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Ces temps-ci je passe régulièrement devant l'ancien «Ciné-Théâtre Girondin» situé au 15-17 cours du Maréchal Galliéni, dans un quartier périphérique de Bordeaux, au-delà des boulevards, non loin de la barrière de Pessac (voir photos ici). Le bâtiment datant de 1919 aurait été conçu par un certain Hector Loubatié d'après les plans d'un théâtre argentin. Cette salle de spectacle désaffectée, transformée un temps en marché couvert, et aujourd'hui en immeuble d'habitation, est depuis longtemps démolie de l'intérieur, mais elle conserve intacte sa belle façade art nouveau, ornée de sculptures, d'une mosaïque et de trois vitraux. Ces derniers ont chacun pour illustration principale une mappemonde ronde. La plus à gauche représente les Amériques, celle du milieu l'Europe, l'Afrique et l'Asie, la plus à droite à peu près la même chose et jusqu'à l'Australie. Les fenêtres de droite et de gauche présentent une vue latérale de la terre, divisée au milieu par le trait horizontal de l'équateur, tandis que dans la fenêtre centrale le point de vue est plus nordique et le cercle polaire arctique apparaît en entier (voir ci-dessus). Un détail surprend l'amateur de vitraux, c'est qu'ils sont en général destinés à être contemplés depuis l'intérieur du bâtiment, éclairés de derrière par la lumière extérieure, or ceux-ci semblent destinés à être vus du dehors, puisque le tracé des continents et les inscriptions sont lisibles à l'endroit depuis la rue, et doivent donc apparaître à l'envers depuis l'intérieur, où le passant ordinaire ne peut plus pénétrer. Je me demande si cette disposition est intentionnelle et s'il en a toujours été ainsi, ou bien si, comme il arrive, les vitraux ont été remontés à l'envers par erreur à la suite d'une intervention. Je me rappelle avoir connu ce bâtiment à l'époque où il abritait un marché, mais je ne sais plus si j'y suis jamais entré, moins encore si j'ai déjà vu ces vitraux de l'intérieur, mais il est vrai qu'en ce temps-là je ne m'intéressais pas encore à la verrerie.