Dans une réunion j'ai entendu parler d'un don humanitaire de livres, destiné à Madagascar. L'affaire n'est pas simple et s'éternise paraît-il depuis des mois. Plusieurs services contribuent, qu'il faut coordonner, les livres sont stockés ici et là, déplacés et re-déplacés, on peine à accorder donneurs, transporteurs et bénéficaires. Quelqu'un évoque ses mauvais souvenirs d'une autre action de ce genre, à destination de Haïti. L'opération avait duré deux ans avant d'aboutir, et n'avait amené que la déception. Il avait fallu écrire et récrire pendant encore des mois pour enfin obtenir des nouvelles, et apprendre que les donataires, jugeant le don sans intérêt, ne l'avaient pas conservé. Tant d'efforts, et de frais, pour rien. Un autre avance l'hypothèse, basée sur sa propre expérience, que les livres aient pu être retenus par la douane pendant des mois, au terme desquels ils étaient putréfiés, ce que les destinataires répugnaient à avouer. Tout cela n'est pas bien encourageant.