Les gérants de journaux gratuits ne se contentent pas d’en disposer des piles sur certains quais du tram, ils paient aussi de jeunes gens pour les tendre aux passants. D’ordinaire je les refuse, car je ne lis pas cette presse. Mais voilà que naguère j’ai reconnu, parmi les distributeurs, une petite Péruvienne, ou que sais-je une Andine, que je croise parfois dans l’université. Je ne la connais pas, mais j'aime bien son air humble et sérieux. Cette Incaette m’attendrit. Je prendrais son journal, si elle me le tendait. Et après tout qu’importe, si je ne le lis pas.