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Je feuillette un livre intéressant, que je n’ai pas envie de lire, les Mythes sur l’origine du feu, de sir James Frazer (1854-1941), grand mythomane, si l’on peut ainsi nommer un homme qui a passé sa vie à collecter les mythes. Je vois que l’ouvrage avait été traduit par Michel Drucker (un homonyme, je suppose). Je le feuillette avec la nostalgie de l’époque lointaine où je possédais moi aussi quelques manuels d’anthropologie de cette Petite Bibliothèque Payot. Je ne sais plus quand je les ai donnés, vendus, ou perdus. En parcourant la conclusion, je comprends que Frazer divise l’histoire de l’humanité en trois âges, sous ce rapport : l'âge où les hommes ignoraient l’usage ou même l’existence du feu, celui où ils ont appris à s’en servir, sans savoir le produire, celui enfin où ils ont pu en faire à volonté. La deuxième phase me fascine, celle où l’on ne possédait que du feu de récupération, précieuse oeuvre de la nature, qu’il fallait sans doute conserver et entretenir avec grand soin. A la troisième, tout paraît joué, le progrès banalise la chose, il n’y a plus qu’à inventer la roue, l’écriture et l’ordi. Je lis dans Wiki que Frazer, né roturier, fut anobli en 1914. Je suis sûr qu’il le méritait.