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J’ai beaucoup aimé L’ami Fritz, du duo lorrain Erckmann-Chatrian, dont j’ai trouvé une version abrégée tenant sur une centaine de pages, parue dans les années 80 et illustrée à la mode des années 50. Cela raconte l’histoire de Fritz Kobus, orphelin de 36 ans mais héritier prospère, possédant une maison sur la place du village et une ferme dans les environs, dans un coin d’Alsace qui appartenait alors à la Bavière (le roman fut écrit en 1864 mais l’action se déroule en 1832). Fritz mène une belle vie de célibataire sans souci, gérant aisément ses affaires, passant ses soirées à la brasserie du Grand-Cerf avec ses amis Schoultz et Hâan, fréquentant à l’occasion le bon vieux rabbin Sichel et le violoniste gitan Iôsef. Or voilà qu’il tombe amoureux de la fille du fermier, la jolie Sûzel, «simple fille des champs», mais qui a les talents d’une «bonne petite ménagère» et le charme d’une «véritable petite fée». J’adore. Je me suis régalé de cette belle histoire, pleine de bons sentiments et de bonne humeur, et j’éclatais de rire chaque fois que je l’imaginais lue par des féministes ou des socialistes. C’était un bon moment. Mais enfin, maintenant que les voilà mariés, j’espère quand même que Fritz va participer aux tâches ménagères…

L’habitude d’écrire au moins quelques mots, même hâtifs, sur chacun des livres que je viens à lire, même partiellement, a pris maintenant la constance d’une manie, malgré quoi il y a de temps en temps certains cas dans lesquels je n’arrive à rien dire, soit par embarras, par indifférence ou par flemme.

J’ai passé à la Croix un week-end accablant, tout en contrariétés, en pesanteurs, en indécisions, en conversations décousues, par mail et par téléphone. Il y a des fois comme ça. Et pour terminer, Macron est élu, sans surprise. Je lui trouve un air de Boris Vian, dans le visage. Malgré ce trait sympathique, et malgré ses qualités évidentes (inconnu naguère, confortablement élu aujourd’hui, il fallait le faire), rien dans ses propos ni dans son style ne m’inspire confiance. Mais je ne vais pas faire comme les protestataires, déçus d’une élection, qui passent ensuite leur temps à braire «Ce n’est pas mon président». Je ne l’ai pas voulu, je n’ai rien fait pour ça, mais c’est mon président, hélas, et pour un lustre.