 6 juin) : un collier où pend une balle en céramique de 8,5 cm de long, réalisée par l’artiste américain Charles Krafft. A vrai dire le collier lui même m’importe peu, mais la balle bleutée, datée et signée me ravit.
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vendredi 12 juin 2015

sur les mêmes sujets

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J’ai recherché en vain l’aphorisme espagnol. J’aurais beaucoup aimé en vérifier les termes. Disait-il bien «intéressant», ou «important»? Disait-il «très»? Etc. Ce doit être la première fois que je traduis non une phrase, mais un souvenir de phrase, exercice incertain. Quant à l’expédition guyanaise, elle progresse lentement et envoie des nouvelles. Le blog En direct du Raid des Sept Bornes permet de la suivre, sinon «en direct», en léger différé. La mission menée par François-Michel Le Tourneau se propose de parcourir à pied la frontière méridionale de la Guyane française en partant de l’extrémité sud-ouest du département, c’est à dire du point de «trijonction» entre Guyane, Surinam et Brésil, pour aller si possible jusqu’à la septième des bornes disposées sur ladite frontière par l’Institut géographique national dans les années 50-60. Cette aventure scientifique et sportive m’évoque des souvenirs de mon adolescence, de l’époque où la Guyane, c’est à dire en quelque sorte l’Amazonie française, était au coeur de mes rêveries. Je n’y suis finalement jamais allé, et cela vaut sans doute mieux, car je n’y eusse pas fait de vieux os, avec ma santé de fer-blanc. Mais j’étudiais sérieusement la question, je lisais des livres, j’avais parmi mes héros des personnages plus sportifs que scientifiques, les Raymond Maufrais, Richard Chapelle, André Cognat… Je m’instruisais de la géographie, des fleuves-frontières, le Maroni et l’Oyapock, des «dégrads» et des «carbets», des fameux monts Tumuc-Humac, censés marquer la séparation entre Guyane et Brésil. Je lis maintenant dans Wikipédia que ces montagnes seraient «imaginaires», mais il y a au moins quelque relief, puisque la frontière naturelle est constituée par la ligne de partage des eaux, lesquelles s’écoulent de part et d’autre soit vers la Guyane, soit vers l’Amazone. En attendant je ne sais toujours pas si Le Tourneau a emporté un livre avec lui, et lequel.

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mardi 9 juin 2015

lire en voyage

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Je lisais l’autre jour sur le net une note, écrite par un certain François-Michel Le Tourneau, savant sportif, qui s’apprêtait à arpenter les montagnes de la Guyane, où il est maintenant arrivé. Il s’interrogeait sur le choix de ses bagages, son sac à dos pesant déjà 22 kilos, sans compter qu’il faudrait y ajouter 3 litres d’eau et 7 à 10 kg d’aliments, plus l’équipement hors sac (machette, etc) et il voulait aussi emporter de la lecture, pour se distraire au bivouac. Le détail frappant est qu’il envisageait d’opter pour un volume de la Pléiade. « J’ai du mal à voyager sans Pléiade, même si c’est infiniment plus lourd qu’une petite liseuse électronique… » En effet, ça fait chic, mais je souffrais pour lui d’avance. Sur le moment j’ai hésité à lui envoyer mon avis. Mais après tout, me suis-je dit, peut-être aime-t-il souffrir, et faudrait-il, au lieu de le dissuader, lui suggérer plutôt de se charger, tant qu'à faire, d’un Robert ou d’un Gaffiot? Je renonçai à lui écrire. Par coïncidence, vers le même jour, je suis tombé sur un aphorisme espagnol portant sur ce genre de question. Malheureusement je l’ai découvert en feuilletant des blogs au hasard, il m’a accroché mais pas assez pour que j’en prenne note aussitôt, et il me fascine à retardement, maintenant que je ne sais plus où le retrouver. Il disait en substance quelque chose comme « En voyage, il faut emporter avec soi deux livres : un livre très intéressant, et puis un autre, au cas où on n’aurait pas envie de lire le livre intéressant ». J’aimerais retrouver le texte original, mais je ne sais si j’y parviendrai, ni si je retenterai.

