PAU_64Au moment de me rendre à Pau, je me suis demandé si j'y étais déjà allé, comme il me semblait vaguement, or à la réflexion j'étais bien incapable de dire en quelle circonstance, ni de m'en rappeler le moindre souvenir, d'où il est plus vraisemblable de croire que je n'y avais jamais mis les pieds. Mais enfin c'est chose faite, j'y étais ce week-end. J'ai trouvé à cette ville grise mine, peut-être à cause du temps maussade, froid et pluvieux, qui rendait d'autant plus précieux le chaleureux accueil de nos hôtes. Nous fûmes copieusement nourris, entre autres de mets exotiques comme les huîtres de Marennes, et une curieuse découverte fut celle de la sucrerie locale nommée le Russe, parce qu'on y mettait jadis des amandes importées de Crimée. A l'aller, nous arrêtant à la boulangerie de Sabres, nous nous étions aussi procuré un solide «résinier», bien à mon goût. En me renseignant pour l'occasion, j'ai appris que ce n'est pas par hasard si le nom de Pau est le même que celui du bâton en portugais, car il a ici aussi le sens de pieu, comme ceux que l'on voit sur le blason.