lu-lardoise-magique-de-georges-perros

Sans l’avoir jamais lu Georges Perros me plaisait bien, par sa réputation d’écrivain du fragment (pourquoi écrire long quand on peut faire bref, hein?) et par son faux air de Harvey Keitel, sur les photos. Cette semaine j’ai eu l’occasion de parcourir un de ses recueils, Pour ainsi dire (Finitude, 2004). La première phrase est plutôt décourageante : «J’écris comme je me mouche.» C’est toujours mieux que s’il avait dit «J’écris comme j’éternue», mais ça n’est quand même pas très appétissant. Il y a beaucoup de propos généraux sur l’amitié, l’amour, la poésie, les hommes, les femmes, qui ne m’accrochent pas. J’aime bien ses notes sur des écrivains. Il y a aussi un amusant journal de Voyage au Caire (1950), dans lequel il ne parle presque pas du pays, qui ne semble pas lui faire grande impression. J’y note ce propos désabusé : «Voyager rend au moins ce service : celui d’enlever toute illusion sur le bienfait profond du voyage et d’ôter tout préjugé de bourgeoisie au fait de rester dans sa chambre.»