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vendredi 5 juin 2015

psychologie féline

 

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Mystères de La Croix. La petite chatte Minnie, qui vient s’alimenter chez moi quand j’y suis, éprouve peut-être quelque amitié à mon endroit, ou disons, sans aller jusque là, un brin de sympathie, qu’elle se garde toutefois d’exprimer par des effusions trop démonstratives. Ennemie de la fausseté, elle ne cache pas qu’elle vient principalement pour rendre visite aux écuelles, où je tiens à sa disposition de la pâtée le matin, des croquettes le reste du temps, et les bons jours un peu de cat milk, qui est pour elle comme un dessert. Aussi son trajet dans la maison consiste-t-il principalement à entrer par la fenêtre de la salle à manger et à traverser la pièce jusqu’à l'autre bout, à vrai dire jusqu'à la cuisine, où se trouve son point de ravitaillement, puis à repartir. Les lieux sont disposés de telle façon qu’elle pourrait tout à fait effectuer le trajet en ligne droite, mais j’ai remarqué que, pour quelque raison qui m’échappe, elle se dévie toujours un peu sur la gauche et va passer par dessous une table, plus précisément entre les pieds d’un tabouret dont je ne me sers pas, et qui est toujours stationné sous cette table. Les saisons, les années passent, mais je ne la vois jamais dévier de cet itinéraire légèrement décalé. J’en viens à me dire que si d’aventure cette chatte vit encore dans cent mille ans, et si personne, d’ici là, n’a eu l’idée de déplacer mon tabouret, elle continuera de poursuivre le cheminement oblique, que sa petite âme juge plus convenable.

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jeudi 4 juin 2015

jean-claude roché dans wikipédia

Je me suis essayé à Wikipédia. On m’avait dit que c’était facile, mais n’étant pas très intuitif en informatique, j’ai trouvé ça compliqué et j’ai dû me faire aider. Enfin je suis parvenu à écrire une première notice, sur un sujet qui me semblait manquer dans cette encyclopédie : l’ornithologue Jean-Claude Roché, que j’avais déjà évoqué dans mes pages l’été dernier (voir au 14 VIII 2014). (Pour lire cette notice, voir ici).

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mercredi 3 juin 2015

sur joan cornellà

 

moxnoxQue penser des dessins de Joan Cornellà? J’en ai vu d’abord sur la toile, et je viens d’examiner son album Mox Nox, paru aux Bang Ediciones, de Barcelone, en juillet 2013 (et qui en était à son cinquième retirage en juin 2014). Cet ouvrage présente quelques traits éditoriaux atypiques : les pages ne sont pas numérotées (il y en a une cinquantaine), il n’y a pas de page de titre, le titre et le nom de l’auteur n’apparaissent qu’au dos de la couverture et sur le bandeau amovible. Personnellement je ne raffole pas de ces coquetteries, mais là n’est pas l’essentiel. Les planches sont pour la plupart des historiettes en six images, parfois seulement quatre ou cinq, et plus rarement un seul dessin en pleine page. Ce sont des histoires sans paroles, dont l’action se déduit du simple enchaînement des images. Le sens n’apparaît pas toujours au premier coup d’oeil, et certaines planches se présentent d’abord au «lecteur» comme une énigme à résoudre. Les personnages mis en scène sont quelquefois des créatures étranges, mais le plus souvent de banals quidams, qui s’observent, se heurtent, s’attirent ou se repoussent, se suicident, s’entretuent, se mutilent volontiers, comme si de rien n’était. Les actes sont régis par une sorte de logique absurde (par exemple un homme se coupe instantanément une jambe pour en faire un projectile qu’il lance sur un agresseur qui s’échappe). L’absurdité des comportements et la cruauté fréquente contrastent avec la plastique des dessins, qui ne tendent pas à la virtuosité, mais au contraire évoquent l’imagerie convenue des albums pour enfants, à traits épais et couleurs posées par aplats. Le sourire figé qu’arborent le plus souvent les personnages, pourrait être interprété comme une parodie, et donc une critique, du discours publicitaire, qui affiche une bonne humeur artificielle omniprésente, mais cela n’est pas sûr. A première vue, je ne distingue pas de message politique ou idéologique dans les historiettes de Joan Cornellà. Son goût des scènes choquantes, qui souvent mettent le spectateur mal à l’aise, me semble plutôt répondre au plaisir de s’amuser avec le sens et le non-sens. Si ses histoires dénoncent quelque chose, ce peut être plus généralement le non-sens de la vie, de notre condition de mortels. J’interprète ainsi la signification du titre, Mox Nox, ce qui, si je ne me trompe, signifie en latin «Bientôt la Nuit», c’est à dire bientôt le néant de la mort, qui nous attend tous. A cet égard je trouve particulièrement significative une peinture vue ailleurs que dans ce livre, figurant une sorte d’ourson enfantin joufflu, entouré de coeurs et de petits nuages, et tendant le bras en un geste enthousiaste, tandis qu’au bas de l’image s’étale la phrase «we’re all gonna die» (nous allons tous mourir). Ce qui transparaît, dans ces petites bandes dessinées d’allure enjouée, où sévit une cruauté souriante, c'est peut-être un radical désespoir.

