Coq_Gaulois_2016

Un des bons côtés de l’enfer capitaliste français, c’est que je ne suis pas mal servi en matière de congés. Ne travaillant que quatre jours par semaine, du lundi au jeudi, il me suffit de poser quatre jours de congé pour être dix jours en vacances, avec les deux week-ends. Je suis donc au vert à la Croix, pour quelque temps.

Comme tous les ans, le printemps m’accable. Quelle exubérance, quelle énergie, quel désordre. Surtout dans un jardin à la terre argileuse hyper-fertile, où je n’avais pas mis les pieds depuis trois semaines. Il y a des moments où, si j’en avais les moyens, mes outils de jardinage préférés seraient le bulldozer, la bétonneuse, le lance-flammes, et le rouleau compresseur.

J’avais emporté avec moi le Diario de 360°, de Luis Goytisolo (le cadet des trois frères écrivains humanistes). C’est soi-disant un roman, en fait pour l’essentiel une série de fragments d’essais, avec quelques vagues passages de fiction, l’ensemble étant présenté comme les notes quotidiennes d’un journal tenu pendant un an, de mars à mars. Je pensais que ça m’intéresserait, au moins par endroits, mais j’ai eu beau feuilleter, tout m’ennuie là-dedans. Je suis incapable d’en lire une page entière.

Contrairement à son habitude, la Poste vend en ce moment une série de timbres pas idiots, ni laids, le carnet de douze Coqs de France, paru à l’occasion du Salon de l’Agriculture. Je n’en avais pas vraiment besoin, mais je l’ai acheté pour le fun. Le nom des douze races est déjà un régal : Barbezieux, Bourbonnais, Gaulois, Gournay, Coucou de Rennes, Faverolles, Alsace, Bresse, Meusien, Marans, Gâtinais, La Flèche. Mais surtout les jolis dessins colorés, sur fond blanc, font plaisir à voir. Ni le carnet, ni le site de la Poste ne se donne la peine de nommer l’artiste. Il faut regarder les timbres au compte-fils, pour voir qu’ils sont signés par l’illustrateur (Henri) Galeron.

(«Bien sûr, nous sommes résolument cosmopolites. Bien sûr, tout ce qui est terroir, béret, bourrées, binious, bref, “franchouillard” ou cocardier, nous est étranger, voire odieux.» Bernard-Henri Lévy, revue Globe, 1985).