tram-de-bordeauxnbsp-le-traceacute-de-lrsquo-extension-de-la-ligne-d-est-connu

A peine suis-je monté dans le tram qu'une jeune Négresse, un peu enveloppée, me propose gentiment sa place. Je refuse d'abord, en expliquant que pour l'occasion je ne vais qu'à deux stations de là, mais comme elle insiste j'accepte. Et puis j'ai conscience, en acceptant son offre, d'être aimable à mon tour. Je suis parfois l'objet de telles attentions, qui m'inspirent une réaction mélangée, car je trouve cela tout à la fois appréciable et quelque peu inquiétant. C'est qu'en mon for intérieur j'ai plus ou moins le sentiment d'avoir toujours le même âge, mais vu de l'extérieur je ne dois pas faire la même impression. En passant auprès d'elle au moment de descendre, je lui dis encore merci et elle affiche un grand sourire. Que n'a-t-on plus souvent de tels instants de sympathie. Tu peux sourire, petite mélanoderme charitable, le vieil homme blanc grincheux te sait gré. Et pourtant, Dieu sait si le tram n'est pas fait pour le mettre de bonne humeur.