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Une course nous ayant conduits au Sud du Bassin, avec mon aide de camp, vendredi de la semaine dernière, nous avons visité l’église principale d’Arcachon, la seule que je n’y avais pas encore vue, la basilique Notre-Dame. Elle est sans grande surprise, abondamment pourvue d’une bonne trentaine de vitraux, signés de Henri Feur et du grand Dagrand. J’en ai fait un relevé selon mon habitude, mais sans avoir le courage d’entrer dans le détail des verrières les plus compliquées. Il y a dans l’axe de l’église une rue qui descend vers une jetée, où nous avons observé un moment l’activité d’un homme âgé, qui pêchait au moyen d’un petit carrelet, d’un mètre de large. Il tirait de l’eau opaque d’énormes araignées, et une telle quantité de petits crabes verts, que le fond de la mer semblait occupé par une véritable armée de ces bêtes, à seulement quelques mètres de la plage.

Les quelques fours à micro-ondes que je connais font un bruit considérable, quand ils sont en marche, mais ils donnent quand même un petit coup de sonnette, en fin de course, au cas où on ne se serait pas aperçu que leur énorme raffut vient de s’arrêter.

Les relations immatérielles des réseaux sociaux suffisent à établir une communication satisfaisante, malgré quoi je ne déteste pas, à l’occasion, faire la connaissance réelle d’un de mes «amis» fantômes. Ainsi le week-end dernier, ayant su la présence dans les parages d’un jeune homme dont j’aime bien la sûreté de jugement, j’ai voulu le rencontrer et j’y suis parvenu. Ne connaissant guère les cafés de Bordeaux ni d’ailleurs, j’ai laissé à mon invité le choix d’un lieu, qui s’est porté au hasard des rues sur le Michel, je crois, rue du Pas Saint Georges, où nous avons passé une heure à bavarder en buvant de la bière, lundi soir. J’ai quitté ce gentilhomme en le remerciant d’avoir bien voulu partager ma compagnie un moment. Il ne mesurait sans doute pas qu’à mes yeux de handicapé des relations sociales, une telle rencontre avait plus d'importance qu'il ne paraissait.

Je ne connais guère que de réputation le penseur anglais Herbert Spencer, qui n’est plus aussi en vogue aujourd’hui que de son temps, même si des titres comme Le droit d’ignorer l’Etat ou L’individu contre l’Etat peuvent plaire aux libertaires de nos jours. Il m’est passé entre les mains une vieille édition espagnole d’un de ses ouvrages, La beneficencia (1893) qui semble correspondre aux parties V et VI de ses Principles of ethics, dont la version française est Le rôle moral de la bienfaisance (1895). Un trait notable du livre est que le traducteur espagnol n’est autre que Miguel de Unamuno en personne. Un autre est l’air démodé du sujet, pourtant intéressant. Qui maintenant étudie la bienfaisance paternelle, ou filiale, etc?

J’ai lu un court texte de Paul Morand, Mes débuts (1933, Arléa, 1994). Son très petit format était commode pour le tram, et son ton caracolant m’a amusé, sans m’emballer.

Avec ma directrice de conscience nous fûmes hier à Cazaux. Le bourg même, situé dans les terres, ne présente pas grand intérêt, sinon une charmante petite église bâtie en garluche, et dotée d’une vitrerie très à mon goût, peu nombreuse et placée à faible hauteur. Sept vitraux seulement, dont deux grisailles et cinq historiés, signés Guibert et Guitard, datant de 1954, et ne cédant en rien à la tendance abstraite qui ravageait alors les fenêtres. Celui de sainte Bernadette m’a plu spécialement, par la grâce du paysage champêtre qui lui sert de fond. Il y a aussi dans l’église une vénérable statue en bois de la Vierge à l’Enfant, qui daterait du XIIIe siècle. Après cette visite nous fûmes casser la croûte au bord du lac, sur un banc du port désert, avec pour seule compagnie un couple de canards colverts. Le calme n’était troublé que de temps en temps par le beau grondement des avions de chasse.