Plus bas dans la même pile, deux humoristes. De Pierre Desproges, Les étrangers sont nuls, illustré par Edika (1992). C’est un bon titre, appréciable à notre époque de xénomanie fanatique. On sourit quelquefois, à cet humour qui ne dépasse pas le stade de la potacherie. L’auteur était un pionnier de ces professionnels, passés experts dans l’art de manier l’insolence tout en la maintenant dans des limites prudentes. De Wolinski, Les Pensées (1981) écrites et illustrées par lui-même. Le titre est abusif, ou ironique, car il n’y a là rien que de très inconsistant. Il me semble avoir déjà trouvé mieux, sous la même plume. Là, je n’ai pas eu la patience de tout lire. Je citerai quand même cette maxime équitable, quoique discutable : «Les gens de droite ne croient qu’aux conneries qu’on leur a apprises. Les gens de gauche ne croient qu’aux conneries qu’ils ont découvertes.»