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Il me dépayse agréablement d’assister aux prestations du tribun Donald Trump, avec son énergie, sa grande gueule, son bon sens insolent. Jusqu’à récemment je ne connaissais son nom que comme celui d’un homme d’affaires cité à deux reprises (ici et ) dans les Villes exotiques du regretté Crad Kilodney. J’ignore ce que Crad savait ou pensait de lui, et s’il l’a cité par ironie ou par sympathie. Je me demande ce qu’il aurait dit de son actuelle candidature à la présidence des Etats-Unis. Je découvre dans les nouvelles, dans ses conférences de presse, discours et entretiens, le charisme du personnage, son assurance et son aisance. Un orateur de la trempe de Trump nous change un peu des brêles politiques habituelles. Je ne suis pas toujours d’accord avec ses opinions, mais tout de même assez souvent, et je dois avouer qu’il m’est sympathique jusque dans certains détails physiques, comme sa voix sonore, ses cravates rouges, et sa bizarre coiffure. Son succès auprès du public tient probablement à ce que c’est un patriote comme on n’en voit plus guère, un conservateur enfin qui assume ses convictions de droite, au lieu de trottiner ridiculement derrière les idéaux de gauche, comme font les autres. Contrairement à ce que suggère son image «brut de décoffrage», je crois que c’est un finaud, dont l’incorrection politique est savamment, ou intuitivement, mesurée : certes il n’a pas l’air prêt à composer avec les étrangers entrés illégalement dans son pays pour chier sur les violettes, mais il prend soin d’être assez gay-friendly et s’inquiète pour la sécurité d’Israël... Nous verrons bien jusqu’où ce personnage ambigu saura mener sa barque. En attendant, Keith Richards vient de déclarer qu’il le trouvait «refreshing». Il me fait la même impression.

Pour juger du cas : youTube.