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C’est la fin de mes vacances, qui décidément auront été marquées par l’hécatombe de lérots. J’en ai trouvé un mort ce matin sur la terrasse, et hier aussi un jeune gisant dans le jardin du fond. Par consolation avant-hier j’ai revu passer, cette fois-ci dans la rue juste devant chez moi, le splendide poney tacheté déjà vu le mois dernier. Mais je ne l’ai aperçu qu’au dernier moment, et n’ai encore pas eu la présence d’esprit d’arrêter la jeune cavalière, afin de pouvoir admirer plus longuement sa belle monture.

Ce jour-là, avec mon aide de camp venue me rejoindre, nous sommes allés visiter, ou revisiter, le château de Dampierre sur Boutonne, à sept kilomètres d’ici. J’étais attiré de nouveau vers ce lieu après avoir lu qu’il avait compté parmi ses hôtes de marque Salvador Dali, qui s’intéressait aux signes alchimiques gravés ou sculptés dans la pierre. L’idée m’amusait que le maître catalan soit venu dans le coin, qu’il ait peut-être aperçu en passant le joli nom de la Croix-Comtesse sur un panneau. Ce château est vraiment une belle maison, avec ses deux tours pointues, ses deux galeries, dont celle de l’étage, au plafond garni des célèbres caissons, et les boiseries des combles, refaites après l’incendie de 2002. Dans cet étage supérieur se tenait une exposition d’art contemporain, avec notamment des sculptures d’un certain Tony Cassius. Le château et ses parcs sont installés sur les îles de la Boutonne, ici divisée en plusieurs bras. Ces jardins ne manquent pas de charme, bien que les sculptures en métal censées les décorer ne soient guère à mon goût. J'ai remarqué que leurs pauvres buis, comme les miens, sont maintenant attaqués par la nouvelle plaie qui se répand et va les détruire. L’exposition permanente d’oeuvres de Salvador Dali était un peu décevante. Des gravures vaseuses, des revues fatiguées, des documents fixés par des agrafes rouillées. Surtout, il s’y avérait ce que laissaient soupçonner les nombreux conditionnels employés par la dame qui nous y avait introduits. Il me semble que si en effet Dali s’est intéressé à ce château, y a envoyé un secrétaire s’y informer, et l’a cité dans une page, la venue du peintre n'est en réalité qu’une légende, que rien ne prouve.

Nous allons repartir avec quelques mirabelles, rares cette année, et les raisins que j’ai réussi à arracher aux frelons et aux guêpes.