Parce qu’on m’en avait parlé, j’ai lu trois recueils de Jacques-Marie Dupin, parus entre 1987 et 93 : Réflexions sur quelques idées reçues et sur leurs contraires, La tête entre les mains, et L’arbre de Diane. Ce sont des textes brefs, des aphorismes, des poèmes à teneur philosophique. Il y a de belles formules, parfois trop obscures à mes yeux. Je me suis aperçu que j’avais déjà dû avoir La tête entre les mains entre les mains, en y reconnaissant ce passage que j’avais copié, peut-être cité : «Je pousse le portail rouillé, j’écarte les hautes herbes à l’abandon. / Un gros merle noir se lève sous mes pieds, volète un peu plus loin, se retourne et me sourit. / Qui est-ce?» Le début me fait penser à mes arrivées à La Croix, du temps que je n’avais pas les moyens de payer un jardinier pour couper l’herbe. L’idée que le merle sourie ne me plaît pas trop, mais j’aime bien la question finale, supposant que l’animal n’est pas qu’une bête, mais un individu, un être personnel.