A trois heures cinquante cette nuit j'écoute Foule sentimentale, d'Alain Souchon, après avoir lu un article d'Ouest-France rapportant que Michel Houellebecq était samedi aux Francofolies de La Rochelle, où il a parlé des chansons qui l'ont marqué. Elle est jolie, cette Foule, je connaissais l'air mais ne l'avais jamais écoutée. Houellebecq évoque des chansons de mon âge, si je peux dire, et je vois dans Wikipédia qu'il est peut-être né comme moi en 56, ou bien en 58, drôle de mystère. Je suis étonné que parmi les chanteurs cités, mis à part Trenet, il n'y ait aucun des grands classiques auxquels on penserait, genre Brassens, Brel ou Ferré, mais des vedettes plus popus, Auffray, Delpech, Lenorman... Ces deux derniers je connais leur nom mais serais incapable de donner un de leurs titres.
Deux chansons d'autrefois me sont revenues en mémoire, ces derniers temps. D'une part le Hava Nagila de Harry Belafonte. Nous l'avions sur un 45 tours et je l'ai écouté à l'époque si souvent, que j'en connais encore une partie des paroles par coeur, sans en comprendre un mot. En me renseignant j'apprends d'abord que Belafonte, né en 1927, est toujours vivant, je n'en aurais pas juré. La chanson est en hébreu, c'est un chant de joie écrit semble-t-il en 1918 pour célébrer la déclaration Balfour, favorable à l'établissement du futur Israël en Palestine. Le texte lui-même ne dit pas grand chose : Réjouissons-nous, chantons, soyons heureux, etc. Pourquoi Belafonte chantait cela en 1956, je ne sais. Je m'en fous un peu. Je lis que le chanteur, né dans une famille modeste d'émigrés jamaïcains, avait un grand-père paternel sépharade. Son véritable patronyme serait Belafonete selon le Wiki français, Bellanfanti selon l'anglais. Belle Fontaine ou Bel Enfant?
D'autre part le Vous permettez, Monsieur, d'Adamo. Je ne saurais dire depuis combien de dizaines d'années je n'avais pensé à cette chanson, qui date de 1965. Je la retrouve sur YouTube. Bon, c'est amusant, mais ce n'est pas un chef d'oeuvre. Je crois comprendre pourquoi on ne l'entend plus jamais. Cette insistance à demander l'accord du papa, cette balourdise d'«emprunter» la fille comme un objet, ont tout pour faire tourner de l'oeil les socio-féministes aujourd'hui aux commandes. J'imagine les infarctus en série, si ça repassait à la radio, une hécatombe.