Vingt_Septieme_J’ai lu d’un trait, ou presque, Le vingt-septième livre de Marc-Edouard Nabe. D’abord paru en 2006 comme préface à une réédition de sa première oeuvre, le texte est ici repris en volume séparé (Le Dilettante, 2008). Il est amusant, et brillant dans la forme, mais je ne sais que penser du fond. Nabe y examine sa situation et se dit écrivain raté, ignoré, oublié, méprisé. Il en rajoute sans doute, même s’il est vrai qu’il est ostracisé par la presse bien-pensante. Il se compare et s’adresse à Michel Houellebecq, écrivain à succès et son ancien voisin parisien. Outre leur destin public inégal, Nabe oppose leur caractère, lui le dynamique enthousiaste et Michel le sinistre déprimé. Il y a en tout cas un mystère Houellebecq. Pour ma part je me demande depuis longtemps comment un aussi évident réac pessimiste peut être aussi bien vu par la médiaterie, dont il est un enfant chéri. En repensant à lui, je me disais qu’il me rappelle quelqu’un, par sa silhouette générale, et plus particulièrement par sa tête ronde, son nez en truffe, ses yeux mi-clos et ses cheveux raides : c’est Gaston Lagaffe! Mais un Gaston qui réussit ses coups, assurément.