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Pour plaire à mon coach, et pour profiter une dernière fois de l’hébergement dont nous disposons encore là-bas pour peu de temps, j’ai bien voulu l’accompagner à Bruxelles, pour une semaine. Cela voulait dire prendre l’avion, dont je ne raffole pas. J’ai beau faire, cette brusque ascension dans les airs ne me dit rien qui vaille. Qui plus est dans les conditions du voyage low cost, entre autres l’entassement démocratique. A la différence du tram, dans la bétaillère du ciel la station assise est non seulement assurée mais obligatoire, et très serrée. Cette fois j’étais installé à côté d’un hublot, d’où l’on a sur l’extérieur une vue plus inquiétante mais plus intéressante. J’étais sur le côté gauche et le temps étant assez dégagé, j’ai pu avoir, peu après le décollage, une vue fugitive de l’ouest du département, dune du Pyla, bassin d’Arcachon, île aux Oiseaux. Puis l’estuaire de la Gironde et, dans un lointain plus fumeux et bleuté, les îles charentaises. Un moment nous survolâmes un grand troupeau de petits nuages blancs, nettement séparés, et je voyais plus bas leur ombre décalée sur le damier des terres, et celle de l'aéroplane lui-même. Puis nous pénétrâmes dans de hautes montagnes de coton, d’où nous ne ressortîmes que pour atterrir. J’étais bien aise de retrouver le plancher des vaches, ou le pavé des Belges, le Grote Markt et ses dorures, les rues des alentours et les inscriptions bilingues. Nous logeons rue de la Gouttière ou Goot straat, près du coin de la rue des Moineaux ou Mussen straat, dont le nom me plaît.