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mardi 2 juin 2015

sansou revisité

 

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Il y avait une éternité, à tout le moins quinze mois, que je n’étais retourné en Dordogne, visiter mon bois de Sansou, à Cunèges, et j’y suis allé enfin vendredi dernier. C’est devenu pour moi un sujet d’inquiétude, un de plus. Aller jusque là-bas n’est plus une petite affaire : il y a quatre-vingts ou quatre-vingt-dix kilomètres de route, dont beaucoup de passages à cinquante à l’heure dans les villages, ce qui représente à mon allure une heure et demie bien tassée de trajet. Et le soir venu, comme je n’ai plus le refuge de chez ma mère à Bergerac, il me reste le choix entre prendre la route du retour, avec les risques liés à la fatigue, ou bien me faire héberger chez des amis, ce qui est sympathique mais ne va pas sans créer d’autres problèmes, notamment de me rajouter de la route (le bois se trouvant au sud-ouest de la ville, mes hôtes dans la campagne au nord-est). Avec ces difficultés, ajoutées à mon peu de disponibilité et d’énergie, et au fait que je ne dispose pas d’un compagnon de voyage, le temps a passé et j’en étais à me demander si je referais un jour ce trajet. 

Je me suis réveillé un peu trop tôt vendredi matin, vers 5 heures et quart, et je n’arrivais pas à me rendormir, alors je me suis préparé et j’ai appareillé peu avant sept heures, si bien que j’étais parmi mes arbres à huit heures et demie. Je suis parti par la route de Branne, en comptant rentrer par celle de Libourne, afin de revoir au maximum ces paysages que je ne suis maintenant pas sûr de revisiter. Sur place, comme j’étais incertain de l’état du chemin d’accès, j’ai laissé la voiture au bord de la route et je suis descendu à pied, botté, avec dans mon sac à dos l’équipement léger que j’avais prévu. Le chemin est cahoteux et envahi d’herbes mais il était assez sec dans la partie critique, et dans l’après-midi je suis retourné chercher ma voiture, pour la descendre sur les lieux et charger des bouts de bois. Dans le terrain m’attendaient le genre de petites surprises catastrophiques, ou catastrophes surprenantes, qui à vrai dire ne m’étonnent plus qu’à moitié. D’une part, le long du ruisseau (ce terrain est riverain du Brajaud sur cent cinquante mètres) plusieurs aulnes, qu’on appelle ici des vergnes, avaient été coupés à ras, d’ailleurs proprement, et emportés, il n’en restait que quelques billots et entames qui traînaient à proximité (c’est principalement eux que j’ai chargés dans ma caisse). Les souches étaient celles d’au moins deux gros arbres (40 à 50 cm de diamètre) et quatre ou cinq plus petits (dans les vingt centimètres). On ne voyait sur le sol aucune sciure, aucune trace de travail ou de transport, car l’opération a dû être réalisée il y a longtemps, peut-être l’an dernier, et l’herbe a tout recouvert. Je ne saurais affirmer qu’il s’agit de pillage, même si les arbres ont disparu, car cette espèce n’est pas recherchée, et un voleur de bois s’en serait plutôt pris à mes érables ou à mes frênes. C’est peut-être une opération de nettoyage, menée par Dieu sait qui, car il est vrai que ces aulnes sont instables, plusieurs se sont déjà écroulés, obstruant le ruisseau, et d’autres menaçaient d’en faire autant. Il y avait déjà eu une opération de nettoyage du ruisseau et des rives, dans mes premières années de propriété, mais alors on avait eu la correction de me prévenir par courrier. (Je pense en écrivant cela qu’on a peut-être voulu le faire cette fois aussi, mais qu’on n’a plus mon adresse). D’autre part, du côté du chemin, près de l’entrée du terrain, il y avait plusieurs jeunes arbres cassés, comme si une énorme machine leur avait passé dessus. Je distinguais des traces anciennes, sur le sol couvert de lierre. Je ne comprends pas ce qui s’est passé là, qui a fait quoi, comment et pourquoi. Que faire, après ces constatations de faits datant déjà, dont je ne sais si l’un a rapport avec l’autre? Je vais y réfléchir, ou laisser pisser. Il y avait aussi des dégâts naturels. Dans le milieu du terrain pousse une série de bouquets d’aubépines, de quatre ou cinq troncs chacun. J’ai trouvé un de ces bouquets complètement mort, un autre à moitié. J’ignore si c’est l’effet d’une maladie, d’un parasite, ou de l’ombre chaque année plus épaisse des frênes environnants, qui les dépassent. La considération de ces désagréments, ajoutée à la pensée anxieuse que je faisais peut-être là ma dernière visite, m’a mis d'humeur mélancolique et j’ai passé mon repas à ressasser ces problèmes. J’avais apporté du jambon, un peu de pain, une poire, quelques cerises, je ne sais plus quoi. Et de l’eau. Il ne faisait pas mauvais, le temps était couvert sans être pluvieux le matin, et l’après-midi il s’est éclairci sans chaleur excessive. Toute la journée j’ai entretenu comme d’habitude un grand feu pas très utile mais assez beau et agréable. Je me suis occupé à nettoyer, à inspecter, et à flâner. Il y a du côté sud un pied de buis, jadis offert par ma mère et mon fils, qui a pris maintenant une ampleur monumentale. Il n’y avait quasiment pas âme qui vive : un fantôme de grenouille, une fauvette-éclair, de lointains échos de loriot, et le grand calme.

