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A la Croix pour ce pont de quatre jours, je suis allé hier au marché de Loulay. J’ai pris des huîtres à l’écailler, qui en vend maintenant certaines non par douzaine, mais par quatorzaine, pour quatre euros, ce qui est raisonnable. Il fait chaud, dans les trente degrés, et dans mon jardin les oiseaux viennent sans arrêt se rafraîchir au bassin. Je ne suis pas doué pour le bricolage, mais j’ai réussi un beau coup le jour où j’ai eu l’idée d’installer sur un côté du bassin une dalle en pente douce, sur laquelle ils s’avancent dans l’eau à la profondeur qui leur convient, pour boire ou pour s’ébrouer. Je les regarde aux jumelles depuis la maison, quand je suis assis à ma table. Parmi les plus petits, du gabarit des moineaux et des chardonnerets, j’ai remarqué un inconnu au dos brun, à la gorge claire et à la tête grise, qui pourrait être un ortolan. Je n’en avais jamais vu. Ce matin sur la terrasse j’ai trouvé une chauve-souris morte. Le petit cadavre était si discret que je l’ai d’abord pris pour une feuille morte. Je ne connais rien aux chauves-souris mais je me suis déjà dit qu’elles ne sont pas faciles à identifier, car c’est peut-être la catégorie de mammifères européens qui compte le plus grand nombre d’espèces. Ce midi j’ai préparé les huîtres à ma façon, qui consiste à les faire ouvrir sur la braise. Pour ne pas chauffer la maison, j’ai fait du feu dehors, et j’ai revu la chauve-souris. D’après ce que je lis dans mon guide, ce doit être un Oreillard gris (Plecotus austriacus). Les oreilles sont démesurées, aussi longues que le corps. J’apprends que l’on utilise comme détail d’observation des chiroptères la longueur de l’avant-bras, ce qui est judicieux car facile à mesurer, même sur un petit défunt recroquevillé comme celui-ci, chez qui il fait 38 millimètres. Le guide m’incite à une expérience : en soufflant sur les poils gris du dos, on les écarte et on voit bien leur base noire.