colon_hernando

Je me demande si la proportion des individus beaux, des laids, et des intermédiaires, se maintient dans un rapport constant à travers les époques. C’est là un sujet de méditation, qui apporte plus de rêverie que de certitude. Je pense à ça probablement parce que ces temps-ci la fréquentation des transports publics me replonge régulièrement dans la multitude, où l’on est au spectacle.

J’ai beaucoup aimé le Hernando Colón, Enquête sur un bâtard, de Bruno Bayen (Seuil, 1992), même si je l’ai lu trop vite pour le suivre jusque dans tous ses méandres. Il raconte la vie et la postérité de Fernand Colomb, fils naturel et le deuxième de Christophe, qui fut le biographe admiratif de son père et réunit une collection de quinze mille livres, ce qui ne serait pas commun aujourd’hui et l’était moins encore de son temps. Cet ouvrage curieux est un documentaire bien renseigné, découpé en 62 chapitres numérotés, ayant parfois la brièveté d’un paragraphe, c’est en même temps une oeuvre littéraire au style impeccable, ferme et concis, un rien précieux, à visiter.

Les pigeons que je vois le matin sur les quais, ce sont tous des bisets. Des typiques, repérables de loin à leurs deux barres noires sur l’aile gris clair, et avec eux toute la bisetterie composite que leur espèce a engendrée. C’est arrivé sur le campus que l’on voit aussi des ramiers, le campus chaque jour moins rustique mais qui conserve encore des lambeaux de campagne.