Je craignais de m’être engagé dans un mauvais pas en acceptant l’invitation de Geof Huth, l’autre jour, à citer cinq choses peu connues à mon sujet, puis en y impliquant à leur tour cinq de mes relations blogosphériques, et finalement ça n’était pas mal, ce petit divertissement. J’ai bien senti que je cassais un peu les pieds à ces messieurs avec ma requête incongrue, mais ils ont tous eu la gentillesse de me rendre service en acceptant de me répondre, preuve que ce sont des gentilshommes avec qui je n’ai pas tort de maintenir des relations. Qui plus est, j’ai trouvé dans l’ensemble leurs confidences très dignes et très curieuses. Merci donc à Tlön, merci Constantin, merci l’Ibis, merci Lucien, et merci l’OrnithOrynque (dans l’ordre chronologique de leurs réponses).
J’ai vu que certains d’entre eux se faisaient des remarques sur les points communs qu’ils se découvraient à cette occasion. De mon côté, je partage avec Tlön l’aversion pour le repassage et la préférence pour la vaisselle, avec Constantin d’avoir traduit des textes peu connus (mais lui m’épate, d’avoir jeté son dévolu sur une étude linguistique en allemand publiée à Varsovie en 1935 !), avec l’Ibis d’ignorer beaucoup de grands classiques (le coup des lacunes est une mine où Lucien pioche aussi, je n’y avais pas pensé), avec Lucien la phobie de monter en avion (mais lui est plus malin que moi, il a réussi à y échapper jusqu’à présent) et avec l’OrnithO de faire parfois des actes ou des rencontres par coïncidence troublante (je songe régulièrement à tenter d’en dresser une liste).
Je me découvre aussi des différences de goût, sans gravité heureusement : je n’ai pas horreur des mouchoirs en papier, comme Lucien et un de ses lecteurs, les bridgeurs et les retraités friands de concours d’orthographe ne me sont pas odieux comme à Constantin (longtemps j’ai regretté de ne pas savoir jouer au échecs, maintenant je m’en fous mais c’est le bridge qui me plairait, enfin ça n’est peut-être qu’une illusion) et j’ai l’impression que Jean Dutourd m’est plus sympathique qu’à l’OrnithO (mais c’est peut-être parce que je ne l’ai pas rencontré en personne).
Tlön a réussi un coup assez fort en évoquant le fait qu’il est impossible, quand on a les doigts écartés, de replier l’auriculaire sans replier aussi à moitié l’annulaire, et je suppose qu’il est inévitable de lire son développement sans en faire soi-même aussitôt l’expérience, si bien qu’un certain nombre de personnes, ces derniers jours, ont dû faire ce signe bizarre de la main, devant leur ordi, au risque de susciter la perplexité dans leur entourage.
Les invitations sont diversement reconduites, il faudra que je tâche de suivre les nouveaux développements.