Le Nouvel Obscurantiste

Le blog de Philippe Billé, misanthropologue. Contenant son Journal documentaire (des notes de lecture, et des notes du reste) ainsi que de belles Lettres documentaires, etc.

jeudi 26 novembre 2009

Mains

Il n'est rien de plus beau que ces deux mains ouvertes
il était temps, je crois, de faire cette offrande
ce que laisse un mortel ajoute peu au monde
et ce geste pourtant donne au monde son prix
imaginer la vie sans ces poignées offertes
c'est replier ce temps, ce lieu de l'univers
comme un livre entrouvert qui se refermerait.

(remarqué en feuilletant Toutes ces mondanités: cinquante-deux poèmes et un poème, du pasteur parisien Jean Alexandre, Limoges : Lambert-Lucas, 2008).

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mercredi 12 août 2009

TESTEZ VOS CONNAISSANCES

imagesPROFITEZ DE L'ETE !

TESTEZ VOS CONNAISSANCES !

Téléphonez-leur au coeur de la nuit.

«- Allo, Philippe ... Michel ... Fredo ... Guy-Marie ... [temps lourd de sens - sanglot réprimé]  J'ai tué ... Bobonne ... le filston  ... Ixou Ixovitch ... [silence de 100 kilourds = 125 kg]  Toi seul peux m'aider ... Sauve-moi ... Viens de suite ... (ou J'arrive) ...»

Ainsi mesurerez-vous le degré de confiance à accorder aux vieux poteaux...

(Extrait d'un courrier de Monsieur Michel O. à la rédaction de ce blog)

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jeudi 6 août 2009

Journal roman, 2

"... la petite église sans style particulier de Deyrançon, avec ses dépendances et son cimetière, m'est apparue de nouveau dans la brume fraîche et dorée des premières heures d'une journée de soleil prometteur au seuil de l'été. Dans sa discrète et presque immatérielle pureté la vision fugitive, en cet instant, était très belle et comme hors du monde, irréelle et dans le monde encore néanmoins puisqu'en effet je savais de reste n'y plus demeurer que des morts. Elle m'était d'autant plus émouvante qu'aussitôt, à son aspect, elle me remit en même temps en mémoire certains souvenirs, chers et poétiques à souhait, des toutes premières années amoureuses de mon établissement dans ce pays. Aussi pendant les heures qui suivirent, j'y ai repensé souvent par intervalles. Et sur le soir en reprenant la route, à mesure que je me rapprochais du lieu tout autant que de la maison, l'idée s'est faite plus insistante et nette en moi du bref détour nécessaire afin de consacrer là-bas, seul avec moi-même et le site aussi délicieux que funèbre, quelques minutes de paix et de recueillement dans l'air encore chaud et la lumière toujours vive, mais plus apaisée désormais d'une journée déclinante bien que point encore arrivée, et il s'en fallait même de plusieurs heures pour cela, aux moments ultimes et insensibles d'approche et de fusion avec la nuit."

Extrait reproduit sur la couverture du Journal roman, tome 2, de Louis Levionnois (Le Poiré-sur-Vie, 2004) dont nous reparlerons bientôt (si Dieu le veut, avec Sa grosse volonté).

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vendredi 3 juillet 2009

Fred-Zizi

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FRED-ZIZI

(Lettre à Bibi Lolo du 30 décembre 2008)

D'Onesse à Kinshasa, d'Omsk à Ouzou-Tizi,
On grimpe au septièm' ciel en buvant Fred-Zizi!

On boit, et ça nous laisse un goût d' revenez-y,
Et l'on reboit encore et toujours Fred-Zizi!

De New York à Pouillon, d'Oslo à Brindisi,
Serein l'homme est par la vertu de Fred-Zizi!

Lors, pour rabibocher l'anar et le nazi,
Benoît XVI et Castro, Vill'pin et Sarkozy,
Un seul truc, un seul nom : Fred-Zizi! Fred-Zizi!

Et pour qu' Bibi Lolo booste un peu son "zizi" :
Fred-Zizi! Fred-Zizi! Fred-Zizi! Fred-Zizi!

