Pour éviter les embarras de l’autoroute, je suis rentré à La Croix de nuit, entre samedi et dimanche. Particularités de la saison, ici : avalanche de noix, hélas prématurée, rareté de la prune, absence d’escargots à cause du temps sec, et beaucoup de raisin, mais pas encore mûr. Chaque soir je vais aux bois avant la tombée du jour. Dans la bordure ensoleillée, c’est un déluge de dorure, luxueux à sa façon.

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J’ai ouvert en plusieurs endroits le pavé d’Antony Beevor sur La chute de Berlin, que je ne lirai pas entier. Cela raconte plus généralement la dernière année de guerre, en Allemagne, avec beaucoup de détails et de témoignages. Au hasard des pages, je suis tombé plusieurs fois sur des anecdotes à propos du viol quasi systématique des femmes allemandes par les «libérateurs» russes. Dans une maternité-orphelinat de province, «Religieuses, jeunes filles, vieilles femmes, femmes enceintes et mères venant juste d’accoucher furent violées sans pitié». Ailleurs, une dame sentant venir le danger tente de s’attirer les bonnes grâces et la protection d’un soldat, pour ne pas être violée par tout le groupe. Une autre se plaint de ne même pas avoir disposé d’eau, pour se nettoyer après l’assaut. Les collabos communistes eux-mêmes sont fort mal payés de leur engagement. «A Wedding, qui avait été un bastion de l’extrême gauche jusqu’en 1933, des habitants … vinrent trouver les officiers soviétiques devenus responsables de leur secteur, en brandissant les cartes du Parti qu’ils avaient dissimulées durant douze ans. Ils proposèrent leurs femmes et leurs filles pour faire la lessive et la cuisine des vainqueurs, mais selon un prisonnier de guerre français, toutes furent violées le soir même.»