Le soir chez mes hôtes, nous étions à table avec un ancien, que j’étais heureux de rencontrer par ce hasard, ne l’ayant revu depuis fort longtemps. Comme il est chasseur, nous en sommes venus à parler d’animaux, entre autres des Huppes, dont il me disait qu’elles sont appelées dans le coin des «pupus». Le nom viendrait selon lui de l’attirance de ces oiseaux pour les bouses de vache, où elles piquent volontiers leur long bec incurvé. Je n’ai pas osé le contrarier mais l’explication me paraissait douteuse, et il me semblait que l’on devait rapprocher ce surnom des Huppes de leur appellation onomatopéique (en latin «upupa», l’oiseau qui crie «oup-oup-oup»). En me renseignant plus tard sur le net, j’ai appris que le même nom de pupu ou pue-pue est aussi donné dans les Charentes, et que les huppes seraient en effet doublement puantes : non seulement par leur goût pour la bouse odorante, mais aussi parce que leurs nids sont paraît-il nauséabonds. Si bien que les indications acoustique et olfactive se confondent ou se côtoient, dans ces synonymes ressemblants. A vrai dire il me gêne un peu d’avoir appris qu’un si bel oiseau pouvait être ainsi associé à quelque mauvaise odeur.

Le lendemain, avant de rentrer, je suis retourné passer un moment à Sansou, après m’être ravitaillé dans un supermarché. J’avais envisagé d’aller au marché qui se tient le samedi matin à Bergerac autour de l’église, puis j’en ai été découragé par la perspective du problème du stationnement, et par l’appréhension de revoir ces lieux familiers du centre ville, et je me suis rabattu sur un Leclerc des faubourgs. A Cunèges, je n’avais envie de rien faire. J’ai rallumé le feu devant la cabane et j’ai déjeuné sans me presser, en regardant les arbres. Puis j’ai traîné un peu, mais je ne me suis pas éternisé.

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dimanche 31 mai 2015

haîku

Au lever du jour
Un rouge-queue à front blanc
Sur le fil à linge.

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lundi 25 mai 2015

haïku nourricier

Je garde les miettes
Pour les oiseaux, les poissons,
A chacun sa part.

