Unknown

Bon, j'ai quand même un peu rangé mes bagages, on commence à y voir plus clair. Je n'ai pas fait de cuisine : à midi tranche de jambon blanc avec un avocat, le soir saucisson à l'ail avec un artichaut cru, et d'excellentes cerises noires. J'ai dîné ainsi tôt en écoutant à la radio le match que les Français ont perdu contre les Allemands. Ce n'est pas bien dans mon goût habituel, mais je ne sais pourquoi j'ai suivi quelques parties de cette coupe. Pourtant je n'ai toujours pas beaucoup d'estime ni pour le divertissement sportif, ni pour sa principale utilisation politique, qui est de présenter l'immigration sous un jour positif. Je ne trouve pas ça très convaincant : des immigrés de bonne volonté qui n'auraient qu'un talent sportif à apporter au pays ne me paraîtraient déjà pas bien intéressants, et s'il s'avère en plus qu'ils ne sont là que pour le pèse et n'ont rien à branler du pays dont ils sont censés défendre les couleurs, le gain me paraît encore plus mince. Mais passons. J'ai mis en place un ruban tue-mouches neuf (un ruban Catch, «pratique et efficace»), acte nécessaire et typique d'un début de vacance. Dans l'après-midi j'ai passé deux heures à couper des branches à Volebière, pour continuer à dégager l'endroit où je voudrais pouvoir entrer ma voiture dans le bois. Et dans la soirée deux heures à travailler au jardin. J'ai fini d'anéantir ce pyracantha emmerdant et j'espère qu'il ne repoussera pas. J'en ai tiré quelques bûches. Puis j'ai regardé en partie un documentaire sur les ruraux des Appalaches, dont Monget avait passé le lien sur Facebook. On voyait des gens âgés chanter et danser avec des violons et des sortes de guitares bizarres. Un vieillard chantait «If I get drunk / Just let me fall / Little darling / On the ground».