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J’ai rêvé que je faisais à quelqu’un cette confidence : «Plus j’ai été de droite, plus j’ai passé de temps à étudier. Et plus j’ai étudié, plus j’ai été de droite. » Cela m’amuse, quoique ce ne soit pas tout à fait vrai : je n’étais pas moins studieux, du temps que j’étais de gauche.
Comme chaque dimanche, j’ai reçu un communiqué au sujet des publications de Renaud Camus, et cette fois-ci j’en ai profité pour lire deux pages gratuites dans son Journal de ce mois. Le 7, il pose cette question judicieuse : «Si les attentats n’ont rien à voir avec l’islam, pourquoi vouloir réformer l’islam (…)? » Le 10, il présente un programme en 63 points pour l’élection présidentielle de l’an prochain, dont le ton rigoureux mais nuancé me plaît assez dans l’ensemble. Il faudrait que je le relise, pour en juger plus assurément, mais j’ai relevé au passage le point 25, auquel je suis particulièrement sensible : «Il sera créé un droit au silence.»
Je ne suis pas en grande forme. A un rhumatisme, qui me gêne l’épaule gauche par intermittences depuis cet hiver, et à une tendinite, qui m’affecte le coude droit depuis le printemps, se sont ajoutées cet été des douleurs sporadiques dans les reins, probablement consécutives au zèle que j’ai mis à ranger ma collection de pierres, de tuiles, de parpaings et de barres de ciment. J’allais encore assez bien lundi soir lorsque l’ami Talmont, de passage dans la contrée, fit halte pour dîner, et nous avons pu tranquillement discuter de bloguerie, de Belles-Lettres, et de la vie rurale. Le mal a pris un tour brutal à mon réveil, mardi matin sur les six heures. J’avais soudain le dos en si mauvais état, qu’un moment j’ai douté si j’allais seulement être capable de sortir du lit. Les tâches les plus simples, comme d’aller ouvrir mes fenêtres, ou tomber de l’eau, prenaient les proportions de pénibles exploits à l’issue incertaine. Par chance mon aide de camp, qui voulait passer quelques jours à la campagne, devait arriver en fin de matinée. Mais comme il paraissait sans cesse plus évident que sa seule assistance ne suffirait pas à me tirer d’affaire, je fis appel à un médecin, qui accepta de se déplacer, diagnostiqua le lumbago, et me prescrivit des médicaments. Ce n’était pas une petite lumbaguette, car j’avais non seulement la station debout intenable mais également la station assise, de sorte que j’ai passé trois journées complètes, de mardi à jeudi, en station vautrée, cherchant péniblement, parfois au centimètre près, quelle position donner à mon tronc et à mes jambes pour arrêter la douleur, ou seulement pour l’amoindrir. Cela va un peu mieux depuis avant-hier, mais je ne peux pas dire que je caracole. Espérons que le pire est passé.