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samedi 23 mai 2015

sur lady di et guy debord

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La semaine dernière, n’ayant plus de livres nouveaux, je me suis aventuré à feuilleter chez mon hôte un album consacré à Diana, princesse des coeurs (par Stéphane Bern, éditions Michel Lafon, 1997). A vrai dire je n’avais guère envie de lire cet ouvrage et je me suis contenté de regarder les photos, où l’on voit Lady Di généralement très bien habillée, ainsi d’ailleurs que le prince Charles (j’aime assez l’allure de ce dernier sur une photo où il est vêtu à l’écossaise et tout en vert, pull, kilt et chaussettes de la même couleur). Ne connaissant le sujet que par ouï-dire, et trompé par la légende complaisante de la princesse «populaire», je m’en faisais l’idée d’une sorte de Cendrillon roturière, ayant bénéficié d’un mariage improbable, mais j’apprends que ce n’est pas le cas. Elle était bel et bien d’une famille d’aristocrates, les Spencer ayant d’ailleurs de lointains liens de parenté avec la famille royale, comme en témoigne un arbre généalogique.

Dans la foulée, comme j’étais d’humeur biographique, j’ai emprunté ailleurs le Vie et mort de Guy Debord 1931-1994, de Christophe Bourseiller. Ce livre avait d’abord paru chez Plon en 1999, puis en livre de poche deux ans plus tard, et je l’ai lu dans une troisième édition (Galodé, 2012) qui a pu bénéficier, pour éclaircir certains points, du fait que la correspondance de Debord a été publiée entre temps (8 volumes, entre 1999 et 2010). Cette Vie et mort est un fort volume, de près de cinq cents pages, qui paraît assez complet tel qu’il est (mais une bizarre note page 189 indique que certaine «pièce figure en annexe n° 3 du présent ouvrage», or il n’y a pas d’annexes, sinon une chronologie et un index).

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Je ne sais pas pourquoi j’ai bien aimé ce livre et je l’ai dévoré sans en perdre une miette. Je ne l’avais pourtant pas pris sans hésiter, redoutant d’être déçu. Il faut dire qu’il y a bien longtemps que je ne crois plus au genre de rêverie post-marxiste dont relèvent les idées de Debord, et que le personnage lui-même ne me fascine plus comme jadis. Je me souviens qu’encore dans le milieu des années 90, je n’aurais pour rien au monde manqué d’acheter ses derniers livres, même quand ils s’avéraient d’une médiocrité désolante, comme Panégyrique II ou Des contrats. J’avais remarqué mon désintérêt quand à la fin de la décennie, je n’ai éprouvé aucune envie de connaître sa correspondance, qui commençait d'être publiée. De même je n’avais encore jamais senti le besoin d’ouvrir le livre de Bourseiller.

Celui-ci n’écrit pas mal, il raconte sans ennuyer, et reste clair même quand il faut expliquer les subtilités idéologiques. Je ne partage pas certaines de ses options rhétoriques, comme son goût marqué pour l’expression «au final», ou la qualification de l’extrême droite comme «nauséabonde» (p 185 : ce poncif laisse imaginer qu’à l’inverse l’extrême gauche sentirait la rose, ce dont l’auteur donne lui-même quelques exemples du contraire). Mais son bon livre a le mérite d’être une vraie biographie biographante, touffue, bourrée de faits concrets, d’anecdotes, de dates et de lieux précis, d’adresses de cafés et de logements. C’est le fruit d’un travail sérieux, dont témoignent les nombreux entretiens cités en référence. Et puis cette lecture éveillait en moi mille souvenirs de l’époque où je découvrais la saga et la mythologie des situs, c’est à dire quand j’avais vingt ans.

