cortazar_torices-e1499374062178

J'ai lu sans grande joie une biographie de Cortázar en bande dessinée parue cette année (par J Marchamalo et M Torices, Madrid : Nórdica Cómic). C'est une hagiographie très complaisante de saint Julio et je n'aime pas les dessins, sauf exceptions (de beaux nuages p 117, une belle lumière p 168, et des fac-similés bien faits, comme p 70-71 des échantillons du type de notes que l'écrivain traçait en marge de ses lectures). Outre les notes, il avait comme moi la manie de souligner les coquilles. Il y a une anecdote amusante, comme quoi Cortázar aurait repéré dans la première édition (1966) du Paradiso de Lezama Lima pas moins de 798 erreurs, puis en aurait préparé une édition corrigée (1968) dans laquelle un autre critique aurait à son tour compté 892 erreurs (p 71-73). On dit (p 29 et 64) que cet Argentin avait gardé de son enfance en Europe un accent, et qu'il prononçait des R gutturaux. J'ai vérifié sur YouTube qu'en fait il en raclait certains mais roulait la plupart normalement. J'apprends qu'il comptait parmi ses nombreux amis écrivains son compatriote Francisco Luis Bernárdez, dont j'avais traduit un poème dans ma Ld XXXII. Un chapitre est consacré au curieux voyage que l'auteur et sa dernière épouse Carol Dunlop, de 32 ans plus  jeune que lui, avaient accompli pendant plusieurs semaines sur l'autoroute Paris-Marseille au printemps de 1982. Cortázar en avait tiré le seul livre de lui que j'aie vraiment aimé (Les autonautes de la cosmoroute, dont j'ai parlé en mars 2004). J'apprends là que l'expédition avait eu lieu dans des circonstances dramatiques, car les deux voyageurs étaient gravement malades, en le sachant plus ou moins. La dame devait mourir dès l'automne, et lui deux ans après.