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Hier soir j'ai regardé le débat entre Eric Zemmour et Yacine Belattar, diffusé avant-hier dans une émission de Pascal Praud, l'homme aux lunettes rouges. Cela peut paraître une drôle d'idée, que d'organiser une discussion sur le thème «Qu'est-ce qu'être Français aujourd'hui» en invitant pour cela deux citoyens d'origine étrangère, un Berbère juif de droite et un Berbère musulman de gauche. Pourtant, sans être passionnant, c'était intéressant, au moins autant que si l'on avait convoqué là un Français de souche qui aurait passé son temps à s'auto-flageller. J'ai bien aimé Zemmour, égal à lui-même, je suis en général d'accord avec ses analyses. Belattar, que je ne connaissais pas, ne m'a pas fait grande impression, je l'ai trouvé agressif, vulgaire, fuyant, pas très malin. Zemmour a remis sur le tapis son dada des prénoms. On peut le chipoter là-dessus mais dans le fond il a raison, il est vrai que l'adoption de prénoms français marquait chez les immigrés de jadis une volonté d'intégration, dont ceux d'aujourd'hui ne se soucient plus beaucoup. Belattar a très bêtement accusé Zemmour d'être responsable de la tuerie de Christchurch, en Nouvelle-Zélande, sous prétexte que le massacreur d'une cinquantaine de musulmans se référait comme Zemmour au concept de «Grand Remplacement». Or il est faux de prétendre qu'un même constat de bouleversement démographique inspire nécessairement les mêmes actions, et Zemmour a eu beau jeu de rétorquer que l'islam était plus sûrement coupable des centaines d'assassinats d'Occidentaux perpétrés sans cesse par des musulmans. Les deux orateurs n'en sont pas venus aux mains, fort heureusement, mais il y avait entre eux une telle hostilité qu'elle augure mal, si l'on veut y voir un signe, de l'avenir des relations entre «communautés» dans le pays. La discorde a encore de beaux jours devant elle.