La partie de la vie de Debord que j’ignorais totalement, c’est son enfance. Je n’imaginais pas sa situation de parenté compliquée. Il était le fils unique de son père, mais sa mère eut ensuite deux enfants d’un autre père, puis se remaria avec un homme qui avait lui-même deux enfants, si bien que le jeune Guy eut quatre demi-frères et demi-soeurs, et en quelque sorte deux beaux-pères. Il semble que la mère s’intéressait aux hommes plus qu’à ses enfants, et que le futur situationniste fut surtout choyé par sa mamie, qui, quand le jeune révolutionnaire fut installé à Paris, faisait chaque semaine transporter son linge à Cannes pour le lui laver (58). Sa belle formule, comme quoi il était «né virtuellement ruiné» (28), ne veut pas dire grand chose et peut être retournée : en fait il est né réellement fortuné et a longtemps vécu confortablement. On peut noter que les menaces qui ont plané sur la prospérité familiale, et sur l’aisance individuelle du rejeton, ne sont pas dues à des facteurs "marxistes", comme les lois implacables des mécanismes économiques, mais aux effets de la fortune : la mort prématurée du grand-père italien doué pour les affaires, puis celle du père moins doué, les aléas des rencontres de la mère pleine de vitalité, le choix du second mari de ne pas adopter le fils aîné comme il l’a fait des deux autres enfants de la mère (qui n’avaient pas de père officiel), l’excluant ainsi d’un héritage prometteur. Mais il n’a pas beaucoup manqué. Jusque tard dans sa vie il a eu tout le loisir de venir se reposer dans les maisons de la famille sur la Côte d’Azur. Son grand principe de «ne travailler jamais», si prisé de ceux qui ont les côtes en long, était d’autant plus facile à suivre, qu’il a longtemps eu la possibilité de se faire entretenir et ne s’en est pas privé : par sa famille d’abord, ensuite par sa première femme Michèle Bernstein, enfin par ses amis Asger Jorn et Gérard Lebovici.

Avec Michèle Bernstein, qu’il rencontre en 1952 et épouse en 1954, Guy Debord a tiré un bon numéro. Elle est très libérale, financièrement et moralement. Elle n’est pas regardante sur les coucheries à droite et à gauche, et pourvoit à la subsistance de Monsieur, à son logement, à ses beuveries et à ses publications (dans une proportion qui n’est pas précisée, sur ce dernier point). Elle continuera de le subventionner même après qu’il l’aura quittée pour s’installer en 1964 avec Alice Becker, et cela jusqu’à leur divorce en 1972, suivi du mariage avec Alice. Il faut être, comme on dit, de bonne composition, pour faire preuve d’une aussi fidèle, et patiente, générosité.

Guy Debord détestait les artistes qui faisaient des oeuvres d’art (c’est à dire la plupart, n’est-ce pas) sauf s’ils avaient beaucoup d’argent. C’est ainsi qu’Asger Jorn fut l’ami de Debord, et le resta même après que celui-ci l’eut exclu de sa secte marxiste culturelle, qu’il appelait l’Internationale situationniste. (Quelqu’un qui n’aurait rien d’autre à faire pourrait s’amuser à calculer combien de temps chacun des rares privilégiés qui ont fait partie de l’IS, a réussi à en rester membre avant de s’en faire virer ou d’en démissionner. Je serais curieux de savoir qui a tenu le plus longtemps, dans cette épreuve de rodéo idéologique.) Jorn aussi était généreux, et a contribué a financer Debord dans sa vie et ses oeuvres. Je n’aime pas du tout ses horribles peintures, mais le peu que je sais du personnage me le rend sympathique (la biographie n’est pas illustrée, mais comme tout le monde aujourd’hui je lis tout en m’informant en même temps sur le net). Il avait une bonne tête, c’est à dire avec de beaux traits et l’air intelligent, ce qui ne va pas toujours ensemble. Et contrairement à Debord, il n’était pas sectaire, s’il est vrai qu’il a entretenu une longue amitié avec le peintre catho et réac Pierre Wemaëre (129). Il possédait une belle maison en Italie, à «Albisola Mare» (sur le net on écrit plutôt Albissola Marina), qui se visite encore aujourd’hui, et sur laquelle existe un livre (Le jardin d’Albissola, 1974, cité p 109 & 364) qui n’a pas l’air facile à trouver.

