Unknown

Ce jour-là, visite inévitable, nous fûmes en bus à Saint-Jacques de Compostelle, dont notre résidence n’était distante que d’une trentaine de kilomètres, et nous passâmes quelques heures à déambuler dans les rues de la vieille ville. Il y a là, comme on imagine, une grande concentration d’édifices religieux, dont beaucoup datent du XVIIIe siècle, ainsi que les grandes tours de la cathédrale. Celle-ci n’est décorée que d’un seul vitrail, représentant naturellement le patron (de l’église et du pays), en pèlerin. Il y avait dans les rues beaucoup de touristes, beaucoup de policiers et pas mal de mendiants. Dès notre arrivée deux jeunes Gitanes vinrent me demander de signer un papier pour aider les sourdes, et elles manifestaient leur infirmité supposée en montrant leurs oreilles avec leurs doigts. Elles comptaient probablement s’attirer autre chose que mon autographe, mais comme je leur fis aussitôt comprendre qu’il ne fallait rien attendre de moi, elles s’éloignèrent en jacassant, ne cachant plus qu’elles n’étaient nullement sourdes. Nous avions la flemme de pratiquer le tourisme culturel appliqué, et nous nous contentâmes de nous promener en examinant au passage les bâtiments et les sculptures que nous découvrions au hasard des rues. J’ai vu aux feux rouges de Santiago un dispositif ingénieux, que je ne connaissais pas, un compteur à rebours indiquant aux passants combien il leur reste de secondes pour traverser. Les magasins ne présentaient que des cartes postales assez moches, et je me suis contenté d’en acheter une presque belle, représentant la façade de la cathédrale.