fiche-animaux-lerot-contre-loir-gris

Au cours d’une insomnie dernièrement j’étais sorti prendre l’air devant la maison vers deux ou trois heures du matin, quand il y a eu un bruit à quelques mètres de là, comme si quelqu’un avait heurté une brique ou une ardoise. Il faisait nuit noire et je n’y voyais rien. Avant de retourner me coucher, je suis allé chercher ma lampe électrique pour jeter un coup d’oeil. Il y avait sur le trottoir un lérot mort, qui sans doute venait d’être tué par un chat, et l’assaut n’avait produit que ce petit choc. Je n’avais vu ni entendu de lérot depuis longtemps dans ce jardin, et je me demandais récemment s’il en restait encore. Eh bien, il en restait au moins un. A vrai dire je crois en avoir repéré un nid l’été dernier dans la tuilerie. Le lendemain matin l’animal avait disparu, et j’en étais bien aise, mais quelques heures plus tard je l’ai trouvé qui gisait non loin de là, dans la pelouse. Je ne voulais pas m’en occuper et j’ai traîné une journée avant d’aller saisir le petit corps par la queue et le déposer au compost.

Un de ces derniers jours j’ai trouvé dans l’herbe la moitié d’une coquille d’oeuf blanc, plus petit que de poule, peut-être celui d’un pigeon ou d’une tourterelle. Et par coïncidence le lendemain, en creusant la terre dans un coin que je voudrais terrasser, je suis tombé sur cette trouvaille presque archéologique : un boulet de charbon. J’ai posé les deux objets sur un appui de fenêtre, où ils sont encore. Ils se ressemblent par la forme ovale et la taille, tout en présentant le contraste du blanc et du noir, du fragile et du solide, du biologique et du minéral. Je les montrerais à un visiteur, s’il en passait.