En 1971, un an avant son divorce d’avec Bernstein, et deux ans avant la mort de Jorn, Debord fait la connaissance de l’homme d’affaires Gérard Lebovici, producteur de cinéma, imprésario et directeur des éditions Champ Libre, qui va devenir son plus riche mécène. Avec lui, Guy Debord a tiré le gros lot. Lebovici bichonne son gourou en le publiant et en lui accordant d’avantageux contrats. Le point d’orgue est atteint quand, en 1983, un an avant d’être assassiné, il achète une salle de cinéma, le Studio Cujas, dont l’unique mission est de projeter en boucle les «chefs d’oeuvre» cinématographiques imbuvables de Debord (398). L’opérateur a le devoir de continuer la projection même quand il n’y a personne dans la salle, ce qui est souvent le cas. Je me souviens d’être passé à Paris à cette époque et d’avoir assisté à une séance, où je devais être le seul spectateur. On peut se demander si une telle générosité relève de la simple amitié ou de la possession. L’assassinat mystérieux de Lebovici en 1984 est un des épisodes les plus tumultueux de la saga Debord. A cette occasion le situationniste a démontré ses talents de limier en déclarant que Lebovici avait été exécuté «par l’ordre social établi». Cette intuition fulgurante s’est révélée aussi utile pour identifier les criminels, que sa théorie de La société du spectacle l’avait été pour transformer le monde, c’est à dire nullement.

On sent que Bourseiller a de la sympathie pour l’homme qu’il étudie et pour son univers, ce qui est assez naturel. Cette sympathie le conduit à une certaine indulgence envers les aspects les plus contestables des pensées et des actes du personnage, mais il a l’honnêteté de ne pas les cacher, et de citer quelques unes des critiques les plus perspicaces qui ont été exprimées sur le sujet. Ainsi les justes inquiétudes formulées par Alexander Trocchi quant aux crimes qui n’auraient pas manqué d’être commis si le théoricien fanatique et ses acolytes, émules de Saint-Just, avaient pu accéder à un quelconque pouvoir (225). Ou la critique mordante de Pierre-Henri Simon, en 1968, à propos de Debord et Vaneigem : «… les deux auteurs … ont passé largement la trentaine, ce qui les autorise sans doute à donner des conseils aux jeunes gens, mais pas tout à fait à parler en leur nom … il est difficile de vanter la fête d’une façon plus ennuyeuse que ne font nos situationnistes…» (275) Simon juge aussi que Vaneigem «patauge dans des sottises dont il est juste de dire que Debord se garde beaucoup mieux». Vingt ans plus tard, Debord lui-même dira de Vaneigem que «tout ce qu’il écrit est nul» (426). C’est une des rares opinions sur lesquelles je reste d’accord avec lui.

La partie la moins agréable du livre a été pour moi celle touchant les années 68, par l’obligation, pour suivre le fil, de m’intéresser à tous ces groupuscules plus sectaires les uns que les autres et qui n’en finissaient pas de se scinder, de se rescinder et de se bouffer le nez. Sans compter l’ennui de tous leurs slogans délirants. Rétrospectivement, on est frappé par la disproportion entre la rage sincère des protestataires, et le peu de raisons qu’ils avaient de se plaindre, quand on compare par exemple la situation économique du pays d’alors avec ce qu’elle avait été dans l’immédiat après guerre, ou avec ce qu’elle est devenue ensuite. A bien des égards c’est une révolte d’enfants gâtés, sachant bien que dans le fond ils ne risquaient rien (cette «révolution» a fait environ zéro mort, non?). Les mecs luttaient contre le capitalisme pour avoir le droit d’aller dans les dortoirs des filles. Analysés d’un point de vue zoologique, ces mouvements relèvent en grande partie du rut printanier, ou de l’éternelle guerre des jeunes impatients de virer les vieux pour occuper leurs places, comme cela n’a pas manqué.

