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Comme on avait convenu de se rendre une journée dans une autre ville, dont on me laissait le choix, j’ai opté pour Louvain, destination qui m’intéressait par sa proximité (moins de 20 km de Bruxelles), pour la curiosité de connaître une ville universitaire dont j’avais vu le nom si souvent cité (c’est la plus vieille université du pays), enfin parce qu’elle se situe en territoire néerlandophone, dans le Brabant flamand (encore que le goût pour l’exotisme soit un peu découragé quand on séjourne dans une ville aussi babélisée que Bruxelles, où il est omniprésent). Nous fûmes donc à Louvain dans un train spacieux, roulant en silence et sans à-coups, en somme le parfait anti-modèle du tram de Bordeaux. Nous marchâmes d’abord jusqu’à la place centrale, où trônent les énormes masses de la mairie et de l’église Saint-Pierre, puis vers le Nord jusqu’au Petit Béguinage, formé d’une seule rue, pas très longue, bordée de maisons de briques peintes en blanc, qui font plaisir à voir. Il règne dans toute la ville un climat de calme et de propreté, qui repose. Au passage nous entrâmes dans un magasin-atelier du genre à m’envoûter, où l’on présentait des insectes pris dans de la résine, des plumes, des papillons, de petits crânes, de grands oeufs, bref toutes sortes d’objets naturels aménagés pour la contemplation ou la manipulation. De retour au Grote Markt, nous nous restaurâmes de snacks au Volkscafé Leuven Central, entre autres des escargots cuits dans une soupe aux herbes. Je m’amusais de la tête du serveur maussade, qui était un sosie de feu Charles Bukowski. Puis nous descendîmes vers le Sud, via la belle place du Vieux Marché, jusqu’au Grand Béguinage, qui mérite sans doute son inscription au patrimoine universel. Nous circulâmes une bonne heure parmi ces maisons de brique rouge, datant la plupart du dix-septième siècle, séparées par des bras d’eau et des espaces verts entretenus avec grand soin. L’ensemble appartient maintenant à la commune et sert semble-t-il au logement d’étudiants et d’enseignants, qui ne doivent pas s’en plaindre. Chemin faisant, sans rechercher spécialement les églises, nous visitâmes les quatre qui se présentèrent à nous dans la journée. Il y avait très peu de vitraux à voir, mais nombre de peintures et de sculptures. De retour dans la capitale, avant de rentrer à la Gouttière, mon coach nous offrit un chocolat chaud à l’estaminet Polichinelle (Poechenellekelder) dont je connaissais déjà l’ambiance de capharnaüm chaleureux (je recommande l’établissement, 5 rue du Chêne).