pigeon-bizet

Pour essayer de réformer la vague antipathie que m’inspirent les pigeons, j’ai consacré du temps à étudier les caractéristiques physiques qui permettent de distinguer leurs différentes espèces. Et je m’amuse maintenant à identifier comme je peux ces oiseaux que j’ai souvent sous les yeux, comme vous j’imagine, en ville et en banlieue, sur le campus et à la campagne. Cela ne va pas sans difficultés, mais voici l’état présent de mes connaissances, quant aux trois espèces qui vivent en France.

Le Pigeon ramier (Columba palumbus), soit la Palombe des chasseurs, est le plus facile à reconnaître, d’abord par sa grande taille, une quarantaine de centimètres, contre une trentaine pour les deux autres espèces, qui ont plutôt le gabarit de tourterelles. On remarque en outre chez lui les taches blanches qu’il a au cou et celles, surtout visibles en vol, qu’il a aux ailes.

Le Pigeon biset (Columba livia) est facile à reconnaître dans sa forme typique, grâce aux deux bandes noires qui barrent son aile gris clair, très nettes quand il est posé, et à la tache blanche qu’il a au croupion, bien visible en vol, mais parfois cachée quand il est posé avec les ailes trop repliées. Le problème vient de ce que c’est l’espèce qui a été depuis longtemps domestiquée, comme volaille comestible, comme oiseau d’ornement, et comme pigeon voyageur, et que la domestication lui a fait revêtir toutes sortes d’apparences, notamment dans la couleur du plumage, qui peut être gris clair ou foncé, marron, blanc, ou panaché de différentes façons, caractéristiques que l’on retrouve chez beaucoup de pigeons urbains libres, qui sont des bisets plus ou moins anciennement issus d’élevages.

Le Pigeon colombin (Columba oenas) arbore une grisaille, qui à mes yeux ne permet guère de le distinguer assurément d’un biset atypique. Le colombin et le biset se différencient par deux détails invariables, mais souvent peu visibles : c’est que le biset a l’oeil rouge et le bec sombre, le colombin l’oeil noir et le bec rougeâtre à pointe pâle. Mais c’est une chose de voir ces détails clairement exposés dans les guides, c’en est une autre que de les repérer sur le terrain. On dit aussi que le colombin est rare en ville, où domine le biset, ce qui est une indication.

Pour la curiosité, je signalerai enfin que le nom générique des pigeons en latin, Columba, avait donné l’ancien mot français Coulon, qui fut le terme usuel avant d’être remplacé par Pigeon, lequel vient de l’italien. Quant au mot Colombe, qui n’appartient pas à la nomenclature ornithologique française, il désigne un pigeon blanc, et donc un biset (même si biset est le diminutif de bis, qui veut dire gris).

En photo ci-dessus, un biset, avec ses deux barres noires à l'aile.