L-aventure-en-bretelles

Ces jours-ci dans le tram j'ai lu un recueil de textes de Jacques Perret publié en 2004 par le Dilettante sous la forme bizarre d'un livre tête-bêche, comportant d'un côté un choix de sept articles, de l'autre une série de trois nouvelles. Tous ces écrits ont pour cadre la Guyane française, où l'auteur avait séjourné dans le début des années 30. Une singularité est qu'il s'agit là d'un livre sur la Guyane dans lequel il n'est jamais question du chef-lieu Cayenne, mais seulement de la région du fleuve Maroni, qui sert de frontière à l'ouest avec la Guyane alors hollandaise, maintenant le Suriname. Une autre bizarrerie est que les Indiens, très présents, sont désignés plusieurs fois comme étant des Emerillons, soit des locuteurs d'une langue tupi, or les rares mots indigènes cités (pakira, calimbé, ...) relèvent du caribe, en effet parlé par d'autres ethnies du coin, notamment les Wayanas. J'ai d'abord lu les articles, réunis sous un titre amusant (dû à l'éditeur, semble-t-il), Un Blanc chez les Rouges, mais que j'ai trouvés dans l'ensemble assez insipides et inconsistants. Les trois nouvelles, piquées dans un recueil préexistant, et ici rééditées sous le titre de la première, L'aventure en bretelles, m'ont fait bien meilleure impression, il y a vraiment de l'ambiance et du caractère, qui manquent aux articles.