DBPB_1952_94_Theodor_FontaneEn feuilletant un "roman autobiographique" de Theodor Fontane (Meine Kinderjahre, 1894, Mes années d’enfance) j’ai découvert une phrase citant Bordeaux, dont la teneur m’intrigue. C’est dans un passage du chapitre VI, où l’auteur évoque le vieil aristocrate Flemming, qui était une des principales personnalités de la ville portuaire de Swinemünde, sur la Baltique. «Toutes les tables s’en tenaient strictement au vin rouge de Stettin, mais le vieux Flemming faisait venir le sien directement de Bordeaux, ce qui lui coûtait cher et ne lui valait guère de gratitude.» (Je mêle dans cette phrase les deux traductions françaises que j’ai trouvées). Je ne comprends pas ce que peut être ce «vin rouge de Stettin» (aujourd’hui Szczecin, en Pologne), ville elle-même située non loin de Swinemünde et de la Baltique, c’est à dire sous des latitudes peu favorables à la production de vin, rouge qui plus est. Un ami polonais, contacté avec difficulté, a pu me dire qu’ «il s’agit plutôt du chêne de Stettin, dont on faisait des barriques pour le vin de Bordeaux. Le port de ma ville natale était grand importateur du vin d’ici.» Qu’est-ce à dire, au juste? Je n’en sais pas plus. Est-ce que l’on buvait plus communément du bordeaux moins cher, que la ville importait en vrac, alors que Flemming se faisait livrer des bouteilles?