lundi 10 août 2009
Un adam se love au coeur de madame.
jeudi 9 juillet 2009
Georg Christoph Lichtenberg
Bien que très incomplet, un petit recueil des Aphorismes de Lichtenberg, que l’on m’a prêté, m’a plu d’abord par son charme sixties (publié en 1966 par Pauvert, dans une collection dirigée par J-F Revel, avec une préface d’André Breton) puis par le contenu. Hors quelques manies agaçantes, comme sa haine obsessionnelle du catholique, les notes posthumes de ce professeur allemand du XVIIIe siècle sont assez divertissantes. Je n’ai pas de commentaire particulier à en faire, hormis peut-être sur celle où il s’étonne qu’ «En Angleterre, les libraires appellent les gros in-folio des pierres tombales» (soit des tombstones, je suppose). Je m’étonnais avec lui de cette symbolisation du papier par la pierre, avant de songer qu’en français, après tout, on nomme bien «pavé» un gros livre.
lundi 22 juin 2009
Le double sens du mot économie (gestion et rigueur) est à remarquer. De même celui du mot fortune (chance et richesse). Mais le premier souligne ce que la prospérité doit à l’effort, le second ce qu’elle a d’aléatoire.
mardi 16 juin 2009
Mémo
Il y a quelques années, quand j’ai dû étudier la zoologie avec quelque sérieux, il m’a fallu apprendre à maîtriser cette hiérarchie : le royaume animal est divisé en embranchements, les embranchements en classes, les classes en ordres, les ordres en familles, les familles en genres et les genres en espèces. Il peut y avoir aussi des sous-espèces, également dites variétés ou races, et des catégories intermédiaires, comme des sous-ordres ou des super-familles, mais tel est le schéma de base. Ainsi l’homme par exemple est un animal appartenant à l’embranchement des vertébrés, à la classe des mammifères, à l’ordre des primates, à la famille des hominidés, au genre Homo, et à l’espèce sapiens (on désigne une espèce par son double nom générique et spécifique, en l’occurrence Homo sapiens). Ce principe de classification m’est devenu si familier avec l’usage, que je ne l’ai toujours pas oublié, alors que depuis des années je ne touche plus beaucoup à ces matières. J’y repensais au début du mois en lisant, dans les réponses à une question du site Ask MetaFilter sur les acronymes mnémotechniques, toute une série de formules destinées à aider les apprentis biologistes à retenir ces termes de classement. Ce sont des phrases formées d’une suite de mots reprenant les initiales KPCOFGS (pour Kingdom, Phylum, Class, Order, Family, Genus, Species) et la plupart mettent en scène un certain roi Philippe, qui m’amuse, du genre : «King Philip Called Out Fifty Good Soldiers» (Le roi Philippe a appelé 50 bons soldats), «King Philip Came Over From Germany Sick» (Le roi Philippe est rentré d’Allemagne malade), «King Philip Came Over From Great Spain» (Le roi Philippe est revenu de Grande Espagne), «King Philip Came Over For Good Spaghetti» (Le roi Philippe est venu pour de bons spaghettis) ou encore «King Philip Comes Over For Great Sex» que je me garderai de traduire!
{Les amateurs consulteront dans la marge de ce blog, sous l’intitulé Ask, un lien vers la section Writing and Language du site.}
lundi 15 juin 2009
Pépite popu
Il n’y a sans doute pas de zone du langage si triviale, que l’on ne puisse y déceler un alexandrin ici ou là. Je viens de remarquer celui-ci, qui n’aurait pu exister il y a quelques années, et qui n’aura plus de sens dans quelques autres, mais qui en attendant a un certain succès : «Prix d’un appel local depuis un poste fixe».
lundi 8 juin 2009
«Je ne suis pas tombé de la dernière pluie». Il m’épate soudain de songer qu’une expression aussi banale peut avoir la perfection d’un alexandrin. Mais il est vrai qu’en général on la traite en octosyllabe, tout de suite plus vulgaire : «Chsuis pas tombé dla dernièr’ pluie».
mardi 12 mai 2009
Grrr
Il y a des expressions populaires qui me plaisent, d’autres pas du tout. J’en ai repéré une qui a le don de me hérisser, c’est «faire un petit coucou». Dès que l’on menace de «passer me faire un petit coucou», je sens mes doigts se crisper sur ma mitraillette mentale.
mercredi 6 mai 2009
Recourant aux commodités du pdf pour constituer l’index de certain ouvrage, je m’amuse de nouveau à déceler la secrète présence d’Aron dans la Garonne, de Dali dans le vandalisme, de l’eau dans les seaux, ce qui va de soi vous me direz, d’Eno chez Benoist, de Lang chez les phalangistes, ou de Satie chez le puisatier.
vendredi 1 mai 2009
Fabla portunhol?
Il existe aux éditions du Seuil, dans la collection Point-Virgule, une série de petits livres de linguistique joliment illustrés, intitulée Les idiomatics. On y présente à chaque page une expression française imagée, avec ce que serait sa traduction littérale dans une langue étrangère, et sur la page d’à côté l’expression équivalente dans ladite langue, avec la traduction littérale en français. C’est ingénieux et amusant. Ainsi lisais-je l’autre jour dans le volume portugais, que l’expression «rouler sur l’or» ne se dit pas rolar sobre o ouro mais nadar em dinheiro, soit «nager dans l’argent», etc. Mais un détail me gênait, dans l’intitulé de cet ouvrage, à savoir Les idiomatics : français-portugais, portugués-francés. C’est que les deux derniers mots sont écrits à l’espagnole, avec des accents aigus, au lieu d’accents circonflexes à la portugaise (português-francês). C’est étrange, me dis-je, comment peut-on faire un tel pâté en pleine page de titre, révélant ainsi que l’on manque de certaines compétences élémentaires pour mener à bien un tel ouvrage? J’ai trouvé un début d’explication en apprenant que l’auteur, Geneviève Blum, avait également à son actif le volume espagnol, mais aussi l’italien, l’anglais, l’allemand et même le néerlandais, c’est-à-dire toute la série, excusez du peu... Je veux bien qu’elle soit fortiche en langues, la Geneviève, mais... comment dit-on «qui trop embrasse mal étreint», déjà, en étranger ?
mardi 28 avril 2009
L’expression «patrons-voyous», qui fait florès actuellement, ne recouvre pas une notion sociologique rigoureuse. C’est une simple carte de visite rhétorique, qui situe d’emblée son utilisateur parmi les fanatiques bornés pour qui cette formule est en réalité un pléonasme : les imagine-t-on admettre que des patrons soient honnêtes, ou se plaindre de voyous autres que lesdits patrons?
