Je retombe sur l’article de La règle du jeu (du 31 mai 2015) dans lequel un certain Bernard Schalscha faisait l’apologie de «Bernard-Henri Lévy, le révélateur de salopards», après que ce dernier eut été entarté par le trublion Noël Godin, et par ailleurs interdit de séjour en Russie. Je dois dire que je n’ai pas beaucoup de sympathie pour ce pauvre Godin, et moins encore pour la rhétorique arrogante du journaliste. Les plus gratinées sont les deux premières phrases de l’article : «Parmi ses qualités, Bernard-Henri Lévy possède celle d’être un révélateur de salopards. Sans doute l’a-t-il en partage avec les autres Juifs, cette vieille tribu à laquelle l’Eternel a confié la mission de dire la Loi aux humains, charge pour laquelle le peuple juif se serait sans doute volontiers passé d’être élu puisqu’elle lui vaut une haine constante, matérialisée au fil des siècles de bûchers en massacres et de pogroms en génocide…» Ainsi donc les Juifs (on a bien mentionné Lévy et «les autres Juifs») seraient-ils des «révélateurs de salopards», salopards qu'eux-mêmes, si impeccables, ne sauraient être. Pardi, Dieu les a si bien servis. Regardez-nous, dit Bernard en substance, avec nos Idées Formidables, notre Victimité Incomparable, et notre Enorme Nombril : est-on pas nettement über alles par rapport au reste de l’humanité, la goyerie égarée, vulgaire, si méprisable? Vu comme il s’y prend, on se demande si ce type cherche vraiment à réduire l’antisémitisme, ou à le provoquer.