Je repense au cachiri, dont parle Perret dans un des articles du livre sur la Guyane évoqué l'autre jour. Le cachiri est le nom de certaines réunions festives des Indiens, et celui de la boisson qui coule à flots en ces occasions. C'est une sorte de bière de manioc, l'équivalent je crois de ce que les Tupis du Brésil nomment cauim, et de certaines variétés de la chicha des Andes. La méthode traditionnelle de préparation, en usage du temps de Perret, et je le crains de nos jours encore, inclut une étape où les femmes du village mâchent longuement le manioc avant de le recracher dans les récipients, car les enzymes de la salive favorisent la fermentation du breuvage. Je trouve cette méthode peu glorieuse pour ce qui est de la répartition des tâches, et franchement répugnante quant à l'hygiène. Souhaitons à ces buveurs de découvrir les avantages de l'industrie moderne.