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Depuis l’été dernier je ne dispose donc plus de l’appartement de Saige, situé terriblement en territoire opprimé, mais idéalement à un petit quart d’heure de marche de mon lieu de travail. Pendant tout le quadrimestre de fin d’année j’ai été hébergé aux abords de la baie d’Arcachon, ce qui ne manquait pas de charme, mais se payait au prix d’une heure de voiture matin et soir. A mesure que l’on avançait vers le coeur de l’hiver le trajet se faisait de plus en plus dans l’obscurité de la nuit, ajoutant aux dangers de la route, où surgissent à tout moment sangliers et chevreuils. Je remettais sans cesse à plus tard la corvée de chercher une autre habitation, quand s’est présentée l’occasion de sous-louer, à un voyageur longuement absent, un petit appartement sous les toits, dans le quartier des Chartrons. Me revoici donc bordelais, trois ou quatre nuits par semaine. J’occupe un troisième et dernier étage, sans autre fenêtre que des velux, dans un affluent de la rue Notre-Dame, non loin de l’église Saint-Louis. Un de mes premiers soins a été de m’assurer que je pourrais m’enfuir par les toits, en cas d’incendie ou d’invasion. Le détail a son importance, pour un partisan du droit de l’homme au rez-de-chaussée.