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Peu de sensations me sont aussi agréables, que le soulagement d’être enfin dépassé par un bourrin véloce, qui me collait au cul et n’y arrivait pas.

J’ai passé quelques heures, hier et avant-hier, dans le bois de Cunèges, à lutter contre le désordre de la nature. Même sans espoir de triompher, il faut se battre pour l’honneur. Et je n’étais pas mécontent de revoir le pays, qui me réserve encore des surprises. Cette fois-ci, j’ai découvert le Carrefour Contact de Sigoulès, qui n’est pas mal. Ils avaient du pécharmant et du champagne à bon prix. En route j’ai remarqué au moins trois anciennes jardineries, maintenant fermées. Je me suis demandé si c’était le hasard ou un mouvement général. En passant j’ai vu dans un champ trois hérons équidistants, tous tournés du même côté. Ailleurs j’en ai levé un qui était dans le fossé au bord de la route et qui s’est envolé au ras de la voiture. Et il y avait un pré où stationnait toute une colonie d’aigrettes, je n’en avais jamais vu un tel rassemblement si avant dans les terres.

On parle d’avancer l’âge du droit de vote à seize ans. Je serais plutôt d’avis de le repousser à vingt ans ou même au-delà, mais ce n’est pas la tendance à la mode. Seize ans, donc. Tant qu’à faire, pourquoi pas six? Les enfants de cet âge sont déjà parfaitement instruits par l’éducation nationale et par la médiaterie. J’en entendais l’autre jour à la radio, qui visiblement étaient déjà socialistes, et savaient que Donald Trump est une sorte d’Hitler. Autant dire qu’ils n’avaient plus rien à apprendre.

Dernièrement mes affaires m’ont conduit trois fois dans Bordeaux, renouant ainsi avec les joies du tram, la bétaillère humaine. Il y a une campagne d’affiches contre la fraude. Chaque modèle montre en gros plan le visage d’un resquilleur supposé. Tous ceux que j’ai vus représentaient des Blancs. Cela manque de diversité, je devrais peut-être lancer une alerte au Conseil Supérieur de la Joie des Races.

Ces temps-ci je n’ai pas arrêté de me plonger dans des livres intéressants (sur Montaigne, sur l’histoire des langues européennes, sur celle de l’Amérique espagnole, sur celle de la guerre, sur celle des galères) mais que je ne trouve pas le temps ou le courage de lire entiers, et sur lesquels je n’ai rien de spécial à déclarer. Cela tient moins à la qualité des ouvrages qu’à mon état d’esprit, sans doute, et au réel manque de temps. De passage chez Mollat, j’ai voulu me procurer le premier volume des Oeuvres de Tocqueville dans la Pléiade, que je convoite car c’est celui qui recueille tous ses souvenirs de voyage, mais on ne l’avait pas, il faudra attendre. Ces derniers soirs je ronge laborieusement de petits ouvrages encyclopédiques sur la Bible et le christianisme. C’est bien, cette sage lecture m’apaise.