Avant-hier soir un chauffeur tunisien a tué au moins 84 promeneurs à Nice (Alpes Maritimes), en leur fonçant délibérément dessus avec son camion. Ce nouvel attentat me désole, naturellement, mais je ne peux pas dire qu’il m’étonne. On n’est plus surpris que par les détails (le moment, l’emplacement, la façon d’opérer) mais pour le reste, on commence à avoir l’habitude. La France est en train de devenir un pays arabo-musulman comme les autres, et va de plus en plus mener la vie normale de ces pays, où le massacre est chose banale. Et ce n'est pas en dessinant des coeurs, en allumant des bougies, ou en se mettant une plume au cul, que l'on va y changer quelque chose. Les controverses qui font suite à la tuerie n’ont rien d’inattendu, elles non plus, et m’inspirent plus de perplexité que de certitude. En l’occurrence, un seul point me paraît indéniable : si cet étranger indélicat, et bourré de haine, avait été foutu dehors dès le premier méfait dont il s’était rendu coupable sur le territoire, il n’aurait pas été là l’autre soir pour accomplir ses exploits.