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Après que j’eus constaté, l’autre jour, l’excellence de Jacky à tronçonner dans mon jardin, je lui ai proposé de l’embaucher, un jour de l’été prochain, pour bûcher une heure ou deux au bois de Volebière. Il m’a répondu qu’il le ferait volontiers, mais que le mieux pour cela serait d’opérer dès cet hiver, sans attendre la saison où le bois est plein de sève, et les branches pleines de feuilles. J’ai considéré pour ma part que cela importait peu, car j’entendais ne couper que des arbres déjà morts. De plus, l’été me convient mieux parce que je suis en vacances et qu'alors j’ai le temps, dans les jours et les semaines suivant la coupe, de venir peu à peu récupérer les bouts de bois éparpillés. En revanche, me suis-je dit, la broussaille est moins embarrassante en ce moment, où elle est toute retombée. Tout bien considéré, puisque je disposais de quelques jours de congé, j’ai demandé au bûcheron s’il pourrait intervenir dans la semaine, et nous nous sommes mis d’accord pour une séance limitée d’une heure, avant-hier jeudi matin. Je redoutais un peu cette occasion, je me demandais si j’avais bien fait d’en décider ainsi, mais enfin tout s’est bien passé. Dans les premiers moments, comme mon compagnon m’avait surpris à regarder ma montre, il m’a assuré que je ne devais pas m’inquiéter, et que j’allais voir tout le travail que l’on peut abattre en une heure. Il a fait cette remarque, me dis-je, car il devine que je n’ai pas beaucoup l’expérience de ce genre d’activité. En fait je suis très satisfait de l’opération. J’ai pu apprécier une fois de plus les gestes sûrs de l’ouvrier. Il a dû couper une bonne centaine de bûches (principalement du chêne), dont finalement quelques unes de bois vert (deux aubépines, un alisier, trois merisiers), toutes en cinquante centimètres, et je conserverai en outre une part du branchage pour le fagot. Il a aussi recoupé proprement plusieurs moignons de souche, dont certains difformes, que son prédécesseur avait laissés il y  a deux ans. A un moment Jacky m’a signalé que je pouvais ne pas conserver tous les arbustes, qui ne donneront jamais de bois à bûches, et privent les grands arbres d’une part de leurs nutriments : le mort-bois qu’il méprise, en rural pragmatique. Je me demande s’il connaît le nom de ces espèces mineures (cornouiller, viorne, fusain …). Il me faudra lui expliquer que je ne m’intéresse pas aux arbres seulement pour le combustible que je peux en tirer.