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J’avais emporté avec moi le livre 40 preguntas fundamentales sobre la Guerra Civil, de l’historien hispaniste texan Stanley Payne, en comptant seulement le parcourir, mais finalement j’en ai lu d’assez longs passages. Il semble que l’ouvrage ne soit édité que dans cette traduction espagnole de 2006, aux éditions madrilènes La Esfera de los Libros. Le titre a peut-être inspiré le Franco para antifranquistas en 36 preguntas clave, publié trois ans plus tard par le polémiste hérétique Pío Moa, lequel est soutenu par Payne. Moa s’était rendu célèbre par son fameux Los mitos de la Guerra Civil (2003), et je pense qu’il y aurait même lieu de parler de Mystères, à propos de cette tragédie historique. Mystérieux, le succès de cette rébellion militaire (après il est vrai une guerre laborieuse de trois ans) alors que la majorité des généraux en poste étaient restés fidèles à la République ; la mort rapide et successive, dans deux accidents d’avion, d’un des protagonistes, le général Sanjurjo, puis du principal instigateur, le général Mola, laissant à Franco une première place qu’il n’avait pas au départ (comment ne lit-on pas plus que cela de théories du complot à ce propos?) ; la montée en puissance, pendant la guerre, d’un Parti communiste espagnol pratiquement inexistant auparavant ; l’aboutissement à un régime quasi fasciste d’une insurrection au départ autoritaire, certes, mais républicaine, etc. Un des chapitres qui m’ont le plus intéressé est celui dans lequel Payne répond à la Question 13, à savoir : Le massacre du clergé et la destruction de ses biens constituent-ils la plus grande persécution religieuse de l’Histoire? En comparant avec les chiffres des tueries de la Révolution Française (environ 2000 prêtres) et des révolutions russe et mexicaine, l’auteur conclut que l’assassinat de près de 7000 prêtres, moines, nonnes, séminaristes et évêques espagnols représente en tout cas l’un des plus grands massacres de religieux chrétiens sur lesquels on dispose de documentation. Un trait frappant, et semble-t-il rare dans l’abattage de civils, tient à l’acharnement sadique des bourreaux, beaucoup de victimes ayant été soumises à des humiliations et à des tortures avant leur mise à mort, à des mutilations des organes génitaux, après quoi les cadavres étaient fréquemment traînés dans les rues. Si l’on recherchait des preuves que le comportement fanatique, contrairement à ce que croient certains, n’est pas spécifiquement lié à la religion, on en trouverait à la pelle dans ce déchaînement d’hystérie anti-religieuse. Cependant Stanley Payne, quant à lui, considère précisément les idéologies révolutionnaires comme des croyances religieuses (je traduis) : «La terreur anti-cléricale ne fut pas tant l’expression d’une opposition à la religion, que l’expression de religions laïques, politiques et totalement nouvelles : jacobinisme, anarchisme, ou marxisme-léninisme (p 143) … supprimer le christianisme pour le remplacer par les nouvelles religions politiques et révolutionnaires (146)».