the-a-la-menthe

Journée de relâche dominical, où nous ne fîmes pas grand chose. A midi toutefois nous fûmes vers la gare du Midi, où se tient un vaste marché, principalement animé et fréquenté par des étrangers de tous horizons, surtout des Arabes. Mon coach voulait me faire découvrir l’excellente crêpe que l’on sert à certain stand, une crêpe épaisse, cuite sur place, dans laquelle sont roulés quantité d’ingrédients dont, de mémoire, des oignons, des feuilles de vigne, des figues, des olives, du fromage, de la tomate séchée, du coeur d’artichaut, du poivron, du pruneau et du miel. Cela constitue une sorte de repas végétarien savoureux, qui m’a beaucoup plu, d’autant que nous l’arrosâmes de thé à la menthe, la seule sorte de thé que j’aie jamais eu plaisir à boire. Sans conteste, me suis-je dit, la gastronomie est une des voies par quoi les cultures exotiques peuvent se rendre le plus aisément supportables, voire aimables. Dans l’après-midi, entrecoupé de siestes et de courses, nous consacrâmes un moment à lire in situ les deux pages que l’insupportable Guide du routard, emprunté à notre hôte, consacre à la description des bâtiments entourant la magnifique Grand Place. Ce fut l’occasion de remarquer ou de comprendre certains détails de l’architecture et du décor, et de rêvasser en songeant aux illustres personnages qui ont hanté les lieux, comme Baudelaire ou Karl Marx. Seule la présence de l’auguste Hugo fait l’objet d’une mention gravée dans la pierre. Dans le quartier la foule est très cosmopolite et je m’amuse à essayer de distinguer, dans les bribes de conversation entendues au passage, les langues que je connais, celles que je reconnais, celles que je soupçonne, et celles dont je n’ai aucune idée.