Et demain quand un louf à coups d' marteau nous zi-
Gouillera : pas d' paniqu'! l' très-bon Dieu sans hési-
Ter nous ressuscit'ra pour qu'on r'boiv' Fred-Zizi!


--- par Alfred de Muzy (27650)
alias Michel Ohl.
Texte paru dans l'EdeN n° 3059
(Qu'Ohl Lection n° 64).
Courtesy Pierre Ziegelmeyer.

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vendredi 29 mai 2009

Devoir et patrie

«La connaissance de la patrie est le fondement de toute véritable instruction civique.

On se plaint continuellement que nos enfants ne connaissent pas assez leur pays : s’ils le connaissaient mieux, dit-on avec raison, ils l’aimeraient encore davantage et pourraient encore mieux le servir. Mais nos maîtres savent combien il est difficile de donner à l’enfant l’idée nette de la patrie, ou même simplement de son territoire et de ses ressources. La patrie ne représente pour l’écolier qu’une chose abstraite à laquelle, plus souvent qu’on ne croit, il peut rester étranger pendant une assez longue période de la vie. Pour frapper son esprit, il faut lui rendre la patrie visible et vivante. Dans ce but, nous avons essayé de mettre à profit l’intérêt que les enfants portent aux récits de voyages. En leur racontant le voyage courageux de deux jeunes Lorrains à travers la France entière, nous avons voulu la leur faire pour ainsi dire voir et toucher ; nous avons voulu leur montrer comment chacun des fils de la mère commune arrive à tirer profit des richesses de sa contrée et comment il sait, aux endroits même où le sol est pauvre, le forcer par son industrie à produire le plus possible.

En même temps, ce récit place sous les yeux de l’enfant tous les devoirs en exemples, car les jeunes héros que nous y avons mis en scène ne parcourent pas la France en simples promeneurs désintéressés : ils ont des devoirs sérieux à remplir et des risques à courir. En les suivant le long de leur chemin, les écoliers sont initiés peu à peu à la vie pratique et à l’instruction civique en même temps qu’à la morale : ils acquièrent des notions usuelles sur l’économie industrielle et commerciale, sur l’agriculture, sur les principales sciences et leurs applications. Ils apprennent aussi, à propos des diverses provinces, les vies les plus intéressantes des grands hommes qu’elles ont vus naître : chaque invention faite par les hommes illustres, chaque progrès accompli grâce à eux devient pour l’enfant un exemple, une sorte de morale en action d’un nouveau genre, qui prend plus d’intérêt en se mêlant à la description des lieux mêmes où les grands hommes sont nés.

En groupant ainsi toutes les connaissances morales et civiques autour de l’idée de la France, nous avons voulu présenter aux enfants la patrie sous ses traits les plus nobles, et la leur montrer grande par l’honneur, par le travail, par le respect profond du devoir et de la justice.»
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Préface à : Le tour de la France par deux enfants : devoir et patrie, livre de lecture courante avec 212 gravures instructives pour les leçons de choses et 19 cartes géographiques, par G Bruno. (Paris : Librairie classique Eugène Belin, 1877, réédition 1990).

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lundi 25 mai 2009

Tous les paysans ont du style

"Tous les paysans ont du style (...) Et au lieu qu’on se lasse souvent de l’entretien d’un beau parleur qui revêt des idées même heureuses de formes conventionnellement irréprochables, peut-on s’ennuyer dans la compagnie d’un paysan qui présente les siennes, même communes, sous des formes frustes et inapprises, mais expressives et trouvées, en telle sorte que sa parole n’est plus guère que du sens, mais franc, natif, et comme transparent d’ingénuité ? (...) en accostant le paysan qui descend la chaussée, ou en s’asseyant le soir au foyer des chaumières, on a le charme encore d’entendre le français de souche, le français vieilli, mais nerveux, souple, libre, et parlé avec une antique et franche netteté par des hommes aussi simples de mœurs que sains de cœur et sensés d’esprit."

Rodolphe Töpffer (1799-1846) in Voyage autour du mont Blanc (Fayard, 1979, neuvième journée).

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