C'est le printemps et tout soudain voilà qu'une université de ma connaissance se retrouve copieusement tapissée par une campagne d'affichage avec photos, dessins et inscriptions en grosses lettres sur le thème «Stop aux violences sexistes et sexuelles dans l'enseignement supérieur». Avec des slogans d'une profondeur philosophique vertigineuse, comme «Les amphis sont le lieu de l'émancipation, pas du sexisme», ou «A l'université, les violences sexuelles ne sont pas au programme». N'étant pas un spécialiste en casuistique humaniste, j'ignore encore la nuance d'opprobre qui distingue les violences «sexistes» et «sexuelles», mais je devine que dans tous les cas il doit s'agir des méchancetés que les vilains hommes infligent sans cesse aux gentilles femmes victimes innocentes. Fichtre, ce n'est pas une mauvaise idée que ce déluge de propagande : j'imagine le nombre de rustres qui, à la vue des affiches, vont aussitôt se dire holà, il est grand temps que je me corrige. Et sans doute il est très judicieux de viser en particulier, parmi tous les milieux sociaux du pays, celui de l'enseignement supérieur, où il est connu que le problème des dites violences fait des ravages incomparables. Ces affiches portent divers sceaux, comme celui du ministère dudit enseignement supérieur, et ceux de plusieurs officines : ANEF (Association Nationale des Etudes Féministes), CPED (Conférence Permanente des chargés de mission Egalité et Diversité), CLASCHES (Collectif de Lutte Anti-Sexiste Contre le Harcèlement dans l'Enseignement Supérieur)... J'aimerais bien connaître les identités personnelles des colonies de parasites subventionnés qui grouillent derrière ces enseignes claires-obscures. Et accessoirement savoir combien ils ou elles palpent, pour ces belles réalisations.