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J’ai porté le béret pendant quelques semaines. Depuis mon dernier passage à La Croix. J’avais un peu marre de ma casquette habituelle. Je possède une petite collection de couvre-chefs, mais la plupart sont pour l’été. Ma belle toque du Caucase est immettable, depuis que mon aide de camp l’a estropiée en la passant dans une machine à laver. Restait ce béret basque acheté il y a quelques années à Saint-Sé. J’ai du mal à le mettre, parce que je n’arrive pas à me détacher de son image négative, emblématique de la vieillerie, de la paysannerie, de la franchouillerie... Je manque de modèles d’identification. Il y a eu de beaux porteurs de béret, comme Hemingway ou Baroja, mais ils avaient de petits bérets étroits, qui me paraissent plus élégants, plus passe-partout, alors que le mien est un vrai à bord large, un ostensible, un délibéret. Je me suis quand même lancé le défi d’arborer cet engin quelque temps, au moins jusqu’au prochain retour dans mon hacienda. J’y suis parvenu plus facilement que je ne croyais. Par contre, il m’a semblé sentir assez nettement, chez les hommes et les femmes que j’ai croisés, des regards moins aimables que d’habitude. Cela ne m’a étonné qu’à moitié, et d’une certaine façon m’a encouragé, parce qu’il ne me déplait pas forcément de déplaire. Mais la principale raison pour laquelle je ne continuerai pas de le porter est que ce béret, peut-être de mauvaise qualité, m’irrite le front. (Mon aide de camp m’a pris en photo dans ces atours, un beau dimanche de ce mois, sur la digue d’Andernos.)

Un petit problème de la démocratie moderne est que les personnes censées «représenter» la volonté majoritaire de la société, imposent régulièrement des décisions qui lui sont exactement contraires. Un nouvel exemple en a encore été donné dimanche dernier le 20 en Slovénie, où un référendum d’initiative populaire s’est opposé par 63 % de «non» à la loi permettant le mariage homosexuel et l’adoption d’enfants, qui avait été adoptée quelques mois plus tôt par une large majorité de députés. Je ne suis pas certain qu’une telle consultation, si elle avait été organisée en France, aurait donné un résultat bien différent, malgré ce qu’en disaient les sondages (ou la propagande). 

Dans la polémique sur les crèches, je dois avouer que malgré ma sympathie pour la poésie de la religion catholique, ou peut-être précisément à cause d’elle, je ne vois pas que la crèche ait bien sa place dans les mairies.

Une pétition invoquant la légitime défense demande la grâce d’une certaine Catherine Sauvage, condamnée à dix ans de prison pour avoir tué son mari violent de trois coups de fusil tirés dans le dos. J’inclinerais moi aussi à la clémence dans un tel cas, pour ce que je connais de l’affaire, mais il m’étonne que la meurtrière obtienne visiblement le soutien unanime de la médiaterie humaniste, d’ordinaire si prompte à condamner la peine de mort, l’auto-défense et la détention d’armes à feu.

J’entends parler d’une nouvelle biographie de Guy Debord, le naufrageur, par un certain Jean-Marie Apostolidès, dont les constatations, du moins ce qui m’en est parvenu, ne m’inclinent pas à reconsidérer ma perplexité quant aux qualités morales du personnage (voir dans ce blog au 23 mai et au 22 juillet).

Le Père Noël m’a apporté des chocolats, du vin, du punch, des conserves, et le volume des écrits de Jules César dans la Pléiade (Historiens de la République, II). Voilà des réserves pour les temps qui viennent.