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J’avais envisagé de participer à la brocante qui se tient aujourd’hui au Plan d’eau de Saint-Jean d’Angély, j’avais même réservé une place par téléphone, mais le temps incertain me faisait hésiter et finalement hier soir j’ai rappelé pour me décommander. J’ai bien fait, car en fait il a plu par intermittences dès ce matin, et je peux traîner tranquillement au lit.

Je n’ai rien accompli de bien mémorable pendant la dizaine de jours déjà passés ici, que les petites besognes de rangement et de nettoyage, qui ne sont d’ailleurs pas les moins aimables. Allées et venues dans la maison, le jardin et les bois. Siestes, courses, etc.

Un jour j’ai trouvé dans un bois une petite plume bleue d’aile de geai, il y avait longtemps que je n’en avais vu, et un autre jour dans le jardin une plume noire et blanche qui d’abord m’a intrigué, puis je j’ai attribuée à une huppe, en repensant au moment où une escadrille de trois huppes avait atterri sur la pelouse. A cette occasion je suis retourné voir la vingtaine de plumes que j’avais collectionnées jadis dans un petit album à photos, très pratique pour cet usage. Il paraît que ces albums, dont les feuilles sont des protège-documents de format carte-postale, se vendent de moins en moins, du fait des progrès de la photo numérique. Je garde une sympathie particulière pour la première de ces plumes, une de pivert, trouvée près d’un lac de Dordogne il y a peut-être un quart de siècle.

J’ai été accablé d’une invasion de fourmis, qui tenaient meeting dans un coin de ma cuisine. La colonie comprenait de petits individus très mobiles et d’autres plus grands, dotés d’ailes et moins vifs. Très vite il m’est apparu que la seule solution était le génocide. Je l’ai pratiqué au moyen d’un aspirateur. Elles sont réapparues le lendemain, moins nombreuses, et je suis repassé à l’attaque. Depuis lors il semble que la paix règne.

Récemment un copain m’a confié qu’il s’était mis à collectionner les cent premiers volumes de la collection Le Livre de Poche, dans leur édition vintage. J’aime beaucoup cette idée. J’attendais d’être de retour ici pour voir si je n’en avais pas un, que je pourrais lui offrir, mais ce n’est pas le cas.

J’ai voulu me défaire d’un vieil évier en céramique blanche, de 61 x 52 x 13 cm, qui traînait depuis longtemps sous le hangar, et dont il paraissait sans cesse plus évident que je ne ferais jamais rien. Je ne voulais ni le jeter, ni essayer de le vendre. Je l’ai offert gratis sur la page Facebook «Bric à brac dans le 17, vendez se que vous voulez» (sic) où il n’a intéressé personne. Le lendemain je l’ai proposé sur le site Recupe.net et le jour même il a été emporté par un jeune homme, qui retape une maison avec sa femme à Bernay-Saint-Martin. En en parlant le soir avec Derek, il m’a dit que ces vieux éviers carrés sont prisés en Angleterre, où on les nomme «butler sink», c’est à dire évier de sommelier, ou de majordome. Mais pas de regret, le voyage n’aurait pas valu la peine.

Le plus beau spectacle de ces derniers temps a été pour moi la vision fugace d’un beau cheval. J’étais en train d’abreuver le jeune peuplier blanc que je bichonne à la Rigeasse, et qui souffre facilement de la soif, quand au bout du chemin est apparu ce cavalier sur sa monture. Ils se sont approchés et se sont arrêtés un instant, en passant à mon niveau. Le cavalier était une cavalière souriante, dont je distinguais mal les traits, car elle portait une bombe et des lunettes noires. Le cheval était de petite taille, un double-poney me dit--on, avec une magnifique robe blanche tachetée de noir. J’en étais sans voix et je n’ai su que dire Bonjour, à quoi la dame a répondu de même, sans que je distingue, là encore, si la voix était française ou étrangère, comme on m’a ensuite dit qu’il se pouvait. Puis ils se sont remis en marche et se sont éloignés. J’aimerais avoir la chance de les revoir.