Debord, lui, n’a pas fait carrière dans les institutions, mais s’est peu à peu transformé lui-même en institution. Personnage hors du commun, caractériel, autoritaire, narcissique et cynique, non dénué de style, il fut l’inventeur génial d’une «internationale situationniste» peu opérante mais devenue légendaire, et d’une théorie, La société du spectacle, fumeuse et illisible, mais que ces caractéristiques n’ont nullement empêché de devenir un best-seller (sans doute même y ont-elles contribué). Je serais curieux de savoir à quel point, dans ses dernières années, il était revenu de ses idées de jeunesse. Le livre en parle peu. Il y a l’indice de la lettre de 1992 à Duteurtre dans laquelle Debord qualifie ses anciennes théories d’«extravagantes» (444). Sans doute le sexagénaire est-il loin du jeune révolutionnaire, qui vitupérait la propriété privée et le droit d’auteur (tout en s’étranglant de rage, à l’occasion, parce que Henri Lefebvre aurait plagié un texte situationniste, 211). Toujours est-il qu’en ses dernières années, et plus encore après sa mort, il a acquis un tel prestige que ses droits d’auteur étaient une rente appréciable. Contrairement à ce qu’affirme le titre d’un de ses livres, sa réputation n’était pas «mauvaise», du moins avait-elle alors depuis longtemps cessé de l’être, mais au contraire excellente, et de façon si générale et si consensuelle qu’il s’est développé une véritable debord-mania, au point que le révolutionnaire était encensé jusque dans les revues féminines les plus sottes. Bourseiller évoque le passage de Debord chez Gallimard en 1992, par l’entremise de Jean-Jacques Pauvert (441), sans donner le chiffre du transfert, que je lis dans un article de L’Express (du 6 VIII 2009) : 700.000 francs. Pour la soirée que Canal + lui consacre fin 1994, il se fait payer 750.000 francs (même source). Plus récemment, sa veuve aux dents longues (c’est sa Yoko Ono) a vendu à la Bibliothèque Nationale les archives du défunt, préalablement classées «trésor national» par le Ministère de la culture, et d’une valeur estimée entre 2 et 3 millions d’euros (je ne connais pas le montant final de la transaction) (L'Express, 1 IV 2010). Tel peut être le curieux destin d’un soi-disant «révolutionnaire», qu’il faudrait comparer avec celui de dissidents moins voyants mais plus clairvoyants, comme un Caraco ou un Ciry. Quant à l’utilité de sa pensée et de ses actes pour soulager la misère du monde, elle fut à peu près nulle, ne serait-ce qu’en comparaison des oeuvres caritatives d’une Lady Di, par exemple. Mais enfin, il fut sans conteste un de nos grands originaux pittoresques.

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mardi 19 mai 2015

pain de l'amitié

stv4

L’autre soir à Simply Market j’ai rencontré Bernard P, que je n’avais pas revu depuis son départ à la retraite il y a un lustre. Nous étions contents de nous parler. Vieux garçon très catholique, il m’a raconté qu’il employait son temps libre au service de la Conférence Saint-Vincent-de-Paul, et notamment au Pain de l’Amitié. La société offre aux pauvres, chaque jour à midi, dimanche compris, un repas à un euro, sans condition. Bernard y exécute les tâches les plus humbles, comme d’éplucher des pommes de terre. Il m'expliquait ça en rigolant. J’admire cet exemple de dévouement, dont je ne sais pas si je serais capable. Les repas sont ouverts à tous : tu peux y venir manger, si tu veux, m’a-t-il dit. Ce n’est pas bien dans mes horaires, car il faudrait que je me déplace en ville, mais je serais curieux d’en faire l’expérience.

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dimanche 17 mai 2015

camino

san-josemaria-escriva

J’ai aimé bien des écrivains chrétiens, j’ai aimé bien des auteurs d’aphorismes, j’ai prisé au plus haut point un aphoriste chrétien comme Gómez Dávila, mais je dois avouer que les pensées de Josemaría Escrivá de Balaguer me laissent froid. J’ai pourtant de l’estime, bien que n’étant moi-même plus très catholique, pour le personnage de ce prêtre énergique, né en 1902, mort en 1975, canonisé en 2002. Il fonda en 1928, soit à l’âge de 26 ans, une société, l’Opus Dei (Oeuvre de Dieu) vouée à la recherche de la sainteté dans la vie ordinaire, qui joua un rôle important dans la création du CSIC (Consejo Superior de Investigaciones Científicas, le CNRS espagnol) sous le règne du général Franco, et qui fait horreur aux gens de gauche, ce qui suffirait, sans autre mérite, pour lui attirer ma sympathie. Escrivá est l’auteur de quelques recueils de règles de vie, dont le plus connu et le plus ancien est le célèbre Camino (1939, en français Chemin), composé d’exactement 999 maximes. Ce livre m’attirait mais je n’arrive pas à le lire, je m’y ennuie et j’y étouffe. Je le trouve moralement trop impérieux et exigu. «Acostúmbrate a decir que no» («Habitue-toi à dire non») dit la belle phrase numéro 5, mais l’auteur me demande trop de lui dire oui.

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