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«Parler littérature est le plus charmant entretien que puisse procurer la civilisation.» C’est là une des phrases les plus aimables du recueil de Jean Dutourd, Contre les dégoûts de la vie (Flammarion, 1986, page 24). Une des plus acides est celle où il approuve «cette force exaspérante qu’est le bon sens, contre quoi l’on ne peut rien, sinon dire des injures ou monter des machines de guerre» (p 214). En évoquant dans une même note, voilà quelque temps (le 27 avril), ce livre et les Historias del barrio de Gabi Beltrán, j’avais le sentiment de rapprocher ainsi deux personnalités bien différentes. Cela d’autant que l’académicien, en certain point de son ouvrage, ne cache pas son peu d’estime pour la bande dessinée. Il y a pourtant un trait commun aux deux auteurs, la confidence récurrente de leur nostalgie pour une activité solitaire et secrète de leur enfance : la lecture. J’aime bien chez Dutourd son goût répété pour ce que le style peut avoir de «moelleux», et sa façon vieillotte de s’exclamer : Dame!