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Nous fûmes aujourd’hui visiter le musée Fin de siècle, qui présente des oeuvres datant de 1865 à 1914, principalement des peintures, avec quelques sculptures, des photos et du mobilier. L’ensemble nous a paru plus intéressant qu’émouvant. On a la satisfaction un peu vaine de voir quelques signatures célèbres (il y a un Van Gogh, et ceci, et cela)… Il y a un bel ensemble de James Ensor, dont je n’aime pas beaucoup la veine grimaçante, qui fait sa gloire, mais on voit aussi là des oeuvres de lui d’un ton plus austère, dont la belle nature morte à la Raie. Il paraît que cet anarchiste avait fini baron, comme Léon Frédéric, le peintre de ces incroyables avalanches de lardons, qui font sourire. Nous avons convenu que le tableau le plus radieux était un Verger au printemps, vibrant de luminosité, d’un certain Isidore Verheyden, auquel les reproductions que je trouve en ligne ne rendent pas justice. Je citerai aussi, mais il faudrait pouvoir les montrer, un beau tableau de vaches devant L’embouchure de l’Escaut, par Alfred Verwée, et une vue presque aérienne de Bruxelles en 1868 par Jean-Baptiste van Moer, avec rivière et canal perpendiculaire, petite cour où une dame nourrit des poules, et sur les toits lumière rasante du soleil accrochant l’arête des tuiles. Il y avait une possibilité statistique faible mais que j’avais envisagée, et qui s’est réalisée lorsque tout à coup, dans les escaliers souterrains du musée, nous sommes tombés sur Geof et Karen, qui eux aussi visitaient les lieux, et que nous étions contents de saluer de nouveau. Nous n’avons passé qu’une heure et demie dans cette Fin de siècle, soit moitié moins que l’autre jour avec les Old Masters, mais nous avons quand même fini épuisés. Il y a dans ces longues visites d’abord une phase studieuse, où l’on est encore assez frais pour bien regarder toutes les indications, puis l’attention se relâche, la fatigue venant, et l’on finit par se promener plus distraitement, en ne s’arrêtant plus que devant ce qui vraiment accroche. Le soir nous avons refait un tour d’adieu dans le quartier, en restant un moment sur la Grand Place. Il y a plusieurs endroits charmants dans Bruxelles, mais cette place est d'une magie sans pareille, je ne me lasse pas de la regarder.