Mes affaires me conduisaient ce week-end à la Croix, où je suis parti en oubliant mon câble d'ordi, si bien que j'ai subi pendant trois jours un sevrage imprévu. Occasion de mesurer, s'il en était besoin, la place que l'informatique et internet occupent maintenant dans la vie quotidienne.

N'ayant plus l'ordi, où est stocké entre autres mon carnet d'adresses, je n'avais plus accès aux numéros de téléphone. Il m'a fallu appeler une connaissance, pour obtenir celui de certaine administration, à laquelle je devais mendier quelques informations. L'administration en question s'est avérée être une de ces forteresses téléphoniques, qui ne se laissent pas pénétrer comme ça. Quel accueil. Des voix enregistrées vous donnent des indications à suivre durant votre «navigation téléphonique». L'expression m'a frappé. Elle donne tout de suite à entendre que vous n'êtes pas près, ni certain, d'arriver à bon port. Inutile de préciser qu'en effet, j'ai échoué.

N'ayant pas le net, j'étais réduit à écouter de temps en temps les nouvelles sur un vieux transistor crachotant. Il y avait ce matraquage du Black Friday, qui a fini par me convaincre. Eh bien, me suis-je dit, mériterais-je pas de m'offrir un petit cadeau, depuis le temps. J'avais justement reçu un catalogue de vente par correspondance, dans mon courrier en papier. J'en ai donc profité pour commander L'école des cadavres, que je n'ai pas relu depuis bien longtemps. Merci, Black Friday.

A un moment il est passé un vol d'étourneaux spectaculaire, comme j'en avais rarement vu, peut-être jamais, si vaste que pendant un instant il a couvert tout le ciel, au-dessus du jardin.