J'ai parcouru le livre Entre aspas (entre guillemets) : diálogos contemporâneos, paru à São Paulo en 2006, dans lequel le journaliste brésilien Fernando Eichenberg, installé à Paris, a recueilli les entretiens qu'il a eus au cours des années précédentes avec vingt-sept vedettes culturelles européennes, la plupart françaises. Cela ne m'a pas beaucoup intéressé, dans l'ensemble, mais j'ai bien aimé les propos circonspects de Tzvetan Todorov à propos de la tarte à la crème du Devoir de Mémoire. Je retraduis ce passage : «La mémoire est en même temps la pire et la meilleure chose au monde. La plupart des guerres auxquelles nous assistons sont faites au nom de la mémoire. "Puisque mon grand-père a été tué par ton grand-père, je vais te tuer aujourd'hui". Il en va ainsi de génération en génération. ... Nous voyons de toutes parts des guerres alimentées par la mémoire». Ardue question, car l'oubli n'est pas non plus une solution...